ÉQUEMAUVILLE

Canton de Honfleur

Les habitants de la commune sont des Equemauvillais, Equemauvillaises


Février 1866   -   Un attentat.   -   Mercredi dernier, la femme Vincent, âgé de 64 ans, marchande de balais, rue Bucaille à Honfleur, était dans les bois du Breuil à Equemauville, pour ramasser de la bruyère, lorsqu'elle fut rencontrée par quatre individus de cette commune. Deux de ses hommes après avoir cherché à commettre un attentat à la pudeur sur cette femme, qui s'est défendue avec énergie, ont pris la fuite avec leurs complices.

La gendarmerie a fait une enquête et deux de ces individus ont été arrêtés.  

Janvier 1867   -   Le froid.   -   la soirée et une partie de la nuit de samedi à dimanche dernier ont été marquées par une température exceptionnelle.

Il est tombé, pendant plusieurs heures consécutives une sorte de pluie fine et glacée qui a converti nos rues et nos places publiques en une véritable mer de glace, sur laquelle les mieux aguerris ne parvenaient que fort difficilement à conserver l'équilibre. Aussi les chutes ont-elles été nombreuses.

Plusieurs d'entre elles ont donné lieu à des accidents plus ou moins graves.

 

Janvier 1867   -   Une décision.   -   Par décision du 9 janvier, M. le Préfet a autorisé les instituteurs et institutrices ci aprés désignés à ouvrir des cours d'adultes, le soir dans leurs communes respectives, à savoir : MM. Lecoq, à Manerbe ; Richer, à Trungy ; Lebel, à Mouen ; Auvray, à Equemauville ; Mlles Retaillaud, à Caen ; Perrard, à Pleine-d'Oeuvres.  

 

Août 1867   -   Le Loup.   -    Le loup qui, cet hiver, a fait tant de ravages dans les environs de Pont-l'Evêque, vient d'être tué sur la commune de St-Gatien.

Mardi matin on vint prévenir M. Le Bourg, maire de Fourneville, que l'animal était entré dans le bois du Marelot. M. Le Bourg fit alors prévenir les propriétaires et fermiers des environs, et vers 3 heures, 80 chasseurs et rabatteurs se mettaient en quête de la bête. La battue se fit dans le plus grand ordre, et une heure aprés, l'animal était tué par M. Leproux, d'Equemauville. C'est un loup de forte taille, pesant 36 kilos et mesurant 1 m. 30 de long. Il a été apporté à la sous-préfecture de Pont-l'Evêque.  

 

Juin 1869   -   Fait divers.   -  Un déplorable accident a failli coûter la vie à la dame Boutry, cultivatrice à Fourneville. Cette dame retournait chez elle montée dans une petite voiture que traînait une ânesse. Arrivée au bas de la côte d'Equemauville, commune de Honfleur, elle fut rencontrée par une lourde voiture de farine à laquelle étaient attelés de vigoureux chevaux. Le conducteur, paraît-il, n'était point, à la tête de ses chevaux, de sorte que ceux-ci se heurtèrent si violemment contre le faible véhicule de la dame Boutry qu'ils culbutèrent non-seulement l'ânesse, mais encore la malheureuse femme qui fut jetée sur la voie dans une position des plus critiques, car elle reçut alors de fortes contusions à la figure et à la hanche gauche. L’œil gauche surtout a été atteint et fortement abîmé.

Et dans cette fâcheuse situation, la dame Boutry, qui est âgée de 64 ans, n'a pu regagner son domicile, elle a été transportée chez sa nièce, Mme Legrix, cours d'Orléans.

Le voiturier qui est cause, (bien involontairement, il est vrai), de ce triste accident, est un domestique attaché au moulin à blé de M. Marcel, de Barneville-la-Bertrand.  

 

Novembre 1872   -  Incendie.  -  Un incendie a éclaté, le 25 de ce mois à Ecquemauville, canton d'Honfleur, et a consumé un bâtiment, renfermant des récoltes et des instruments aratoires, appartenant au sieur Lebedel, fermier dans cette commune. La perte approximative est évaluée à 4.500 fr. Les causes de ce sinistre sont restées inconnues.

 

Décembre 1873   -   Visites du premier janvier.   -  C’est le moment, ou jamais, de s’occuper des cartes qu’il est dans l’usage d’échanger à l’occasion du premier de l’an. C’est seulement à l’époque du 1er  janvier qu’on peut envoyer des cartes par la poste, c’est-à-dire sous enveloppe. Les cartes envoyées sous enveloppe doivent être affranchies à 5 cent, pour le rayon du bureau de distribution, en dehors du bureau de distribution, l’affranchissement est de 10 cent. Les cartes ne doivent porter que le nom, la profession et l’adresse. On peut en mettre deux sous la même enveloppe. Une dame ne peut envoyer sa carte à un homme non marié, une demoiselle, quel que soit son âge, n’envoie jamais de carte.

 

Décembre 1873   -   Vol dans une église.   -  Dans la nuit, des voleurs se sont introduits dans l’église d’Equemauville, l’aide d’effraction et d’escalade, et ont soustrait le peu d’argent qui se trouvait dans les différents troncs. La somme volée, dont on ignore le montant est relativement peu importante, mais les circonstances aggravantes d’effraction et  d’escalade pendant la nuit n’en existent pas moins.

 

Octobre 1881  -  Écrasé.  -  Mercredi, un sieur Émile Bertaux, journalier, employé chez M. Alphonse Vivien, à Equemauville, conduisait un banneau vide, le cheval, excité par un coup de fouet donné par un jeune enfant qui se trouvait dans le banneau, a fait un bond et a renversé le sieur Bertaux sur lequel une des roues a passé dans le sens de la longueur du corps, transporté chez lui, le blessé y est mort quelques heures après. Il était âgé de 49 ans.  

 

Décembre 1882  -  Un bien triste accident. -  Dans l'après-midi de mardi dernier, un bien triste accident est arrivé à Equemauville.

Les époux Brunet, cultivateurs, quittaient, vers quatre heures, leur maison, pour aller s'occuper des bestiaux, et laissaient, pour un instant seuls dans la cuisine, leurs quatre petits enfants, dont l'aîné est âgé d'environ 4 ans et la dernière, un bébé de 2 mois, couché dans son berceau, placé près de la cheminée dans laquelle brillait un bon feu.

Pendant l'absence de très courte durée des parents, un drame horrible se passait parmi ces petits êtres. Le berceau dans lequel était la petite Louise-Henriette, fut renversé, et la pauvre enfant alla rouler dans le foyer, où elle brûla vive.

Vous voyez d'ici le tableau effrayant qu'a dû présenter cette pièce dans laquelle ne se trouvaient que trois petits enfants en bas âge. Je n'essaierai pas de décrire le désespoir des parents lorsqu'ils rentrèrent. La mère courut ôter du feu sa pauvre enfant, dont les bras et la figure étaient déjà presque complètement brûlés.

Ils appelèrent à grands cris au secours, et des voisins, accourus en toute hâte, envoyèrent chercher M. Guettier,

médecin, qui, à son arrivée, ne put que constater la mort.

Il est à supposer que les plus grands des enfants auront voulu bercer l'enfant et que le berceau, dans une secousse trop forte, aura basculé et se sera renversé.

 

Juillet 1885  -  Incendies.  -  A Isigny, le feu a détruit, deux maisons au hameau de Neuilly, appartenant aux veuves Desmaisons et Girard. Perte, 10 000 francs.

— Le feu a pris à la sacristie de l'église du Tronquay. Ce qu'elle contenait a été en partie détruit.

— A Danvou, un incendie a consumé la toiture d'une maison occupée par le sieur Frédéric Farcy. Perte, 5 600 francs.

Equemauville, un incendie a consumé un corps de bâtiments appartenant au sieur Alfred Renouf, propriétaire à Honfleur, ainsi que le mobilier appartenant au sieur Alfred Henry.

 

Juillet 1888  -  Condamnation d’un sorcier.  -  On se rappelle ce soi-disant sorcier, nommé Gaquerelle, domicilié à Equemauville, près Honfleur, qui, pour 40 fr. par visite, venait poser une crêpe sur l'épaule d'un malade de Bouquelon, le tout accompagné d'autres singeries, prétendant ainsi le guérir. Il a été condamné à 4 mois.

 

Décembre 1888  -  Bœuf furieux.  -  Mercredi midi, un bœuf que l'on conduisait aux abattoirs d'Honfleur pour le compte du sieur Avoine, cultivateur à Saint-Gatien, a été pris de fureur en traversant le bourg d'Equemauville, et eut été cause de quelque accident si le sieur Léger, boucher, ne l'eût abattu de deux coups de feu à la tête.

 

Janvier 1891  -  Incendie.  -   Deux jours de suite, le feu a éclaté, à Equemauville, dans la ferme du sieur Brezé, appartenant à Mlle Dufay. Le dimanche, le feu a détruit un bâtiment contenant des fourrages, des pommes et du cidre. Perte, 13 500 fr. 

Le lundi, à la même heure, le feu éclatait dans deux bâtiments servant d'écurie, cave et grenier à fourrages. Perte, 16 000 fr. Ces deux incendies sont attribués à la malveillance.  

Le 1er janvier, vers six heures du soir, un incendie, dont la cause est inconnue, a complètement détruit une meule, composée de 2 590 bottes de paille, placée près du hameau de la Maladrerie et appartenant à M. Mancel, entrepreneur de maçonnerie à Caen.  (Source B-N)

 

Janvier 1892  -  Vol d’une cloche.  -  La semaine dernière, la cloche de l'église d'Equemauville a été volée dans la nuit de lundi au mardi. Cette cloche ayant été fêlée avait été descendue du clocher et installée dans le cimetière sur un échafaudage où elle pouvait être sonnée. Dernièrement, la fêlure se changea en cassure totale et un morceau d'environ 200 kilos tomba par terre. C'est en morceau que les voleurs ont enlevé, aidés, dit-on, d'une voiture qui les attendait à la porte du cimetière. Le morceau de métal enlevé valait  environ 400 francs. (Source B-N)  

 

Juin 1893  -  Suicide.  -  La semaine dernière, Arthur Lhérondelle, 20 ans, manœuvre de maçon, s'est pendu à une branche d'arbre à Equemauville. Ce jeune homme avait manifesté, peu de temps auparavant, l'intention de se suicider. On ignore les motifs qui l'ont poussé à cet acte désespéré. (Source B.N.)  

 

Juillet 1894  -  Meurtre.   -  Samedi soir, à Equemauville, en sortant d'un café, deux ouvriers, Boissière et Hermenier, se sont pris de querelle et finalement en sont venus aux coups. Boissière a été frappé dans le dos, au-dessous de l'omoplate droite, d'un violent coup de couteau qui a perforé le poumon. Son état est grave. Le meurtrier a été arrêté dimanche matin, dans la forêt de Saint-Gatien, où il s'était caché. (Source B.N.)  

 

Avril 1895  -  Mort dans la forêt.   -   Vendredi, un sieur Barette, journalier à Equemauville, était allé en compagnie d'un autre journalier, Isidore Leroy, conduire des chevaux à Trouville. Celui-ci rentra seul à Equemauville dans le courant de la nuit. Samedi matin, voyant que Barette n'avait pas reparu, il retourna au devant de lui et le trouva mort dans un fossé de la forêt de Saint-Gatien. Barette laisse sans ressources une femme et cinq enfants en bas âge. (source B. N.)  

 

Mai 1895  -  Incendie.  -  Un incendie, dont les causes sont inconnues, s'est déclaré dans un bâtiment à usage de bouillerie, dépendant de la ferme de M. Gustave Lelièvre, cultivateur à Equemauville. Pertes, 1300 fr., assuré pour 1 000 fr. (source B. N.)

 

Mai 1895  -  Les hannetons.  -  Le conseil général du Calvados a décidé d'accorder des primes de dix centimes par kilogramme de hannetons ramassés dans le département pour être détruits. Ces hannetons devront être apportés à la personne déléguée par le maire, pour être détruits. (source B. N.)

 

Mai 1895  -  Fuyez les arbres pendant l’orage.  -  Nous sommes menacés d'orages. Nous ne saurions trop recommander à nos lecteurs de ne jamais se mettre à l'abri sous les arbres pendant la tourmente. Quatre malheureux ont été victimes de cette imprudence la semaine dernière. Deux à Chaudoir et deux à Chambles. (source B. N.)  

 

Avril 1898  -  Mort sur la voie publique.  -  Mardi l'après-midi, vers 5 h. 1/2, M. Aristide Picard, marin à Honfleur, passant sur le chemin qui conduit du carrefour de la Croix-Rouge à Equemauville, a découvert à cent mètres environ de ce carrefour le corps inanimé d'un homme qui a été reconnu pour être le nommé Amand Grémond, 51 ans, maçon à Saint-Gatien-des-Bois. Des soins lui ont été prodigués, mais inutilement. Frappé d'une congestion, Grémond avait succombé immédiatement. (source B N.)

 

Juin 1908  -  Accident d'automobile.   -   Mercredi matin, en haut de la côte d’Equemauville, Mme Clerc, de Honfleur, qui se trouvait dans une auto, s'appuya sur la portière, mais celle-ci qui n'était que poussée et non fermée, céda et Mme Clerc fut précipitée à terre. Fort heureusement que la voiture marchait à une petite vitesse et que la chute fut moins grave qu'elle aurait pu l'être, la victime de cet accident ne se fit que des blessures sans gravité qui ont été soignées à son retour par le docteur Durel. (source M.-C.)

 

Mai 1912  -  Vieux et malade, le sieur Paul Cavelier, propriétaire, âgé de 73 ans, s'est, de désespoir, tué d'un coup de fusil dans la tête. On l'a retrouvait dans l'écurie de sa ferme, baignant dans une mare de sang. Il tenait encore son fusil dans la main.

 

Juillet 1913 Mordue par un chat enragé.  -   La jeune Andou, 10 ans, vient d'être conduite à Paris, à l'Institut Pasteur, à la suite d'une morsure à la main par un chat qui, abattu  et autopsié par M. Bausse, a été reconnu enragé. C'est le deuxième cas de rage qui se produit depuis quelques jours.

 

Mars 1914  -  Découvert d'un cadavre.  -  On a trouvé à la briqueterie Vivien, à Equemauville, dans un four ou couchent souvent les individus sans asile, le cadavre du sieur Paul Leflambe, 52 ans, marchand de moules. Le docteur Gallot, de Honfleur, a attribué la mort de ce malheureux, qui était dans une extrême misère, à une embolie du cœur.  

 

Mars 1916  -  Sur le trimard.  -  On a arrêté, l'autre jour, sur la côte d'Equemauville, près Honfleur, un trimardeur à mine suspecte. En le fouillant, les gendarmes ne furent pas peu surpris de le trouver nanti de 1.045 fr, en billets de banque, dont un de 1.000 fr. Mais, comme il n'avait pas de domicile et qu'il ne pouvait justifier de sa situation exacte au point de vue militaire, on l'a gardé jusqu'à ce qu'on soit renseigné sur son compte.  

 

Juillet 1917  -  Nécrologie.  -  On annonce la mort, à l'âge de 67 ans, de M. Edmond Houssaye, maire d'EquemauviIle, près Honfleur. Le défunt était le frère de M. Henri Houssaye, directeur de l’agence Havas, et le père de M. Charles Houssaye, administrateur de  la même Agence.

 

Juin 1920  -  Une série de vols.  -  Une bande noire s'est abattue ces jours-ci, sur la commune d'Equemauville. Elle a dérobé ; chez M. Louis Bellanger, journalier, une somme de 400 francs et du chocolat ; chez M. Thibout d'Anisy, cantonnier, 400 francs et une montre en argent ; chez M. Noël, quartier des Moulineaux, 65 francs, de l'Argenterie et des denrées. Une tentative de vol a été commise chez M Defrance, jardinier, par un individu, qui, pris sur le fait, a menacé le propriétaire de son revolver et a réussi è s'enfuir.

 

Juin 1920  -  Arrestation d'un bonneteur. — Après une longue chasse à l'homme dans les prairies d'Equemauville, la police a arrêté un bonneteur, André Torqueon, 26 ans, journalier au Havre, qui avait opéré, à la Côte de Grâce avec plusieurs complices, les nommés Alexandre Lefebvre, Gaston Le Lan et Albert Le Cudenec. Ces trois individus, domiciliés au Havre, ne tarderont pas à le rejoindre à la prison de Pont-L'Évêque.

 

Mars 1924  -  Élection d’un adjoint.  -  L'élection de l'adjoint au maire d'Equemauville fut quelque peu laborieuse. Trois tours de scrutin ont été nécessaires. M. Mortaigne a été élu adjoint, au bénéfice de l'âge.  

 

Février 1927  -  Un revenant.  -  l'autre soir, M. Charles Lefranc, cultivateur à Equemauville, voyait arriver chez lui un individu de 40 ans environ, qui lui demanda de venir avec des  chevaux, dépanner, non loin de là, son auto chargée de 3.000 Kilos de matériel de scaphandrier pour les Ponts et Chaussées de Honfleur. Vue l'heure tardive, l'opération fut remise au lendemain et M. Lefranc offrit généreusement l'hospitalité au voyageur.

Le lendemain, celui -ci, après avoir déjeuné, s'éloigna sous un prétexte quelconque. Depuis, on ne l'a plus revu, pas plus que la camionnette. On croit que l'automobiliste fantôme  avait l'intention de cambrioler le logis, mais qu'il ne put mettre son projet à exécution à cause de la présence du frère de M. Lefranc couché dans la même chambre que lui.

 

Février 1926  -  L’assassinat du maçon d’Equemauville.  -  Malgré les recherches très actives le meurtrier reste inconnu. On sait seulement qu'il tua sa victime vers 1 heure du matin.

On sait dans quelles circonstances un passant couvrit lundi matin sur les bords de la route de Honfleur à Equemauville, le cadavre horriblement mutilé d'un ouvrier maçon, Albert Godon, bien connu dans le pays.

Les premiers témoins crurent d'abord que le malheureux, dont le cou était presque entièrement sectionné et qui portait à l'abdomen une blessure affreuse par s'échappaient les intestins, avait passé sous les roues d'un lourd véhicule pour être jeté ensuite dans la rigole bordant la chaussée par le conducteur, auteur de l'accident. Cette hypothèse fut abandonnée après les constatations de l'autopsie.

Albert Godon fut tué à l'aide d'une serpe ou d'un grand coutelas au tranchant ébréché comme nous l'avons dit, les poches de la victime furent retournées par l'assassin on n'a retrouvé dans les vêtements que quelques sous. Divers papiers avaient été sortis de la musette, gisant à quelques pas sur l'accotement de la route. Enfin la truelle du maçon avait été lancée par l'auteur du crime dans un herbage à 200 mètres de là. Au cours des recherches on retrouva un peu plus loin, dans la direction de Honfleur une chemise qui avait appartenu au maçon et qu'il portait, enveloppée dans un papier d'emballage resté près du cadavre.

L'objet dérobé parut sans doute de valeur médiocre et sa possession compromettante le meurtrier s'en serait défait en rejoignant Honfleur.
Un crime de sauvage.  -  Albert Godon fut attaqué vers 1 heure du matin au moment il était assis sur un talus couvert d'herbe qui domine la route. Il avait sorti des vivres de sa musette et cassait tranquillement la croûte avant de monter la côte d'Equemauville, pour aller passer le reste de la nuit chez M. Bianchi, cultivateur, qui l'occupait habituellement et lui avait demandé de revenir le lendemain.

Sur ce talus, pas de traces de lutte, aucune empreinte de chaussures, seule la foulée de l'herbe indique la place occupée par le maçon.

Une bouteille ayant contenu du vin rouge était restée debout aume endroit. Il faut donc admettre que Godon fut assommé par le premier coup porté. L'herbe du talus était rouge de sang coagulé. Abattu par son agresseur et respirant peut-être encore, le malheureux fut traîné dans la rigole et achevé avec une véritable sauvagerie le visage était tailladé, la chemise avait été arrachée. Un cache-nez de laine noire, que le maçon portait la veille, gisait près de la dépouille à côté d'une casquette à carreaux.
La dernière journée de Godon.  -  On a pu reconstituer l'emploi du temps de l'ouvrier maçon dans la soirée qui devait finir tragiquement pour lui. Venu la veille à Honfleur, en compagnie de M. Bianchi, il travailla le dimanche 31 janvier chez M. Robert Bosquet, menuisier et quitta ce dernier à 20 h. 45, après le repas du soir. La femme du menuisier lui remit un billet de 5 francs. Albert Godon avait seulement touché le jour précédent une somme de 55 francs. En partant, il dit a M. Bosquet « Je vais coucher Equemauville chez M. Bianchi » mais il s'attarda dans plusieurs établissement. A 23 heures, il se trouvait chez Mme Ratoret, débitante à Honfleur, il acheta un litre de vin rouge, qu'il plaça dans sa musette c'est vraisemblablement la dernière maison devait s'arrêtez Albert Godon avant de reprendre la route d'Equemauville. Trois quarts d'heure après, M. Fouilleul, 27 ans, ouvrier à la briqueterie d'Equemauville, qui revenait avec sa famille de Honfleur, ou il avait passé la soirée au cinéma, aperçut l’homme assis sur le talus, mais ne put le reconnaître dans l'ob
scurité. Ce témoin a fait remarquer que des jeunes gens qui précédaient leur groupe lui adressèrent la parole, plaisantèrent avec lui. Ces passants ont été identifiés c'étaient M. Hohard Marcel, 18 ans, briquetier, et deux de ses camarades, Guet et Morin, qui reconnurent avoir interpellé le maçon, lequel mangeait un morceau et avait une bouteille près de sa musette. On sait que quelques minutes plus tard un autre passant, Joseph Heculard, domestique, qui paraissait peu pressé, dirent les autres témoins, croisa le maçon resté à la même place.

Le mystère persiste.  -  Le drame terrible se déroula ensuite, mais personne n'a entendu les cris de la victime. Le lendemain matin, vers 8 heures, un charretier, M. Michel Fouen, au service de M. Duclos, entrepreneur à Honfleur, qui se rendait à l'Equemauville, avec son attelage, aperçut le cadavre et fit prévenir les gendarmes.

Le mystère de cette mort atroce reste impénétrable. On a pas oublié que la commune d'Equemauville fut l’an dernier le théâtre d'attentats dont les auteurs n'ont pu être, découvert. Divers incendies dus à la malveillance éclatèrent sur plusieurs points, la gendarmerie, malgré ses recherches, ne put découvrir les coupables.

Albert Godon fut-il victime d'un acte de vengeance ? est-il tombé sous les coups de l'un des nombreux étrangers qui travaillent dans la région ? Le très actif chef de brigade, M. Guillemette, continue activement son enquête en collaboration avec la brigade mobile.

 

Mars 1926  -  Les incendies reprennent à Equemauville.  -  Après plus d'une année de répit, l'incendiaire d'Equemauville a repris ses tristes exploits. Pour la 2e  fois depuis mardi, le feu a de nouveau causé des ravages, hier, vers quinze heures. C'est un bâtiment servant d'étable et d'écurie, situé dans la cour de M. Lebeder, propriétaire, qui a été la proie des flammes. Le malfaiteur a été d'autant plus habile dans la circonstance actuelle que le domestique de la ferme travaillait depuis le matin près du timent incendié.

C'est la deuxième fois que M. Lebeder est victime de ce dangereux malfaiteur, qui est toujours activement recherché par le Parquet de Pont-1'Evèque et la gendarmerie de Honfleur.

 

Août 1926  -  Bénédiction de la statue de Sainte-Thérèse.  -  Dimanche prochain 22 août, aura lieu à Equemauville la bénédiction d'une statue de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, présidée par le Révérendissime Père Exupère, Abbé de Mondaye, avec le concours de Mme Voisard-Marguerie, cantatrice ; Mlle Lucie Delarue-Mardrus, violoniste ; MM. Odize, harpiste ; Jacques Quesnel, violoniste ; Tourré, basse.

A 10 h. 30, grand'messe en musique Credo, alterné au grand orgue ; A l'offertoire, sonate pour 2 violons, harpe et orgue ; A l'Élévation 0 sadutaris, sonate de Adagio ; Communion, Agnus Dei, sonate de Adagio, violon et harpe; sortie d'orgue.

A 15 h. 30, vêpres solennelles, bénédiction de la statue, sermon par le chanoine Coubé, salut solennel.

 

Août 1928  -  Fête du travail et de la moisson.  -  Dimanche prochain 12 août aura lieu à Equemauville la fête du Travail et de la Moisson. Elle sera présidée par M. le chanoine Lautour, curé doyen de Ste-Catherine de Honfleur. En voici le programme détaillé :
A 10 h, 30, grand'messe en musique avec le concours de divers artistes : Sermon par M. le ch. Durand-Viel, supérieur du Grande Séminaire de Rouen.
A l'issue de la messe, bénédiction des instruments de travail en de divers produits de la moisson exposés dans l'église par les cultivateurs de la paroisse.
A 3 h. 30, cérémonie du soir. Offrande de fleurs dans l'
Église par les familles de la paroisse. Magnificat. Allocution par M. le ch. Durand-Viel. Bénédiction des fleurs.

Salut solennel en musique. Cortège des fleurs au Monument des soldats pour être offertes à la mémoire des morts glorieux.  

 

Août 1936  -  Une camionnette en feu.  -  Samedi, une camionnette automobile, appartenant à M. Devaux, marchand de charbons à Lisieux, a été détruite par le feu, au bas de la côte d'Equemauville. Un retour de flamme s'étant produit quelques kilomètres plus haut, le chauffeur avait réussi à l'éteindre, mais le feu reprit à nouveau et se propagea rapidement. Le chauffeur ne pouvant arrêter les flammes, eut la présence d'esprit de déboucher le réservoir d'essence pour éviter une explosion. C'est au cours de cette manœuvre qu'il fut légèrement blessé au côté de la tête. Les pompiers intervinrent immédiatement, mais ne purent que noyer les débris de la camionnette. (source M. du C.)  

 

Août 1936  -  Une petite bonne qui ne perd pas de temps.  -  L'écrivain Jehan Soudan de Pierreffite, demeurant à Equemauville, avait pris à son service une jeune bonne de 18 ans, demeurant à Honfleur. Le lendemain de son arrivée, M. de Pierreffite constatait que 500 francs avaient disparu de son portefeuille. Il porta plainte. 

Interrogée par les gendarmes, la jeune bonne a reconnu être l'auteur du vol. (source M. du C.)  

 

Mars 1937  -  Les inondations dans la vallée d’Auge.  -  A la suite des nouvelles pluies qui se sont abattues ces jours derniers, Pont-l'Evêque a vu ses rues transformées en canaux. La Grande-Rue-Saint-Michel a été coupée en plusieurs endroits, ce qui ne laisse pas de gêner le grand trafic de cette artère qui joint la route nationale Caen-Rouen.

La vallée où coulent la Calonne, la Touques et l'Yvie est depuis plusieurs jours couverte d'une vaste nappe liquide. Çà et là quelques granges, dans les prairies, sont cernées de toutes parts et les animaux cherchent encore à brouter dans le cercle restreint de verdure qui leur reste.

La route nationale reliant Lisieux à Honfleur est coupée en trois endroits et à la sortie de Pont-I'Evêque on enregistre 15 centimètres d'eau.

Au bas de la côte dite la « Griserie », une source a débordé et coupe la route, ce qui est un véritable danger pour les automobilistes qui descendent la côte. Enfin, près d'Equemauville, à un carrefour, l’eau a envahi la chaussée et coule d'une berne à l'autre, gênant le passage.

En direction de Trouville, la rivière dite « Le Douet de la Taille » a atteint le pont sur la route et a quitté son lit pour envahir la chaussée qui, en plein tournant, devient un passage délicat.

Les formidables abats d'eau de la nuit de jeudi à vendredi vont sans doute aggraver une situation qui n'est déjà que trop inquiétante. (source M. du C.)  

 

Juillet 1937  -  Un autocar et une carriole entrent en collision.  -  Un accident qui aurait pu avoir des suites tragiques s'est produit sur la côte de Grâce.

Un car d'excursionnistes, conduit par M. Louis Cordier, 28 ans, demeurant à Touques, chauffeur au service d'une compagnie de transports de Deauville, quittait cette station pour la côte de Grâce, but de la promenade. Vingt-deux personnes se trouvaient à bord. 

Une vingtaine de minutes plus tard, le car prenait le chemin de Grande Communication d'Equemauville à la Chapelle de Grâce par la Croix-Rouge. 

C'est en arrivant à proximité de l'hôtel du Mont-Joli qu'il entra vers 14 h. 30, en collision avec une carriole conduite par M. Victor Rouanel, 52 ans, cultivateur au service de Mme Vildor. 

Atteint à la tête, le cheval s'effondra sur la route et les brancards de la carriole se brisèrent, ce qui permit heureusement à cette dernière de rester sur ses roues. Ses occupants s'en tirèrent avec une violente commotion et quelques contusions. 

Quant aux occupant, du car, ils en furent quittes pour la peur. (source M. du C.)  

 

Août 1937  -  Après avoir défendu la Cote de Grâce contre l’agitation politique un maire est suspendu.  -  Nous avons dit comment le 1er juillet, M. Mallon, maire d'Equemauville, avait pris un arrêté interdisant tous les meetings politiques sur le territoire de sa commune pendant la belle saison. Equemauville, en effet, englobe dans son territoire la Côte de Grâce, l'un des sites les plus magnifiques de notre région, et qui attire tous les ans, pendant toute la durée des beaux jours, un nombre considérable de visiteurs.

A la suite de cet arrêté, un meeting politique, qui avait été annoncé pour le 4 juillet à Equemauville, se tint à la salle des fêtes d'Honfleur.

Or, il y a quelques jours, une affiche apposée sur les murs à Honfleur annonçait que M. MalIon était à la suite de cet arrêté suspendu de ses fonctions pendant 15 jours.

Cette suspension avait été annoncée comme acquise dès le 23 par un journal de Paris où écrit, comme par hasard, l'un des orateurs qui, obligé de se conformer à l'arrêté général du maire de la commune, avait dû renoncer à parler en plein air à la Côte de Grâce.

Cependant M. Mallon, vendredi dernier, n'avait reçu aucune notification officielle de cet arrêté de suspension.

Interrogé par un rédacteur du « Pays d'Auge », M. Mallon a répondu :

« Si on me suspend ? Il est incontestable qu'il y aura là une très grave atteinte aux libertés municipales les plus élémentaires. Ces libertés ne se mesurent pas à l'importance des communes. Une petite commune rurale doit être maîtresse chez elle dans le cadre de la loi, comme les plus grandes villes.

J'ai interdit tous les meetings politiques, quels qu'ils soient, pendant la période où ils pourraient nuire gravement aux intérêts de mes administrés.

« J'ai défendu la Côte de Grâce, la sérénité de nos beaux sites et la tranquillité dans nos campagnes, comme c'était tout simplement mon devoir et comme n'importe quel maire de notre région l'aurait fait à ma place.

« Je me suis placé sur le terrain du Droit des Communes. Aucune provocation, ni par affiches, ni autrement ne m'en fera sortir, ni ne m'entraînera sur le terrain politique où, comme Maire d'Equemauville, je ne veux pas aller,

« J'attends les événements ».

La nouvelle annoncée prématurément, était pourtant vraie. Un arrêté pris en date du 27, notifié en date du 29, et parvenu à Equemauville le 30, suspend M. Mallon de ses fonctions de maire pour une période de 15 jours.

Le plus beau de l'histoire, conclut le « Pays d’Auge », c'est que l'arrêté du maire d'Equemauville, pour lequel il est suspendu, subsiste. Il faut croire qu'on ne peut nier son caractère de légalité, de régularité. Alors, comme on ne pouvait pas s'en prendre à l'arrêté, on s'en est pris au maire.

Comme quoi, sous le Front Populaire, on peut être puni sans avoir violé la loi. (source M. du C.)

 

Janvier 1940  -  Une roulotte est la proie des flammes.  -  Mercredi vers 9 heures, une roulotte automobile habitée par trois forains, le père, la mère et leur enfant âgé de 10 ans, a pris feu sur la route nationale 179, sur le territoire de la commune d'Equemauville, et a été entièrement consumée.

Il s'agit de la famille Brion, parents des nains qui ont séjourné récemment à la foire Sainte-Catherine de Honfleur. La mère et l'enfant ont été atteints légèrement par les flammes, mais leur état n'est pas grave.

Deux chiens et des oiseaux ont péri. Les dégâts matériels sont en partie couverts par une assurance. Le feu a pris au linge étendu au-dessus de la cuisinière.

 

Mai 1944  -  Attentat.  -  Samedi, vers 21 h. 30, trois jeunes gens armés de revolvers firent irruption chez Mme Prévost Marie, née Alleaume, cultivatrice aux Moulineaux, à Equemauville. Ils se sont fait remettre 33.000 frs et ont pris la fuite après avoir bâillonné et lié les mains de la victime et emmené l'enfant de celle-ci, qu'ils ont confié à des voisins, à qui ils ont remis 500 francs pour leur peine.  

 

Mars 1947  -  Un malheur n’arrive jamais seul.     A Equemauville, des gendarmes ont découvert quatre jerricans d’eau-de-vie d’une contenance totale de 80 litres cachés sous des bûches dans la voiture de M. Marc Letisse, de Beuzeville, ancien entrepositaire à Pont-l’Evêque. L’alcool et le véhicule ont été saisis. Comme les roues arrières de celui-ci n’étaient autres que des roues de canon, le délinquant a fait, par ailleurs, l’objet d’une contravention pour détention de matériel de guerre. (Source B.-L.)  

 

Avril 1947  -  Arrestation d’un traître.     Le gendarmerie de Honfleur a mis en état d’arrestation, Félix Fauvet, 23 ans, machiniste, demeurant à Equemauville, en vertu d’un mandat d’arrêt du Parquet du tribunal militaire de Paris, sous l’inculpation d’intelligence avec l’ennemi. (Source B.-L.

EQUEMAUVILLE  -  L'Église

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