ERNES

Canton de Mézidon-Canon

Les habitants de la commune sont des Ernais, Ernaises


Septembre 1866   -   Une décision.   -   Par décision du 10 septembre courant, M. le ministre de l'instruction publique a approuvé le projet d'établissement d'une maison d'école dans la commune d'Erne.

En raison des sacrifices que ladite commune s'impose à ce sujet, Son Excellence a bien voulu lui accorder un secours de 3000 francs, sur le montant duquel 60 francs seront affectés à l'achat d'une bibliothèque armoire.  

 

Novembre 1866   -   Un décret.   -   Par décret impérial du 28 novembre, la commune d'Ernes est autorisée à acquérir des époux Rillou, un terrain pour servir à la construction d'une maison d'école, et à emprunter la somme de 10 960 francs, remboursable en 12 ans, pour concourir, avec d'autres ressources, au paiement de l'acquisition ci dessus, et des travaux de construction.  

 

Novembre 1867   -   Un incendie.   -   Un incendie, dont la cause est encore inconnue, s'est manifesté le 18 de ce mois, à sept heures du soir, à Ernes, et a consumé un corps de ferme appartenant au sieur Exupère Hauber, cultivateur.

Un autre incendie accidentel a éclaté le même jour, à Ernes, vers les quatre heures du soir, et a consumé une écurie, une vache et un chien, appartenant au sieur Alexis Hotrel.  

 

Août 1869   -   Fait divers.   -   Un incendie, présumé accidentel, a éclaté le 31 août, à 9 heures du soir, à Ernes, et a consumé trois bâtiments avec des récoltes et le mobilier, au préjudice des nommés Athin, cultivateur, Françoise, propriétaire et aubergiste, et veuve Visson, sans profession.  La perte approximative est évaluée à 7,500 francs, le sieur Françoise, seul, est l’assuré pour 2,400 francs.  

 

Novembre 1872   -  Suicide et incendie.  -  Le 21 novembre le nommé François Hie, âgé de 44 ans, journalier à Ernes, canton de Morteaux-Couliboeuf s'est enfermé dans sa grange refermant une certaine quantité de fourrages et de bois de chauffage, dans un accès d'aliénation mentale dont il est atteint, et a conçu le projet d'y mettre le feu. Malgré les prompts secours apportés, tout a été consumé, et ce n'est qu'après l'extinction du feu que l'on a retrouvé le cadavre de ce malheureux carbonisé dans le foyer de l'incendie.

 

Février 1875   -   Interdiction.  -  La demoiselle Adèle-Césarine Rouville,  propriétaire à Ernes, a été déclarée interdite, pour cause d'imbécillité et démence.  

 

Juin 1888  -  Ah ! les élections.  -  Le remue ménage occasionné par les élections municipales n'est pas encore calmé, tant la bataille, entre petits-pots et demoiselles, a été chaude.

Du côté d'Ernes, on a nommé maître La Retraite, maire, pour le consoler de ne pouvoir pas être père depuis plus de vingt ans qu'il est marié.

Non-loin dé Caen, Boutentrain n'a pas été élu maire, parce qu'on l'accusé d'être le père de trop de ses administrés.

C'est à ne pas savoir comment s'y prendre pour faire au goût de tout le monde.

Après l'élection des maires et des adjoints, on a offert des écharpes aux nouveaux, et la ripaille a recommencé.

Non loin d'Esquay, les femmes s'en étant mêlées, la partie a été complète. On a bu jusqu’au matin.

Aussi, y a-t-il eu beaucoup de faux pas, sans qu'il en soit, pour le moment, résulté d'accident.

Quant au maire, il s'est couché tout comme les autres. Mais à peine étendu sur le lit conjugal, son épouse a pris l'écharpe autoritaire et l'a étendue sur son époux, en s'écriant : Man rêve est réalisé !….  man José est couvert d'honneurs !....  

 

Novembre 1893  -  Cruauté.  -  Un malfaiteur, resté malheureusement inconnu, a coupé avec un couteau la queue et un trayon d'une vache appartenant au sieur Joseph Leroy, cultivateur a Ernes. (Source B.N.)  

 

Décembre 1895  -  Les années bissextiles.  -  Tout le monde sait que l'année prochaine sera bissextile, son millésime étant divisible par quatre. Mais ce que l'on sait peut-être moins généralement, c'est que ce sera la dernière bissextile du siècle, l'année séculaire, celle qui clôturera le dix-neuvième siècle, l'année 1900, ne le sera pas, et nous devrons attendre huit ans pour revoir un mois de février ayant 29 jours. (source B. N.)

 

Janvier 1896  -  Le premier de l’an.  -  Triste, comme le temps. Pas de réceptions officielles et très peu d'intimes. Au lieu de recevoir, magistrature et fonctionnaires se donnent le mot pour ne pas « recevoir ». 

— Le commerce se plaint que l'on n'achète pas comme autrefois. Le jour de l'An, comme tant d’autres usages  s’en irait-il aussi ? (source B. N.)

 

Juillet 1897  -  Mort subite.  -  La dame Santon, 77 ans, débitante de tabac à Ernes, est morte subitement dans sa chaise, frappée d'une apoplexie. (source B. N.)  

 

Octobre 1897  -  Tentative de viol.  -  Le sieur Jules Fournaux, 35 ans, meunier à Ernes, près St-Pierre-sur-Dives, a eu un doigt pris en voulant débourrer une machine à battre, chez le sieur Quesnot. L'amputation est à craindre. (source B.N.)

 

Juin 1898  -  Tentative de meurtre.     Le sieur Eugène Marie, 52 ans, cultivateur à Ernes, près Falaise, travaillait dans un champ en face la maison de Louis Blot, 32 ans, quand ce dernier, rentrant de Maizières, en état d'ivresse lui chercha querelle. Le sieur Marie s'avança vers Blot qui courut chez lui prendre un fusil et le mit en joue en criant : « Je vais te f... par terre », puis il tira un coup de son arme. Fort heureusement, le sieur Marie put se jeter de coté. Il n'a été que légèrement atteint. Rentré chez lui, Blot a aussi menacé un domestique accouru au bruit du coup de fusil. Par une fenêtre de sa maison, il criait, toujours son arme à la main, qu'il « f... parterre le premier qui passerait » Blot, qui habitait à Ernes depuis deux mois seulement, est d'un caractère violent lorsqu'il a bu et était très craint. Il a pris la fuite avec sa femme et ses trois enfants, On le recherche activement. (source le B. N.)

 

Avril 1899  -  Assassinat.  -  Samedi 8 avril, vers 6 heures du soir, le nommé Lahaye, âgé de 20 ans, journalier, eut une violente discussion, à propos, paraît-il, d'un règlement de compte avec M. Guilmain, chez lequel il avait travaillé.

Peu de temps après Lahaye, qui était ivre, apercevant M. Guilmain dans une prairie, occupé à élaguer des arbres, prit son fusil et en déchargea les deux coups sur son ancien maître, qui fut atteint aux reins et au côté droit.

La victime, transportée à son domicile dans un état désespéré, a succombé le 9 avril, à 4 heures du soir. Lahaye, alla se constituer prisonnier à la gendarmerie de Morteaux-Couliboeuf ; il a été écroué à la maison d'arrêt de Falaise.

 

Décembre 1913  -  Classement de monuments historiques. -  Sur la proposition de M. Le préfet du Calvados, et après avis favorable des municipalités intéressées, M. Le Sous-secrétaire d'état des Beaux-arts a inscrit sur la liste des monuments classés  :   Le chœur de l'église de Cagny, le clocher de l'église d'Allemagne-la-Basse, le clocher de l'église de Goustranville, le clocher et le Chœur de l'église de Villiers-le-Sec, le clocher de l'église de Lion-sur-mer, le portail nord de l'église de Mutrécy, le clocher de l'église d'Ernes, le clocher  et la façade occidentale de l'église de Thiéville, le clocher de l'église d'Ellon, l'église d'Huppain.

 

Avril 1914  -  Les monuments historiques du Calvados.  -  Voici, d'après le officiel, la liste des immeubles classés parmi les monuments historiques avant la promulgation de la loi du 31 décembre 1913, pour le département du Calvados : Dives : Église ; Douvres : Clocher de l'église  ; Ducy-Sainte-Marguerite : Clocher de l'église ; Ellon : Clocher de l'église ; Ernes :  Clocher de l'église ; Etreham : Église ; Falaise : Église Saint-Gervais, Église de la Trinité, Château ; Fontaine-Etoupefour : restes du Château ; Fontaine-Henri : Église (sauf la nef) ; Fontenay-le-Marmion : Clocher et Chœur de l'église ; Formigny : Église ; Fresnes-Camilly (le) : Église ; Goustranville : Clocher de l'église ; Grainville-sur-Odon, Clocher et le chœur de  l'église ; Grisy : Croix de chemin sur la route de Vendeuvres à Grisy ; Honfleur : La Lieutenance, Église Sainte-Catherine. Portail de l'église Saint-Léonard ; Huppain : Église ;  Juay-Mondaye : Parois de la voûte du transept gauche de l'église, revêtues de fresques classées ; Jurques : Dolmen dit " Pierre Dialan ".

 

Mars 1923  -  Écrasé par sa charrette.  -  Le 13 courant, Caroff Joseph-Marie, 41 ans, cultivateur au hameau Fossard, commune d'Ernes, s'était rendu accompagné de sa jeune fille à  la gare de Vendœuvre, pour y prendre livraison de neuf sacs d'engrais. Il conduisait, pour effectuer ce charroi, une voiture a deux roues attelée de deux chevaux de file. 

En revenant il était monté sur le chargement, conduisant ses chevaux en double guides, lorsqu'à environ un kilomètre de la commune d'Ernes, les chevaux prirent peur et M. Caroff ne pouvant réussir à les arrêter avec les guides, résolut de sauter à terre, mais il tomba malheureusement à l'avant et sur le côte, gauche du véhicule que la roue gauche de la voiture lui passa sur la poitrine, la jeune fille affolée, craignant un autre accident, courut à la tête des chevaux et réussit à les maîtriser à l'entrée de la commune. Elle alla aussitôt informer les personne; les plus proches, de l'accident survenu a son père. Immédiatement celles-ci se rendirent sur les lieux de l'accident, mais ne trouveront qu'un cadavre. M. Caroff fut transporté dans une maison voisine ou un médecin appelé ne put que constater le décès ; il avait été tué sur le coup. C'était la deuxième fois que ces chevaux ombrageux s'emballaient. Cet accident a causé une grosse émotion dans la commune d'Ernes.

 

Septembre 1923  -  Odieuse agression.  -  Mlle Georgette T…. âgée de 16 ans, au service de M. Gosset, cultivateur Ernes, allait conduire des vaches aux champs, lorsqu'elle croisa sur la route quatre jeunes domestique de la commune qui lui barrèrent la route. Après une légère discussion elle finit par se dégager et poursuivit son chemin. Mais ses agresseurs se dissimulèrent dans une haie attendant son retour, à son approche, ils se précipitèrent sur elle et l'entraînèrent dans un champ, et pendant que les deux plus jeunes (13 et 14 ans) maintenaient la pauvre fillette, les deux aînés (16 et 17 ans) abusèrent d'elle.
Lorsqu'elle put se dégager la jeune fille rentra péniblement chez son
patron auquel elle raconta ce qui c’était passé. Les gendarmes prévenus interrogèrent les auteurs qui reconnurent lexactitude des faits. Abel Panel 17 ans né à Ernes et Albert Leclerc, 16 ans, à Norrey-en-Auge, ont é arrêtés sous l’inculpation de viol et attentat aux mœurs, les deux autres gamins de 13 et 14 ans, ont été laissée en liberté.  

 

Mai 1925  -  Acte de malveillance.  -  M. Lammeus Georges possède sur le territoire de la commune de Ernes, une pièce de terre ensemencée de blé de 17 hectares, située en bordure des bois de Tilly. Chaque année les lapins lui causant de grands dégâts, il place dans son champ un « témoin » ou treillage de 25 mètres carrés.

Le 9 courant, il constata que le blé entourant ce terrain avait, été brûlé en partie avec un liquide ou une poudre quelconque.

M. Lammeus a porté plainte. L'enquête a en outre constaté que tout autour du témoin sur 700 de longueur, 120 de largeur de blé, est complètement mangé les lapins.

 

Mars 1926  -  Une enfant martyrisée par sa marâtre.  - Sur la plainte des habitants du village d'Ernes indignés, les gendarmes de Falaise, agissant en vertu d'un mandat du Parquet, se rendaient au domicile de la femme Madeline Pouchard, 22 ans, journalière agricole, accusée de martyriser la belle-fille, Andrée, âgée de 8 ans. Ils trouvaient dans une cave infecte, étendue sur un grabat rempli de vermine, la pauvre petite, la tête ensanglantée d'une large blessure provenant d'un coup de bâton violemment asséné.

Privée d'aliments, elle mendiait du pain près de ses petites camarades. La fillette, dont la santé semble très compromise a été confiée à l'assistance publique.

 

Mars 1926  -  Tapage nocturne.  -  Plusieurs jeunes gens d'Ernes se sont vu dresser des contraventions pour tapage nocturne, ils chantaient, criaient à tue-tête et jouaient de divers instruments bruyants dans les rues du bourg, vers 22 h. 45, troublant ainsi le repos public.  

 

Juin 1926  -  Collision.   -  M. Léon Lecointe, domestique chez M. André Lucas, cultivateur à Ernes, revenait de St-Pierre-sur-Dives avec une voiture à gerbes vide lorsqu'il croisa une auto conduite par M. Léon Guillerain, cultivateur, M. Lecointe rangea sa voiture, mais le cheval ayant pris peur, se cabra et heurta l'auto qui subit des dégâts matériels.

 

Octobre 1926  -  Un père brutal.  -  A la suite de plaintes portées à la justice, les gendarmes se sont rendus au domicile du sieur Matas Edouard, cultivateur et boulanger, qui frapperait brutalement son jeune fils âgé de 11 ans, des traces de coups ont été relevées sur l'enfant. Le père reconnaît avoir giflé son fils, mais dit que les blessures qu'il porte auraient été produites par une chute. Il convient d'attendre la fin de l'enquête ouverte sur cette triste affaire qui a fait beaucoup de bruit dans la commune.

 

Avril 1928  -  Un laitier attaquer.  -  M. Henri Delacour, 22 ans, laitier à la fromagerie Martin, passe chaque soir faire, sa tournée de lait près du bois d'Assy; or, l'autre soir, vers 18 heures, passant au lieu dit les Chasses-de-Rouvres, alors que son cheval marchait au pas, deux individus cachés dans les taillis surgirent sur la route. L'un d'eux grimpa sur le marchepied de la voiture, voyant le second individu s'élancer à la tête du cheval, M. Delacour donna au premier un grand coup de manche de fouet dans la figure et fit partir son cheval au galop, l'homme tomba à terre. On possède le signalement assez complet des deux hommes.
La veille, vers 6 heures un autre laitier, M. Yon, passant au lieu dit « les Goulouins », à Maiziéres, vit un homme sortir de derrière une meule de paille, l'individu demanda à monter dans la voiture, mais, M. Yon refusa et mit son cheval au grand trot, un autre individu, caché dans un bois, à 500 mètres plus loin, devant l'allure du cheval, n'osa approcher.
Les individus ne devaient pas ignorer que parfois les laitiers portent sur eux une certaine somme pour payer les achats de lait faits aux cultivateurs.  

 

Octobre 1930   -   De plus en plus fort !...   -   Sur plainte de M. Martin Fernand, 44 ans, industriel fromager à Ernes, une enquête est ouverte au sujet d'une hausse illicite du prix de lait dans notre région.

M. Martin fait partie du « Groupement de fixation du prix du lait » siégeant à Caen, 44, rue de Geôle. Ce groupement fixe le prix du lait à son prix normal, prix rémunérateur pour acheteur, comme pour vendeur. Pour la région de Falaise, le lait devait être payé 1 franc 40 le double litre pour le mois de septembre et 1 franc 60 pour le mois d'octobre. Un industriel fromager de Boissey, M. Buquet-Serey, livre, déclare M. Martin, une concurrence acharnée à la Société Laitière des Fermiers Normands et paye le lait jusqu’à 2 fr. 50, le pot, soit une augmentation de 0 fr. 90. Fatalement, les autres fromagers sont obligés, pour conserver leurs clients, de suivre les cours pratiqués par M. Buquet.

La déclaration de M. Martin et confirmée par plusieurs autres industriels intéressés dans cette question. L'enquête se poursuit activement.  

 

Janvier 1931  -  les aides aux jeunes filles.  -  Dots attribuées en 1930 aux jeunes filles de familles nombreuses. La Commission départementale, chargée de l’attribution des dots y a donc eu à se prononcer pour cinquante attributions sur soixante et onze dossiers constitués.

Ernes. — Mlle Duval Renée, âgée de 23 ans, est l'aînée d'une famille de 8 enfants vivants. La postulante, sur laquelle de bons renseignements ont été recueillis, a été placée comme domestique chez deux patrons qui se sont montrés très satisfaits de ses services. Mlle Duval a contracté mariage, le 14 octobre dernier, avec M. Aubrée, ouvrier agricole, d'une famille de 5 enfants.  

 

Mars 1936  -  Tragique partie de cartes.   -   L'autre soir, Marcel Bouvier, 27 ans, domestique agricole à Condé-sur-Ifs, rencontrait dans un débit d'Ernes, Charles Duclos et les deux frères de celui-ci, Léon et Émile. 

Bouvier fit une partie de cartes avec Charles Duclos, mais le jeu tourna en dispute. 

Vers 22 heures, tout le monde sortit et bientôt Bouvier et Charles Duclos en vinrent aux mains. 

Plus loin, la dispute recommença avec les trois frères Duclos et, selon les dires de Bouvier, l'un d'eux lui aurait porté un coup de bouteille sur la tète et, pour riposter, Bouvier frappa Léon Duclos d'une coup de couteau au ventre. 

Les frères Duclos prétendent n'avoir frappé Bouvier que lorsque celui-ci eût donné le coup de couteau. 

Léon Duclos a été blessé à l'aine où il porte une plaie de 5 centimètres de-long et 3 centimètres de profondeur. Bouvier a été arrêté et incarcéré. (source M. C.)  

 

Septembre 1936  -   Il ne fait pas toujours bon aider la justice.  -  En passant dans le bois du Cotil pour se rendre à leur travail, deux ouvriers agricoles, Léon Malas, 26 ans, et René Lequertier, 39 ans, trouvèrent dans un épais fourré un fusil de chasse, plusieurs douilles de cartouches, une robe, un veston. Ils avisèrent M. le maire qui alerta la gendarmerie. Dans le taillis du Cotil, les gendarmes trouvèrent en outre divers papiers déchirés au nom de Berthe Legrand et de Gautier. 

Ainsi ils apprirent et M. le maire d'Ernes en même temps qu'eux que des voleurs avaient visité la maison des époux Gautier-Legrand. Ceux-ci habitant Ernes, mais travaillant à la fromagerie Lanquetot, à Orbiquet, commune d'Orbec, possèdent au centre d'Ernes une confortable maison en bordure du chemin 131. 

Le maire et les gendarmes ayant procédé à un minutieux examen des lieux constatèrent que des malfaiteurs s'étaient introduits dans l'immeuble en passant par une fenêtre de la cuisine donnant sur une cour, après avoir forcé un volet à l'aide d'un ciseau qui fut retrouvé non loin. 

Prévenu téléphoniquement, M. François Gautier, 43 ans, accourut à Ernes, pendant que sa femme demeurait à la fromagerie. 

Après un rapide inventaire il déclara qu'il lui avait été soustrait un fusil Hammerless, 200 douilles de cartouches, 12 pièges à fouines et à loutres, un complet noir de cérémonie, un complet gris, une chemise de cérémonie, des gants, des chemises fantaisie, des bijoux Fix et Oria, une bague en or avec platine et trois perles fines pour dame, des chaussures. En tout pour 3 000 fr. d'articles de chasse, effets et bijoux. 

Sur les auteurs de ce cambriolage audacieux, commis au centre du bourg, aucun renseignement. L'on sait seulement que quelques jours avant la découverte du fusil et des cartouches de M. Gautier dans le taillis du Cotil, un individu de haute taille, bien vêtu, s'était enquis de Mme Gautier, qu'il connaissait seulement sous le nom de Berthe Legrand, Il avait vivement insisté pour que la maison de celle-ci lui soit montrée et avait justifié sa curiosité par celle phrase : « Je voudrais savoir où elle habite, car je lui réserve une petite surprise ». 

Quant à ceux, qui mirent les autorités sur la trace du vol par la découverte d'objets volés chez les époux Gautier, les ouvriers agricoles Malas et Lequertier, ils avaient été aperçus dans le taillis du Cotil, à proximité du fourré dont il est question ci-dessus quelques jours avant le cambriolage. Invités à s'expliquer sur leur présence en un endroit où rien ne les appelait, ils déclarèrent, en toute candeur, être venus là pour une partie de chasse au furet. Ce qui leur valut un procès-verbal pour délit de chasse. (source M. du C.)  

 

Novembre 1936  -   L’auteur des cambriolages d’églises est arrêté.  -  De Rouen parvient la nouvelle de l'arrestation du sieur Chedot, considéré comme auteur de nombreux cambriolages commis depuis le 20 août, date de sa sortie de la Maison Centrale de Fontevrault, dans les arrondissements de Falaise, Lisieux et Domfront. 

Chedot est certainement l’auteur d'un cambriolage à Ernes, chez les époux Gautier, et de celui d'Ecajeul, que nous avons relaté. 

Il est considéré comme auteur des vols commis avec effraction dans une douzaine d'églises de Falaise et de la région. 

Faisant l'objet d'un mandat d'arrêt du Parquet de Domfront, il était recherché jour et nuit par les gendarmeries de Lisieux et Falaise, dans les circonscriptions desquelles il se tenait habituellement. C'est à Criquetot (Seine-Inférieure) qu'il a été arrêté. (source M. du C.)  

 

Juillet 1937  -  Trois blessés dans une collision.  -  Un camion automobile, conduit par M. Georges Dary, chauffeur au service de M. Vibet, de Saint-Pierre-sur-Dives est entré en collision dans un carrefour avec l'automobile de M. Maurice Lemasquerier, instituteur à Ouilly-le-Tesson, qui se rendait à Lisieux en compagnie de M. et Mme Jules Martin, de Mme Eugène Sabine et de la jeune Denise Valentin, 10 ans, tous demeurant à OuilIy-le-Tesson. 

Le choc fut très violent. Projetée sur une glace de la voiture, Mme Martin la brisa avec son coude et se contusionna sérieusement. Mme Sabine fut atteinte à la poitrine et se plaignait de violentes douleurs, enfin, la jeune Denise Valentin eut deux dents brisées qui lui traversèrent la lèvre. Les autres occupants sont indemnes. (source M. du C.)

 

Mai 1941   -  Avis à la Population.   -   La Feldkommandantur du Calvados rappelle à la population que toute personne découvrant soit sur la voie publique, soit dans une propriété privée des objets ou imprimés suspects, tels, par exemple, que des tracts jetés par avion, doit en faire la remise à l'autorité militaire allemande la plus proche. 

 

Août 1941   -  Arrêt de la Cour Martiale.  -   Pour s'être livré à des actes de d'espionnage en correspondant avec l'Angleterre à l'aide d'un pigeon-voyageur, Louis Berrier, domicilié à Ernes, a été condamné à la peine de mort puis fusillé le 2 août 1941.

 

Février 1944  -  Basse-Cour dévalisée.  -  Au matin du 15 février, M. René Busnel, cultivateur, a trouvé les portes de son poulailler grandes ouvertes et constaté la disparition de 3 coqs et 8 poules. Un coq tué a été retrouvé près de la barrière. Des traces ont été suivies par le chemin en direction de la route de Condé-sur-Ifs.  

 

Février 1945  -  Les prêts aux cultivateurs sinistrés.  -  Les cultivateurs sinistrés des communes de Rouvres, Maizières, Condé-sur-Ifs, Vieux-Fumé, Magny-la Campagne, Le Bû-sur-Rouvres, Soignolles, Ouilly-le-Tesson, Ernes, Olendon, Perrières et Sassy qui désirent obtenir un prêt spécial à moyenterme pour 13 ans avec intérêt à 1,50 % en vertu de l’ordonnance du 17 octobre 1944, peuvent s’adresser à M. Robine, maire de Rouvres, président ou à M. Lesénéchal, notaire à Maizières, secrétaire de la caisse locale de Rouvres, qui leur donneront tous renseignement.  

 

Décembre 1947  -  Les clients indésirables.  -  Le magasin de M. Paul Desobeaux, épicier à Ernes, a été visité durant la nuit par des inconnus qui s’introduisirent dans la boutique en démastiquant une vitre de la devanture.

Un rapide inventaire a permis de constater la disparition de 16 paires de chaussons, 2 paires de chaussures, 50 kilos de sucre, 10 kilos de semoules, des boites de conserve et une somme de 600 fr. enlevée du tiroir-caisse. (source B. L.)

ERNES  -  Le Château

ERNES  -  L'Église 

ERNES (Calvados)  -  Maison Martin

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