FOURNEAUX - LE VAL 

Canton de Falaise

Les habitants de la commune de Fourneaux sont nommé les 


Avril 1880  -  Incendie.  -  Jeudi, à Fourneaux, un incendie s'est manifesté dans le grenier de la maison occupée, par le nommé Emile Caligny. 3 000 Kilogr. de foin qui étaient déposés dans ce grenier ont jeté brûlés. La perte, pour le bâtiment, et pour le fourrage, est évaluée à 1 200 fr. 

 

Novembre 1888  -  Tout est bien qui finit de même.  -  M. Édouard Debons, propriétaire à Fourneaux, près Falaise, qu'on pourrait bien surnommer l'Étourneau du conjungo tant il est versatile dans ses opinions sur madame son épouse, avait fait insérer dans la lanterne falaisienne un article « informant le public qu'il ne répondait pas des dettes que sa femme, née Langevin, pourrait contracter.»

Huit jours après, M. l'Étourneau déclarait, dans le même journal, que sa femme n'avait jamais contracté aucune dette et qu'il n'avait rien autre chose à lui reprocher « qu'une volonté d'acier et une nervosité poussée aux limites extrêmes. » 

Conclusion : Monsieur a fait des excuses à madame, et celle-ci a consenti à pardonner, à condition que son mari ne recommencerait pas. Il a promis et tout est fini.  

 

Juillet 1891  -  Une voiture culbutée.  -  Les deux petites filles du sieur Émile Caligny, charron à Fourneaux , qui avaient fait leur première communion la veille, reconduisaient, accompagnées de leur mère et de leur frère, une parente, venue de Paris pour assister à la cérémonie. 

Le chemin vicinal remontant vers l'église, dans lequel venait de s'engager la voiture, surplombe en ce point de plusieurs mètres la grande route et n'est qu'incomplètement protégé par une palissade. Le cheval prit peur et se mit à reculer. Malgré les efforts du fils Caligny qui le conduisait, l’animal amena la voiture jusqu'au bord du précipice où elle culbuta. 

Le conducteur et une des petites filles eurent le temps de sauter de la voiture sans se faire aucun mal. Les autres personnes furent projetées sur la grande route où la voiture et le cheval vinrent s'abattre. On s'empressa autour des victimes qui s'étaient évanouies. Par un hasard providentiel, aucune d'elles n'avait reçu de blessures graves.  

 

Janvier 1897  -  Vol d’un bœuf.  -  Un bœuf de 260 fr. a été volé au sieur Oriot, cultivateur à Mesnil-Hermey, dans un herbage situé entre Fourneaux et les Loges-Saulces. (source B. N.)

 

Janvier 1897  -  Mesures contre la rage.  -  Un nouvel arrêté préfectoral prescrit que, jusqu'au 1e février 1897, tous les chiens circulant sur la voie publique seront muselés solidement ou tenus en laisse, à l'exception seulement des chiens de berger ou de bouvier et des chiens de chasse. (source B. N.)

 

Janvier 1897  -  Le tirage au sort.  -  L'examen des tableaux de recensement de la classe 1896 et le tirage au sort commenceront le 18 janvier 1897. (source B. N.)

 

Septembre 1897  -  Vol d’un bœuf.  -   On a volé, la nuit, dans un herbage, un bœuf de 400 fr. au sieur Aimé Cauvigny, cultivateur à Fourneaux, près Falaise. L'animal a été retrouvé à Briouze, chez un boucher qui l'avait acheté 370 fr. (source B.N.)

 

Décembre 1897  -  Les voleurs de bestiaux.  -  Le 29 août et le 6 septembre dernier, deux bœufs étaient volés au sieur Cauvigny, à Fourneaux, près Falaise, et vendus au sieur Macé, boucher à Briouze. Une enquête, longue et minutieuse, fit enfin soupçonner de ces vols Léon Philie dit Sans-Gêne, 41 ans, couvreur à Martigny. Mis en présence de celui-ci, le sieur Macé n'hésita pas à le reconnaître pour son vendeur, Philie du alors avouer ces deux vols et dénonça comme son complice Alphonse Maligne, 54 ans, journalier aux Loges-Saulces. 

Mais ce dernier déclare n'avoir, participé qu'au premier vol en aidant à sortir le bœuf de l'herbage. Philie, auquel on reproche encore d'avoir volé un bœuf au sieur Oriot, aux Loges-Saulces, a une très mauvaise réputation. Aussi le tribunal de Falaise l'a-t-il, condamné à deux ans de prison. Maligne s'en tire avec quatre mois. (source B. N.)

 

Décembre 1916  -  Accident de travail.   -  Pendant qu'on battait à la machine, chez Mme Heuzé, à Fourneaux, canton de Falaise, le volant du moteur éclata. Un des domestiques, M. Louis Duval, 43 ans, fut grièvement blessé à la figure par des fragments, il lui faudra un mois de soins.

 

Juillet 1918  -  A la Cour d’Assises  -  Un jeune incendiaire.  -   Le jeune Lainé, âgé de 16 ans et demi, domestique de ferme, est accusé d'incendie volontaire. Entré au service de M. Oriot, cultivateur et maire d'Acqueville, le 16 octobre 1917, il n'avait reçu de ses parents, vivant en concubinage, que de tristes exemples.

Il conçut du ressentiment contre son patron, auquel il reprochait de le surveiller et d'avoir fourni des renseignements sur son compte, au cours de l'instance en déchéance de la puissance paternelle intentée à ses parents.

Le 30 décembre 1917, vers 5 heures et demie du matin, Laine mit volontairement le feu, à l'aide d'une bougie, à un paletot accroché à la porte de sa chambre. Il s'assura que le feu prenait bien et que les flammes allaient se communiquer à l'immeuble, puis, laissant l'incendie se propager, il alla rejoindre à l'étable la servante et la demoiselle Oriot.

Quand celle-ci, apercevant la fumée dans un corridor, donna l'alarme, l'accusé ne bougea point. Les secours apportés immédiatement permirent de conjurer le sinistre et d'éviter l'incendie de la maison d'habitation.

Toutefois, le panneau supérieur de la porte de la chambre de Lainé fut brûlé, ainsi qu'un pardessus, deux blouses, une veste, quatre parapluies et un grand tapis. Le sieur Oriot a évalué à 1 120 francs le préjudice causé aux objets mobiliers. La compagnie d'assurances l'a désintéressé.

Lainé nia d'abord être l'auteur eu crime, puis il avoua l'avoir commis pour « se faire foutre à la porte » selon son expression.

Quelques jours plus tard, il quitta furtivement son patron et, après avoir vagabondé, Il se plaça à Fourneaux, chez la dame veuve Heuzé, cultivatrice.

Le 24 mars 1918, en allant dans les champs soigner les bestiaux. Lainé qui, d’après ses aveux, avait arrêté, le matin même, le projet de faire « flamber la montagne », mettait le feu à des taillis d'ajoncs et de jeunes arbres au bord du bois de la dame Heuzé, en enflammant à l'aide d'allumettes, dont il s'était muni, une demi botte de foin qu'il disposa au pied d'un jeune chêne. Puis il pénétra dans le bois et, 25 mètres plus loin, il alluma de la même manière un second foyer. L’incendie, qui s'étendit sur deux hectares de bois, bruyères et ajoncs, appartenant à Mme veuve Heuzé et aux sieurs Duval, Faisant et Sorel, allait atteindre les maisons du bourg lorsque le sinistre put être conjuré.

A son retour, Lainé s'arrêta, contemplant le feu et refusa, malgré la demande de la dame Cauvigny, qui l'avait rencontré, d'aller chercher du secours. Les dégâts ont été évalués à une centaine de francs par le propriétaire. Outre les taillis et les ajoncs, une clôture et de l'herbe ont été détruits par l’incendie.

L'accusé a avoué avoir mis le feu par malveillance et pour se procurer une distraction.

Tous les renseignements recueillis sur son compte font connaître qu'il jouit de la plénitude de ses facultés intellectuelles, mais sournois et animé des plus mauvais instincts, il est considéré comme « capable de tout ». Il a été condamné par le tribunal correctionnel de Falaise, le 7 juin 1918, à 15 jours de prison avec sursis, pour vol de volailles, d'eau-de-vie et d'instruments aratoires et d'abus de confiance commis au préjudice de ses anciens patrons.

M. Lecouffe, avocat général, réclame une condamnation contre le jeune criminel, qui dit-il, a agi avec un complet discernement et une intention mauvaise certaine. Me Bourlier présente la défense du jeune incendiaire.
Nous donnerons le verdict demain.

Nous avons exposé à nos lecteurs dans notre numéro d'hier les faits reprochés à Lainé.

Laine a été acquitté comme ayant agi sans discernement et envoyé dans une maison de correction jusqu'à sa majorité.

EN NORMANDIE  -  Distillerie de cidre

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