UN SIÈCLE D'HISTOIRE DU CALVADOS

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GONNEVILLE - en - AUGE

Canton de Cabourg

Les habitants de la commune sont des Gonnevillais, Gonnevillaises

Février 1868   -   Un incendie.   -   Un corps de bâtiment, à usage de boulangerie, situé à Gonneville-sur-Dives, a été détruit par les flammes dans la nuit de vendredi à samedi.

On attribue la cause de ce sinistre au mauvais état de la cheminée, où l'on remarque plusieurs crevasses.

 

Mars 1869   -   Un accident.   -   Le samedi 20 mars dernier, dans l'après-midi, le sieur Eugène Martine, cultivateur à Gonneville-sur-Merville, quitta le bourg de Troarn, où il s'était rendu pour ses affaires commerciales, il s'en retournait chez lui, il était monté dans sa charrette, attelée d'un cheval. Arrivé au calvaire de Bures, l'animal s'emporta et le parti tout à coup, à fond de train, sans que son maître put le retenir.   -   Le samedi 20 mars dernier, dans l'après-midi, le sieur Eugène Martine, cultivateur à Gonneville-sur-Merville, quitta le bourg de Troarn, où il s'était rendu pour ses affaires commerciales, il s'en retournait chez lui, il était monté dans sa charrette, attelée d'un cheval. Arrivé au calvaire de Bures, l'animal s'emporta et le parti tout à coup, à fond de train, sans que son maître put le retenir.

Voyant le danger qu'il courait, le sieur Martine parvint à sauter à terre sans accident. Il poursuivit sa route à pied, jusque chez lui, sans avoir aucun renseignement sur son attelage. Cependant, il apprit bientôt que son cheval avait été recueilli par le sieur Auguste Lebray, cultivateur à Bavent, il trouva l'animal dans un triste état et sa charrette brisée.  

 

Juin 1869   -   Fait divers.   -  Le 23 juin, à sept heures du soir, le sieur Jean Anne, dit Landais, 59 ans, cultivateur à Gonneville-sur-Dives, a été trouvé pendu dans son pressoir. Le suicide ne fait aucun doute, d'après la constatation d'un médecin.  

 

Août 1871   -  Fait divers.   -   Des phénomènes atmosphériques singuliers se sont produits dans le département de la Seine-Inférieure et du Calvados. A Elbeuf, une pluie de fourmis ailées avait couvert de cette manne d'un nouveau genre les toits des maisons et le pavé des rues à Caudebec, des hirondelles ont été ramassées surchargées de ces insectes qui s'étaient attachées à elles et avaient entravé leur vol. Une véritable pluie de papillons s'est abattue aux environs de Paris.

 

Août 1871   -  Les impôts  -  Seigneur ! Seigneur ! Que va devenir le pauvre monde ? On met des impôts sur tout.

Sur les chats, sur les serins, sur le tabac, sur le boire et sur le manger.

Mais ce n'est pas tout encore, figurez-vous qu'un député de la droite, qui en aura sans doute mangé comme .. un satisfait, vient de proposer qu'on mette un impôt sur la teurgoule.

La teurgoule ! qu'est-ce que c'est que cela, vont se demander les petites maîtresses et les muscadins.

Mes petits agneaux, c'est le riz cuit au four, c'est la terrinée, que les gens comme il faut de la campagne appellent de la teurgoule….,..

Et cela, parce que les jours de fête, ces nobles goulifards se fourrent de telles cuillerées de ce mets délectable, que la.... bouche leur en teurd !

 

Septembre 1871   -  Fait divers.   -  On nous signale le départ prématuré des hirondelles, malgré la température élevée à cette époque de la saison. Il en reste cependant encore, mais peu dans nos contrées. On peut voir dans ce phénomène un indice certain d'un hiver précoce et rigoureux.

 

Septembre 1871   -  Fait divers.   -  Le 18 de ce mois, le cadavre du nommé Alfred Palis, âgé de 33 ans, célibataire, demeurant à Dozulé, a été retiré d'une mare sise en la commune de Gonneville-sur-Dives. Cet individu, qui avait quitté son domicile depuis plusieurs jours, ne jouissait plus de ses facultés intellectuelles.  

 

Février 1875   -   La Cour.  -  La Cour de Cassation a décidé : 1° que, seuls les propriétaires ou les fermiers avaient le droit exceptionnel de tirer sur les poules des voisins ; 2° qu'ils ne pouvaient les tuer qu'au moment où elles commettaient un dégât actuel et effectif ; 3° et sur les lieux mêmes où le dommage était causé. Ceci s'applique aussi aux pigeons.

 

Février 1875   -   Voies de fait.  -  Le nommé Auguste Hareng, journalier à Gonneville-sur-Dives, est poursuivi pour avoir pris au collet et bousculé le sieur Dequillebec, garde champêtre à Bavent, alors que ce fonctionnaire voulait savoir ce qu'il portait dans sa carnassière.  

 

Juin 1875   -   Les blés.  -  Les blés augmentent, non pas que dans nos contrées la récolte soit compromise, au contraire, mais parce que les nouvelles du Sud et du Sud-Est font craindre une  grande déception dans le rendement.

 

Juin 1875   -   Récoltes.  -  Les pluies continuelles du mois de juin ont causé beaucoup de dommage aux récoltes sur certains points de notre département. Un grand nombre de pièces entières de blé et d'avoine ont été couchées et auront bien du mal à se relever.

— La plupart des foins qui n'étaient pas encore bottelés ont beaucoup souffert. Le colza commence à souffrir. Les pommiers donnent toujours de belles espérances.

— S'il faut en croire le prophète Kick, il en sera à peu près de même en juillet. D'après lui, le temps sera variable, agité, souvent couvert ou brumeux, plutôt humide que sec dans l'ensemble. Variations brusques. Beaucoup d'eau sur certains points, pas du tout sur d'autres. Crues subites.

 

Juillet 1875   -   Morts par immersion.  -  Le 11 de ce mois, vers sept heures du soir, un petit enfant de 23 mois, le petit Émile-Désiré-Marie, dont les parents habitent Morteaux-Couliboeuf, est tombé dans la rivière la Dantes. Il a été retiré immédiatement, il avait cessé de vivre.

— Un accident, semblable est arrivé à Gonnevillle-sur-Dives. Une petite fille de 3 ans deux mois est tombée dans une mare où il y avait à peine 40 centimètres d'eau. Retirée presque aussitôt par ses parents, elle n'a pas tardé à expirer. On attribue la mort à une congestion produite par la malpropreté de l'eau de cette mare.  

 

Octobre 1875   -  Assassinat.  -  Samedi matin, vers onze heures, à Gonneville-sur-Dives, un sieur Benjamin Leroy, propriétaire, âgé de 57 ans, né à Glanville, a tué sa femme d'un coup de couteau qu'il lui a porté à la gorge. La mort a été presque instantanée, la dame Leroy, née Rosalie Blin, était âgée de 56 ans. Les époux Leroy vivaient depuis quelque temps en très mauvaise intelligence, et la dame Leroy, qui demandait sa séparation de corps, s'était retirée chez le sieur Duval, son gendre, demeurant dans la même commune. C'est là que l'assassin est venu pour accomplir son sinistre projet. La gendarmerie de Dives, avertie, s'est aussitôt rendue sur le lieu du crime et a procédé à l'arrestation de l'assassin, que ses voisins avaient dû garrotter pour empêcher qu'il ne se fit justice à lui-même, néanmoins, il était parvenu à se faire à la gorge une blessure sans gravité avec le couteau qui avait frappé sa femme. Leroy possédait une belle fortune.

 

Janvier 1879  -  Construction d’écoles.  -   Pour le Calvados, 25 constructions nouvelles dans 22 communes, dans l’arrondissement de Pont-l'Evêque : Blangy, école de garçons ;  Le Ham, école mixte ; Gonneville-sur-Dives, 2 écoles.

 

Février 1888  -  Le mariage des prêtres.  -  La cour de cassation vient de décider que les prêtres pouvaient se marier, après avoir quitté la soutane.

 

Février 1888  -  Femme ivre et enfant brûlé.  -  Jeudi soir, à Gonneville-sur-Dives, le sieur Louis Thorel, en rentrant de sa journée, trouva son enfant, âgé de 4 mois, expirant sur le foyer de la cheminée. Près de l'enfant, qui râlait, la mère était étendue ivre-morte. L'enfant ayant crié, la mère  s'était levée, avait voulu donner le sein au bébé et elle l'avait laissé tomber dans le feu. La poitrine, les bras, le ventre, la gorge, les jambes et la tête étaient couverts de brûlures. Cette misérable a été arrêtée et va être poursuivie correctionnellement pour homicide par imprudence.

 

Mai 1888  -  Mort de faim.  -  Un individu, inconnu dans la contrée, est tombé malade sur la route, près du domicile de M. Martine, maire de Gonneville-sur-Merville. Malgré les soins empressés qui lui ont été prodigués, il est mort deux heures après. Le médecin a déclaré que cet homme a succombé par suite de faiblesse et de privations. Il a été trouvé sur le cadavre un  extrait de naissance, de la mairie d'Alençon, au nom de Achille-François Lambert, né le 30 mars 1861.  

 

Avril 1894  -  Les voleurs de vaches.  -  Le nommé Mellion, arrêté pour avoir volé plusieurs vaches, avait en sa possession deux chevaux dont on rechercha l'origine. L'un d'eux a été reconnu par M. Seigneurie, cultivateur à GonnevilIe-sur-Dives, le propriétaire de l'autre est de Basseneville. 

Le sieur Léon Barbey, demeurant à Maisons, a déclaré à la gendarmerie de Port-en-Bessin qu'un inconnu lui avait volé une vache. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Décembre 1894  -  Faux témoignage.   -  César Morel, 35 ans, journalier à Gonneville-sur-Dives, avait été condamné, par défaut, à 3 mois de prison pour délit de chasse à Heuland. Il a fait opposition à ce jugement. Le garde maintient qu'il a bien reconnu Morel. Celui-ci oppose deux témoins qui ont déclaré que Morel, au moment du délit, était à couper des chardons avec eux. 

Le jeune Adjacent, pressé de questions, a fini par avouer qu'il avait menti, l'autre témoin a maintenu sa déclaration.

Résultat : Morel, qui en est à sa 16e condamnation, s'en tire avec deux mois de prison et 50 francs d'amende, mais Giffard, son ami, le faux témoin, selon le tribunal, attrape quatre mois.  On dit que les deux condamnés ont porté appel. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Avril 1895  -  L’art de s’éviter du chemin.  -  Le bureau de poste de Dives employait de temps à autre, comme facteur intérimaire, Gustave Bouillard, 28 ans, maçon de son état. Il était chargé de la tournée de Gonneville-sur-Dives. Mais, pour s'abréger du chemin, il brûlait des imprimés, des avis de percepteur et même des lettres. C'est ainsi qu'aurait disparu une lettre contenant un mandat de cantonnier de 62 fr. adressé au sieur Descelliers. 

Devant le tribunal, Bouillard reconnaît avoir supprimé des imprimés, mais pas de lettres. Il a été condamné à six mois de prison avec la loi Bérenger, plus 16 fr. d'amende et cinq ans d'interdiction de services publics. (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Novembre 1895  -  Coup double.  -  Alexandre Jeanne, 30 ans, et son ami Bouteiller, le jour de l'ouverture de la chasse, étaient plutôt en cache qu'en chasse, car, le 1er septembre, ils passèrent une partie de la journée à boire, à rire et à chanter chez Gustave Ledoux, 44 ans, propriétaire à Gonneville-sur-Dives, où, s'il faut en croire les on-dit, on ne s'embête pas. 

A la suite d'une discussion, Bouteiller aurait été frappé par Jeanne. Mais Bouteiller garda les coups et ne porta pas plainte. Ce fut Ledoux qui raconta la chose aux gendarmes. Ceux-ci firent une enquête et constatèrent les coups, mais ils découvrirent aussi que Ledoux vendait à boire sans autorisation. Total : 40 fr. d’amende à Jeanne pour les coups, et 40 fr. à Ledoux pour ouverture de débit clandestin. Peu s'en est fallu qu'une femme Mesnil, qui a de bonnes raisons pour soutenir Ledoux, n'ait été mise en état d'arrestation.

Bouteiller, le battu, a encore vu la chose de plus près. Comme il avait, à différentes reprises, crié du fond de l'auditoire : « Ch'est faux ! ch'est pas vrai ! » les gendarmes l'ont empoigné et l'ont amené devant, les juges auxquels il a dû faire des excuses pour reconquérir sa liberté. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Janvier 1897  -  Vengeance d’un mari.  -  Le sieur Édouard Becmont, 37 ans, journalier à Gonneville-sur-Dives, est en instance de divorce avec sa femme, qu'à tort ou à raison il soupçonne d'entretenir des relations avec le sieur Constant Férard, 35 ans, maçon à Villers-sur-Mer. 

Samedi soir, il leur tira un coup de fusil dont les plombs atteignirent l'un et l'autre légèrement aux Jambes. Le mari prétend qu'il a trouvé sa femme et Férard en telle position qu'en déchargeant son fusil dans les jambes du couple il ne faisait que venger modérément son honneur outragé, et, comme preuve, le pauvre homme déclare que si sa femme a reçu du plomb dans les mollets, c'est qu'ils n'étaient pas préservés par ses jupons. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Janvier 1897  -  Des juges gentils.  -   Nos lecteurs se rappellent qu'un sieur Édouard Becmont, cantonnier à Gonneville-sur-Dives, avait tiré un coup de fusil sur sa femme et sur le nommé Férard, qu'il avait trouvés dans une position qui ne lui laissait aucun doute sur la fidélité de son épouse. Comme preuve, le pauvre mari disait que si sa femme avait reçu des plombs aux mollets et ailleurs, c’est que ses jupons étaient relevés. Malgré son infortune, Becmont a été condamné à un mois de prison par le tribunal de Pont-l'Evêque. C'est gentil de la part des juges, car, pendant ces trente jours, les deux amoureux vont pouvoir se payer de l'agrément tout à leur aise. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Septembre 1898  -  Coup double.   -   A Gonneville-sur-Merville, la femme Fanet, née Pauline Lemarchand, et le nommé Ernest Anne, 40 ans, journalier, ont été pris en adultère. Au cours de la perquisition, deux collets servant à prendre le lièvre, ont été trouvés chez la femme Fanet, contre laquelle, pour ce fait, procès-verbal a été dressé. 

(Source : Le Bonhomme Normand)

 

Janvier 1899  -  Mérite agricole.  -   Sont nommés officiers : MM. Perrinne, maire de Ste-Marguerite-de-Viette ; Pagny, conseiller d'arrondissement à Cartigny-l'Epinay.

— Sont nommés chevaliers MM. Amand Leneveu, dresseur de chevaux d'attelage et de selle à Caen, 31 ans de services ; Lair, instituteur à Langrune-sur-Mer ; Postel, cultivateur à Vacognes ; Quesnel, propriétaire-cultivateur à Bonneville-la-Louvet ; Sabine, propriétaire à Sannerville ; Sebire, propriétaire-pépinieriste à Ussy ; Tricault, propriétaire à Vire: Vignioboul, directeur de la Société laitière des fermiers normands, à Morteaux-Couliboeuf ; Lemariey, cidres et eaux-de-vie à Paris, mise en valeur de terrains meubles dans le Calvados ; Martine, maire de la commune de Gonneville-sur-Merville (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Décembre 1899   -   C’est fini de rire.   -   Le nommé Antoine dit Monnier, 20 ans, domestique à Gonneville-sur-Dives, a une très mauvaise réputation.

Rencontrant la petite Ternon, âgée de 10 à 11 ans, il l'emmena dans un petit bois où elle le suivit sans résistance. Il aurait sans doute abusé de l'enfant sans l'arrivée d'un témoin qui, voyant Monnier couché près de la petite fille, lui cria : « Qui qu'tu fais là ? »

Monnier se redressa et répondit qu'il « cherchait de l'herbe pour les lapins. »

A l'audience, le prévenu a soutenu la même thèse en ajoutant qu'il jouait avec la petite qui « le pinçait pour le faire rire. »

Monnier n'a plus ri quand les juges du tribunal de Pont-l'Evêque l'ont condamné à vingt jours de prison pour outrage public à la pudeur.  (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Février 1900   -   Oh ! le femmes !.  -   Un ancien garçon boulanger, venu travailler a Gonneville-sur-Dives, comme terrassier, a fait la connaissance d'une veuve qu'il dit vouloir épouser.  On a beau répéter à la veuve que le gaillard s'est marié à Clécy, qu'il a deux enfants et que sa femme habite Caen, elle ne veut rien croire. 

Espérons qu'après la note que le maire de Clécy vient d'envoyer aux intéressés, cette mauvaise plaisanterie va enfin prendre fin. Comme on a bien raison de dire que ce que les femmes ont dans la tête, elles ne l'ont pas ailleurs. (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Septembre 1900   -   Gamineries criminelles. -  Les gendarmes de Dives ont arrêté le jeune Auguste Charnel, 14 ans, à Gonneville-sur-Dives, soupçonné d'être l’auteur d'une tentative de déraillement sur la ligne de Caen à Cabourg.

— Trois gamins ont brisé et enlevé pour plus de 200 fr. de couronnes dans le cimetière de Canchy, canton d'Isigny. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Mai 1901   -   Accouchements hors de prix.  -  Si les naissances diminuent, les frais d'accouchement augmentent, au point que les mères pauvres sont obligées d'avoir recours à des femmes complaisantes ayant quelques connaissances en l'art d'accoucher. 

C'est ainsi qu'une veuve Lemonnier, 63 ans, demeurant à Gonneville-sur-Dives, assistait les femmes d'ouvriers en couches moyennant 1 fr. par jour et la nourriture. 

La sage-femme de Dives, qui demande, dit-on, 30 fr. par accouchement, a porté plainte au parquet. Les femmes assignées ont toutes rendu hommage à l'habileté et au désintéressement de la prévenue. L'une d'elles a même déclaré qu'elle avait eu recours à elle parce qu'un médecin avait refusé de se déranger la nuit pour lui prodiguer les soins nécessités par son état. La veuve Lemonnier a été condamnée à 16 francs d'amende, mais avec la loi Bérenger.   (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Novembre 1901    -   L’assassina de Gonneville.  -  Aimé Roch, 46 ans, était depuis trois ans au service de la veuve Duval, fermière à Gonneville-sur-Dives, non loin de Dozulé. Roch était un peu paresseux et s'enivrait. La veuve Duval avait, depuis six mois, pris un autre domestique, Arsène Levillain, 60 ans, sans doute pour remplacer Roch, qui en conçut une haine profonde pour Levillain.

Mercredi, Roch, après avoir bu, montait dans une chambre contiguë à celle où travaillait Levillain, et, armé d'un fusil, s'embusquait derrière une fenêtre. Il attendit quelques instants, épiant le moment où Levillain se trouverait dans une position lui permettant de le tuer avec certitude. Voyant celui-ci immobile, en train de peser de l'eau-de-vie, il épaula et fit feu sur le malheureux, qui tomba foudroyé.

Le personnel de la ferme, accouru au bruit de la détonation, trouva Levillain baignant dans son sang et ne donnant plus signe de vie. Roch, se rendant compte de l'énormité de son crime, a essayé de se faire justice lui-même et s'est tiré le second coup de son arme sous le menton, il n'a réussi qu'à se faire une horrible blessure à la mâchoire.

L'autopsie de la victime a démontré que la charge avait frappé au cœur, la mort a été instantanée. L'assassin est d'une bonne famille, il est veuf et a une fille de 16 ans. Il a été conduit dans une carriole, garnie de paille et de matelas, à l'hospice de Pont-l’Évêque.

 

Décembre 1901    -   Fraude.  -  La gendarmerie de Dives a saisi l'eau-de-vie que le sieur Louis Letroux, propriétaire à Gonneville-sur-Dives, transportait en fraude. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Mars 1908  -  Incendie. -  Un incendie dont les causes sont inconnues, a détruit dans la nuit du 24 au 25 mars, une bergerie appartenant à M. Louis Letraux de Gonneville-sur-Dives. Les pertes sont évaluées à 4000 francs.  

 

Avril 1912  -  Tentative de meurtre  -  Le 10 avril, Mme Quiguette, 47 ans, débitante Gonneville, vit entrer dans son débit, vers 10 heures, un individu dont elle ne savait pas le nom, mais qu'elle connaissait de vue. Cet individu prit une consommation puis au moment de payer, déclara qu'il avait perdu son porte-monnaie contenant 5 francs. Comme la femme Quiguette était  accroupie devant son feu, l'intrus sans aucune explication tira  sur elle deux coups de revolver qui l'atteignirent à l'omoplate gauche et à la cuisse droite. La femme Quiguette se jeta sur lui saisi le revolver et cria au secours. L'autre n'essaya pas de résister. Alors Mme Quiguette le lâcha et couru au 1er étage appeler un de ses pensionnaires, M. Pichot, qui redescendit  avec elle, mais l'agresseur avait disparu.

Les deux blessures étaient heureusement peu graves ; les balles qu'on a retrouvées, ont fait ricoché. Après enquête on a su que le meurtrier était à nommé Émile Pergeaux, 21 ans, pupille de l'assistance publique. Il était parti le 6 avril de chez M. Heron, équarrisseur à Auberville, où il était comme domestique. Il s'était fait régler son compte, en disant qu'il allait chez les  époux Bretenet qui étaient malades et avaient besoin de ses services.

 

Mai 1915  -  La guerre aux mouches.  -  Il est incontestable qu'un grand danger nous menace, cet été, qu'il faut à tout prix détourner. Ce sont les maladies pestilentielles et, en particulier, celle qui peuvent être transmises par les mouches. Dans nos plaines du Nord gisent, hélas des milliers de cadavres en décomposition, plus ou moins recouverts de terre. Des germes  morbides vont se développer dans cet effroyable charnier sous l'influence, de la chaleur, et, de proche en proche, les mouches peuvent les propager. Le péril est très grand, il ne faut pas se le dissimuler. Donc, guerre aux mouches meurtrières, guerre chez soi et au dehors. On connaît les moyens à employer : propreté méticuleuse des intérieurs, et, à l'extérieur, suppression de tous les liquides stagnants, purins, baquets d'eau croupie, mares, etc….., emploi du crézyl et du pétrole pour détruire les larves. 

 

Mai 1915  -  Victimes de la guerre.  -  A la suite de la violente offensive que nous avons prise dans le Nord, offensive couronnée de magnifiques succès, il y a eu une recrudescence marquée dans les arrivages de blessés. Tous nos hôpitaux en ont eu leur part. Il en est venu sur la côte et Honfleur aussi en a reçu pas mal. Ceux envoyés dans cette ville étaient, comme au début de la guerre, atteints surtout dans le bas du corps, ce qui prouve bien qu'il y a eu enfin des combats hors des tranchées et en rase campagne. Tous ces blessés se trouvaient d'accord pour déclarer que les hostilités prennent maintenant une tournure nettement favorable à nos armes.

 

Mai 1915  -  La fraude en bécane.  -  L'autre nuit, des gendarmes en tournée ont pincé un sieur Jean Daoulas, 42 ans, ouvrier d'usine à Gonneville-sur-Dives, qui transportait, à bicyclette, sept litres d'eau-de-vie dont il avait omis d'acquitter les droits. Le fraudeur a été arrêté, et la bicyclette et l'alcool ont été saisis.  

 

Octobre 1916  -  Bébé noyé dans une mare.  -  A Gonneville-sur-Dives, canton de Dozulé, Mme Roussôt étendait du linge dans son jardin, ses deux enfants jouaient dans la cour à côté. En venant les rejoindre, elle constata que le plus jeune. Gabriel, 22 mois, avait disparu. Après de longues recherches, on retrouva son cadavre dans une mare voisine. Il avait échappée la surveillance de son aîné, 8 ans, qui, ne le voyant plus, avait cru qu'il était allé retrouver leur mère. 

 

Mai 1917  -  Une imprudence mortelle.  -  A Gonnevllle-sur-Dives, Mme Dosseville avait envoyé son petit garçon chercher un fusil qu'elle voulait montrer à une voisine, la veuve Diot, qui  se trouvait chez elle avec sa petite fille, âgée de 11 ans. Mme Diot fit observer qu'il était peut-être imprudent de laisser un gamin manœuvrer un fusil. Mme Dosseville répondit que l'arme  n'était pas chargée et, pour prouver qu'il n'y avait aucun danger, elle prit le fusil des mains de l'enfant. Mais aussitôt une détonation se fit entendre, et la charge atteignit la fillette au  sommet de la tête. On donna des soins immédiats à la pauvre petite, mais, son état s'aggravant, on la transporta à l'hôpital de Caen, où elle mourut du tétanos, le jour même de son  arrivée.

Mars 1929  -  Un beau geste et une bonne initiative.  -  M. Petitpas, instituteur, qui tout l'hiver par ses soirées et conférences, a su intéresser toute la population et se créer un bon matériel scolaire, a eu l'heureuse idée, le 17 février, de faire soirée spéciale en faveur des sinistrés de La Guadeloupe. La quête faite par Mlle Henriette Delasalle et M. René Desbledes,  deux grands jeunes gens de la commune, a rapporté 24 francs.

La très forte gelée avait arrêté pas mal de personnes.  

 

Novembre 1936  -   Attentat ou accident.  - M. Henri Delasalle, cultivateur à Gonneville-sur-Merville se rendait vers 17 h. 30 à la ferme Houel en passant à travers champs. Il longeait une haie lorsque tout à coup, il entendit un coup de feu et ressentit aussitôt une douleur à la cuisse droite. M. Delasalle s'affaissa et s'évanouit. Lorsqu'il revint à lui, il faisait nuit et éprouva de grandes difficultés pour regagner son domicile, où il reçut les soins de M. le docteur Mole, de Cabourg.

M. Delasalle qui ne se connaît pas d'ennemis, n'a pu fournir aucun renseignement qui puisse orienter les recherches. 

Plusieurs chasseurs de la localité ont été déjà entendus, ils ont affirmé ne pas être allés dans le quartier où M. Delasalle a été blessé. L'enquête continue. (source le Moniteur du Calvados) 

 

Juin 1938   -   La retraite des vieux travailleurs.   -  La Commission de Prévoyance Sociale s'est réunie et a étudié les conditions dans lesquelles pourrait, être instituée la retraite des Vieux Travailleurs. Elle a décidé de proposer que cette retraite soit fixée à 1 800 francs par an à partir de 65 ans. (source le Moniteur du Calvados) 

 

Juin 1938   -   Un avion militaire fait un atterrissage forcé.   -   Hier, vers 11 heures, dans la région de Ouistreham les habitants virent un avion qui paraissait en difficultés et semblait chercher à atterrir. Quelques minutes plus tard en effet, l'appareil réussissait à ce poser dans un champ de blé de la ferme Delalande, située sur la commune de Gonneville-sur-Merville.

L'avion se posa normalement. Il s'agissait d'un Potez 58 de la base militaire 502, appartenant au groupe aérien, régional de Clisy.

Il était monté par le capitaine Roudet, le pilote Fourcade et le mécanicien Aucel. Il venait de Deauville et se dirigeait vers Cherbourg, effectuant sur la côte des manœuvres d'observation. Il se trouva en difficulté alors qu'il évoluait à 800 mètres d'altitude, le moteur ayant des ratés par suite d'une mauvaise alimentation d'essence.

Les aviateurs sont demeurés près de l'avion, en attendant son dépannage. Ils espèrent pouvoir repartir par la voie des airs. Dans le cas contraire l'avion sera ramené à Amiens par camion.

La gendarmerie de Ouistreham, sous les ordres du maréchal-des-logis-chef Georget, assure la garde de l'appareil. (source le Moniteur du Calvados)

 

Mars 1940  -  La chasse au coq.  -  A son retour du marché de Caen, Mme Lalevé, domiciliée à Gonneville-sur-Merville, était prévenue qu'un coq avait disparu de sa basse-cour et qu'une voisine, Mme Marie-Louise Bénard, avait été vue alors qu'elle pourchassait le volatile dans son Jardin.
Alertés, les gendarmes de Ouistreham se rendirent Gonneville pour entendre la femme Bénard qui, évidemment nia toute chasse au coq. Celui-ci fit alors l'objet d'une battue de la part des enquêteurs battue qui fut couronnée de succès, car dans le grenier de la maison, les gendarmes devaient découvrir l'objet de leurs recherches. Malheureusement, il était placé sur un plat et seule la moitié subsistait.
Devant l'évidence, la femme nard dut reconnaître qu'elle avait réussi à emprisonner le coq dans la cave et qu'elle l'avait sacrifié à sa faim se servant des plumes pour en assurer une partie de la cuisson. Elle sera poursuivie pour vol.

 

janvier 1965  -  Changement de nom.  -  Gonneville-sur-Merville prend le nom de Gonneville-en-Auge.

GONNEVILLE-sur-MERVILLE  -  L'Église

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