FRESNÉ - la - MÈRE 

Canton de Falaise

Les habitants de la commune sont les Fresnéains, Fresnéaines


Mars 1871   -  Accident de chemin de fer.  -  Un accident qui aurait pu avoir des suites plus graves est arrivé mardi dernier, 21 février, à la gare de Fresnay-la-Mère (ligne d'Argentan).

Le train de marchandises n° 680, chargé de vivres, de bois, de charbon, etc., à destination de Paris, venait d'arriver en vue de la gare de Montabard en gravissant une rampe assez rapide, ainsi que chacun sait.

A ce moment, la locomotive ayant été détachée pour les besoins du service, et le conducteur d'arrière n'ayant pas eu la précaution de serrer les freins, les douze ou quatorze wagons, abandonnés à eux-mêmes et dont la charge totale ne formait pas moins de cent soixante mille kilos, s'ébranlèrent et descendirent d'abord lentement, puis avec une grande rapidité la pente qu'ils venaient de remonter. Quand ils furent en vue de Fresnay-la-Mère, ils avaient atteint une vitesse tellement vertigineuse, qu'à peine pouvait-on les suivre de l'oeil.

A ce moment arrivait en face sur la même voie un train de voyageurs n° 16, parti à 9 h. 35 du matin, de Caen, à destination d'Argentan, et dans lequel ne se trouvaient pas moins de trois cents personnes. Un accident paraissait inévitable, et il n'aurait certes pas été évité sans la présence d'esprit et le sang-froid de M. Nicollet, le chef de gare de Fresnay-la-Mère.

Sans perdre une seconde, cet employé se précipita avec un de ses hommes, nommé Gervais, à l'aiguille la plus proche, et parvint, non sans péril, à engager les wagons qui se précipitaient avec la rapidité de la foudre, dans une voie sans issue, qui servait à garer les voitures vides. En même temps le train de voyageurs, immédiatement prévenu, reculait à toute vapeur du côté de Couliboeuf, et s'arrêtait en dehors des signaux de la gare de Fresnay.

De cette façon, la vie de tant de personnes si sérieusement exposée a pu être préservée, mais certains corps de bâtiment accessoires et la gare elle même ont éprouvé de graves dégâts. Les wagons, lancés à toute vitesse, étant arrivés en effet à bout de voie, ont brisé ses remparts en granit, et se sont enfoncés dans le quai, labourant le terrain pendant une espace de 80 mètres. Le bâtiment à usage de lampisterie et de water-closet a été détruit, quant à la salle d'attente des premières, contenue dans la gare elle-même, elle a été entièrement démolie.

Des pierres d'une grosseur énorme ont été lancées à des distances incroyables. Personne heureusement n'a été blessé.

Les dégâts, tant en matériel qu'en bâtiments, ont été évalués à une centaine de mille francs.

On ne saurait accorder trop d'éloges, à M. Nicollet, chef de gare, et à l'aiguilleur Gervais. Leur intrépidité et leur dévouement à l'un et à l'autre, ont empêché cet accident d'avoir les suites horribles qu'on pouvait craindre, et qu'il fallait leur vigilance pour l’éviter. 

 

Décembre 1872   -  Café chantant.  -  Le ministre de l'intérieur vient d'engager les, fonctionnaires et agents auxquels incombent particulièrement la surveillance des cafés concerts, de veiller avec un redoublement de zèle et d'attention, à ce que les chansons obscènes, les saynètes graveleuses et tous les divertissements enfin pouvant porter atteinte à la morale ou à l’ordre public, soient éliminés des programmes.

 

Décembre 1872   -  Cartes-poste.  -  Il va être établi des cartes-poste qui seront vendues par l'administration au prix de 10 centimes et qui circulerons en franchise dans tout le territoire français. Sur ces cartes on met l'adresse d'un côté, et quelques lignes de l'autre. Elles existent déjà en Suisse et en Angleterre, où elles rendent les plus grands service. 

 

Janvier 1873   -   Infanticide.   -  Un infanticide a été commis dans la nuit du 3 au 4 de ce mois, à Fresné-la-Mère, canton de Falaise, par la fille Anne Crespin, âgée de 29 ans, ouvrière gantière. La justice informée de ce crime s'est rendue sur les lieux et a procédé à d'actives investigations. Après interrogatoire, la fille Crespin a fini par avouer que son enfant avait été tué par le Sieur Floribert Macelin, son amant, âgé de 21 ans, journalier à Damblainville, qu'il avait caché le cadavre dans un vase rempli de cendres, et qu'il avait ensuite déposé ce vase dans une cabane à lapins. Cette déclaration ayant été reconnue très exacte, la fille Crespin, et Macelin ont été arrêtés et écroués à la prison de Falaise.  

Janvier 1873   -   Infanticide.   -  Nous nous empressons d'annoncer que le sieur Floribert Macelin, journalier à Damblainville, près Falaise, incarcéré comme étant l'un des auteurs de l'infanticide commis le 3 de ce mois à Fresné-la-Mère, vient d'être relaxé.  

Août 1873   -   Incendie.   -  Le 27 août, vers 10 heures du soir, à Fresné-la-Mère, le feu a consumé un corps de bâtiment contenant 2 600 bottes de foin, divers instruments aratoires appartenant au sieur Eugène Leboucher, cultivateur. La perte est évaluée à 3 400 fr,

Août 1873   -   Les présages.   -   Un immense vol de corbeaux a passé sur Paris, se dirigeant vers le sud-ouest. On eût dit un nuage noir en forme de triangle, fendant l'étendue avec une vitesse de locomotive.  C'est signe de grand froid pour l'hiver, quand les vols de corbeaux passent aussi tôt. Pour les personnes superstitieuses, c'est signe de malheur.

Juillet 1874   -   Le réchauffement climatique.   -  La comète n'est pas étrangère aux grandes chaleurs que nous subissons. En 1811, une comète fut visible, et les chaleurs et la sécheresse furent telles qu'un grand nombre de rivière tarirent, en 1846, nouvelle comète, nouvelle sécheresse, l'eau devint tellement rare dans certains endroits que des bestiaux périrent de soif. En 1811 comme en 1846, le vin fut abondant et d'une qualité supérieure, on espère qu'il en sera de même en 1874, aussi les cours des vins sont-ils en baisse de 10 fr. par hectolitre. A Marseille, le thermomètre a marqué, à l'ombre, 40 degrés, à Paris, au soleil, 44 degrés. De nombreux cas d'insolation sont signalés.

Juillet 1874   -   La comète.   -  Selon les prévisions des astronomes, la comète découverte par M. Coggia, de Marseille, le 17 avril dernier, n'aura tout son éclat que vers le 15 juillet, mais actuellement, grâce à la pureté momentanée de l'atmosphère, elle brille merveilleusement chaque soir, au-dessous de l'étoile polaire, comme une étoile de troisième grandeur. Sa traînée est très apparente à l’œil nu.

Octobre 1874   -   Éclipse.   -  Le 10, il y aura une éclipse partielle de soleil, visible dans le Calvados.

Octobre 1874   -   Accident.   -  Mardi, M. Chanteaumot fils, ferblantier, rue Guillaume-le-Conquérant à Caen, se rendait à Fresney-la-Mère, pour poser des gouttières sur le château de la commune. Une planche mal assujettie ayant basculé, il a été précipité d'une hauteur de 10 mètres, lorsqu'on l'a relevé, il avait cessé de vivre. M. Chanteaumot était âgé de 40 ans, c’est un ancien militaire, très estimé dans son quartier. Il laisse une veuve et trois orphelins.  

 

Octobre 1877   -  Catastrophe de Montabard.  -  Nous complétons aujourd'hui les renseignements que nous avons publiés dans notre dernier numéro au sujet du terrible accident arrivé sur la ligne de l'Ouest, entre Montabard et Fresné-la-Mère. Le train qui a déraillé était composé de vingt-sept wagons de marchandises à destination de Mézidon, La machine et quatorze wagons, après avoir broyé trois wagons de ballast, s'entassèrent les uns sur les autres jusqu'à une hauteur de deuxième étage. Dans cette rencontre, le mécanicien Renard, lancé sur les  pierres de la voie, présente à la figure et sur la tête des plaies nombreuses et profondes, plus effrayantes que dangereuses. Le chauffeur Pierre, qui est tombé sous la locomotive, a eu la jambe gauche arrachée au-dessous du genou, il présente, en outre, une fracture de la cuisse droite. Le conducteur Lemonnier, qui a été retiré de dessous les wagons, a eu l'épaule droite écrasée avec fracture et luxation à l'extrémité supérieure de l'humérus. Malgré la gravité de ces blessures, les malades sont dans un état aussi satisfaisant, que possible, et, à moins de  complications intérieures, leurs jours ne paraissent pas en danger.

Renard, Lemonnier et Pierre Desnos sont mariés, les deux premiers sont pères de famille. On s'accorde généralement à louer le sang-froid du mécanicien du train de ballast qui, entendant le train de marchandises arriver, car il ne pouvait le voir, la voie décrivant une courbe prononcés, fit vivement accrocher de nouveau au train sa machine qu'il venait de faire dételer, et commença un mouvement en avant qui lui permit de faire descendre les trente ouvriers qui se trouvaient sur l'un des wagons et de se garer lui et son chauffeur. Sans la présence d'esprit de ce mécanicien, on eût probablement compté de bien nombreuses victimes. Un bel acte de dévouement doit aussi être signalé. Un ouvrier terrassier, dont nous regrettons de ne pas connaître le nom, a saisi le mécanicien Renard, lancé à terre, et l'a retiré en dehors de la voie au moment où, il allait être mis en pièces par les roues des wagons qui s'entassaient. Ce brave ouvrier exposait sa vie, il courait même à une mort certaine, mais il n'a pas hésité. On a retrouvé la jambe du malheureux Desnos dans les décombres, la bottine et la chaussette qui la recouvraient en partie étaient intactes, au-dessus le déchirement était horrible. Une enquête minutieuse se poursuit pour arriver à la constatation des causes qui ont produit cette affreuse catastrophe. Aussitôt qu'il nous sera possible de les divulguer sans inconvénient, nous nous empresserons de le faire.  

 

Août 1884  -  Légion d’Honneur.    Parmi les décorés du 14 Juillet, nous trouvons un enfant de Fresné-la-Mère, M. Letellier, lieutenant de hussards, 27 ans de service, 2 campagnes.  

 

Décembre 1886  -  Télégraphes.  -  A partir du 1er janvier, les gares suivantes seront ouvertes au service de la, télégraphie privée : Audrieu, Bretteville-Norrey, Feuguerolles-Saint-André, Fresné-la-Mère, Martigny, Mesnil-Clinchamps, Mesnil-Hubert, Pont-d'Ouilly, Mesnil-Mauger, Mesnil-Villement, Molay-Littry, Moult-Argences, Mutrécy-Clinchamps, Neuilly, Quetteville, Saint-Martin-de-Bienfaite, Saint-Martin-de-Mailloc, Saint-Rémy, Vendeuvre-Jort et Viessoix.  

 

Novembre 1888  -  Suicide.  -  Dans l'étang de la Roche, situé à Fresné-la-Mère, on a retiré le cadavre du sieur Ferdinand Josselin, 44 ans, bonnetier à Fourches. De l'enquête, il résulte que ce malheureux s'est donné volontairement la mort. Depuis le décès de sa femme, il ne travaillait plus, se livrait à l'intempérance et se trouvait dans de très mauvaises affaires.  

 

Mai 1890  -  Voies de fait.  -  La semaine dernière, à Fresné-la-Mère, une rixe, causée, dit-on, par une question de femme, a éclaté entre les nommés Piton et Marie. Ce dernier a porté plusieurs coups de bâton à Piton qui a eu un bras cassé et de graves blessures à la tête. Une enquête est ouverte.  

 

Novembre 1893  -  Les machines à battre.  -  Mercredi, à Tilly, le sieur Alfred Litard, cultivateur à Fresné-la-Mère, battait du grain et surveillait la marche de la machine, mise en mouvement par un cheval. Son jeune fils, Alfred Litard, âgé d'une douzaine d'années, plaçait les gerbes sur le tablier de la machine. Tout à coup l'enfant glissa et son pied gauche fut pris et broyé instantanément. Au cri qu'il poussa, son père arrêta la batteuse, mais il était trop tard pour sauver le membre pris. On a dû amputer la jambe. (Source B.N.)  

 

Avril 1894  -  Découverte d’un cadavre.  -  Ces jours derniers à Fresné-la-Mère le sieur Simon, en faisant des fouilles pour la construction d’une remise, a découvert un squelette en état de destruction très avancé, mais dont le crâne était assez bien conservé, les mâchoires portant 27 dents en parfait état. Ce squelette, qui parait être celui d'un homme jeune et fortement constitué, était placé à dents sur le sol, les jambes reposaient sur le tuf en dessous des fondations de la maison du maire, bâtie il y a plus de 30 ans. (Source B.N.)  

 

Juin 1894  -  Le squelette de Fresné, ou trop causer cuit.   -  Un sieur Jean Leboucher, cultivateur à Fresné-la-Mère, ayant perdu un procès contre le sieur Anatole Simon, aubergiste au même lieu, lui en avait gardé rancune. Profitant de la découverte d'un squelette, qu'en creusant les fondations d'une remise sur un terrain acheté par le sieur Simon, près de sa maison, des ouvriers-maçons mirent à jour, il y a deux mois, Leboucher l'accusa d'avoir tué son cousin, Émile Simon, marchand de cuirs, pour lui voler l'argent avec lequel il avait payé la construction de sa maison. 

C'était, disait Leboucher, le squelette de ce Simon qu'on avait retrouvé. Les gens qui l'avaient vu l'avaient bien reconnu à certaines particularités des dents, malgré les précautions prises par Anatole Simon qui avait fait broyer les os. Leboucher ayant formulé ses accusations dans un café de Falaise, le sieur Anatole Simon le cita en police correctionnelle. 

A l'audience, Leboucher a dit qu'il revenait de noce à Villers-Canivet, le jour où il s'est arrêté à Falaise, dans un café; qu'ayant, à ce moment, la tête creuse, et la mémoire lui faisant défaut, il ne sait pas trop ce, qu'il a pu dire. Le tribunal de Falaise l'a condamné à 60 fr. d'amende et en 150 fr. de dommages-intérêts envers Simon. (Source B.N.)

 

Septembre 1911  -  Le samedi 23, le Baron Ménard de Couvrigny, 49 ans, qui revenait du marché de Falaise en conduisant son tilbury, est tué d'une balle de fusil dans la nuque, dans l'allée conduisant au château de la Galerie. Un jeune juge d'instruction caennais établit rapidement que l'assassin est le propre fils du baron, Robert, 18 ans, et que le guet-apens a été  organisé par la baronne, née Marguerite de Tréprel, 39 ans, ivrognesse et débauchée notoire.

 

Janvier 1912  -  Le 19, la Cour d'Assises juge le parricide. La baronne de Couvrigny comparait en grand deuil, le fils assassin parait indifférent. Une foule immense assiége le Palais de Justice, mais le huit-clos est prononcé lorsque la Cour évoque certain fait d'immoralité particulière scabreux. Le grand avocat d'Assises Henri Robert Plaide 25 minutes - pour 10 000  francs d'honoraires ( plus de 26 000 Euros) dit-on, - mais sa cliente est condamné à mort, et le parricide à 20 ans de travaux forcés.

 

Mai 1916  -  Le convoi éclair.  -  Un train de marchandises circulait, l'autre nuit, sur la ligne de Caen au Mans, lorsque, dans la rampe de Montabard, une rupture d'attelage se produisit et trente-sept wagons redescendirent la pente inverse. La rame acquit bientôt une grande vitesse et traversa ainsi les gares de Fresné-la-Mère et Morteaux-Couliboeuf. Pendant ce temps, on avait prévenu télégraphiquement les gares et les postes d'aiguillage. A Vendeuvre, un jeune employé, M Lemarchand, qu'on ne saurait trop féliciter de son sang froid, attendait les wagons en dérive, qu'il aiguilla sur la voie de chargement des cailloux de Perrières, où se trouvaient des wagons de ballast. Un choc formidable se produisit. Les wagons de ballast furent brisés et la plupart de ceux du train de marchandises s’écrasèrent, formant un enchevêtrement sans nom. Il était temps, car un train de voyageurs venait de quitter la gare de  Saint-Pierre-sur-Dives et, à la vitesse où elle roulait, la rame emballée l'eût infailliblement broyé. Malheureusement, un des serre freins. M. Flasse, sujet belge, resta broyé sous les décombres, et son camarade Klein, belge également, eut la jambe gauche brisée.

 

Novembre 1917  -  Brûlée vive.  -  Samedi 24 novembre, vers 10 heures, Mlle Gabrielle Leroy, factrice, faisant sa tournée, entendit des plaintes et sentit une odeur de roussi. Dans la cour  de Mme Saillanfest, elle aperçut celle -ci tombée, ses habits achevant de brûler sur elle. Mlle Leroy appela un voisin et s'empressa de jeter de l'eau sur les débris des habits Mme Saillanfest, qui ne tarda pas à expirer.

Mme Saillanfest était impotente depuis plusieurs mois par suite de paralysie. Mlle Aline Morel, qui la gardait en l'absence de M. Saillanfest, l'avait quittée vers 8 heures 1/2, après lui avoir arrangé sa chaufferette, la laissant assise dans son fauteuil.

La chaufferette, en bois, a dû s'enflammer et communiquer le feu aux habits de la malheureuse femme; celle -ci sortit dehors, se dirigeant vers un baquet d'eau de pluie. Elle ne put l'atteindre, car le vent, soufflant avec violence, activa les flammes, et Mme Saillanfest brûla comme une torche. Son corps ne formait plus qu'une plaie, ainsi que le certifia le docteur Chantreux appelé à constaté le décès. Mme Saillanfest, née Jeanne Bellet, était âgé de 62 ans.

 

Novembre 1917  -  Le danger des chaufferettes.  -  A Fresné-la-Mère, près Falaise, une pauvre impotente, Mme Saillanfest, 62 ans, est morte victime d'un horrible accident. Sa chaufferette, en bois, s'enflamma et communiqua le feu a ses vêtements. La malheureuse parvint à sortir dans la cour, mais elle ne put aller plus loin et, le vent activant les flammes, elle brûla comme une torche. Elle succomba peu après.

 

Novembre 1917  -  Un déraillement.  -  Un déraillement s'est produit à l'arrivée d'un train en gare de Fresné-la-Mère. C'est dans la fameuse rampe de Montabard longue de plusieurs kilomètres, que ce déraillement a eu lieu. Et ce n'est pas le premier qui se produit a cet endroit.

Le convoi comprenait 17 wagons. Par suite d'une rupture d'attelages, trois d'entre eux furent renversés.

Les dégâts, peu importants, sont purement matériels, et l'accident n'eut pas l'importance qu'on lui attribuait au début. Une perturbation s'en suivit fatalement dans la marche des trains, mais de bonne heure dans la journée, la voie était déblayée, et la circulation reprenait son cours normal.

Le mécanicien seul a été légèrement blessé à la tête, cette blessure est sans gravité. Une catastrophe aurait pu se produire, car un autre train venait en sens inverse. Fort heureusement, le déraillement avait eu lieu en gare, il fut possible de télégraphier immédiatement aux gares voisines, pour faire garer ce train avant qu’il arrivât à Fresné-la-Mère. 

 

Novembre 1917  -  Une femme brûlée vive.  -  Dans la matinée de samedi dernier, Mme Gabrielle Péron, factrice des postes, faisant sa tournée habituelle, passait au hameau de la Hamberie, commune de Fresné-la-Mère, vers 10 heures, lorsque son attention fut attirée par des plaintes et une forte odeur de roussi, provenant du hameau.

Elle s'y rendit et aperçut Mme Sillanfest, demeurant là, tombée un peu plus bas que sa porte les vêtements de cette femme étaient en feu et achevaient de brûler.

Mlle Péron courut aussitôt chercher du secours dans les maisons voisines, mais ne trouva personne, elle revint peu après avec M. Chandelier, bonnetier, habitant un peu plus loin. A leur arrivée, ils jetèrent sur Mme Sillanfest, un seau d'eau pour éteindre le feu encore allumé dans les vêtements consumés, mais la malheureuse, horriblement brûlée, rendait le dernier soupir sans prononcer une parole.

Tout fait supposer que Mme Sillanfest, impotente et paralysée du côté gauche, depuis quelques mois, avait les pieds sur sa chaufferette, lorsque le feu prit dans ses vêtements, et qu'elle sortit pour avoir du secours, mais le feu activé par le vent, prit aussitôt de grandes proportions, l'empêchant d'aller plus loin. La chaufferette fut en effet retrouvée ouverte sur le seuil de la porte.

M. Sillanfest, absent depuis deux mois environ, pour suivre dans la contrée les travaux de battages, ne rentre chez lui que de temps à autre, il fut prévenu du malheur qui le frappait, à Perrières il travaillait, il revint aussitôt.
Pendant l'absence de M. Sillanfest, une voisine, Mlle Aline Morel, était chargée de veiller sa femme pendant le jour et de coucher pendant la nuit. Le jour elle n'y restait pas continuellement et c'est pendant une de ces courtes absences qu'elle fit dans la matinée, que Mme Sillanfest trouva une mort aussi tragique.

Ce pénible accident a causé une vive émotion dans la contrée, Mme Sillanfest était très connue. 

 

Juillet 1918  -  Arrestation mouvementée.  -  Maurice Dubourg, 31 ans, cultivateur à Fresné-la-Mère, arrêté par les gendarmes de Falaise, pour absence illégale, a pris la fuite, au moment d'entrer dans la caserne. Rejoint, il a opposé une vive résistance, ameutant par ses cris tout le quartier Guibray. Il a été écroué dans les locaux disciplinaires de la caserne Dumont-Durville.

 

Août 1919  -  Départ des cloches Belges. - En Juillet 1918, alors qu'on prévoyait une nouvelle ruée des Allemands sur la petite partie de ce qu'il restait encore de la Belgique, les cloches de Poperinghen, de Waterschoot, d'Ypres et des environs, furent dirigées sur la Normandie et mises en sûreté au château de Fresné-la-Mère. Les treize cloches « réfugiées «  ont été chargées mardi en gare de Fresné, sur deux plates-formes, pour être dirigées sur Bruges, d'où elles seront acheminées sur leurs paroisses respectives. Une équipe de soldats belges, sous la direction du lieutenant Degroote, a procédé à l'embarquement de ces treize cloches, dont le poids total était de 18.700 kilogrammes.

 

Juillet 1922  - L'inauguration du monument aux morts.  -  Elle aura lieu le 1er juillet sous la présidence de M. le Sous-Prefet de Falaise, accompagné de M. Le Cherpy, conseiller général,  ancien ministre.

 

Août 1923  -  Écrasé par sa voiture.  -  Lundi matin, à 8 heures, M. Albert Binet, 49 ans, domestique chez Mme Chrétien se rendait à Pertheville-Ners en compagnie de sa patronne pour chercher un tonneau, lorsque la charrette qu’il conduisait passa sur une grosse pierre et le choc lança Binet devant la roue une lui écrasa la tète. La mort fut instantanée. Le malheureux est marié et père de deux enfants.  

 

Février 1926  -  Coup de pied de cheval.  -  M. Henri Lecerf, domestique agricole chez M. Beauvais, a reçu un violent coup de pied de cheval sur le pied gauche. La guérison sera longue.

 

Juin 1926  -  Syndicat d’électrification.  -  Les dossiers en vue de subvention, concernant les communes de Vieux-Fumé, Condé-sur-Ifs, Magny-la-Campagne, Damblainville et Fresné-la-Mère ont été déposés au ministère de l'Agriculture. Il y a tout lieu de croire que l'allocation d'État sera fixée incessamment.

 

Novembre 1926  -  Grave accident à la gare.  -  Hier après-midi, un grave accident s'est produit en gare du Fresné-la-Mère sur la ligue de Caen au Mans, à 7 kilomètres de Falaise.

Le train de voyageurs montant vers Montabard fit une manœuvre à cette gare pour aller prendre sur une voie de garage des wagons, l'employé Horieux monta sur un des wagons, mais son pied glissa et il tomba sous les roues du convoi qui lui broya la jambe gauche. On s'empressa auprès du blessé qui fut transporté aussitôt à l'hôpital de Falaise.

L'amputation a é pratiquée par le docteur Cailloué.

 

Novembre 1930   -   La mort tragique d'une ménagère.   -   Ces jours derniers, la jeune Defoy, 13 ans, servante chez M. Charles Maupas, à Fresné-la-Mère, s'était rendue chez sa mère habitant à peu de distance de la maison de son patron. La porte étant fermée, la fillette frappa à différentes reprises en appelant sa mère. Au bout de quelques instants, voyant que celle-ci ne répondait pas, la jeune Defoy fut prise d'inquiétude et retourna au domicile de M. Maupas, pour le mettre au courant. M. Maupas, pensant que la mère de son employée avait été victime d'un accident, se rendit chez Mme Defoy, en compagnie de M. Dupont, conseiller municipal. Les deux hommes enfoncèrent la porte. À peine étaient-ils rentrés qu'une odeur de chair brûlée les suffoqua et ils virent alors un spectacle affreux. Le corps de la pauvre femme était à demi carbonisé et l'une des jambes attenait au foyer dans lequel achevait de se  consumer des morceaux de bois. Le docteur Cailloué, mandé aussitôt, conclut que la malheureuse avait succombé plusieurs heures avant qu'on la découvrit dans cet état, à une congestion cérébrale, au moment où elle se trouvait près de sa cheminée pour se chauffer. Elle tomba sur des matières incandescentes, ses vêtements prirent feu et alors la victime fut atteinte de brûlures profondes et mortelles.  

Avril 1931  -  Subvention.  -  Le Conseil général adopte les conclusions d'un rapport portant répartition des subventions du département aux communes pour les bâtiments communaux. Un crédit de 15.000 francs est affecté au budget de 1931 pour venir en aide aux communes, dans les dépenses de construction ou de réparation aux bâtiments communaux autres que les écoles primaires. 

Un certain nombre de demandes ont été présentées.  A la Commission des Travaux publics et propose de donner satisfaction à ces demandes à concurrence d'une somme totale de 10 550 francs, conformément aux propositions suivantes : Fresné-la-Mère.   -   Travaux aux bâtiments communaux 500 fr.

 

Septembre 1945  -  Un malheur n’arrive jamais seul.  -  Après la destruction de son château de Fresné-la-Mère, lors des combats de l’an dernier, M. André Godchaux, industriel à Cambrai, était parvenu à sauver des meubles et de l’argenterie, du linge et des provisions qu’il avait entreposés dans une pièce située au-dessus de son garage. Des cambrioleurs ont fait main basse sur une partie du sauvetage. Le montant du vol est estimé a une dizaine de mille francs. La gendarmerie enquête.  (Source B.-N.)

11.   Fresné-la-Mère    -   La Gare

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