DEAUVILLE s/ MER

Canton de Trouville-sur-mer

Les habitants de la commune sont des Deauvillais, Deauvillaises

Février 1906  -  La tempête. -  La tempête qui a sévi pendant plusieurs jours sur le littoral, a été particulièrement violents à Deauville. La mer était démontée et au large, des vagues énormes venaient se briser contre la digue des Anglais, en lançant des paquets d'eau et d'écume à une hauteur de près de 50 mètres. Le service des paquebots entre Le Havre et Trouville a été complètement interrompu.

Aujourd'hui que le temps est redevenu calme, on se rend compte de l'importance des dégâts. On craint des sinistres en mer, d'autant plus que l'on est sans nouvelles de plusieurs barques de pêche qui ne sont pas rentrées au port.

La barque " T.R. 33 ", patron Minot, qui s'était mise à la côte la semaine dernière a été retirée et remise à flot par l'  " Augustin-Normand ", de la Compagnie Normande de Navigation à Vapeur.

À la suite de nombreuses réclamations et des difficultés retraitées  pour lancer le canot de sauvetage, la Société centrale de secours aux naufragés, a décidé l'installation d'une grue, qui permettra la mise rapide à l'eau du canot. Cette nouvelle va être favorablement accueillie par toute la population maritime.

 

Août 1907  -  Découverte d'un cadavre.  -  Des douaniers de Deauville ont découvert à marée basse, dans l'avant-port de Deauville, à proximité du bac de Trouville, le cadavre du nommé Alexandre Pesnel, âgé de 62 ans, journalier, sans domicile fixe. On ignore si Pesnel est tombé accidentellement à l'eau où il s'est noyé volontairement.-  Des douaniers de Deauville ont découvert à marée basse, dans l'avant-port de Deauville, à proximité du bac de Trouville, le cadavre du nommé Alexandre Pesnel, âgé de 62 ans, journalier, sans domicile fixe. On ignore si Pesnel est tombé accidentellement à l'eau où il s'est noyé volontairement.

 

Avril 1912  La fureur du bœuf.  - Jeudi matin, un bœuf échappé, appartenant à M. Frédéric, boucher, a semé la panique dans les rues de Deauville. Plusieurs personnes ont été renversées et sérieusement blessés par la bête furieuse. M. Dubosc pu heureusement l'abattre de coups de fusil sur le quai de la mairie.

 

Mai 1913  -  Un noyé  -  On a retiré de la mer, près de la jetée, le cadavre de Nicolas Strapel, 35 ans, manœuvre maçon, qui étant ivre, a dû tomber accidentellement dans le bassin.  

 

Août 1913   -  La T.S.F  -  De très intéressant essais de télégraphie sans fil, au moyen d'un cerf-volant porte-antenne, ont lieu en ce moment, l'après-midi, de 3 heures à 5 heures, sur la plage de Deauville. On tente la réception de radiogramme envoyés par le poste Glace-Bay (Canada), distant de Deauville de plus de 6000 kilomètres.

 

Août 1913  -  La saison d'été.  -  La saison balnéaire commence avec vent, pluie et grêle, ce qui nuit en rien au succès de l'hippodrome de Deauville rénové, avec une tribune de plus de 4000 places, " merveille de bon goût et d' audace ", et une piste de 1600 m visible de bout en bout par le public.

 

Janvier 1914  -  Trouville contre Deauville.  -  On sait l'inimitié qui naquit il y a deux ans entre ces deux villes, inimitié qui dégénéra bien vite en concurrence puis en lutte sans merci. Le gros procès qui a été solutionné par la Cour d'appel avant-hier en est un épisode. Le 17 novembre 1910, le conseil  municipal de Deauville autorisait à une concession de jeu sur le territoire de la ville de Deauville. Or, la ville de Deauville participait conformément à l'article 7 du cahier des charges de la société du casino de Trouville, à la redevance due à la ville de Trouville par le concessionnaire du casino, mais à la condition de refuser toute autorisation de jeux sur sa commune.  Pour l'exercice 1911, la commune de Deauville reçut cependant 85 261 francs 02 centimes, et c'est cette somme importante que Trouville réclamait comme indue et ne pouvant appartenir qu'à elle seule. 

Le 3 juin 1913 le tribunal de Pont-l'évêque déboutait Trouville de sa demande. Appel fut porté le 28 juillet 1913. La cour a  rendu le 14 janvier son arrêt : elle confirme le jugement du tribunal de Pont-l'évêque.

 

Juillet 1914  -  La circulation des autos. -  M. Pierre Marcel, sous-préfet de Pont-l’Evêque, vient de prendre différentes mesures pour réglementer la circulation des automobiles. Sont interdites dans les communes de Pont-l'Evêque, Honfleur, Trouville, Villerville, Deauville, Tourgéville, Bénerville, Villers-sur-Mer, Houlgate et Dives. Tout excès de vitesse au-delà de l'allure de 18-22 kilomètres à l'heure ; 2° tout jet de fumée et l’emploi des sirènes, sifflets mécaniques et de l'échappement libre ; 3° la divagation de chiens non surveillés.

 

Juillet 1914  -  Service téléphonique. - Le préfet du Calvados a l'honneur d'informer le public que la mise en service du téléphone à Douvres et des circuits téléphoniques ci-après : Bénouville - Ouistreham, Villers-sur-Mer - Blonville-sur-Mer, Deauville -Cabourg, Houlgate - Villers-sur-Mer a été fixée au 1er août 1914.

 

Juin 1915  -  Les braves.  -  Ont été cités à l'ordre du jour : MM. Henri Grandin, de Caen, soldat au 36e de ligne ; Louis du Rosel de Saint-Germain, de Saint-Germain-du-Crioult ; le capitaine Caresme, ancien élève du collège de Bayeux ; Maurice Le Hoc, sous-lieutenant au 149e, fils du maire de Deauville.  

 

Septembre 1916  -  Les écoliers aux champs.  -  Le gouvernement fait appel au concours des écoliers pendant les vacances, pour les travaux de la moisson. Le transport vers les exploitations agricoles de la jeunesse scolaire des agglomérations urbaines sera fait, gratuitement, par réquisition, aux frais de l'Etat. D'autre part, toutes les mesures seront prises pour protéger moralement et matériellement les Jeunes gens des écoles qui auront à cœur de consacrer leurs vacances aux travaux des champs. Les élèves disposés à répondre a cet appel devront se faire inscrire soit à la mairie de leur commune, soit à la Préfecture, office départemental de placement, qui fournira tous les renseignements utiles.

 

Septembre 1916  -  Une chasse qui est ouverte.  -  Tous les jours on apprend que des prisonniers de guerre se sont évadés, mais on ignore, trop qu'il y a deux sortes d'intérêts à favoriser leur reprise. Un intérêt patriotique d'abord : les prisonniers allemand sont des otages qui nous garantissent la vie et la liberté future des Français prisonniers en Allemagne. Un intérêt pécuniaire ensuite : celui qui arrête un soldat allemand en fuite touche une prime de 25 francs. Si c'est un officier qu'il rattrape, il a droit à 50 francs. On peut formuler sa demande de prime en remettant son prisonnier aux gendarmes.

Dans ces conditions, sait-on quel serait le comble de la roublardise pour un prisonnier boche ? Ce serait de proposer à un de ses gardiens de le laisser feindre de s'échapper pour partager ensuite avec lui la prime de rattrapage. Et sait-on quel serait le comble de la « j’en-foutrerie » pour le gardien ?  Ce serait d'accepter le marché et de garder tout pour lui.

 

Septembre 1916  -  Mortelle imprudence de deux enfants.  -  Les frères Roger et Marcel Malenfant, 15 et 13 ans, se promenaient, avec deux petits camarades, le long de la rivière morte, a l'extrémité de l'hippodrome de Deauville. Ils eurent la fatale idée de se baigner. Les deux enfants coulèrent presque aussitôt et s'enfoncèrent dans la vase, très épaisse en cet endroit. Tous deux se noyèrent. Ces deux jeunes gens étaient les aînés de sept.

 

Septembre 1916  -  Le temps qu’il fait.  -  Le vieux bon Dieu des Boches n'a sans doute gardé que peu d'influence là haut. Il a cependant trouvé le moyen de nous envoyer une tempête pour épancher sa mauvaise humeur du moment. Le vent a fait rage pendant vingt-quatre heures et des dégâts sont signalés un peu partout. A quelque chose la pluie est bonne : les herbages reverdissent. Mais, il restait malheureusement encore du blé à rentrer, espérons qu'il n'aura pas trop souffert.

 

Novembre 1916  -  La Toussaint.  -  Jamais on ne vit un plus beau temps que celui qui a favorisé la Toussaint, cette année. On se serait cru au mois d'août. Aussi le pieux pèlerinage des cimetières a-t-il été plus suivi encore que de coutume. Les tombes de nos chers morts ont été visitées et fleurie. Mais, en ces tristes jours, que de familles ont pleuré sur des tombes absentes et qui demeureront toujours ignorées ! Du moins, les martyrs qui y reposent n'ont pas besoin de prières.

 

Novembre 1916  -  Mort de froid.  -  On a trouvé, l'autre matin, au pied d'un tas de charbon, sur le quai de Deauville, le cadavre d'un journalier de cette localité, Jules Dionis, 51 ans. Ce malheureux avait succombé à une congestion causée par le froid.

 

Février 1917  -  L’heure d’été.  -  On nous la promet pour le commencement du printemps : il faudrait alors lui trouver un autre nom. Nous nous y rallierons comme tout le monde, par patriotisme. Mais il reste bien entendu que ce changement présente, avec de nombreux avantages, de sérieux inconvénients, ne serait-ce que celui de nous faire rompre avec des habitudes ancestrales auxquelles se cramponnent toujours les irréductibles traditionalistes que nous sommes, nous autres Normands. Et puis, l'heure dite d'été convient surtout à la vie factice des citadins, elle est en contradiction avec celle des ruraux. Tous les édits du monde ne pourront jamais changer quoi que ce soit aux grandes lois naturelles auxquelles les travailleurs des champs sont contraints d'obéir.

 

Février 1917  -  Une sanglante agression.  -  Le soldat Raoul Decourcy, du 11e d'artillerie, en convalescence chez sa mère, à Deauville, a été assailli, la nuit, au moment où il passait près des bassins de Deauville. Ses agresseurs, qu'on croit être deux militaires, l'ont frappé de plusieurs coups de couteau. Decourcy, grièvement blessé, est soigné à l'hôpital 31, à Deauville. Il résulte de l'enquête que la cause de cette agression serait une femme. On en recherche activement les auteurs, que Decourcy prétend ne pas connaître.

 

Juillet 1917  -  L'écho des plages.  -  La saison s'annonce comme une des plus brillantes et les grandes villas continuent à être louées à des prix fantastiques. Le casino va donner une série de représentations, avec le concours des artistes les plus renommés de nos grandes scènes parisiennes.  

 

Août 1917  -  Une distillerie flambée.  -  Un violent incendie s'est déclaré, ces jours derniers, dans la distillerie de M. Bourgeot, à Deauville. On évalue les pertes à  400 000 francs. On ne connaît pas encore exactement les causes du sinistre. Mais il convient dés à présent d'écarter toute idée de malveillance.  

 

Décembre 1917  -  Intéressante découverte.  -  A la suite d'une perquisition opérée chez un sieur Valette, blanchisseur à Deauville, actuellement mobilisé, on a découvert de nombreux objets volés aux armées, ainsi qu'une demi-douzaine de stores de wagons, une bicyclette de dame démontée et d'autres objets qu'on le soupçonne d'avoir dérobés chez divers commerçants de Deauville, lorsqu'il venait en permission. L'enquête continue.

 

Mai 1918  -  Un effet des restrictions.  -  En gare de Trouville Deauville, le facteur-chef Laurencot a constaté qu'un wagon de chocolat destiné à l'armée anglaise avait été mis au pillage. M. Peu, chef de gare, a saisi le parquet.  

 

Novembre 1918  -  Le voyage interrompu.  -  II y a quelque jours, le chef de gare de Touques, signalait à la gare de Lisieux un couple suspect qui venait de prendre le train pour Paris. Les intéressés furent trouvés au buffet. L'homme, Brass Moulder, 23 ans, était déserteur de l’armée anglaise. La femme, Albertine Vallée, 28 ans, journalière à Deauville, villa Georgina.

Portait dans un sac les effets militaires de son ami et lui avait fourni des vêtements civils. Le couple a été arrêté et écroué. 

 

Mars 1919  -  Triple évasion. —  Trois sous-officiers allemands, les nommés Husgem, Lehmbeck et Nagele, et le soldat Reimann, se sont évadés du camp anglais de Deauville. Toutes les recherches faites immédiatement sont restées infructueuses.  

 

Septembre 1920  -  Un joli succès.  —  Nous avons te plaisir de relever parmi les cinq tireurs français classés dans la finale de fleuret du championnat du monde, disputé aux Jeux Olympiques d'Anvers, le nom du chef de bataillon Perrot, commandant le C. R. I. P. de Deauville. Toutes nos félicitations.

 

Août 1922  -  Le Roi d’Espagne à Deauville.  -  M. Oudaille, commissaire spécial chargé de la protection  des souverains en déplacement en France, était hier à Trouville-Deauville pour prendre les dernières mesures en vue du séjour du roi d'Espagne sur la côte normande.  Le souverain habitera Hennequeville.

 

Novembre 1922  -  La construction de la nouvelle gare.  -  On se souvient qu'avant la guerre, des plans avaient été dressés et une combinaison financière établie entre la Cie de l'État et les municipalités de Trouville et de Deauville, à l'effet de construire une nouvelle gare en remplacement de celle qui exister actuellement et qui était devenue tout à fait  insuffisante, en raison du nombre toujours croissant de voyageurs pendant la saison balnéaire.

Des raisons budgétaires avaient fait. ajourner les travaux, mais la Cie des Chemins de Fer de l'État, reconnaissant que la situation ne peut se prolonger sans inconvénients pour ses services submergés en été dans les locaux exigus et mal installés, sans compter les risques d'accidents, a fait inscrire dans le prochain programme des travaux, la reconstruction et la transformation de la gare de Trouville-Deauville. Les travaux commenceront vraisemblablement au printemps prochain.

 

Juillet 1923  -  La nouvelle gare de Trouville-Deauville.  -  A la suite d'une entente entre M. Dejean, directeur des chemins de fer et MM. Colas, maire de Deauville et Demasure, maire de Trouville, le projet de construction de la gare a été définitivement admis et compris dans le programme des travaux immédiats.
Abandonnant la combinaison impossible de la participation financière des deux villes de Trouville et Deauville, l'administration des chemins de fer de l'Etat est revenue à l'ancien projet Claveille, qui prévoyait, pour la
garantie des dépenses, simplement le relèvement du prix des billets.
Sous peu, les deux Conseils municipaux seront appelés à en délibérer. Et les travaux très importants comprenant la construction d’une gare et de nouvelles voie commenceront aussitôt après la saison.

 

Janvier 1924  -  Mouvement de la population.  -   Année 1923 - Naissances, 73 - mariages, 36 - divorces, 2 – décès, 61.

 

Août 1924  -  Explosion.  -  Une explosion due à la déflagration d'une certaine quantité de magnésium occasionnée par un court-circuit, s'est produite dans l'atelier de M. Bédouin, photographe, rue Désiré-Le Hoc, à Deauville. Le choc fut si violent que non seulement les vitres de l'atelier et des diverses vitrines volèrent en éclata, mais qu'une partie du châssis de la devanture fut arrachée est que le plafond lui-même fut ébranlé. Le photographe a été brûlé à la main et les dégâts matériels sont très importants.  

 

Août 1924  -  Grave incendie.  -  9 août. Ce matin. vers 4 heures, un violent incendie s'est déclaré dans la rue Olliffe prolongée. Le feu, qui avait pris naissance dans les écuries de M. Bonnetain, cocher de fiacre, un cheval a été carbonisé, s'était propagé rapidement à la maison d'habitation du cocher qui se trouvait alors en station devant le Casino. Malgré la rapide intervention des pompiers de Trouville et de Deauville, l'habitation a été entièrement consumée, ainsi que les divers hangars et remises situés dans la cour. Des logements édifiés en face et occupés par les cochers Moulière, Mériel, Verburg et leur famille, ont été également la proie des flammes avec tout ce qu'ils contenaient. 

Seuls, les chevaux enfermés dans les écuries à proximité de ces bâtiments ont pu être sauvés. Après deux heures d'efforts, les pompiers étaient maîtres du feu. L'un d'eux, le jeune Fouquet, a été légèrement blessé au cours de la manœuvre. La cause de ce sinistre, qui laisse sans logement et sans ressources plusieurs familles intéressantes, demeure jusqu'alors mystérieuse. La police de Deauville poursuit activement son enquête. Les dégâts, couverts par une assurance, s'élèvent dans l'ensemble à près de 200.000 francs.  

 

Septembre 1924  -  Renversé par un fiacre.  -  Le cycliste Maurice Lambérioux, employé chez M. Memponte, marchand de volailles, 38, rue Olliffe à Deauville, a été renversé à l'entrée du pont par le fiacre que conduisait M. Jean Verburg.  

 

Septembre 1924  -  Accident au courrier des Postes.  -  M. Baptiste Mignon, employé des P. T. T. à Deauville, portait le courrier à la gare avec une voiture à bras, lorsqu'à hauteur des bassins de retenue, une auto conduite par le chauffeur Emile Vacher accrocha le léger véhicule et le projeta sur le trottoir. Il en résulta pour Mignon et pour son fils qui poussait la voiture d'assez sérieuses contusions. Une enquête est ouverte.  

 

Novembre 1924  -  Match de boxe à l'Hôtel du Ring.  -   Quand on tient à Deauville, avenue de la République, l'Hôtel du Ring on a des obligations auxquelles on ne saurait se soustraire et on doit avoir le souci de maintenir la réputation de l'établissement. C'est du moins ce que pense Mme Muscat Vincente, 27 ans, qui, pendant la saison balnéaire, se livra à un match de boxe avec la dame Germaine Pistre, femme Zirha, 25 ans. Ce match se termine, aux points, devant le Tribunal correctionnel, La femme Zirah sort victorieuse avec un acquittement. La dame Muscat Vincente s'en tire avec 16 fr. d'amende et une blessure.  

 

Mai 1925  -  Conseil municipal.  -  M. Henri Letellier directeur du Journal, a été élu maire de Deauville par 22 voix sur 23 votants.  

 

Juillet 1925  -  Un noyé.   -  On a découvert dans le bassin de Deauville, le cadavre d'un individu, dans les poches duquel on a trouvé un titre de congé illimité de démobilisation au nom de Boutrois Albert, et une carte d'électeur de 1922, émanant de la commune de St-Martin-de-Bienfaite (Calvados).

Le corps qui ne portait aucune trace de violences, a été transporté à la Morgue.

 

Août 1925  -  Une femme tire deux coups de revolver sur sa rivale.  -  Les époux Charles Bodin habituaient Deauville. Au mois de juin dernier, ils y étaient venus d'un commun accord pour mettre fin aux relations qui existaient à Beaulieu-les Fontaines (Orne), entre le mari et une femme Bernoville. Cette dernière ne se tint pas pour battue. Il y a quelque temps, elle débarquait à Deauville elle allait s'engager comme servante au restaurant Quétel, boulevard Mauger, elle voyait chaque jour son ami employé comme ouvrier couvreur, avenue de la République.

La femme Bodin fut avertie. Elle trouva d'autre part des lettres compromettantes et décida d'avoir une explication avec sa rivale.

Dimanche soir, elle chercha vainement à la rejoindre au restaurant Quétel. Lundi matin elle revint de bonne heure à ce même établissement, armée d'un revolver ; de son té, la femme Bernoville avait décide de fuir et le personnel du restaurant était allé chercher un taxi pour favoriser son départ. Lorsque le taxi se mit en marche à la porte du restaurant, la femme Bodin qui s'était cachée non loin de sauta sur le marchepied et tira, deux coups de revolver sur la fugitive. Une balle se perdit dans la devanture du café, l'autre atteignit la femme Bernoville qui fut assez grièvement blessée. Arrêtée immédiatement, la meurtrière a été conduite au parquet de Pont-1'Evèque qui l'a laissée en liberté provisoire en raison de sa situation de famille. Son mari était d’ailleurs venu la réclamer et avait manifesté des regrets de sa conduite.

 

Août 1925  -  Ou il y a de la gêne.   -  M. Cauville, marchand de cycles, rue Saint-Michel, louait au propriétaire de l'Hôtel Select une bicyclette que ce dernier laissait un instant le long du mur de son établissement elle ne tardait pas à disparaître.

Il en informait aussitôt M. Cauville qui apprit que la bécane avait été soustraite par le nommé Boridzé Chalva, sujet géorgien, professeur es licencié es lettres, lequel s'était dirigé vers Touques. Prenant sans retard le même chemin, M. Cauville se rendit directement la gare de cette localité il trouva, en effet, la bicyclette en question qui était déjà enregistrée à destination de Paris.

Béridzé qui attendait également le train, fut gardé à vue en attendant l'arrivée des gendarmes qui le conduisirent directement à la prison de Pont-1'Evêque.

 

Avril 1926  -  Les fêtes de Paques.  -  Ainsi que le laisse prévoir les jours ensoleillés qui ont marqué la fin de la Semaine Sainte, de nombreux touristes. venus par les trains, les bateaux et surtout les automobiles, qui n'ont cessé de sillonner en tous sens les quais et les rues, avaient envahi Trouville et Deauville pendant les Fêtes de Paques.

Une foule énorme de promeneurs parmi lesquels on remarquait beaucoup d'Anglais et d’Américains, s'étaient donné rendez-vous sur les deux plages qui avaient revêtu leur parure estivale pour les recevoir.

Les hôtels regorgeaient de monde, les restaurants et les cafés ont fait également de fructueuses recettes, bien qu'un malencontreux orage survenu dans l'après-midi de dimanche ait fait déserter les terrasses aux clients qui s'y pressaient comme aux plus beaux jours d'août.

Les réjouissances sportives organisées sur les deux rives de la Touques, notamment au golf et au tennis, ont été suivies avec un vif intérêt par de nombreux amateurs.

Il en a été de même des grands matches de football qui ont mis aux prises dimanche et lundi, sur l'hippodrome de Deauville, ou la Fanfare l'Union Deauvillaise, a donné un concert très apprécié, quatre clubs justement réputés, le Cercle Athlétique de Paris, le Paris-Université-Club, le C. S. A. G, d'Orléans et l'A. S. de Trouville-Deauville.

Après une finale très disputée, le Paris-Université-Club, déjà Vainqueur en 1924, a battu le C. S. A. G. d'Orléans par 2 buts à 1, aux applaudissements chaleureux des sportsmen qui se pressaient sur les touches.

La coupe offerte par la ville de Deauville, dont le P. U. C. devenait à nouveau détenteur lui a été remise lundi à 5 h. 30, à la salle des fêtes, au cours d'une cérémonie officielle, sous la présidence de M. Dufour, adjoint au maire.

A Deauville et à Trouville, une affluence inaccoutumée avait envahi pendant ces jours de fêtes les diverses salles de spectacle, théâtres, Cinémas, etc... qui, dimanche surtout, ont refuser du monde.

La soirée donnée aux ambassadeurs sous la présidence de M. Hélitas, préfet du Calvados, au profit des victimes des inondations de Caen, a obtenu le plus vif succès.

Mais c'est surtout au casino de Deauville, dont les portes resteront désormais ouvertes jusqu'à la fin septembre, que l'on comptait le plus grand nombre d'étranger. Les salles de boule et de baccarat ont été particulièrement fréquentées, on en jugera mieux quand nous auront dit que le produit de la cagnotte pour les seules journées de samedi et de dimanche a dépassé le million, triplant le chiffre réalisé l'an passé pour les deux journées correspondantes. Voilà qui est de bon augure pour la saison prochaine.

 

Juin 1926  -  Un mari tire sur sa femme et la manque.  -  Depuis un mois environ, Mme Grouet, née Geoffroy Lucienne, âgée de 21 ans, avait quitté le domicile de son mari, employé auxiliaire des P.T.T. à Nevers, et s'était réfugiée à Deauville, elle avait trouvé un emploi de servante chez un commerçant de la ville.

M. Grouet, renseigné sur la nouvelle résidence de sa femme, se rendit, vers 9 heures du soir, chez ses patron, leur déclarant qu'il désirait avoir un entretien avec elle. Comme il affirmait n'être pas armé, et n'avoir aucunement l'intention de lui faire du mal, ceux-ci acquiescèrent à sa demande et le firent monter au premier étage, il la rencontra dans la cuisine.

L'entrevue se déroula d'abord dans le plus grand calme, mais comme, malgré les pressantes sollicitations de son mari, la fugitive refusait énergiquement de reprendre la vie commune, et de réintégrer le domicile conjugal, Grouet sortit brusquement un revolver de sa poche, et fit feu sur sa compagne, avant que les témoins de la scène, aient réussi à le désarmer. Par bonheur pour elle, Mme Grouet avait fait un rapide écart, si bien que la balle vint se loger sans l'atteindre, dans la porte de communication, située entre la cuisine et la salle manger. Mais affolée par le geste de son mari, et craignant sans doute qu'il récidive, la malheureuse se jeta par la fenêtre de la cuisine, et tomba lourdement sur le sol, d'une hauteur de cinq à six mètres. Elle fut relevée aussitôt par les témoins de la scène, qui constatèrent qu'elle avait le bras fracturé en plusieurs endroits et portait des blessures à la tête. Comme elle se plaignait, en outre, de douleurs internes, elle fut transportée à l'hôpital de Trouville.
Quant à Grouet qui, son exploit accompli, avait descendu précipitamment l'escalier, et s'était enfui sans mot dire, il se rendit dans une rue voisine, et tenta à son tour de se suicider, en se tirant une balle de revolver dans la tête.

Attirés par le bruit de la détonation, des passants s'empressèrent autour de lui, et constatèrent, que la balle avait pénétré sous le menton et était sortie à proximité de l'œil gauche, déterminant une violente hémorragie.

Le blessé fut transporté son tour à l'hôpital de Trouville, les decins qui l'ont examiné, ont décla que sauf complications imprévues ses jours ne paraissaient pas en danger.

 

Août 1926  -  Souvent la peur d’un mal.  -  Vers 1 h. 40 du matin, le chauffeur Balachoff Picotas, demeurant à Hennequeville, conduisait son taxi dans la direction du casino de Deauville, lorsqu'à l'entrée de l'avenue de la République, en face le débarcadère de la Compagnie Normande de Navigation, il aperçut une automobile qui débouchait du Boulevard Mauger.
Il n'hésita pas à monter sur le trottoir pour l'éviter, mais le malheur voulut qu'il renversa Mme Marine Rosa, domiciliée rue du Gaz à Deauville qui se fit dans sa chute quelques contusions, aux reins. La police a ouvert une enquête.  

 

Septembre 1926  -  Une chasse à l’homme.  -  Econduit du Royal-Hôtel il s'était présenté à deux reprises, entre 11 heures et minuit. En raison de l'état d'ébriété dans lequel il se trouvait, un étranger nommé Floyd Newton, 30 ans, ne trouva rien de mieux à faire que de détériorer, pour se venger, l'automobile de l'Hôtel, crevant deux pneus avec un canif, vissant la roue de secours et brisant les quatre bougies à l'aide d'un marteau.

Après une poursuite mouvementée, l'individu finit par être arrêté, mais au moment ou on allait l'enfermer, il échappa aux mains des agents, après avoir blessé l'un d'eux et réussit à prendre la fuite. Il fut aperçu par M. Thouvenel, directeur de la Police privée, qui dut lui tirer un coup revolver dans les jambes pour briser son élan. Malheureusement, la balle déviant de son but, alla atteindre M. Mercier, tenancier du Bar de la Poste, qui se trouvait devant son débit, et fut bles au talon droit.

Tandis que la Gendarmerie de Trouville et les autres agents étaient alertés, M. Thouvenel et l'agent Hurel se lancèrent à la poursuite de Newton, qui avait pris la direction de la Gare.

Attablé au Café Moderne, Newton, dès qu'il aperçu le représentant de la force publique s'enfuit vers la rue Thiers, il s'engouffra dans un garage. L'agent Hurel, prévoyant la sortie de cet homme par une porte dérobée, quai de la Touques, se rendit aussitôt dans la direction de ce quai, et reconnut l'individu qu'il cherchait tandis qu'il sortait d'une maison. Se voyant pris, Newton s'élança d'un air menaçant sur l'agent, pour le frapper de nouveau, mais ce dernier, en présence du danger, sortit son revolver et tira une balle, mais par ricochet, alla se loger dans l'aine droite de Newton qui capitula et leva les bras en l'air.

Emmené d'abord dans la voiture de M. Thouvenel, au Commissariat, l'individu fut ensuite transporté à l'Hôpital de Trouville, il se trouve actuellement en traitement.

Quant à M. Mercier, après avoir été pansé à la Clinique Léo, il a pu regagner son domicile, la balle qu'il a reçue ne lui ayant occasionné qu'une légère blessure.

 

Décembre 1926  -  Nos sauveteurs normands.  -  Les récompenses suivantes ont été accordées pour faits de sauvetage accomplis sur la côte normande.

Albert Marcot, 52 ans, patron de yacht, inscrit à Caen, médaille de bronze : A fait preuve de courage et de dévouement le 26 août 1926, en se jetant tout habillé dans le bassin de Deauville, profond de 2 mètres, pour se porter au secours d'une personne tombée à l'eau, l'a ramenée jusqu'à un escalier situé à une vingtaine de mètres.

 

Mars 1927  -  Un noyé.  -  Mardi dernier, on a découvert, dans le bassin de retenue, à Deauville, le cadavre d'un individu flottant sur l'eau. Le corps, déposé à la morgue, a été reconnu pour être celui d'un homme un peu faible d'esprit, Louis Arhan, 37 ans, qui avait quitté depuis le 17 février, le domicile de sa famille, à Trouville. La mort doit remonter à cette date.

 

Août 1927  -  Le feu.  -  Un incendie s'est déclaré dans la graineterie Bourgeot et Fléchelle, quai de la marine, à Deauville. Le sinistre se développant rapidement, on a craint un moment pour le garage voisin qui contenait 30 000 litres d'essence. Grâce à la rapide arrivée des pompiers de Trouville, l'incendie a été promptement éteint.  

 

Février 1928  -  Un locataire qui se défend.     Il n'est question, en ce moment, à Trouville-Deauville, que de l'expulsion d'un locataire récalcitrant, ordonnée par le Tribunal, mais à laquelle l’intéressé prétend s'opposer par tous les moyens en son pouvoir, déclarant même, dans quatre affiches apposées successivement sur les murs, qu'il défendra son foyer jusqu'à la mort et qu'il tiendra « sous la menace de son revolver » (sis), tous ceux qui tenteraient d'en franchir le seuil.
Voici ce dont il s'agit :

Agé de 74 ans, M. Armand Vassel, architecte, habite depuis nombre d'années, non loin du Casino, à Deauville, une assez jolie villa, nommée « Villa Juliette » pour laquelle il paie, au taux d'avant-guerre, un loyer annuel de 1.200 francs.

Son bail étant expiré et la maison ayant été vendue à un industriel de Paris, M. Pouyanne, ce dernier, sireux d'agrandir cette villa placée au centre de Deauville, afin d'en tirer un meilleur rapport, obtint contre le locataire un jugement d'expulsion.
La procédure dura longtemps et donna lieu à de multiples incidents. En référé, le président du Tribunal de Lisieux accorda à M. Vassel, sur sa demande, un sursis de six mois, qui expirait en novembre dernier. De son coté, le procureur général, à Caen, par humanité, accorda un nouveau délai qui prenait fin le 15 janvier.
Le délai expiré, Me Godreuil, huissier à Trouville, accompagné de deux témoins, se présenta au domicile de l'architecte pour exécuter le jugement ordonnant l'expulsion.

M. Vassel refusa de quitter les lieux, menaçant de tirer sur l'huissier, qu'il accusait de mensonge et de forfaiture, et déclarant qu'il ne céderait qu'a, la force.

L'affaire en estet on se demande comment se terminera ce grave incident, qui provoque à Deauville de nombreux commentaire. D'autre part, Me Godreuil, huissier, et M. Paulin commissaire de police, ayant été tous deux menacés de mort, l'architecte est cité à comparaître aujourd'hui 10 février, devant le Tribunal correctionnel de Lisieux. Dans sa dernière affiche, M. Vassel annonce que n'ayant plus rien à ajouter, il « ne se défendra pas en justice »  

 

Juin 1928  -  Un noyé.  -  On a découvert dans le bassin de retenue de Deauville, le cadavre de M. Louis Armand, 50 ans, ouvrier charbonnier sans domicile. L'enquête a conclu à un accident.  

 

Juillet  1928  -  Un violent incendie.  -   Un violent incendie s'est déclaré mercredi, vers 23 h. 45, dans un bâtiment contigu aux machines de l'usine de briquettes appartenant à M. Polinière, importateur de charbons à Deauville.

La pompe de l'établissement fut aussitôt en batterie en attendant l'arrivée des sapeurs-pompiers de Deauville et de Trouville. Ceux-ci, pendant deux heures, déversèrent des torrents d'eau sur le brasier. Malgré tous leurs efforts, le bâtiment avec tout ce qu'il contenait, réservoirs, courroies de transmission, etc..., a été la proie des flammes, mais la salle des machines située dans le voisinage a pu être préservée, de telle sorte qu'aucun chômage ne résultera de cet incendie qui, à la sortie des spectacles, avait attiré une affluence considérable de curieux.
Les dégâts sont couvert par une assurance et la cause du sinistre demeure jusqu'alors inconnue. Il semble cependant que toute idée de malveillance doive être écartée.  

 

Août 1928  -  L'atterrissage d'un ballon sphérique.  -  Un ballon sphérique, parti du Havre dimanche, à 7 h. 30, et piloté par M. Georges Cormier, de Paris, a été contraint d'atterrir, vers 22 heures, sur la plage de Deauville, le vent le poussant vers la mer.

Garé sur les lais de mer, en face la villa « Les Abeilles » le ballon repartira, dés que le vent sera favorable, pour Alençon-Bordeaux. Mme Poisson et M. Selles de Sanvic étaient passagers.

 

Septembre 1928   -   Odieuse agression.   -    Pour avoir éconduit une fille publique qui vers 2 h. du matin racolait les sur le pont de Trouville-Deauville, M. Robert Criquet, 22 ans, peintre, demeurant rue Jean-Bart, à Trouville était sauvagement attaqué par trois individus peu recommandables, Marcel Defrance, 20 ans, de Paris, Maurice Louvet, 30 ans, du Havre, et Fernand Lagadec, 31 ans, de Brest. -    Pour avoir éconduit une fille publique qui vers 2 h. du matin racolait les sur le pont de Trouville-Deauville, M. Robert Criquet, 22 ans, peintre, demeurant rue Jean-Bart, à Trouville était sauvagement attaqué par trois individus peu recommandables, Marcel Defrance, 20 ans, de Paris, Maurice Louvet, 30 ans, du Havre, et Fernand Lagadec, 31 ans, de Brest.

Après l'avoir roué de coups, ces jolis messieurs lâchèrent sur lui leur chien policier qui le mordit cruellement et enfin tentèrent de jeter leur victime dans la « Touques ».

Mis en fuite par des passants, les trois agresseurs et la fille publique étaient arrêtés rue du Manoir,  après poursuite et sous la menace du revolver, par les gendarmes et les agents de Deauville.

En outre, deux de leurs congénères sont actuellement recherchés.

 

Février 1929  -  Le bateau-école « La Palestra ».  -   Le trois-mâts goélette « Alcyon » de 280 tonneaux, construit en bois appartenant à M. Pottier-Dauphin, a été acheté par le commandant Hébert, directeur de « La Palestra », à Deauville.

Ce navire est actuellement à Saint Malo, pour y subir une transformation complète étant destiné à servir de bateau-école aux jeunes filles désireuses de s'initier au sport du yachting à voiles.  

 

Novembre 1929  -  Les projets du service vicinal en 1930.  -  Le service vicinal du Calvados projette pour l'année 1930 une amélioration considérable de certains des chemins de grande communication soumis à un trafic intense.

Parmi les principaux travaux signalons la construction de trottoirs et de caniveaux entre Villers-sur-Mer et Deauville ; la rectification du tournant de Vieux-Fumé ; la construction de caniveaux à Saint-Martin-des-Besaces ; la construction de trottoirs à Luc-sur-Mer ; celle d'un caniveau pavé à Cully ; les travaux d'élargissement dans la traversée d'Ouilly-le-Tesson ; les travaux de défense contre la mer, à Bernières et Courseulles-sur-Mer ; la construction d'un aqueduc sur le chemin n° 11, etc...

 

Juillet 1929  -  La température.  -  La chaleur après laquelle tout le monde aspirait en raison des vacances et pour la maturité des récoltes, est survenue brutalement. Et c'est maintenant une température torride que nous avons à subir, avec des 30° et même plus à l'ombre. -  La chaleur après laquelle tout le monde aspirait en raison des vacances et pour la maturité des récoltes, est survenue brutalement. Et c'est maintenant une température torride que nous avons à subir, avec des 30° et même plus à l'ombre.

L'absence de vent rend encore cette chaleur plus difficile à supporter et les travaux des champs sont devenus très pénibles dans cette véritable fournaise. Cependant, mardi, le ciel commençait à se couvrir et l'orage semblait proche. Espérons que des pluies viendront rafraîchir la température, mais souhaitons cependant qu'elles ne soient pas trop fréquentes et que nous ayons un été suffisamment sec.

 

Septembre 1929  -  La sécheresse.  -  Le temps magnifique dont nous jouissons a aussi ses inconvénients. Aux cas d'insolation toujours possibles et aux véritables souffrances physiques que cause une température aussi élevée, il faut ajouter le manque d'eau qui commence à inquiéter sérieusement les agriculteurs.

Non seulement, il ne pleut pas depuis plusieurs jours, mais l'année presque entière a été d'une sécheresse inaccoutumée. A la campagne, les cultivateurs qui n'ont pas de source sur leur propriété, ou de puits,  sont obligés d'aller chercher l'eau à la rivière pour les besoins de leur ménage et pour abreuver les bestiaux, et de la faire charrier à des distances quelquefois très grandes, d'où une gêne sensible et des dépenses considérables.

Les villes ne sont pas moins à plaindre. Pour abattre la poussière et donner un peu de fraîcheur dans les rues, elles sont obligées de faire arroser, ce qui grève incontestablement le budget.

 

Septembre 1929  -  Pour s'offrir une impression de fraîcheur.  -  Vous ne devinerez jamais ce que fait ce petit paysan ! .. il a l'air de se boucher les oreilles ! .. Il est en train de se rafraîchir ! .. Pendant les chaudes journées d'été, quand vous faites de longues promenades, en pleine campagne, sous un soleil ardent, loin du petit ruisseau, ou de toute fontaine, vous désireriez certainement vous offrir au moins l'illusion d'un peu de fraîcheur ?

Voici un moyen très simple qui vous procurera facilement une agréable impression momentanée. Amenez au bout de votre langue le plus de salive possible, et avec ce liquide, humectez fortement l'index de vos de  mains, sans attendre, posez l'extrémité humide de vos index sur les lobes de vos oreilles. Retirez vivement vos mains. À ce moment vous éprouverez une sensation de fraîcheur très nette qui s'explique facilement.

Elle est produite tout simplement par l'évaporation de la salive qu'on vient de déposer sur les lobes des oreilles très sensibles au moindre variation de température. A vous de profiter de cet excellent tuyau et de l'utiliser quand besoin s'en fera sentir !

 

Octobre 1929  -  L'heure d'hiver.  -  Conformément à la loi du 24 mai 1923, c'est dans la nuit du samedi 5 au dimanche 6 octobre que l'heure d'été fera place à l'heure d'hiver, c'est à dire que les pendules devront être retardées de 60 minutes.

 

Avril 1930  -  Propos en l'air.  Nous avons annoncé qu'il était question d'aménager, aux portes de Caen, un aérodrome. Du moins on en parle, c'est toujours ça ! Pendant ce temps, Deauville, cité riche et dirigée par un homme d'action, M. Colas, a résolu, sans phrases, d'en donner un à sa clientèle d'été. Ainsi en a décidé le Conseil municipal, après un lumineux rapport du maire exposant que le développement de l'aviation, tant au point de vue touristique que commercial, nécessitait, pour une station balnéaire de l'importance de Deauville, l'aménagement d'un aérodrome.

Si tôt dit, si tôt fait. Une vaste propriété de 108 hectares va être achetée, pour 260.000 fr., à St-Gatien-des-Bois, où sera installé un port aérien, doté de pistes d'envol de 1.000 à 1.500 m., Qui rivalisera, par son étendue et ses abords, aux terrains d'aviation les plus connus. Tel est la simple histoire de l'aérodrome que la ville de Deauville s'offrit pour ses Pâques.

Quant à celui de Caen, il nous faudra, pour le moins, attendre à la Trinité !

 

Novembre 1930   -   Les inondations.  -   Au cours de la nuit de vendredi à samedi, les eaux de la Touques et de la Calonne ont envahi Pont-l'Evêque, inondant le quartier du centre. Les dégâts sont importants.

A Lisieux, la Touques, l'Orbiquet et autres petits cours d'eau ont débordé. Les points les plus atteints ont été les rues Blanche, Porte d'Orival, Lecouturier, Fournet, Rose-Harel, de Falaise, de Caen, le quartier du Bouloir, de l'allée Lemercier, le boulevard Nicolas-Oresme et la rue Ferdinand-Daulne. Rue Fournet, une devanture à été emportée par le courant. Dans l'allée Lemercier, un mur s'est écroulé.

Orbec a également subi les inondations

À Deauville, la tempête a détérioré le chemin des planches et différentes villas.

 

Juillet 1931   -   Inauguration de l’aéroport.   -   L'inauguration de l'Aéroport de Deauville aura lieu, le dimanche 26 juillet, sous la présidence de M. J.-L. Dumesnil, ministre de l'Air, accompagné de M. Riche, sous-secrétaire d'État au Ministère de l'Air. 

Voici le programme de cette journée : Rallye Deauville aérien, organisé par l'Aéro-Club de France et présidé par M. P. E. Flandin, ministre des Finances.
Vers 10 heures, arrivée de l'Aéroport du « Deauville-Aérien » (environ cinquante avions). Réception officielle.
A 10 heures, cour de la Gare, concert par la Musique des Équipages de la Flotte de Brest, Défilé de la Gare à la Mairie.
A 16 heures, place du Marché, grand concert par la Musique des Équipages de La Flotte de Brest.
A partir de 18 heures, départ à l'Aéroport du Deauville-Aérien.  

 

Janvier 1932   -   Grave incendie.    -   Vers une heure du matin, des passants traversant le pont de Trouville-Deauville, apercevaient des flammes sortant de la toiture du Palace-Cinéma, et donnaient aussitôt l'alarme. Bientôt, les pompiers de Trouville et de Deauville attaquaient vigoureusement le sinistre qui avait déjà pris des proportions considérables. Le vaste établissement ne formait plus qu'un immense brasier sur lequel les moto-pompes alimentées par la Touques déversaient des torrents d'eau.

Après deux heures d'efforts, l'incendie était maîtrisé mais de cinéma et le dancing étaient complètement détruit ainsi que tout le matériel, appareils, bar, fauteuils etc... Il semble que le feu ait pris naissance près de la scène, mais comme il y avait pas eu de séance depuis deux  jours, on se perd en conjonctures sur les causes de cet incendie, d'autant que M. Lelong, directeur de l'établissement, avait fait sa ronde la veille, comme de coutume avait coupé le courant et n'avait rien remarqué d'anormal.

 

Janvier 1940  -  Deux octogénaires succombent asphyxiés au cours de leur sommeil.  -  M. Synyach, commissaire de police à Deauville, prévenu par des voisins que les époux Courtecuisse, rentiers, demeurant à Deauville, 28, rue Mirabeau, n'avaient pas é aperçus depuis trois ou quatre jours firent ouvrir par les soins dun serrurier l'appartement qui était fermé intérieurement.

Dés l'entrée, une forte odeur de gaz saisit les arrivants qui découvrirent dans la cuisine le cadavre du chien de la maison. Allongé sur son lit, au premier étage dans la chambre dont il fallut également forcer l'entrée, M. Courtecuisse avait succombé à l'asphyxie. A ses côtés, sa femme râlait faiblement. Malgré les soins qui lui furent prodigués par le docteur Rigaud mandé d'urgence, elle devait succomber quelques heures plus tard.

L'enquête a démontré que les décès des deux époux étaient purement accidentels. En effet, à une ancienne conduite de gaz était suspendue dans la cuisine une corde à linge dont la tension peu à peu finit par provoquer une fissure dans la tuyauterie et le gaz s'infiltrant par les lames du parquet asphyxia au cours de leur sommeil les deux époux dont la chambre était située au-dessus de la cuisine.

L'inhumation des deux victimes de ce pénible accident a eu lieu à Deauville, vendredi dans la matinée.

 

Janvier 1940  -  Encore elle !  -  Bien connue au tribunal, Marie Halley, 39 ans, marchande de poissons à Deauville, quai de la Touques est poursuivie une fois de plus. Cette fois de elle a subtilisé aux dépens de Mme Victoire, à Deauville, un sac à main contenant divers objets, entre autres une boite à poudre et un porte-monnaie. 

Conduite devant M. le Commissaire de Deauville, elle glissa les dits objets dans porte-parapluie du commissariat ils furent retrouvés. Marie Halley est condamnée par défaut à quatre mois d'emprisonnement. Cette peine se confondra avec une peine de deux mois de prison précédemment prononcée contre elle par le tribunal de Pont-l’Evêque. 

 

Février 1940  -  Les bons comptes font les bons amis.  -   Appliquant à la lettre le proverbe, Mme F. M…, 23 ans, femme de ménage à Deauville, mécontente de s'être vue frustrée de quelques centimes dans les émoluments que lui versait son patron, ne trouva rien de mieux pour se venger, que de lui subtiliser quelques billets de mille. Elle dément à l'audience de malveillantes insinuations émises au cours de l'instruction sur le compte de son patron, et passe des aveux complets.
Le Tribunal lui tient compte de sa tardive franchise, et la condamne à 1 an de prison avec sursis.

 

Février 1940  -  Bataille de dames.  -   Le quartier de la rue du Gaz, à Deauville, était mie en émoi le 7 novembre dernier par une bataille en règle mettant aux prises quatre ménagères de la dite rue. Il s'ensuivit d'une part, des ecchymoses. griffes, contusions et morsures subies par une dame Lacaille, 23 ans, d'autre part, pour Mme Juliette Crestel, 38 ans, un accouchement prématuré que le Tribunal refuse de considérer comme une conséquence directe des coups reçus. Les Jeunes P… Marguerite, 15 ans, et V… Alice, 15 ans, accusées d'avoir prêté main forte à Mme Crestel contre Mme Lacaille, sont relaxées des fins de la poursuite. Mme Crestel est condamnée à 16 francs d'amende avec sursis. Mme Lacaille, sur laquelle pèsent de mauvais renseignements, est condamnée à 8 jours de prison avec sursis et 25 francs d'amende.

Février 1940  -  Sur Opposition.  -   Condamné par défaut le 6 novembre à 8 jours de prison pour violences et voies de fait contre les agents de la force publique, Delasalle Maurice, 22 ans, docker à Deauville, a fait opposition. Le Tribunal élève la peine à 15 jours, mais lui accorde le bénéfice de la loi de sursis.

 

Mars 1940  -  Baptême du canot de sauvetage.  -  Aujourd'hui, à 15 h. 30, baptême du nouveau canot de sauvetage à moteur « Amiral-de-Maigret » de la station de Trouville-Deauville à la maison-abri du canot au bassin des yachts. Mme la baronne de Castelnau en sera la marraine et M. Moureaux le parrain.
Après la cérémonie religieuse, M. le Maire recevra à la mairie de Trouville les personnalités invitées M. le vice-amiral Lacaze, ancien ministre de la Marine, président de la Société centrale de sauvetage des naufragés, empêché, sera représenté par M. le capitaine de corvette A. Cogniet, chef du service de l'inspection de la société.  

 

Juin 1940   -   Un bavard.  -   Le général de Gaulle, qui a pris la parole à la radio de Londres, et qui ne fait plus actuellement partie du gouvernement, n'avait aucune mission pour faire des communications en public. Il a été rappelé de Londres et a reçu l'ordre de rentrer en France et de se tenir aux ordres de ses chefs. Ses déclarations doivent être regardées comme nulles et non avenues.

Ce trop grave général et « jusqu'au-boutiste » et il engageait les spécialistes et les soldats qui le pouvaient à gagner l'Angleterre pour continuer la lutte. On assure même que malgré l'ordre de rentrer au quartier que lui avait donné le maréchal Pétain, le général de Gaulle est resté en Angleterre. Tout cela est vraiment bien regrettable.

 

Juin 1940   -   L'heure allemande.  -   On sait que l'Allemagne est à l'Est de la France et que, par conséquent, le soleil  s'y lève plus tôt. La différence est assez grande pour faire un écart d'une heure entre Paris  et Berlin. Aussi nous  a-t-on invités à avancer nos montres et nos horloges dans la nuit de lundi à mardi. Nous étions déjà pourtant à l'heure d'été ! Qu'importe, en cette belle saison que nous lever une heure plus tôt !

 

Août 1940   -    Affaires municipales .  -   Par décision préfectorale, M. Léon Bréfort, adjoint au maire de Deauville, a été suspendu de ses fonctions pour une durée d'un mois.

 

Mars 1941    -   Avis à la population côtière.   -   Le commandant en chef des troupes d'occupation en France communique ce qui suit :

« Des actes dirigés contre les intérêts des forces d'occupation ont été commis dans les régions côtières. Les coupables ont été punis ou attendent leur punition, selon les droits de guerre qui prévoient la peine de mort. Je préviens catégoriquement la population de la côte de ne pas se laisser provoquer à des activités qui entraîneraient la peine de mort, tant pour leurs auteurs comme pour toutes leurs complicités.

L'interdiction de la pêche a été relevée, tenant compte de la situation économique de votre région et du ravitaillement de la France, mais si ce geste reste mal compris, ou si les actes précités se répétaient, la population entière aurait à subir selon le droit de la guerre, les représailles les plus dures.

Méfiez-vous des provocateurs irresponsables, qui ne sont pas des français, votre sort et celui de votre pays est entre vos mains. Ne vous livrez pas à des intêrets qui ne sont pas les nôtres, ne vous laissez pas entraîner et proposez-vous à tous les actes dont vous auriez à regretter les conséquences ».  

 

Mai 1941   -  Avis à la Population.   -   La Feldkommandànthï du Calvados rappelle à la population que toute personne découvrant soit sur la voie publique, soit dans une propriété privée des objets ou imprimés suspects, tels, par exemple, que des tracts jetés par avion, doit en faire la remise à l'autorité militaire allemande la plus proche.

 

Juin 1941  -  A propos du plan d'évacuation de la côte. - Pour mettre fin aux rumeurs alarmistes circulant à ce sujet dans nos populations du littoral, M. Fossorier, maire de Deauville, a fait apposer sur les murs delà ville l'avis suivant : « La nouvelle a circulé que Deauville devait être évacué. Il n'en est pas question actuellement. L'origine de ce bruit vient de ce qu'un plan a été mis à l'étude pour que en cas de danger grave, l'évacuation puisse se faire dans le calme et dans l'ordre. Cette, élémentaire mesure de précaution doit, en aucune façon, troubler la population, ni faire présager une éventualité qui, selon toute vraisemblance, ne se produira pas ».  

 

Juillet 1941   -  Un Allemand sauve deux jeunes baigneurs.   -   S'étant trop attardés sur un banc de sable à la marée montante, devant Deauville, deux enfants, Paul Goualier et Paul Pasquot, 12 et 14 ans, demeurant rue Jean-Jaurès, à Deauville, s'aperçurent soudain qu'il leur était impossible désormais de regagner le rivage. Par bonheur, un soldat allemand, qui se promenait sur la plage, comprenant que les gamins se trouvaient dans une situation des plus critiques, n'hésita pas à se jeter à la mer et, après avoir rejoint à la nage les jeunes imprudents réussit à les ramener tous deux sains et saufs sur le sable.

La municipalité de Deauville a vivement félicité le sauveteur et a tenu à rendre compte à son colonel du bel acte de courage qu'il venait d'accomplir.

 

Mai 1942 - Vols de brebis.. — Depuis plusieurs mois, M. Maurice Vandon, 47 ans, cultivateur à Deauville. constatait très fréquemment la disparition de brebis de ses herbages de Saint-Arnoult et de Deauville. A ce jour, il estime le préjudice causé à 30 000 francs au moins.

Samedi matin, 9 courant, il constata qu'une nouvelle brebis lui avait été dérobée dans son écurie, rue du Gaz, à Deauville. Ayant porté plainte à la gendarmerie de Deauville et donné quelques indications aux gendarmes, ceux-ci appréhendèrent Verslyte Pierre, 19 ans, terrassier, rue du Gaz, à Deauville, et celui-ci reconnut très rapidement les faits.

Il déclara avoir commis ces vols en compagnie de Frédéric James, 39 ans, journalier, demeurant même rue. Celui-ci a reconnu les faits et tous deux ont mis en cause Louis Nouvelot, 62 ans, limonadier, 1, rue de Verdun, à Deauville. Celui-ci nie énergiquement les faits, mais ses deux complices étant formels, tous trois ont été arrêtés.  (Source O.E)

 

Juillet 1942   -    Une imprudence.   -   Le 27 juillet, vers 17 h., au cours d'une manœuvre dans les dépendances de la gare de Deauville, Léon Lapborme, 70 ans, place Bellevue à Trouville, qui s'était introduit dans l'enceinte pour y ramasser de de l'herbe, a été happé et écrasé par un wagon.

Le bassin complètement écrasé, le pauvre homme a été tué sur le coup. En dépit d'une légère surdité, il avait la mauvaise habitude de pénétrer dans les dépendances de la gare, malgré les observations des employés. Son imprudence lui a coûté la vie.

 

Octobre 1942   -   Destruction des pigeons.   -   Conformément à l'ordre donné par les autorités allemandes, il est rappelé aux propriétaires de pigeons que tous les pigeons de toutes espèces (pigeons domestiques, pigeons d'agrément et pigeons voyageurs) doivent être sacrifiés. Faute de déférer à cet ordre les possesseurs de pigeons s'exposeraient à des sanctions très sévères.   -   Conformément à l'ordre donné par les autorités allemandes, il est rappelé aux propriétaires de pigeons que tous les pigeons de toutes espèces (pigeons domestiques, pigeons d'agrément et pigeons voyageurs) doivent être sacrifiés. Faute de déférer à cet ordre les possesseurs de pigeons s'exposeraient à des sanctions très sévères.

 

Octobre 1942   -   Et ça continue.   -   En raison de la situation difficile de notre approvisionnement en beurre pour le mois de novembre, le ravitaillement général réformes que les rations ne pourront être honorées en une seule fois.

En conséquence, les détaillants sont priés de ne livrer à leurs consommateurs inscrits, que 80 gramme de beurre à valoir sur la ration de 125 grammes. Le complément sera satisfait au cours du mois. Espérons-le !

 

Novembre 1942   -   L'heure du couvre-feu.   -   A partir du 1er novembre et jusqu'au 31 mars prochain, l'heure de fermeture des débits et l'heure du couvre-feu sont fixées pour la Normandie comme suit, par les autorités d'occupation : Heure de fermeture des débits, 22 h. 30 ; heures du couvre-feu, 23 h. 00 à 5 h. 00.

 

Avril 1943   -   La propagande.   -   Ces derniers temps, à Deauville et à Trouville, des vitres ont été brisées à plusieurs reprises chez des personnes ayant une attitude germanophile. En même temps, on remarquait un accroissement de la propagande communiste par tracts. Le 14 et le 18 mars, les tombes de soldats allemands et anglais ont été profanées.

Pour empêcher le renouvellement de pareilles menées et comme expiation : l'arrestation de cinq personnes appartenant au milieu probable des malfaiteurs a été ordonnée.

D'autre part, comme deuxième mesure d'expiation, le couvre-feu dans les communes de Deauville et de Trouville a été fixé à 21 heures. Les restaurants, cafés, cinémas et autres lieux publics, devront fermer à 20 h. Cette mesure restera en vigueur jusqu'au 11 avril 1943 inclusivement.

 

Mai 1943   -   Faits divers.   -    Dans le seul mois de mars, 47 bovins ont été abattus clandestinement chez M. C………, cultivateur au Breuil-en-Auge, avec la complicité de M. B………., cultivateur aux Authieux-sur-Calonne, pour le compte des frères D……, de Deauville.  

 

Mai 1943   -   L'évacuation de la côte. — Le 30 avril, selon les plans prévus, un train spécial a amené en direction de Mortagne les évacués de Cabourg et de Trouville-Deauville.

Tout s'est passé dans l'ordre et le calme. Dès le matin, des équipes de secours de la Croix-Rouge et de la Défense Passive avaient aidé au transport des bagages et, a midi, au transport des malades et des impotents. Pour le voyage, le Secours National avait mis à la disposition des évacués, biscuits, conserves, oeufs durs, lait concentré et sucre, etc. M. Moureaux, maire de Trouville, avait personnellement fait remettre à chaque évacué de Trouville une somme de 50 fr. pour compléter l'allocation de départ. Enfin, les autorités locales ont apporté leur réconfort à tous ces malheureux contraints de quitter leur foyer, pour peu de temps, espérons-le. 

 

Janvier 1944    -   Interdiction de circuler.  Sur l’ordre de la Feldkommandantur 723, la circulation générale est interdite entre 18 h. et 8 h. sur les roules nationales suivantes : N° 514 entre le Home-Varaville et Cabourg, N° 513, entre Varaville et Honfleur. Des barrages seront établis à chaque extrémité des sections sus-indiquées et des pancartes rappelleront ces prescriptions au public. Les riverains qui seraient dans l'obligation d'emprunter ces itinéraires, durant les heures interdites, devront s'adresser à la Standort-kommandantur compétente qui leur délivrera des permis.

 

Avril 1944   -   Distribution d'œufs frais.  -  Le Préfet du Calvados communique : Une nouvelle distribution de deux oeufs frais est prévue au titre du mois d'Avril dans les communes de Lisieux, St-Jacques-de-Lisieux, St-Désir-de-Lisieux, Beuvillers et le hameau du Petit-Bon-Dieu, Deauville, Honfleur et Trouville, au profit des catégories E. J1. J2. J3 et V.

Toutefois les consommateurs énumérés ci-dessus et qui sont détenteurs de la feuille de denrées diverses à indicatif P1 et P2, sont exclus de ces distributions.

Cette distribution sera effectuée contre remise de ticket DV de la feuille de denrées diverses du mois d'Avril 1944 des catégories de consommateurs visés ci-dessus.

Au moment de la distribution, les détaillants exigeront la présentation de la carte d'alimentation pour contrôler la catégorie du consommateur. Ils s'assureront en outre que le cachet de la mairie porté sur la feuille de denrées diverses est effectivement celui d'une localité bénéficiaire de distributions d'œufs.

 

Août 1944  -  La guerre en Normandie.  -  Les troupes britanniques de l'armée canadienne, après avoir traversé la Touques, entraient à Lisieux. Cambremer avait été libérée dans l'après-midi. Nous avions aussi traversé la Touques près de Gacé, à 30 kilomètres au sud de Lisieux.

Après la libération de Cabourg, les troupes hollandaises de l'armée canadienne se rendaient à Houlgate et delà à Deauville qu'elles ont libérée hier soir.

 

Décembre 1944   -   Le déminage des zones côtières.  -   Les populations côtières sont invitées à donner aux agents de l'Inscription Maritime dans les ports tous les détails sur les zones minées par les allemands ainsi que sur l'emplacement des mines isolées qu'elles peuvent connaître afin que des mesures de déminage soient entreprises.  -   Les populations côtières sont invitées à donner aux agents de l'Inscription Maritime dans les ports tous les détails sur les zones minées par les allemands ainsi que sur l'emplacement des mines isolées qu'elles peuvent connaître afin que des mesures de déminage soient entreprises.  

 

Février 1945  -  Trois blessées dans une explosion.  -  A Deauville, trois jeunes gens, Marcel Devarieux, Jean Gautier, et Louis Martin, étaient réunis à l’entrée d’un blockhaus édifié boulevard Cornuchi. En jetant sa cigarette sur le sol de la casemate que recouvrait à cet endroit une certaine quantité de poudre, l’un d’eux provoqua une violente explosion. Brûlés aux visage, aux mains et sur différentes autres parties du corps, Marcel Devarieux et Jean Gautier reçurent les premiers soins d’un pharmacien avant de regagner leur demeure, Plus grièvement atteint, Louis Martin fut transporté à l’hôpital de Trouville.  

 

Février 1945  -  Les mines font de nouvelles victimes.  -  M. André Alexandre, 25 ans et son neveu, André Lempérier, 16 ans, manœuvres , au Coteau à Deauville, se promenaient à proximité du chemin de Clairefontaine, lorsqu’une mine fit explosion sous leur pas. Leurs cadavres, affreusement mutilés ont été retrouvés à quelques mètres du lieu de l’accident.

Le lendemain, la barque « Églantine » du port de Trouville ayant à bord M. Maurice Guérard, patron de Trouville et M. René Varin, qui se livraient à la pêche au large de Villers-sur-Mer, sauta sur une mine marine. M. Guérard, légèrement atteint, a été recueilli par une barque voisine, mais le matelot Varin, gravement blessé, a péri. Il laisse une veuve et un enfant.  

 

Mars 1945  -  Trop débrouillard !  -  Georges Bannier, mécanicien, à Deauville, a été rencontré alors qu’il transportait un certain nombre de marchandises achetées à un soldat allié, notamment 120 paquets de cigarettes, 26 boites de corned-beef. Les denrées ont été saisies : M. Bannier a été laissé en liberté sous caution de 12 000 frs.  

 

Mars 1945  -  Six héros.  -  L’autre dimanche, Deauville a honoré la mémoire de six patriotes, Pierre Brière, Émile Dupont, Fernand Lagnel, Émile Londel, Léon Tellier et Stanislas Kukula, fusillés par les Boches, le 23 juillet 1944.

Un long cortège groupant, derrière les familles des martyrs, maintes personnalités, parmi lesquelles MM. Les docteurs Ebrard, conseiller général et Pomerais, président de la Délégation spéciale, les maires des communes voisines, des officiers américains et français et des députations de groupements divers, se forma devant l’hôtel de ville et se rendit sur la plage où une plaque portant les noms des glorieux disparus avait été placée. Un piquet de soldats en armes rendait les honneurs. Après la poignante sonnerie « Aux Morts » et une vibrante « Marseillaise », MM. Émile Lack, président du Front National, Bruneau, président du Comité de Libération, et Pomerais, exaltèrent le sacrifice de ceux qui sont tombés « sauvagement assassinés par l’ennemi, plutôt que de trahir leur secret ». (source B-N)  

 

Mars 1945  -  Danger !  -  Le jeune Bernard Renoux, 6 ans, dont les parents demeurent villa « La Souriante », rue Pasteur, à Deauville, avait découvert dans le jardin du pavillon Saint-Louis, un certain nombre d’obus antichars qu’il s’amusait à manipuler. L’un d’eux explosa entre les mains de l’enfant, lui coupant les deux poignets et le blessant mortellement au ventre et à la tête.  (source B-N)  

 

Avril 1945  -  Une nouvelle victime des mines.  -  Procédant à des opérations de déminage sur la plage de Deauville, devant le Royal-Hôtel, M. Geyelin, demeurant rue du Bac, a été tué par l’explosion d’une mine. (source B-N)

 

Novembre 1945  -  Dégâts : occasionnés par la tempête à la plage de Trouville Demande de subvention.  -  Les plages de Trouville et Deauville de renommée mondiale constituent pour le département un patrimoine qui ne saurait être sacrifié, la suite des destructions effectuées par les Allemands, les récentes tempêtes ont causé des dégâts immenses à ces deux plages. Demande aux pouvoirs publics de prendre d'urgence toutes mesures; nécessaires matérielles et financières, afin de remettre ces deux plages en état de soutenir leur réputation, dès la saison prochaine.

 

Novembre 1945  -  Ouverture des charcuteries certains jours par semaine..  -  Le Conseil général émet le vœu que les charcuteries soient ouvertes les mardi, mercredi et jeudi au lieu des jeudi, vendredi et samedi, ces deux derniers jours étant ceux de l'ouverture des boucheries.

Cette modification aurait l'avantage de faciliter le ravitaillement de la population qui s'en trouve dépourvue du samedi au jeudi.

82     DEAUVILLE  -  Le Bassin.  -  LL.

136    DEAUVILLE,  La Plage Fleurie  -  Rue du Casino.  -  LL.

82    DEAUVILLE  -  Torpilleurs dans les Bassins.  -  LL.

250    DEAUVILLE-SUR-MER.   -   Le Retour des Courses. 

DEAUVILLE   -   Maison de l'Alliance Française

631   -   DEAUVILLE-LA-PLAGE-FLEURIE   -   Les jardins de la Plage, vue prise du Casino.

DEAUVILLE  - CAFÉ DU SIECLE, Tenu par J. Legaud, Place de Morny

Calvados  -  575     DEAUVILLE,  Rue du Casino

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