UN SIÈCLE D'HISTOIRE DU CALVADOS

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FEUGUEROLES - BULLY

Canton d'Évrecy 

Les habitants de la commune de Feuguerolles Bully sont nommés les Feuguerollais Bulliens et les Feuguerollaises Bulliennes.


Octobre 1866   -    Une bénédiction.   -   Une croix en pierre, très ancienne, a été bénite, dimanche dernier, dans l'après-midi, à Feuguerolles-sur-Orne. Contre toute attente, le ciel a favorisé cette cérémonie.

Un discours des plus pathétiques a été prononcé sur place par M. le curé de Saint-André-de-Fontenay, l'éloquent prédicateur a remercié, au nom du curé de la paroisse, les restaurateurs du modeste monument, ainsi que la compagnie de pompiers qui avait bien voulu prendre part à la cérémonie. Et, dans sa péroraison, il a adressé des voeux au ciel pour que la croix nouvellement bénite soit la sauvegarde de tous les habitants de alentours, et particulièrement des voyageurs qui doivent passer plus tard par la voie ferrée.

 

Novembre 1866   -   Les étoiles filantes.   -   Les astronomes comptent sur de magnifiques pluies d'étoiles dans les nuits des 12 et 13 de ce mois.

A cette époque de l'année, on voit généralement un grand nombre d'étoiles filantes. Mais on ne verra pas, dit-on, avant la fin du siècle, un spectacle céleste aussi brillant que celui de cette année.

 

Novembre 1866   -   Un incendie.   -   Dimanche dernier, vers dix heures et demie du soir, un incendie est venu jeter la consternation dans la commune de Feuguerolles-sur-Orne.

Le feu s'est déclaré dans un groupe de maisons formant le hameau du Hamel. Toute la partie de cette commune allait devenir la proie des flammes, si, par une habile manœuvre, les pompiers de Feuguerolles, commandés par leur sous-lieutenant, M. Chesnel, n'étaient parvenus à circonscrire le foyer de l'incendie.

M. Chrétien, maire de Feuguerolles ; M. Antoine, adjoint ; M. Simon, curé ; M. Manvrin, instituteur, étaient arrivés presque en même temps que les pompiers. On parvint à former une chaîne pour alimenter d'eau la pompe et un service régulier put s'organiser.

Les pompiers de May-sur-Orne, et ceux de Fontenay-le-Marmion, venus avec toute la hâte possible, prêtèrent leur aide pour empêcher que le foyer de l'incendie ne se rallumat et pour l'éteindre complètement. à deux heures et demie de la nuit, tout danger avait disparu.

Trois maisons d'habitation et deux granges ont été détruites. Les maisons appartenaient à M. Binet, propriétaire ayant pour fermier M. Desloges Pierre ; M. Brard, chez lequel on a rien pu sauver ; les héritiers Cayet, ayant pour locataires le sieur Samson Adolphe, qui a perdu tout son mobilier, et le sieur Vincent Jean, ouvrier carrier.

L'une des granges appartenait à M. Desloges, et l'autre à M. Fouques. MM. Desloges et Brard était seuls assurés. Les pertes éprouvées par les locataires sont d'autant plus regrettables, qu'elles frappent des ouvriers sans fortune.

 

Juin 1869   -   Fait divers.   -  Nous sommes heureux d'avoir à signaler de nouveaux actes de probité : dans l'école de Feuguerolles-sur-Orne, les élèves Queudrue, âgé de neuf ans, et Roger, âgé de huit ans, ont trouvé récemment une montre avec sa chaîne. Ils se sont empressés de là remettre à l’instituteur, qui l'a rendue à qui de droit.

 

Juin 1870   -  Fait divers.   -   En 1803, les chaleurs furent aussi excessives que persistantes. Dans la Normandie, 95 jours s'écoulèrent sans pluie.

La sécheresse exceptionnelle de cette année démontre l'extrême urgence qu'il y aurait pour notre localité, à ce que l'administration, d'accord avec le génie, fit remédier au plus tôt à l'état de choses désastreux résultant de la destruction entière du barrage de Montaigu pour toutes les prairies longeant la rivière de l'Orne en amont de Caen.

La sécheresse est bien pour quelque chose dans la stérilité presque complète de ces prairies, mais personne n'ignore que la destruction entière du barrage de Montaigu est la cause principale du préjudice qu'éprouvent depuis plusieurs années les propriétaires et habitants des communes d'Allemagne, Louvigny, Feuguerolles et autres longeant l'Orne.

Le conseil municipal ayant reconnu la nécessité d'un nouveau barrage avec une passerelle, et dans de nouvelles conditions satisfaisantes, en a décidé, en mars dernier.

 Rien n’est donc plus urgent que ce barrage soit fait au plus tôt : d'abord pour la salubrité de la ville, mais surtout pour le dommage que cet état de choses cause aux propriétaires des prairies riveraines.  

 

Février 1872   -  Fait divers.   -  La Normandie a eu dimanche soir le spectacle d'une aurore boréale, ou pour dire plus exactement, d'une aurore polaire. A six heures, après avoir passé par leurs phases ordinaires de mobilité et d’éclat divers, deux colonnes éblouissantes, sillonnées de traits de feu jaune et pourpre, se sont réunies au zénith, pour y former une couronne, dont l’aspect a semblé donner raison à ceux qui soutiennent cette opinion, que ce météore est dû à la matière magnétique qui s’enflamme comme de la limaille de fer.

On eut dit qu'un obus gigantesque venait d’éclater à des espaces incommensurables, allait couvrir la terre de ses débris.

Puis les pluies du météore, obéissant au mouvement de rotation de l'atmosphère qui les entraînait prirent des nuances plus sombres, et finirent par disparaître, pour ne plus laisser dans le nord qu'un immense rideau de pourpre, qu'à minuit et demi, avait entièrement disparu.

Comme de juste, ce phénomène météorologue a donné lieu aux commentaires les  plus étranges, car une croyance populaire veut que le retour de ce, phénomène soit

l’annonce d'un événement important.

   -   C’est signe de mort, disaient les uns.

-   C'est signe de sang, c'est signe de revanche, disaient les autres.

A l'avenir de prononcer.

 

Février 1872   -  Fait divers.   -  Aux vols nombreux commis aux environs de Feuguerolles-sur-Orne, que nous avons signalés, nous devons ajouter les suivants :

A Etavaux, en plein jour, dans une maison habitée, on a volé une grande quantité de bouteilles de vin, avec une petite voiture attelée d'un âne.

A St-Martin-de-Fontenay, différents objets.

A Avenay, des poules.

A Feuguerolles, pendant la messe, une tentative de vol avec escalade et effraction a, été commise dans une maison habitée, cette tentative a été précédée et suivie de vol d'outils dans les carrières de la même commune.  

 

Mai 1875   -   Condamnation.  -  François-Etienne Duvelleroy, 62 ans, cultivateur à Feuguerolles-sur-Orne, pour avoir attaché à une barrière le sieur Burette qui venait pour battre sa femme, 50 fr. d'amende.  

 

Juillet 1876   -  Question de pêche.  -  La rivière d'Orne étant considérée comme navigable jusqu'à Saint-André, les personnes seules qui sont inscrites sur les rôles de l'inscription maritime ont le droit de pêcher avec des filets. Cependant l'épervier est interdit absolument même aux pêcheurs inscrits, depuis l'embouchure jusqu'à une ligne qui se trouve placée sur la limite de Maltot et de Feuguerolles. Quant aux pêcheurs amateurs, ils n'ont, de Ouistreham jusqu'à Saint-André, le droit de pêcher qu'à la ligne.  

 

Septembre 1876   -  Enfant noyé.  -  Encore un accident dû à la négligence des parents. Samedi dernier, un enfant de 4 ans, nommé Victor-Pierre Duvelleroy, est tombé dans un lavoir de Feuguerelles-sur-Orne, situé non loin de l'habitation de ses parents et s'est noyé.  

 

Mai 1877   -  Travaux.  -  Le ministre a accordé à la commune de Feuguerolles-sur-Orne un secours de 250 fr., pour l'acquisition de bancs.  

 

Juillet 1880  -  Les orages.  -  Samedi soir, un orage épouvantable à éclaté sur Caen et une partie du Calvados. A Caen, les rues de la ville ont été transformées en torrents et l'eau a envahi beaucoup de maisons. Des arbres ont été renversés par l'ouragan, notamment près de l'école de natation, ainsi qu'à Louvigny

Dans les communes d'Hérouvillette et Ranville, les colzas, blés, sarrasins, ont été broyés par la grêle.

Le canton d'Évrecy a beaucoup souffert. Les blés, les orges sont roulés et hachés, les seigles, plus avancés, ont la paille moins altérée, mais les sarrasins sont endettés et absolument perdus. Les avoines n'ont plus d'épis, les colzas sur pied sont émondés, ceux qui étaient coupés sont aux trois quarts battus. L'écorce des jeunes pommiers est même détachée du tronc dans les endroits où les grêlons ont frappé. C'est un désastre complet. Les communes les plus frappées sont : Sainte-Honorine-du-Fay , Maizet, Avenay, Esquay, Vieux, Maltot  et Feuguerolles. A Hamars, les récoltes des quatre principales fermes sont complètement détruites et non couvertes par assurances.

Dans le canton de Ryes, on évalue à plus de trente mille francs les dégâts causés par la grêle.

A Fontaine-Etoupefour, les dégâts s'élèvent à 30 000 fr.

A Argences, la foudre a tué une jument appartenant au sieur Deschamps, maître d'hôtel.  A Billy. elle est tombée sur la maison du sieur Bisson, a dérangé un lit dans lequel étaient couchées deux personnes, mais n'a fait que de légers dégâts. A Livarot, elle a brûlé une meule de foin. A Trouville, il y a eu un véritable déluge.

A Goustranville, la foudre a tué une jument appartenant à M. Gosselin. A Dozulé, les marronniers placés de chaque côté de l'église ont été rompus.

Cet orage a aussi occasionné de grands dégâts dans le canton de Balleroy : la foudre est tombée plusieurs fois, et a renversé, à Balleroy, deux personnes qui se trouvaient dans un champ, sans leur faire néanmoins de graves blessures. A Castillon, par suite de la foudre, le feu a pris à une boulangerie dépendant de la ferme de M. Pelcerf. Perte 600 fr. Assurée.

A Honfleur et les environs, notamment du côté de Gonneville, l'orage a fait des dégâts considérables. Rue Boudin, à Honfleur, une petite fille a été renversée par la masse d'eau qui, de la côte, se précipitait par cette rue en pente. Sans le prompt secours d'un habitant du quartier qui fut assez heureux pour ressaisir l'enfant qui disparaissait entraînée par le courant, il est certain qu'elle n'eût pu d'elle même échapper au danger qui la menaçait.

Le préfet rappelle aux maires dont les communes ont subi des pertes, qu'ils doivent adresser à la préfecture une demande de secours, indiquant nominativement les cultivateurs sinistrés et la perte de Chacun. Dans la même pétition, ils feront connaître les noms de deux cultivateurs d'une commune voisine les plus aptes à assister les contrôleurs dans l’estimation des pertes.

 

Juillet 1881  -  Les suites de l’imprudence.  -  Mardi matin, un cultivateur de Grandchamp, nommé Doublet, a voulu passer sur la voie du chemin de fer, au moment où arrivait un train de ballast, il a été atteint par la locomotive et mis en pièces. Cet homme était complètement  sourd. La locomotive, parait-il, n'avançait qu'avec la vitesse réglementaire. Les restes de la victime étaient échelonnés sur un parcours de vingt-quatre mètres environ.

Jeudi, à la gare de Feuguerolles-Saint-André, le sieur Leroy, dont la famille habite la rue du Vaugueux, à Caen, employé supplémentaire de la Compagnie de l'Ouest, voulant monter en wagon avant l'arrêt complet du train, a eu les deux jambes broyées sous les roues. Il a succombé le lendemain.  

 

Octobre 1881  -  Question.  -  On nous demande pourquoi le galet de May et de Feuguerolles employé sur les routes nationales, est de meilleure qualité que le galet des mêmes carrières employé sur les chemins vicinaux. C'est là une question indiscrète et délicate, que nous livrons aux méditations du Conseil général et des agents voyers.

 

Mai 1882  -  La rage.  -  Samedi, est morte, à Feuguerolles-sur-Orne, la femme Hecquier, âgée de 53 ans, qui avait été mordue par un chien, il y a plus d'un mois. Sur son corps, on a trouvé au moins cinquante coups de crocs, qui malheureusement n'avaient pas été tous cautérisés. Cette pauvre femme a succombé au milieu d'épouvantables souffrances. Dans l'un de ses accès, elle s'est arraché une partie du bras avec ses dents, constamment, elle voulait se jeter sur son mari et le mordre. Elle a trois enfants, tous établis.  

 

Décembre 1882  -  École. -  M. Mauger, député du Calvados, vient de faire obtenir un secours de 14 000 fr. à la commune de Bully, pour la construction d'une école. Ce don ministériel aura un double résultat, permettre aux enfants de recevoir l'instruction à proximité de leurs familles, et alléger le budget de Bully, qui avait à payer une forte redevance à Feuguerolles.

 

Décembre 1882  -  Chemins vicinaux. -  Quand obligera-t-on Feuguerolles-sur-Orne à s'acquitter, des travaux qui le concerne, dans l'établissement du chemin vicinal de Vieux à Bully ? Faudra-t-il s'adresser au ministre pour cela ? Ce chemin, classé en août 1866, est l'unique voie vicinale entre les deux communes précitées. Bully et Vieux se sont depuis longtemps acquittés de leurs tâches. Feuguerolles, en refusant de faire de même, rend nuls les sacrifices que ces deux, communes se sont imposés. 

 

Décembre 1886  -  Télégraphes.  -  A partir du 1er janvier, les gares suivantes seront ouvertes au service de la, télégraphie privée : Audrieu, Bretteville-Norrey, Feuguerolles-Saint-André, Fresné-la-Mère, Martigny, Mesnil-Clinchamps, Mesnil-Hubert, Pont-d'Ouilly, Mesnil-Mauger, Mesnil-Villement, Molay-Littry, Moult-Argences, Mutrécy-Clinchamps, Neuilly, Quetteville, Saint-Martin-de-Bienfaite, Saint-Martin-de-Mailloc, Saint-Rémy, Vendeuvre-Jort et Viessoix.  

 

Mars 1888  -  Vol dans les presbytères.  -  Après Beuvron et Audrieu, la bande qui a pour but de dévaliser les presbytères, s'en est prise à celui de Feuguerolles-sur-Orne. Pendant la grand'messe, les malfaiteurs se sont introduits dans le presbytère en escaladant les murs du jardin. Après avoir forcé avec une pince-monseigneur un contrevent et une fenêtre, il sont entrés dans la maison et sont montés au premier étage, une fois dans les chambres, ils ont commencé par ouvrir le secrétaire de Mme Adam et celui de Mlle Adam. Tous les meubles ont été visités et toutes les armoires vidées de fond en comble. Tous les bijoux de famille appartenant à Mme et à Mlle Adam ont été enlevés. Les voleursvsurpris par une visite inattendue, ont été obligés de déguerpir sans avoir eu le temps de continuer leur besogne. Seuls, les appartements du curé ont été épargnés. Le montant des objets disparus s'élève à la somme d'environ 700 fr. en bijoux et 25 fr. en argent. Plusieurs individus ont été arrêtés, mais ils ont été relâchés après avoir pu justifier de leur temps.

 

Avril 1888  -  Victimes du travail.  -  Mercredi, le sieur Eugène Heurtebourg, 60 ans environ, garde particulier au château de Navarre, commune de Billy, était occupé avec des ouvriers à décharger des arbres. Ils se servaient d’un crapaud, tout à coup, la corde venant à se rompre, la charge est tombée sur la tète de Heurtebourg et lui a fracturé le crâne. Il est mort  quelques heures après. 

 

Mai 1888  -  Infanticides.  -  La nommée Marie-Augustine Deremesnil, âgée de 24 ans, née à Avenay, servante à Bully, canton d'Évrecy, chez le sieur Ledan, cultivateur, se sentant prise de douleurs, s'est rendue, à 5 heures, du matin, dans un bois, et y est accouchée clandestinement. Après s'être débarrassée elle-même, elle à pris le pauvre petit et l'a jeté dans l'Orne. Le Médecin, ayant reconnu que l'enfant n'était pas né viable, la fille Deremesnil a été mise en liberté.  

 

Avril 1891  -  Écrasés.  -  Jeudi soir, le sieur François Leblond, qui conduisait une voiture de la minoterie Théodore Anger, de Bully, a été écrasé, devant l'église de Feuguerolles, sous la voiture qui s'est renversée. 

— Mercredi, à Vieux, un nommé Victor Duchesne, journalier, 67 ans, travaillant à la ferme du Bois, chez Mme veuve Manissier. venait de finir de charger une charrette de fumier. En tournant à la sortie de la cour, la roue droite est montée sur un tas de cailloux et la voiture a versé sur lui.   Il a été écrasé et est mort sur le coup. Il était veuf sans enfants. (Source B-N)

 

Octobre 1891  -  Mines de fer.  -  Du minerai très riche en fer vient d'être découvert dans un espace assez étendu, depuis Feuguerolles-St-André jusqu'à Verrières. Les travaux d'exploitation sont commencés : 2 puits d'environ 8 mètres de profondeur et 2 galeries sont établis dans la propriété de M. Solange à St-André-de-Fontenay, et les fouilles vont se continuer. 

A May-sur-Orne, le minerai très abondant se trouve dans le bois de M. le maire, et le filon va se continuant vers Fontenay-le-Marmion. L'exploitation se poursuit avec activité sur tous ces points. (Source B-N)  

 

Janvier 1892  -  Vol de dynamite.  -   Jeudi dernier, la servante de M. Crouen, maire de Feuguerolles-sur-Orne, trouva, près d'une meule de paille, à peu de distance de l'habitation, un paquet qu'elle porta à son maître qui l'ouvrit et y trouva 56 cartouches de dynamite, un rouleau de cordon-mèche et des capsules. Ces objets étaient enveloppés dans un mouchoir. Il est probable que ces cartouches ont été volées chez un des entrepreneurs qui exploitent les carrières qui existent dans la contrée. Mais dans quel but a été commis ce vol ?   (Source B-N)  

 

Mars 1892  -  Voleurs de bestiaux.  -  Dans la nuit de mardi à mercredi, une vache bringe pale, étoile blanche en tète, a été volée au sieur Marie, cultivateur à Esquay-sur-Seulles, valeur approximative, 250 fr. 

— La même nuit, une vache estimée 320 fr., sous poil bringe, a été volée dans un herbage de Feuguerolles. Elle appartenait au sieur Armand Bouquet, propriétaire à Saint-Martin-de-Fontenay.  (Source B.N.)  

 

Août 1892  -  Une nouvelle industrie.  -  Les journaux de Paris parlent des riches gisements de minerai de fer récemment découverts dans les communes de May-sur-Orne, Feuguerolles, etc….. Des sociétés se sont formées à Caen pour l'exploitation de ces mines. Des concessions provisoires ont été déjà accordées, d'autres sont sollicitées. L'administration, avant de se prononcer, fera bien de s'assurer qu'à la tète de ces sociétés ne se trouvent pas des prête-noms, (intermédiaires de sociétés étrangères, allemandes ou espagnoles).   (Source B.N.)

 

Août 1892  -  Le minerai du Calvados.  -  Nous avons demandé à l'administration de bien s'assurer si, dans les demandes de concession qui lui sont adressées, il ne se trouvait pas de prête-noms étrangers. 

Au nom des concessionnaires des gisements de May, Bully-Feuguerolles, Gouvix-Urville , M. Samson nous écrit pour nous déclarer que les cinq demandeurs de ces concessions sont français. Nous donnons à M. Samson acte de son affirmation, mais nous n'en maintenons pas moins notre cri d'alarme, tant pour le présent que pour l'avenir. En semblable matière, plus qu'en toute autre, la prudence est la mère de la sûreté.   (Source B.N.)

 

Août 1892  -  A propos d’influenza.  -  Sous ce titre : « l'Influenza à Caen et en Normandie au siècle dernier (1767-1775-1776) », le docteur Catois vient de publier une intéressante notice qui prouve qu'on a, ces temps derniers, donné un nouveau nom à une vieille maladie et que ce qu'on appelle aujourd'hui « influenza » n'est autre chose que la grippe qui malmena si fort nos aïeux il y a cent vingt ans. (Source B.N.)

 

Août 1892  -   Les grosses chaleurs.  -  Partout la chaleur a été excessive et la sécheresse compromet beaucoup les récoltes. 

Par suite de ces chaleurs, quelques cas de diarrhée cholériforme se sont déclarés à Rouen, à la caserne des chasseurs à cheval. 120 fièvres typhoïdes sont en traitement dans les hôpitaux.  (Source B.N.)  

 

Novembre 1892  -  Maire grincheux.  -  Une autre affaire du même genre, mais qui a eu de moins grosses conséquences, était jugée la veille à Caen. M. Crouen, maire de Feuguerolles-sur-Orne, a été remplacé, aux dernières élections, par M. Le Bourguignon-Duperré. Le premier soin du nouveau maire fut, pour être désagréable à son prédécesseur, de lui faire réclamer le prix d'une concession qu’il avait payée. Colère de M, Crouen qui répondit au garde champêtre : « Va dire à ton maître que je m'en fous comme de l'an 40. » 

Le garde fit la commission à M. Duperré, qui devint rouge comme un Bourguignon, et porta plainte. Il eût mieux fait de rester coi, car les juges correctionnels ont acquitté M. Crouen à la suite d'une très spirituelle plaidoirie de Me  Tillaye. (Source B.N.)  

 

Octobre 1894  -  Appel des conscrits.   -  Le bruit s'accrédite de plus en plus que l'appel de la classe de 1893 aurait lieu, par anticipation du 12 au 15 novembre. (source B. N.)

 

Novembre 1894  -  Noyée.   -  Jeudi, on a découvert dans un fossé, à Feuguerolles-sur-Orne, le cadavre de la veuve Marie Othon, âgée de 74 ans. La mort remontait à 2 jours et était due à une congestion causée par le froid. (source B. N.)  

 

Mars 1897  -  Noyés.  -  On a retiré du bassin, à Caen, le cadavre d'un homme paraissant âgé de 30 à 35 ans, dont l'identité n'a pu être établie. La mort, qui parait accidentelle, remonte à une dizaine de jours. 

— Le cadavre du sieur Louis Chesneau, 72 ans, maçon à Feuguerolles-sur-Orne, a été découvert dans une mare située à l'entrée de la carrière Thomasse, près de laquelle il habitait dans une hutte. Les mains et les genoux de ce malheureux touchaient encore le fond de la mare, une partie du corps seul émergeait de l'eau. 

— Le sieur Louis Jehanne, 66 ans, journalier à Clarbec, est tombé dans un fossé où il s est noyé. (source B. N.)  

 

Avril 1897  -  Noyé dans une carrière.  -  Le sieur Théophile Gaillard, 20 ans, journalier à Feuguerolles-sur-Orne, s'est noyé accidentellement, à 100 mètres de sa maison, dans une carrière abandonnée, à moitié pleine d'eau et que n'entoure malheureusement aucun balisage. Il est regrettable que les propriétaires, au nom de l'humanité, si la loi ne les y contraint pas, n'entourent pas ces endroits dangereux de quelques planches, car c'est, depuis un mois, la seconde personne qui trouve la mort à Feuguerolles-sur-Orne en tombant la nuit dans les carrières.

 

Avril 1897  -  La neige.  -  Dès samedi, il en est tombé sur notre région. Mardi, elle a été plus abondante, mais sans tenir. Dans les Alpes, il y a eu une véritable tourmente. Au col de la Traversette, où trois de nos soldat ont été récemment engloutis, la neige a atteint près de 5 mètres d'élévation. (source B. N.)  

 

Avril 1898  -  Est-ce un crime.  -  Le sieur Auguste Barrassin, 49 ans, cultivateur à Bully, près Caen, était trouvé, le 23 mars dernier, inanimé et couché en travers de la voie, à Feuguerolles-St-André, ligne de Caen à Laval, Il avait une cuisse brisée et de nombreuses contusions sur le corps. On crut à un accident. 

Mais, ces jours derniers, le sieur Barrassin étant décédé, on constata, en l'ensevelissant, des marques de clous de soulier qui laisseraient croire que la mort est due à un crime. 

Une instruction judiciaire est ouverte. Un dit dans le pays que le sieur Barrassin aurait vendu au fraude de l'eau-de-vie de cidre à des ouvriers d'un chantier d'où on extrait du ballast pour les travaux de doublement de la ligne de Caen à Cherbourg, Il aurait été reconduit, dans un état voisin de l'ivresse, jusqu'à l'endroit où il a été retrouvé. Le sieur Barrassin était porteur de 500 fr. en billets de banque, ces billets, dissimulés, entre sa poitrine et sa chemise, n'ont pas été trouvés par ses agresseurs. (source B N.)  

 

Février 1899  -  Ensevelis dans une carrière.   -   Lundi, un éboulement s'est produit aux carrières de Feuguerolles-sur-Orne, ensevelissant trois terrassiers. On a pu les dégager avant que l'asphyxie ne soit complète. L'un d'eux, le sieur Lerillet, 56 ans, dont l'état est grave, a dû être transporté à l'hôtel-Dieu, à Caen. Les deux autres en sont quittes pour de légères contusions. (source le B. N.)

 

Mars 1899  -  La neige.  -  Lundi la neige a tombé partout dans le département et le froid a été très vif. Les arbres à fruits ont souffert. (source M. du C.)

 

Mars 1899  -  Victime du travail.  -  Le sieur Julien Boullaux, 22 ans, carrier à Feuguerolles-sur-Orne, est tombé sous un wagonnet chargé de pierres qui a versé tout à coup. Relevé très gravement blessé, le malheureux a été transporté à l'hôtel-Dieu, à Caen. (source M. du C.)  

 

Avril 1899  -  Vélocipèdes.  -   On sait que la taxe sur les vélocipèdes, depuis le 1er janvier, est la suivante : vélocipèdes à une place, 6 fr. ; à 2 places, 12 fr. ; à 3 places, 18 fr., etc…. Les machines à moteur sont taxées au double.

— A partir du 1er mai 1899, tout vélocipède ou machine à moteur devra porter une plaque de contrôle. Cette plaque sera délivrée gratuitement par le percepteur sur le vu de l’avertissement et contre le payement des douzièmes échus de la taxe.  (source le Bonhomme Normand)

 

Mai 1899  -  Découverte de cadavre.  -  Lundi on trouvé à Feuguerolles-sur-Orne dans la mare d’une carrière abandonnée, le cadavre d'Auguste Yvon, 51 ans, berger chez le sieur Duvelleroy.

Cet homme était disparu du domicile de son maître depuis jeudi dernier. Il avait manifesté plusieurs fois des idées de suicide. (source le Bonhomme Normand)

 

Août 1899  -  La catastrophe de Feuguerolles-sur-Orne.  -  Lundi, dans l'après-midi, vers à 5 heures, une mine chargée de 350 kilos de poudre et autant de dynamite était allumée aux carrières de grès de Feuguerolles-sur-Orne.

Quelques instants après l'explosion, le sieur Goupil, maître mineur, auquel le sieur Dejust, chef de chantier, avait fait observer que la mine ne lui paraissait pas être partie comme elle aurait dû, s'avança dans l'excavation profonde de 25 mètres, mais roula aussitôt au fond, asphyxié par les gaz. Le sieur Dejust se précipite à son secours, il est aussi asphyxié. Quatre mineurs descendent successivement dans l'excavation et tombent victimes de leur dévouement.

On organisa le sauvetage, on apporta un ventilateur, on envoya chercher la boite de secours à deux kilomètres de là chez l'ingénieur et on réussit à remonter les victimes, mais, malgré tous les soins, quatre d'entre elles sont mortes.

Ce sont les sieurs François Goupil, chef mineur, 25 ans, marié, père d'un enfant ; Pierre Dejust, chef de chantier, 42 ans, marié, trois enfants ; Monanteau, chef mécanicien, 29 ans, marié, et Octave Waskowaski, mécanicien, 49 ans, marié.

Les blessés sont les sieurs Hérault, carrier, 36 ans, marié, et Leblémenec, terrassier, 29 ans, marié, trois enfants. Leur état est grave.

Tous ces ouvriers habitent Feuguerolles-sur-Orne. L'enquête a établi que l'accident est dû à l'imprudence de Goupil. Il a fait partir la mine malgré l'ordre formel qui lui avait été donné de ne pas la placer avant le retour du chef d'exploitation qui devait revenir le 1er août et il a fait une autre imprudence en descendant dans la galerie aussitôt le coup parti.

La mort des quatre victimes est due aux gaz dégagés par l'exposion. Leurs obsèques ont eu lieu aujourd'hui à 7 heures du matin, à St-André-de-Fontenay, pour Monanteau et à 10 heures à Feuguerolles pour les trois autres. (source le Bonhomme Normand)

 

Octobre 1899   -   Actes de dévouement   -   Des médailles d'honneur ont été décernées à MM. Jules Caval, chef de chantier ; Hubert Hérault, maréchal ; Gustave Guérin, tailleur de pierres ; Louis Postelec et Yves Le Blevennec, mineurs, pour avoir exposé leur vie en portant secours à des ouvriers sur le point de périr asphyxiés sous un éboulement survenu à la suite de l'explosion qui s'est produite en août à Feuguerolles-sur-Orne. (source le Bonhomme Normand)  

 

Janvier 1900   -   Récompenses honorifiques.  -  Médaille de bronze : M. Philippe, poseur à la compagnie de l'Ouest, à Bully ; Feuguerolles, 31 juillet 1899 : s'est signalé en coopérant au sauvetage de plusieurs ouvriers ensevelis sous un éboulement. Mention honorable : M. Beauvais, agent de police à Caen, a maîtrisé deux chevaux emportés. (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Février 1900   -   Enseveli dans une carrière.     Lundi, un éboulement s'est produit aux carrières. de Feuguerolles-sur-Orne, ensevelissant trois terrassiers. On a pu les dégager avant que l'asphyxie ne soit complète. 

L'un d'eux, le sieur Lerillet, 56 ans, dont l'état est grave, a dû être transporté à l'hôtel-Dieu, à Caen. Les deux autres en sont quittes pour de légères contusions. (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Octobre 1900   -   L’immoralité.  -   Un attentat à la pudeur a été commis sur un petit garçon de 12 ans, domestique à Feuguerolles-sur-Orne. L'auteur de cet attentat, qui était de passage dans cette commune, a pris la fuite. (Source  : Le Bonhomme Normand)  

 

Juin 1901   -   Mines.   -   Le comte de Bourmont demande une concession de mines de fer sur le territoire des communes de Louvigny, Eterville, Maltot et Feuguerolles. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Février 1915  -  Le courrier.  -  Nous recevons toujours quantité de lettres du front. Elles nous causent le plus vif plaisir en nous prouvant que nous sommes toujours lus, là-bas, par les «  pays » et que nos efforts pour resserrer les liens qui unissent la grande famille normande ne sont pas inutiles. Voici une missive de remerciement adressée aux fillettes de deux communes voisines de Caen. 

« Depuis bientôt cinq mois que nous vivons la vie de tranchées, grâce aux dons généreux de toute nature de la population Française entière, nous avons pu supporter assez aisément les rigueurs de l'hiver et les intempéries de la saison plutôt mauvaise. Si les dons ont souvent été collectifs, parfois aussi ils ont été particulier, et c'est ainsi qu'hier notre sergent de section a pu nous distribuer « cravates, mitaines, gants de laine, etc. » qui lui avaient été envoyés personnellement par Mme l'Institutrice de Feuguerolles et Bully, et tricotées par les petites mains habiles des écolières de cette commune. 

Je me permets de vous envoyer cette lettre, M. le rédacteur, tant en mon nom, qu'au nom de tous mes camarades, persuadé que, par l'intermédiaire de votre journal, ces charmantes petites filles qui, tout en  travaillant, pensaient pour la plu part à leur papa qui lui aussi est sur le front, sauront combien leur envoi a été accueilli chaleureusement. A toutes, nous disons merci de tout cœur. Merci  Mme l'Institutrice qui, par ses soins dévoués, a su si bien diriger ce travail, merci à toutes les personnes généreuses de Feuguerolles et Bully, qui ont contribué  à fournir les matières nécessaires à la confection de ces vêtements chauds. Quand le jour de la victoire aura sonné, chacun sera heureux et fier d'y avoir travaillé à sa manière.   Un  Caennais sur le front.  

 

Mai  1919  -  vol.   -    Une vache estimée 1 500 fr. a été volée dans la nuit du 13 au 14 mai au préjudice de Madame veuve Huet, cultivatrice à Feuguerolles. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Avril 1936  -  Incendie volontaire de deux meules de blé.  -   Vers 1 heure du matin, M. Meunier, débitant à Billy, s'apercevait que des meules de blé se trouvant dans la plaine et appartenant à son voisin, M. Eugène Pacary, cultivateur, étaient la proie des flammes. 

Il alerta immédiatement M. Pacary, qui se rendit sur les lieux et réussit à sauver le moteur d'une machine à battre remisée à proximité des deux meules en feu, qui ont été détruites, ainsi que la machine à battre elle-même. 

Prévenus, les gendarmes de Moult commencèrent dans la nuit leur enquête et purent établir que l’incendie était certainement dû à la malveillance. Les recherches sont poursuivie pour essayer d'identifier l'auteur responsable de ce méfait. Les dégâts sont estimés à 21 000 fr. (Source : Le Moniteur du Calvados)  

 

Janvier 1937  -   En cherchant on découvre d'audacieux cambrioleurs.  -  L'autre soir, à l'arrivée en gare de Feuguerolles-sur-Orne, du train de 17 h. 02, se dirigeant vers Laval, le chef de la station était avisé par le mécanicien et les employés du convoi que des pierres avaient été lancées contre ce dernier, à son passage sous le pont de Feuguerolles. Plusieurs vitres avaient été brisées et le mécanicien n'avait, que de justesse, évité l'un des projectiles, qui avait fait voler en éclats l'un des carreaux de la locomotive.

Un cheminot, immédiatement envoyé sur les lieux par le chef de gare n'aperçut aucun individu suspect, mais rencontra deux femmes qui lui décrièrent avoir remarqué la présence, près du pont, de deux jeunes gens de 16 à 18 ans, dont elles donnèrent un signalement concordant.

Prévenus, les gendarmes d'Évrecy ouvrirent une enquête qui les amena à interroger, parmi le personnel d'une carrière nouvellement exploitée, un certain Louis Martin, âgé de 18 ans, demeurant à Vieux. Martin affirma qu'il n'était pour rien dans l'attentat commis contre le train, mais fit porter les soupçons sur l'un de ses camarades, Henri Heuline, 16 ans, également domicilié a Vieux. Heuline, de son côté, protesta de son innocence, et incrimina Martin. Finalement, ce dernier passa des aveux tout en affirmant qu'il n'avait fait qu'imiter le geste de son  compagnon.

En questionnant Martin, le Maréchal des Logis Chef, commandant la brigade d'Évrecy, se souvint qu'en octobre, se trouvant en permission à Caen, il avait observé la fréquente présence de Martin au « marché aux puces » de la ville où il paraissait se livrer à des opérations fructueuses. Une dénonciation anonyme accusant l'individu d'avoir vendu à un, habitant de Vieux une boîte de filière provenant d'un cambriolage vint renforcer les soupçons du chef de brigade qui effectua une perquisition dans la chambre occupée par Martin chez sa mère, veuve d’un ancien combattant, décédé quelques années après la guerre, des suites d'une maladie contractée au front.

Sous un tas de balle d'avoine, les gendarmes découvrirent une quantité d'outils ( près d'une cinquantaine ) qui furent  identifiés comme ayant été volés, pour la plupart, en mai 1935, dans un bâtiment des carrières de Bretagne et de Normandie, à Bully. Les auteurs du méfait étaient demeurés inconnus.

Martin et Heuline se reconnurent coupables du cambriolage sur lequel ils donnèrent des renseignements circonstanciés. Ils avouèrent également avoir cambriolé, il y a quinze jours, une maison inhabitée, située dans le centre du bourg de Vieux, et appartenant à une dame Olive.

Martin reconnut enfin être l'auteur d'un 3e cambriolage : celui d'une maison appartenant à un autre habitant de Vieux, M. Cotentin. Il avait opéré avec la complicité d'un nommé Louis Marguerite, 18 ans, domestique agricole, qui, interrogé, reconnut le fait.

Martin et Heuline ont été écroués. Trois habitants de Vieux seront pour-Suivis pour recel.

Martin est également soupçonné du cambriolage d'un ancien moulin, situé au bas de Vieux, et qui reçut la visite de malfaiteurs, au début de l'an dernier.

A noter qu'au cours de leur enquête, les gendarmes relevèrent sur le parapet du pont de Feuguerolles, à l'endroit où les pierres avaient été jetées contre le train, des inscriptions injurieuses, tracées au couteau, à l'adresse de M. Léon Blum. Ces inscriptions étaient suivies de ces mots, écrits de la même main : « Vive le Partit Communiste ! » (sic) et d'un dessin  représentant une faucille et un marteau entrecroisés.

Or, dans l'une des poches des vêtements de Martin, les gendarmes ont trouvé un couteau dont la pointe était émoussée. D'autre part, invité à écrire le vivat précité, Martin a tracé le mot « Parti » avec une faute d'orthographe identique à celle relevée sur l'inscription gravée sur le parapet du pont. (Source : Le Moniteur du Calvados)  

 

Janvier 1938  -  Les mauvaise rencontres.  -  Les gendarmes de Caen ont dressé procès verbal contre Georges DroueL, 24 ans, carrier, demeurant à Bully, qui, rencontrant ivre un mineur de Feuguerolles-sur-Orne, Joseph Ruel, 32 ans, s'était emparé d'un portefeuille contenant 300 francs que ce dernier avait laissé tomber. (Source : Le Moniteur du Calvados)  

 

Mars 1938   -   Les nouvelles couches !   -   L'autre soir, les gendarmes d'Évrecy, en tournée sur le territoire de Feuguerolles-sur-Orne, interpellaient, au lieu dit « Le Monument », trois cyclistes qui, marchant de front, gênaient la circulation.

A l'observation qui était faite, l'un des cyclistes, Alphonse Dupost, 18 ans, manœuvre, demeurant à Caen, rue Moisant-de-Brieux, 5, répondait par les propos suivants : « Pouvez-vous me prouver que vous êtes de service ? Les gendarmes n'ont pas le droit de faire des contraventions, les agents sont payés pour cela !

N'oubliez pas que je suis de la ville et que je n'habite pas ces petits patelins de campagne !

Je connais la loi mieux que vous !  

Vous êtes une bande de polichinelles !

Vous, les militaires, vous êtes tous pareils !

Je n'ai pas encore été au régiment, mais je sais comment on est traité là-bas ! « Avec les « Fayots », on a toujours tort !

Cette belle explication n'a eu pour résultat que de provoquer l'arrestation du sieur Dupost, pour outrages à la gendarmerie. (Source : Le Moniteur du Calvados)

 

Mai 1941   -  Avis à la Population.   -   La Feldkommandantur du Calvados rappelle à la population que toute personne découvrant soit sur la voie publique, soit dans une propriété privée des objets ou imprimés suspects, tels, par exemple, que des tracts jetés par avion, doit en faire la remise à l'autorité militaire allemande la plus proche.

 

Septembre 1941   -  Démission du maire.   -   A la suite de la démission du maire de la commune de Feuguerolles-sur-Orne, le conseil municipal de la commune est dissous.

Il est institué, dans la commune, une délégation spéciale habilitée à prendre les mêmes dispositions que le conseil municipal et ainsi composée : président, M. Michel Alphonse ;  membres, MM. Le Govic Marcel, Mesnil Ernest.  

 

Septembre 1942   -   Pour les prisonniers.   -   A Feuguerolles-sur-Orne, journée du prisonnier, le 13 septembre.  A 11 h., Grand-messe pour les prisonniers ; à 14 h. 30, séance théâtrale, vente aux enchères, buffet bien garni, bonbons, sablés, bourdelots, cidre et boissons variés. Tombola, etc..... Tout le monde sera content.  

 

Juin 1943   -   Les feux de genêts,   -   Ces temps derniers, il a été constaté par les Autorités Allemandes que la population civile omet, lorsqu'elle brûle des genêts épineux, d'éteindre le feu quand survient la nuit. Il en résulte un grave danger pour la sécurité de la population. Il est rappelé que les feux de genêts et de landes ne peuvent être allumés qu'au cours de la matinée et que, conformément au paragraphe 44 de l'ordonnance du Militaerbefehlschaber in Frankreich pour la protection des forces d'occupation du 18 décembre 1942, l'allumage de feu en plein air durant l'obscurité est passible de sanctions. 

 

Août 1943   -   Fait divers.   -   Alors qu'il venait de se baigner dans la Laize en compagnie de plusieurs camarades, M. Alphonse Marie, 23 ans, journalier à Feuguerolles, a été pris d'un malaise et est retombé à l'eau. Tous les efforts employés pour le ramener â la vie sont demeurés vains.  

 

Octobre 1946  -  La ruée vers l’est.  -  Deux prisonniers boches évadés ont été découverts dans un train de marchandises par un employé de la S.N.C.F., M. Tiénot, Feuguerolles, qui les a remis entre les mains de la police. (Source : Le Bonhomme Libre)  

 

Novembre 1946  -  Le ravitaillement.  -   La distribution des nouvelles cartes d’alimentation se poursuivra dans l’ordre alphabétique et aux jours suivants : Vendredi 29 novembre, L ; Samedi 30 : M. N. ; lundi 2 décembre : O. P. Q. R ; mardi 3 : S. T ; mercredi 4 (matin seulement) : U. V. W. Y. Z ; jeudi 5 et vendredi 6 : retardataires. (Source : Le Bonhomme Libre) 

 

Avril 1947  -  Crise municipale à Feuguerolles-sur-Orne.     A la suite de la démission de M. Rosel, maire, la municipalité se réunissait il y a quelques jours pour pourvoir à son remplacement. Après trois tours de scrutin, où trois conseillers obtinrent la majorité chacun leur tour, aucun n’accepta cette fonction.

Depuis, deux conseillers : M. L’abbé Hervieu et M. Ernest Mesnil ont adressé leur démission.

Devant l’impossibilité de trouver ce magistrat parmi le Conseil municipal, M. le Préfet du Calvados va designer une délégation chargée d’assurer la direction de la commune jusqu’aux élections municipales d’octobre prochain. (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Avril 1947  -  Un tragique accident de battage.    Au cours d’une journée de battage chez M. Cocu, cultivateur à Feuguerolles-sur-Orne, un ouvrier, M. Eugène Hiver, 43 ans, demeurant à Vieux, qui était monté sur la batteuse pour passer les gerbes, a perdu l’équilibre et est tombé dans les griffes à fourrage de la machine. Les témoins de l’accident firent aussitôt sauter la courroie d’entraînement mais ne retirent qu’un cadavre : les jambes avaient été brisées, la cuisse droite ouverte, le bassin fracturé, l’abdomen et la poitrine perforés. (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Septembre 1947  -  Un incendie menaçait un dépôt de munition.  -  Les Pompiers de Caen ont était appelé, à Feuguerolles-sur-Orne, pour combattre un feu d’herbes qui menaçait un dépôt de munitions. Au cours des opération une habitante a été blessée par une explosion. (Source : Le Bonhomme Libre) 

 

1973  -  Feuguerolles-sur-Orne (448 habitants en 1968) fusionne avec Bully (118 habitants) située au sud de son territoire et qui garde le statut de commune associée. La commune résultante prend le nom de Feuguerolles-Bully.

Comme souvent dans le cas d'association, les communes tendent à garder leurs identités et s'appellent Feuguerolles-Bully

FEUGUEROLLES-SUR-ORNE   -   Le Château

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