UN SIÈCLE D'HISTOIRE DU CALVADOS

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ENGLESQUEVILLE - la - PERCÉE

Canton de Isigny-sur-Mer

Les habitants de la commune sont des Englesquevillais, Englesquevillaises


Mai 1840   -   Nouvelle local.  -   Le 24 avril, sur les neuf heures du soir environ, deux voleurs se sont introduits dans l'écurie du sieur Lenoir, fermier à Englesqueville, ils ont enlevé un coffre en bois appartenant au sieur Jacques Herbo, domestique, dans lequel était renfermée une somme de 50 francs 50 centimes, plus 13 chemises, 8 cravates, 2 gilets, 2 pantalons, une blouse et un porte-feuille contenant deux reconnaissances, l'une de 60 fr. et l'autre de 40 fr. Le coffre a été retrouvé dans un herbage à 200 mètres de la maison du sieur Lenoir, les malfaiteurs avaient fait sauter la serrure et enlevé tout ce qu'il contenait.

Aucun renseignement n'existe sur les auteurs de ce vol audacieux qui annonçait cependant des individus ayant connaissance de la localité. (Source  : L'Indicateur de Bayeux)

 

Mai 1841   -   Assises du Calvados.  -  La session qui s'est ouverte le lundi 10 mai, est plus remarquable par le nombre que par la gravité des affaires soumises au jury. Voici l'analyse des premières accusations et condamnations prononcées :

— Guillaume Le Coustellier, à Aignerville, et Mouillard, jardinier, ont été condamnés à 7 ans de réclusion sans exposition, pour avoir commis deux vols d'argent et d'effets, l'un à Englesqueville, l'autre à Formigny, en avril et octobre 1840. (Source  : L'Indicateur de Bayeux)  

 

Juin 1842  -   Nouvelles locales.   -   Les événements fâcheux semblent depuis quelque temps se multiplier dans notre arrondissement.

Mercredi dernier 15 courant, vers midi, M. Duval (Gabriel), cultivateur, demeurant à Englesqueville, en voulant descendre précipitamment d'un banneau dans lequel il était avec son fils, est tombé sous la roue qui lui a écrasé la poitrine, il est mort sur le champ.

Ce fatal événement a excité dans la contrée une triste émotion, et cet estimable cultivateur a emporté les regrets de tous ceux qui l'ont connu.  (Source  : L’indicateur de Bayeux)

 

Août 1842    -  Nouvelles locales.   -   Le mot varech ou wrack, dans notre pays, ne désigne pas et n'a jamais désigné une plante unique de la famille des algues : il signifie une plante, une herbe quelconque que la mer jette sur ses bords, et jadis, par extension, tous les débris qui échouaient sur les côtes. — Il était synonyme d'épave.— De là les expressions tomber en wrack, jeter en wrack, encore fort usitées aujourd'hui.

C'est à tort que M. Pilet a dit que le varech avait autre fois sa législation, mais que les lois qui régissent la matière sont tombées en désuétude. Trois ou quatre condamnations ont frappé, cette année même, en 1842, dans l'arrondissement de Caen, des individus qui y avaient contrevenu.

Le droit de recueillir le varech appartient au premier occupant, le droit de récolter les algues qui croissent sur les roches et que sans doute, par analogie, on appelle aussi varech, appartient généralement aux communes sur le territoire desquelles il a poussé.

Au moyen-âge il constituait un droit féodal. Nous voyons, en effet, par une charte du XIIe  siècle, conservée aux archives de la préfecture du Calvados, que Richard-Cœur-de-Lion donne aux moines de St-Etienne de Caen le port de Dives, avec un chantier pour la construction des navires auquel il ajouta le droit de wrack. L'abbesse de Sainte-Trinité de Caen jouissait aussi de ce droit dans diverses paroisses du Cotentin, notamment dans celles de Saint-Vast, de Quettehou et de Morsalines. Beaucoup d'autres seigneurs possédaient de semblables privilèges, mais il est probable que les uns et les autres de ces privilèges étaient plus ou moins restreints et que les cultivateurs riverains en étaient quittes pour abandonner aux suzerains les épaves proprement dites.

En tout cas, si ces dîmes existèrent jamais, on ne les payait plus, bien avant le XVIIe  siècle, car la Coutume de Normandie n'appelle droit de varech que le droit de s'emparer des choses jetées par la mer à terre.

L'ordonnance de la marine de 1681 organisa par son titre X du livre 4e, la coupe du varech dans les paroisses situées sur les côtes.

Les habitants des paroisses devaient s'assembler le premier dimanche du mois de janvier de chaque année, pour régler les jours auxquels devait commencer et finir la coupe des herbes marines croissant en mer à l'endroit de leur territoire.

Les habitants des communes d'Hermanville, Lion et ses hameaux, Luc, Langrune et ses hameaux, Bernières, Courseulles, Arromanches, Tracy, Manvieux , Fontenailles, Longues, Marigny, Commes et ses hameaux, Port-en-Bessin, Huppain, Villers, Ste-Honorine-des-Pertes, Colleville et St-Laurent, pourront faire ladite coupe pendant trente jours, qui seront choisis entre le troisième jour avant la pleine lune de mars, et le troisième jour après la pleine lune d'avril. Ceux des communes de Vierville, St-Pierre-du-Mont, Englesqueville et Grandcamp, pourront faire la coupe des dites herbes, pendant trente jours. à compter du 1er du 15 mars jusqu'au 15 avril suivant.

-  Les conseils municipaux desdites communes, s'assembleront le 11 ventôse prochain, sur la convocation des maires, pour faire ledit choix, auquel il sera procédé les années suivantes, à la session fixée au i5 pluviôse par les lois du 28 pluviôse an VIII.

-  La coupe ou récolte desdites herbes sera faite à la main, avec un couteau ou faucille. Il est défendu de la faire d'une autre manière, et d'arracher lesdites herbes avec la main ou avec des râteaux et autres instruments qui puissent les déraciner, la peine de trois cents livres d'amende pour la première fois, et de peine corporelle en cas de récidive.

-  Ceux qui ne seront point habitants des communes dénommées en l'art. II, ne pourront y faire la coupe desdites herbes de Mer, pour quelque cause et sous quelque prétexte que ce puisse être, à peine de trois cents livres d'amende pour la première fois, et de peine corporelle en en cas de récidive.

-  Il est également permis à toutes personnes de prendre indifféremment, en tous temps et en tous lieux, lesdites herbes détachées des rochers par l'agitation de la mer et jetées à la côte par le flot, et de les transporter où bon leur semblera, soit pour être employées à l'engrais des terres ou à faire de la soude. Il est défendu de les y troubler ni inquiéter, quand bien même ceux qui enlèveraient ces herbes les auraient prises sur d'autres territoires que le leur, à peine contre les contrevenants , de cinquante livres d'amende.  (source : L’Indicateur de Bayeux)

 

Août 1847  -  Nouvelles locales.   -   On nous écrit : L'apparence de la récolte est magnifique, nos blés, que l'on commence à couper, sont tels que de mémoire d'homme, on ne se rappelle pas en avoir vu de plus beaux.

Les seigles sont déjà récoltés et quelques pièces ont fourni en poids le double des années ordinaires dans la même surface de culture. Nos pommiers sont aussi chargés de fruits et leurs branches ploient sous le poids. Tout nous annonce une année qui marquera pour son abondance et sa fertilité. (source : Journal de Honfleur)

 

Mars 1866   -   Un naufrage.   -   Vendredi 9 du courant, un naufrage a eu lieu auprès de la falaise d'Englesqueville.Le « Lougre » G.-B., capitaine Migné, du port de Nantes, allant de Dunkerque à Brest avec un chargement de 70 tonneaux de charbon, a été jeté à la côte.

L'équipage était de 4 hommes. L'un des matelots, le sieur Cosson Louis Alexandre, âgé de 37 ans, né à Noirmoutier, a été enlevé par un coup de vent à deux lieues en mer, en face de Grandcamp. Toute tentative de sauvetage était impossible vu l'état de la mer et la violence du vent.

Le « Lougre », à la suite de ce triste accident, a été entraîné par les courants, et, comme le vent soufflait vers la grève, il est allé s'échouer à un kilomètre environ du sémaphore, au pied de la falaise qui mesure en cet endroit 35 mètres de hauteur.

On espère pouvoir, à la grande marée du 16 mars, retirer ce navire qui se trouve dans de bonnes conditions de sauvetage. Des ouvriers sont occupés à le décharger. Aucune avarie n'a été signalée jusqu'à ce moment.

Le capitaine et les deux hommes d'équipage ont été recueillis par les employés du sémaphore. Ils ont reçu de la part des habitants d'Englesqueville tous les soins désirables.

Mars 1866   -   La récolte du varech.   -   Mercredi dernier, plusieurs journalier étaient occupés à la récolte du varech devant la commune d'Englesqueville, lorsque deux de ces hommes qui se trouvaient sous les falaises pour donner les paquets, voulurent par intrépidité et sans tenir compte des observations qui leur étaient faites, continuer leur travail malgré la marée montante. Aussi il ne tardèrent pas à se trouver cernés entre la mer et les falaises fort hautes en cet endroit.

Ils auraient-ils inévitablement péri, si fort heureusement une petite éminence de rochers ne se fut trouver alors portée pour leur servir de lieu de refuge contre les flots.

Ils en ont été quittes pour la peur et le désagrément de rester exposés à un vent glacial pendant près de cinq heures, afin d'attendre que la marée descendante leur permit  d'abandonner leur critique position.

La leçon profitera à ces fanfarons, et leur apprendra que l'intrépidité, toute bonne qu'elle soit, a ses limites.

 

Juin 1866   -   Des récompenses.   -   M. Tillet Émile, perruquier à Port-en-Bessin, vient d'obtenir une médaille d'argent (2ème classe), pour avoir sauvé un enfant le 23 février dernier.

Une autre médaille d'honneur en argent (2ème classe) a été décernée à M. Picot Auguste, chef guetteur, pour sa belle conduite à l'occasion d'un naufrage à Englesqueville, le 9 mars 1866.  

 

Avril 1869   -   Découverte d’un cadavre.    -   Jeudi 1er avril, vers 4 heures du soir, le cadavre d'un inconnu, paraissant âgé d'une quinzaine d'années, a été trouvé sur la plage d'Englesqueville.

Cet individu, dont l'identité n'a pu être établie, se sera probablement noyé lors de la dernière tempête.  

 

Juillet 1875   -   Récoltes.  -  Malgré la persistance du mauvais temps, les nouvelles des récoltes en blé, reçues par le gouvernement, sont, en général, meilleures. 

— En Normandie, la plupart des foins sont avariés, les regains ont très belle apparence. Les colzas, qui promettaient beaucoup, souffrent, ils sont coupés, mais il est difficile de les battre. Sous l'action de la pluie et du vent, ils s'égrènent et germent. Les pommiers promettent. 

 

Juillet 1875   -   Suicide.  -  Dimanche dernier, vers huit heures du matin, le nommé Isidore Martin, âgé de 60 ans, berger, domicilié à Englesqueville, a été trouvé mort dans un champ de blé situé sur le territoire de ladite commune. La levée et la constatation du cadavre ont fait connaître que ledit Martin s'était donné volontairement la mort en se coupant la gorge avec un rasoir. On attribue la cause de ce suicide à un accès d'aliénation mentale.  

 

Octobre 1878   -  Instruction.  -  Une subvention de 1 200 fr. a été accordée à Arromanches, et une de 200 fr. à Englesqueville, pour le service de la gratuité en 1878.  

 

Août 1879  -  Année scolaire 1878-1879.  -  Le département du Calvados, d'une population de 450 220 habitants, compte 764 communes possédant 1 019 écoles primaires, publiques ou libres, et 25 salles d'asile. 5 écoles enfantine sont été créées en 1878. La rentrée prochaine en verra sans doute ouvrir de nouvelles.

Écoles primaires : 598 communes possèdent au moins une école publique ; 152, sont réunies légalement pour l'entretien d'une école publique ; 6 ont une école libre tenant lieu d'école publique ; 6 ont une école spéciale libre tenant lieu d'école spéciale publique ; 2 sont dépourvues d'écoles.

Ces 2 communes sont : Le Manoir (205 hab.), et Vienne (214 hab.).

Des projets de construction sont à l'étude. Si l'on jette un coup d’œil à ce rapport, on voit que 15 communes réunies présentent un effectif de 5 à 700 habitants et que leurs classes reçoivent de 50 à 80 élèves des deux sexes. Le dédoublement de l'école mixte serait nécessaire.

88 communes du département, tout en ayant une population quelquefois inférieure à 500 habitants, ont été soucieuses des intérêts de leurs enfants pour établir 2 écoles spéciales, dans 66 chefs lieux scolaires.

Sur 1 019 écoles primaires, 901 sont publiques et 118 sont libres.

Si on les considère au point de vue de leur nature on a : Écoles publiques. 314 spéciales aux garçons ; 287 spéciales aux filles ; 300 mixtes Écoles libres ; 12 spéciales aux garçons ; 96 spéciales aux filles ; 10 mixtes.

130 écoles mixtes sont confiées à des instituteurs et 180 à des institutrices.

On peut encore classer ces écoles en : 697 écoles laïques publiques ; 40 écoles laïques libres ; 204 écoles congréganistes publiques ; 78 écoles congréganistes libres.

 

Octobre 1888  -  La foudre.  -  Samedi soir, la foudre est tombée sur| l'église d'Englesqueville (ou en Auge ? pas d'indication). Le fluide a d'abord frappé le haut de la tour, là il s'est divisé en deux : une partie est entrée dans le chœur et a démoli un pan de muraille qui masquait une ancienne porte dont on ignorait complètement l'existence. Du même coup, elle a culbuté et mis en pièces deux stalles adossées à ce mur. L'autre partie du fluide, suivant la toiture de la nef, a pénétré dans cette partie de l'église et s'est attaquée à deux petits autels latéraux, dont elle a enlevé toutes les dorures et brisé les bocaux qui se trouvaient sur ces autels. Le clocher a été fortement éprouvé, de grosses pierres en ont été arrachées,  quelques-unes, pesant de 20 à 25 kilos, ont été lancées à une distance d'au moins 40 mètres.  

 

Avril 1891  -  Abandon d’enfant.  -  Une servante d'Englesqueville, arrondissement de Bayeux, est soupçonnée d'avoir égaré intentionnellement son enfant. 

 

Décembre 1893  -  Chronique judiciaire.  -  Georges Gouet, 48 ans, journalier à Englesqueville, 2 mois et 50 fr., coups à sa femme, dont il est séparé, et injures au garde champêtre. 

— François Toquet, 22 ans ; Léopold Cottard, 21 ans, et Ferdinand Cottard, 19 ans, journaliers à la Cambe : Toquet, 4 mois et la relégation ; les frères Cottard, 2 mois chacun (Loi B.), vol au préjudice de plusieurs pécheurs d'Isigny. (Source  : Le Bonhomme Normand)  

 

Janvier 1895  -  Nourrice imprudente punie.   -  La nommée Victoire Lefournier, veuve Langlois, 62 ans, nourrice à Englesqueville, a été poursuivie pour avoir, par imprudence, occasionné la mort d'un enfant de 21 mois. Ce pauvre bébé a succombé aux suites de graves brûlures après quatre semaines d'horribles souffrances. Le tribunal de Bayeux a infligé huit jours de prison à cette nourrice. (Source  : Le Bonhomme Normand)  

 

Mars 1895  -  Noyée.   -   Mardi de la semaine dernière le cadavre d'une femme inconnue, paraissant âgée d'une soixantaine d'années, a été découvert sur la plage, à Englesqueville, non loin d'Isigny. Ce cadavre paraissait être celui d’une pêcheuse. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Avril 1895  -  Nouvelle question : A qui le cheval ?….  -  Deux habitants d'Englesqueville, canton d'Isigny, sont en discussion au sujet d'un cheval qui a été prêté, selon le premier possesseur, donné, au dire de celui qui l'a remis en bon état, car il faut dire, quand il a été prêté ou donné, le cheval n'avait aucune valeur. Les deux copains s'en servaient à tour de rôle, et, l'animal s'étant retrouvé en bon état, celui qui l'avait prêté ou donné voulut le reprendre tout à fait et fut le chercher, la nuit, dans l'herbage du détenteur. La justice va être appelée à trancher cette nouvelle question : A qui le cheval ? (Source  : Le Bonhomme Normand)  

 

Février 1896  -  Tribunal de Bayeux.  -  Victorine Lévêque, 52 ans, journalière à Cricqueville-sur-Mer, 4 mois et Louise Lévêque, femme Jeannette, 29 ans, 2 mois, vols à Cricqueville.  

— Angeline Marie, femme Mahier, 29 ans, servante à Englesqueville, s'était louée à une dame Petit Dulongpré, qui lui a versé 12 fr. de vin, à un sieur Pain, cultivateur à Longueville, qui lui a donné 11 fr., enfin, au sieur Mouillard, cultivateur à Grandcamp, qui lui a remis 15 fr., mais elle ne s'est pas présentée chez ces personnes, 15 jours.

— Jules Yvon, 36 ans, et Jean Dupont, 37 ans, vol de cidre chez le maire de Montfiquet, chacun 6 Jours de prison.

— Victor Perrier, 29 ans, bris de c!ôture chez le sieur Chouquard, restaurateur à Bayeux, 2 mois

— Aimé Victoire, 25 ans, journalier à Caenchy, vol de cages à pommiers au sieur Hébert. 15 jours.

— Alfred Mahier, coups à la dame Marie, demeurant à Caenchy, 2 mois.

— Léon Gouet, 27 ans, journalier à Geffosses-Fontenay, vol de deux chiens au sieur Ravenel, 1 mois. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Juillet 1897  -  Qu’est-ce qu’ils ont dans la boussole.  -    Maître Aristide Painparé, le maire d'Englesqueville, canton d'Isigny, voulant, comme son collègue de Luc, interdire les processions, prit un arrêté. Mais M. Painparé, n'ayant pas mis ses besicles, au lieu de s'appuyer sur l'article 98 de la loi de 1884, avait visé l’article 97 relatif au transport des personnes décédées. Or, pour, se conformer à l'arrêté de M. Painparé, le curé, quand une inhumation avait lieu, se rendait en particulier à la maison mortuaire, y récitait les prières de la levée du corps et revenait ensuite, seul, à l'église où il attendait le cortège pour recevoir le corps à l'entrée du cimetière. 

Mauvaise affaire, car si Martin perdit son âne pour un point, le maire d'Énglesqueville, pour un chiffre, a perdu la confiance de ses administrés. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Novembre 1897  -  Tentative de meurtre.  -  Un individu se présentait vendredi chez, la veuve Lemarquand. 78 ans, débitante à Englesqueville, canton d'isigny. Après l'avoir saisie à la gorge et terrassée, il allait lui faire un mauvais parti, quand des voisins, accourus aux cris de la victime, ont forcé l'assassin à prendre la fuite, en abandonnant sa casquette sur le lieu de l'attentat. On soupçonne de ce crime le nommé René Gouet, 21 ans, journalier à Englesqueville. II a été arrêté. (Source  : Le Bonhomme Normand)  

 

Août 1900   -   Tapageur peu commode.  -  Au cours d'une dispute avec sa femme, à Saint-Lô où il était allé, le sieur Auguste Lechaffetois, maçon à Englesqueville, près Isigny, brisa, en se débattant, une glace d'un magasin de mercerie. Comme il était ivre, il fut arrêté, mais il aggrava son cas en frappant violemment le commissaire de police.

Lechaffetois a été condamné à six jours et à 5 francs. (Source  : Le Bonhomme Normand)  

 

Janvier 1901   -   Deux écrasés.  -   Le sieur Ernest Delivet, âgé de 29 ans, gardien d'herbages à Vieux-Pont, près de Saint-Pierre-sur-Dives, conduisait un banneau chargé de carottes lorsque, par suite d'un choc violent, il fut projeté à terre. Une roue lui broya la poitrine. La mort a été instantanée.

— Le sieur Dringot, boucher à Englesqueville, allait au marché de Bayeux, monté sur sa voiture chargée de viande, lorsque son cheval partit au galop. Le sieur Dringot, perdant  l'équilibre, tomba et les roues lui passèrent sur le corps.

Le malheureux est mort après vingt-quatre heures de terribles souffrances, il était âgé de 36 ans et laisse une femme et trois enfants. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Mai 1917  -  Un de moins !  -  Un brave poilu, M. Léopold Tlllard, en permission à Englesqueville, ayant appris qu'un sanglier ravageait la commune, s'est mis à sa poursuite et l'a abattu de deux coups de fusil. L'animal, qui pesait 110 livres, a été tiré de fort près, au sommet de la falaise, que son corps dégringola. 

 

Juin 1917  -  Le temps qu’il fait.  -  Pendant deux nuits consécutives, les éclairs, le tonnerre et la pluie ont fait rage. Ces grands bals d'eau ne valent pas une bonne petite pluie régulière, mais la végétation s'en trouve bien quand même. Souhaitons, cependant, que leur violence n'ait pas causé la chute prématurée des fleurs dont les arbres à fruits sont couverts.

Janvier 1923  -  Beaucher, l’assassin d’Englesqueville est condamné à mort.  -  Le 4 septembre dernier, un drame sanglant se déroulait à quelque distance de la halte d’Englesqueville,  dans les herbages qui bordent la voie.

Au cours de la matinée, un cycliste, le jeune Louis Beaucher, domestique à Saint-Pierre-du-Mont, confiait sa machine à la receveuse de a halte qui la remisa dans les locaux dont elle a la garde. Beaucher avait un fusil de chasse et une cartouchière bien garnie. Il déclara à l'employée que son patron, M. Marie, maire de Saint-Pierre-du-Mont, l'avait autorisé à se rendre  chez sa mère a Vierville. En réalité, c'était à-une partie de braconnage que le domestique voulait passer son dimanche. Il s'engagea dans un chemin de culture le long des falaises. Une  rencontre imprévue devait donner le change à ses projets de chasse. Dans un herbage, voisin,. Beaucher aperçut en train de traire des vaches, une jeune fille qu'il connaissait, la nommée Margueritte Marie, au service de M. Legrand, cultivateur à Englesqueville.

Il se dirigea vers elle et, après quelques propos banals, lui fit des propositions qu'elle repoussa avec fermeté. 

Que se passa-t-il ensuite ? Au cours de l'Instruction, Beaucher a prétendu que la jeune fille finit par céder à ses sollicitations. Quelques instants après, la domestique cherchait à s'enfuir. Beaucher  la supplia de rester. Margueritte Marie traversa rapidement un chemin et s'efforça de regagner la ferme, par les herbages, sans répondre a son agresseur qui lui intimait l'ordre de s'arrêter.

Craignant sans doute d'être dénoncé par sa  victime, Beaucher tira sur elle à 20 mètres de distance. La domestique, atteinte par les plombs, tomba, et sa cruche, à lait qu'elle portait sur son épaule avait été également criblée par les projectiles.  La malheureuse se releva en poussant un grand cri. Aussitôt une nouvelle décharge l'atteignit en pleine poitrine.  La blessée eut encore la force de franchir une barrière et elle alla s'effondrer à une trentaine de mètres, pour ne plus se relever. Elle rendit le dernier soupir  dans les bras d'une femme Marie, accourue à ses appels.

Son crime accompli, Beaucher rentra à bicyclette chez son patron et reprit son travail sans trahir la plus légère émotion.

Arrêté le lendemain, le meurtrier reconnut son crime. Il avait tué dans l'appréhension que sa victime ne le dénonçât.

M. le docteur Dielz, médecin légiste, qui a procédé à l'autopsie du cadavre, a constaté la présence sur la face postérieure du Corps, de 107 blessures produites par des grains de plomb et de 17 sur d'autres partie du corps. Le praticien déclare que la mort résulte d'une inondation sanguine de la cavité thoracique provenant de blessures au poumon. Le médecin légiste ajoute que Beaucher se livra à d'odieuses violences sur la personne de Margueritte Marie.

L'accusé est pupille de l'Assistance publique. Sa réputation est mauvaises, ses mœurs sont déplorables. De plus, il est paresseux et sournois.  

Les débats

C'est une des pages les plus dramatiques de Guy de Maupassant que font revivre sous nos yeux les témoins du Bocage Normand appelés à la barre pour éclairer la justice sur ce tragique assassinat, et les pièces à conviction qui sont là rassemblées sur la petite table du greffe, en face du meurtrier au visage blême, matérialisent avec une réalité saisissante la scène horrible qui s'est déroulée le 4 septembre dernier entre les haies de l'Herbage des Barreaux.

Voici la rustique « channe » de cuivre, la cruche à lait criblée par les plombs du chasseur homicide ; voici le fusil instrument du crime, la cartouchière toute neuve de Beaucher, et voici la chemise ensanglantée de l'infortunée domestique. 

L'auteur de l'attentat est un robuste gaillard à l'encolure puissante, au regard fuyant et hypocrite. Sous l'eau dormante de ce regard amorphe et sans expression définie, aucune passion, aucune sensibilité, pas un éclair d'émotion. Pendant toute la durée des débats, les paupières du misérable sont restées sèches ; le regret n'a pu pénétrer celte nature bestiale, cuirassée contre tous les remords.

Dans la voiture qui le conduisait à la gendarmerie d'Isigny, après le meurtre, Beaucher voyant ses gardiens allumer une cigarette, prit la liberté de sortir son étui et de leur demander du  eu.  « Je n'en ai pas grillé une depuis, hier matin », dit-il au brigadier, surpris d'un tel cynisme.

Au cours de l'interrogatoire, Beaucher, qui a un peu perdu de sa morgue, répond par monosyllabes et d'une voix éteinte. Il prétend, à l’encontre, de tous les témoignages, qu'il connaissait sa victime, Marguerite Marie. Cette allégation a été réfutée avant sa mort par la malheureuse domestique elle-même qui, quelques instants avant le drame, signalait à ses patrons la présence du rôdeur :

— Il y a là-bas, dans l'herbage, un grand gars armé d'un fusil qui me regarde avec un drôle d'air, avait-elle dit.

Tous les voisins du reste viennent certifier que Beaucher était un inconnu dans le village. A l'âge de 18 ans, la jeune servante s'était laissé circonvenir par un séducteur. Elle devint mère d'un enfant qu'elle entoura de soins dévoués ; mais elle racheta cette faute par une conduite exemplaire. Après avoir connu l'amertume des lendemains d'amour, Marguerite Marie devait étonner, son entourage par l'austérité de  ses mœurs. Ces témoignages prouvent suffisamment que l'assassin, en abusant de la pauvre fille, n'est arrivé à ses fins qu'en recourant aux violences et aux menaces.

Après une éloquente plaidoirie de Maitre Richard, le jury écarte les circonstances atténuantes, Beaucher est condamne à la peine de mort.

 

Août 1929  -  Cochons disparus.  -  M. Léon Brion fils, cultivateur à Englesqueville-la-Percée, se trouvait sur la place du marché de Littry, à l'effet d'y vendre trois " Messieurs de sée". M. Brion en demanda 1.675 francs, mais n'en trouva que 1.500 francs. Ne trouvant pas l'offre suffisante notre vendeur préféra les ramener chez lui. La faim se faisant sentir, M. Brion, après avoir attaché  ses porcs à des anneaux se rendit chez M. Michel, restaurateur.

Mais cruelle déception, à son retour les cochons avaient disparu. Les premières recherches faites furent abord inutiles, et M. Brion désespérait de pouvoir retrouver ses élèves lorsqu'il fut prévenu que c’était par erreur qu'ils avaient été emportés par un cultivateur qui se faisait connaître.  

 

Septembre 1937  -  La mer rejette le corps d’un baigneur de Vierville.   -   On a découvert non loin du sémaphore de la Percée le cadavre d'un noyé qui venait d'être rejeté sur le rivage par la mer. 

Il s'agit de M. Jacques Franchetti, 22 ans, de nationalité italienne, en villégiature à Trévières, qui s'était noyé accidentellement le 22 août dernier en prenant un bain sur la plage de Vierville-sur-Mer, ainsi que nous l'avons relaté. 

La famille de M. Franchetti, qui habite Aubervilliers, a été prévenue par un ami qui villégiaturait également, à Trévières (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Mars 1938   -   Un journalier est écrasé par une auto .   -  M. Gaston Crétey, 30 ans, boulanger, à La Cambe, venait d'effectuer en auto une livraison chez M. Paris, cultivateur à EngIesqueville-la-Percée, lorsque pour repartir, voulant reprendre la route, il dut faire marche arrière.

Alors qu'il se trouvait à six mètres environ de la barrière de la ferme, il sentit un choc mou à l'arrière de son véhicule. Il descendit et constata alors qu'il venait, de renverser un piéton et que la roue arrière droite de son auto lui était passée sur la poitrine.

Il s'agissait d'un journalier au service de M. Paris, M. Eugène Caignon, 75 ans, que M. Crétey n'avait pas aperçu.

La victime, qui n'avait pas perdu connaissance, fut examinée par le docteur Dubost, d'Isigny, qui ordonna son transfert à l'hôpital de Bayeux.

M. Caignon devait malheureusement succomber des suites de ses blessures. Les gendarmes d'Isigny ont procédé à l'enquête.  (Source  : Le Moniteur du Calvados)

Juin 1944  -  La libération.  -   La commune est libérée le 8 juin 1944 par les soldats américains débarqués à Omaha Beach à quelques kilomètres. Un aérodrome militaire construit par  les soldats du génie a été opérationnel du 17 juin au 24 août 1944.

 

Janvier 1945  -  La circulation sur la R.N. 13.   -   Il est rappelé aux cyclistes empruntant la route nationale n° 13 (Cherbourg à Paris), classée route militaire, que la circulation n’y est tolérée qu’à leurs risques et périls. (Source  : Le Bonhomme Libre)

 

Mars 1946  -  Une mine sous marine explose.  -  La tempête qui a sévi, la semaine dernière, sur nos côtes, a provoqué entre Vierville et Englesqueville l’explosion d’une mine sous-marine rejetée par la mer. Sous la violence de la déflagration, la falaise s’est écroulée sur une certaine longueur. D’autres engins en dérive ont été signalés : l’un d’eux s’est échoué sur la plage de Vierville sans causer d’accident. (Source  : Le Bonhomme Libre)

 

Mai 1946  -  Pour les travaux des champs.  -  Dans le cas où il serait possible de détacher dans le sud du département une ou plusieurs moissonneuse-batteuses qui effectueraient rapidement la  moisson sur des superficies importantes dés que la maturité des blés serait suffisante, les agriculteurs de l’arrondissement de Falaise ayant des champs de blé d’une  superficie au moins égale à 5 ha, d’un seul tenant et qui serait désireux de les faire moissonner par une moissonneuse-batteuse, sont priés d’en avertir la Direction des Services  Agricoles, à Caen, en indiquant la dimension des pièces à moissonner. (Source  : Le Bonhomme Libre)

 

Mai 1946  -  Tué par l’explosion d’un obus.  -  Un accident qui a coûté la vie à un ouvrier travaillant dans un dépôt de munitions exploité par la Société des Sablières et Travaux Publics de Caen, s’est produit à Englesqueville-la-Percée. MM. Aimé Lecarpentier, 26 ans, de Bazenville, et Pierre Lejoliver étaient occupés, en compagnie de prisonniers allemands, à désamorcer des obus anti-tanks. L’engin que tenait M. Lecarpentier fit explosion. 

Grièvement blessé sur tout le corps, le malheureux jeune homme, malgré les soins qui lui furent prodigués, est décèdé quelques heures après. (Source  : Le Bonhomme Libre)

 

Juillet 1947  -    Noce d’or.    Une cérémonie assez rare s’est déroulée en présence du sous-préfet de Bayeux à Englesqueville-la-Percée où l’on a célébré le même jour les noces d’or de Mme et M. Paimparey et de Mme et M. Houyvet. 

M. Paimparey présida durant de longues années aux destinés de la commune . M. Houyvet appartint également à l’assemblée municipale : domicilié maintenant à Surrain. Il y exerce encore les fonctions d’adjoint. Au cours d’un vin d’honneur, M. Lepelletier, maire, présenta aux jubilaires les compliments et les vœux de la population. (Source  : Le Bonhomme Libre)

 

Septembre 1947  -    Une grange brûle à Englesqueville-la-Percée.    Un grave incendie a pris naissance dans un bâtiment agricole de la ferme de M. Michel. Les pompiers de Grandcamp et d’Isigny se sont rendus sur les lieux. Malgré la violence du sinistre qui a dévoré la charpente et la toiture, les sauveteurs ont réussi à sauver une importante quantité de blé et d’avoine. (Source  : Le Bonhomme Libre)

 

Octobre 2011  -  Plus de 1200 obus pétardés dans le Bessin.  -  C'est l'un des plus vastes chantiers de dépollution pyrotechnique jamais organisé dans le Calvados. Du lundi 3 au vendredi 7 octobre, Englesqueville-la-Percée a été le théâtre d'une opération de déminage d'envergure. Seize militaires du groupe des plongeurs démineurs (GPD) de la marine nationale basé à Cherbourg, ont pétardé 1202 obus datant de la seconde guerre mondiale.

Au total, 770 l'ont été sur la terre et 432 en mer et ce à cause de l'implantation des munitions sur la grève au pied d'une falaise.

   Château d'Englesqueville-la-Percée

La Tourelle Est 

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