UN SIÈCLE D'HISTOIRE DU CALVADOS

1

ESPINS

Canton de Thury-Harcourt

Les habitants de la commune de Espins sont des Espinois, Espinoises.


Octobre 1868   -   Une annonce.   -   On annonce que les Conseils municipaux vont être convoqués en session extraordinaire pour s'occuper des chemins vicinaux et voter une imposition nécessaire à leur achèvement.

 

Octobre 1868   -   Un phénomène.   -   Un curieux phénomène s'est produit mercredi, vers minuit. Les quelques personnes qui, à cette heure avancée, se donnaient le plaisir de la promenade, ont aperçu dans l'espace un magnifique météore qui apparaissant dans la direction de l'est est allé disparaître derrière les hauteurs du bois de Rocques.

Sa forme était celle d'un globe de transparence blanche, traînant à sa suite une longue bande d'un rouge étincelant, illuminant le paysage comme une vive lumière électrique.

La marche peu rapide de ce bolide a permis à ceux qui l'ont aperçu d'admirer son éclat.

Son passage est signalé dans plusieurs villes. À Caen son passage n'a été annoncé par aucun bruit, tandis qu'à Rouen, on a entendu une forte détonation.

 

Juin 1869   -   Incendie.   -   Un incendie, supposé accidentel a éclaté le 17 juin, à neuf heures du matin, et a consumé une maison d'habitation appartenant au sieur Boussonnier, journalier à Espins.  

 

Octobre 1872   -  Incendie.  -  Le 20 de ce mois, un incendie dont la cause est inconnue, a éclaté à Espins, canton d'Harcourt, et a consumé une maison d'habitation et 4.200 bottes de foin, appartenant au nommé Nicolas Rouchamps, journalier. La perte approximative est évaluée à 2,400 fr. L'immeuble seul était assuré pour 2.000 fr.   

 

Juin 1877   -  Récoltes.  -  Nos récoltes ont les plus belles apparences, la vigne promet, tout annonce une année d'abondance.  Dans la nuit de dimanche à lundi, il a cependant gelé blanc sur divers points du département du Calvados. 

 

Juin 1877   -  Machine à faucher.  -  On fauche les herbes excrues sur l'hippodrome de Caen. Ce fauchage et le fanage se font avec la faucheuse et la faneuse mécanique la Française, dont le dépôt est chez M. Le Blanc, place d'Armes. 

 

Juillet 1877   -  Secours.  -  A Garcelles-Secqueville, 800 fr. pour restauration de son église ; au Mesnil-Simon, 3 000 f pour restauration de son église ; 900 fr. à St-Omer, pour son école ; 5 000 fr. à Espins, pour construction d'une école.  

 

Juillet 1877   -  Les loups.  -  Nous rappelons que l'État accorde des primes à ceux qui détruisent les animaux nuisibles. Il est donné : 80 fr. pour un loup ou une louve ; 40 fr. pour un louveteau ; 100 fr. pour une louve pleine, et 200 f. pour un loup ou une louve ayant attaqué l'homme.  

 

Janvier 1879  -  Créations d’écoles.  -   Créations d’écoles en 1878 à Maisy d’une école de filles ; Gueron d’une école mixte et Espins d’une école mixte .  

 

Janvier 1879  -  Construction d’écoles.  -   Pour le Calvados, 25 constructions nouvelles dans 22 communes, dans l’arrondissement de Falaise : Saint-Marc-d'Oui!ly, 2 écoles ; Cesny-Bois-Halbout, école de garçons ; Espins, école mixte.

 

Août 1879  -  Année scolaire 1878-1879.  -  Le département du Calvados, d'une population de 450 220 habitants, compte 764 communes possédant 1 019 écoles primaires, publiques ou libres, et 25 salles d'asile. 5 écoles enfantine sont été créées en 1878. La rentrée prochaine en verra sans doute ouvrir de nouvelles.

Écoles primaires : 598 communes possèdent au moins une école publique ; 152, sont réunies légalement pour l'entretien d'une école publique ; 6 ont une école libre tenant lieu d'école publique ; 6 ont une école spéciale libre tenant lieu d'école spéciale publique ; 2 sont dépourvues d'écoles.

Ces 2 communes sont : Le Manoir (205 hab.), et Vienne (214 hab.).

Des projets de construction sont à l'étude. Si l'on jette un coup d’œil à ce rapport, on voit que 15 communes réunies présentent un effectif de 5 à 700 habitants et que leurs classes reçoivent de 50 à 80 élèves des deux sexes. Le dédoublement de l'école mixte serait nécessaire.

88 communes du département, tout en ayant une population quelquefois inférieure à 500 habitants, ont été soucieuses des intérêts de leurs enfants pour établir 2 écoles spéciales, dans 66 chefs lieux scolaires. Sur 1 019 écoles primaires, 901 sont publiques et 118 sont libres.

Si on les considère au point de vue de leur nature on a : Écoles publiques. 314 spéciales aux garçons ; 287 spéciales aux filles ; 300 mixtes Écoles libres ; 12 spéciales aux garçons ; 96 spéciales aux filles ; 10 mixtes.

130 écoles mixtes sont confiées à des instituteurs et 180 à des institutrices.

On peut encore classer ces écoles en : 697 écoles laïques publiques ; 40 écoles laïques libres ; 204 écoles congréganistes publiques ; 78 écoles congréganistes libres.

 

Août 1879  -  Année scolaire 1878-1879.  -  Cours d’adultes  - 431 cours d'adultes, 332 pour les hommes et 99 pour les femmes, ont reçu 4 576 élèves, ou 3 635 jeunes gens et 941 Jeunes filles. Les résultats obtenus ont été assez bons.

Certificats d’études primaires.  -  390 écoles ont présenté 1 049 élèves ; 801 certificats ont été délivrés.

MM. les Inspecteurs primaires classent ainsi les 1 019, écoles publiques et libres du département : 595 bonnes ; 280 assez bonnes ; 114 passables ; 30 médiocres.

Sur 6 132 élèves qui ont quitté l'école, 2 p. 100 ne savaient ni lire ni écrire ; 3,14 p. 100 savaient lire seulement ;

8,20 p. 100 savaient lire et écrire ; 30,67 p. 100 savaient lire, écrire et compter ; 57,15 p. 100 connaissaient l'orthographe et des matières facultatives.

 

Février 1884  -  Enfoui vivant.    Dimanche 17 février, le nommé Jules-Charles Barthélemy, 32 ans, journalier à Espins, descendait dans un puits d'une profondeur de 18 mètres, pour y retirer des seaux qui y étaient, restés, lorsque, les pierres venant à se détacher, il fut précipité dans le fond et enseveli. Malgré le zèle déployé par tous les habitants d’Espins, le maire M. Regnault, M. Lemarchand puisatier, et la gendarmerie d’Harcourt on a pu le retirer que mercredi. On a constaté qu'il avait pu vivre 24 heures. Il était marié et père d'une petite fille de 7 ans.

 

Décembre 1893  -  Chronique judiciaire.  -  Désiré Postel, 48 ans, journalier à Espins, détention d'engins de chasse prohibés, 80 fr. 

— Hippolyte Eury, 31 ans, domestique à Moulines, coups et blessures, 6 jours et 100 fr. de dommages-intérêts. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Novembre 1895  -  En puisant de l’eau.  -  La semaine dernière, la dame Clémence, 45 ans, d'Espins  est tombée dans une fontaine et s'est noyée. Ses deux seaux étaient restés sur le bord de la fontaine, elle a du perdre l'équilibre en se baissant pour y puiser de l'eau. (Source  : Le Bonhomme Normand)  

 

Juin 1897  -  Incendiaires.  -  La fille Capitrel habite, à Espins, avec ses trois enfants et sa mère de 76 ans, une maison que lui loue, pour 20 fr. par an, la veuve Barette, née Marie Pitrou, demeurant à Fresney-le-Vieux. Voulant forcer sa locataire à déloger, la veuve Barette, de complicité avec son neveu, nommé Pitrou, ne trouva rien de plus expéditif que de mettre le feu au toit en chaume de sa masure, après l'avoir, au préalable, arrosé de pétrole. Heureusement que les étincelles, en tombant dans l'appartement, réveillèrent les enfants de la fille Capitrel qui les sauva, ainsi que sa vieille mère. Les incendiaires sont arrêtés. Le crime d'incendie volontaire d'une maison habitée peut entraîner la peine de mort pour le principal coupable. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Juillet 1903    -  Fièvre aphteuse.   -    Par arrêté du préfet, est déclaré infecté le territoire des communes de Moulines, Fresney-le-Vieux, Barbery, Tournebu, Cesny-Bois-Halbout, Acqueville, Espins, Meslay, May, et Clinchamps. (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Mars  1919    -     Vol.   -   Madame veuve Lenormand, cultivatrice à Espins, s'est aperçue le 17 mars, qu'un Inconnu avait fracturé le cadenas de la porte d'une étable attenant à sa propriété, puis descellé et emporté le râtelier se trouvant dans cette étable. ( Source : Le Moniteur du Calvados )

 

Août 1937  -  Une mort suspecte.  -  Le parquet de Falaise et le lieutenant de gendarmerie se sont rendus à Espins, près Thury-Harcourt, où une femme Ferdinand Julienne a été samedi trouvée pendue à l'espagnolette d'une fenêtre de son habitation. 

C'est seulement dimanche matin que le docteur Prentout put aller à Espins afin d'examiner le cadavre. Le praticien refusa le permis d'inhumer. Dans ces conditions, le parquet de Falaise a estimé que l'autopsie s'imposait. Elle sera pratiquée par le médecin-légiste. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Août 1937  -  La morte d’Espins s’était bien suicidée.  Nous avons relaté les circonstances dans lesquelles le Parquet de Falaise avait été appelé à Espins, afin l'enquêter sur la mort de la femme de l'ouvrier agricole Ferdinand Julienne, âgée de 51 ans. Mme Julienne était atteinte, depuis six mois, d'un mal incurable la faisant beaucoup souffrir. Elle avait reçu, dans une clinique caennaise, des soins demeurés sans effet.

Pendant que son mari s'était rendu chez une voisine, Mme Julienne se pendit au moyen de la fermeture de la fenêtre de sa cuisine et tomba à genoux.

Lorsqu'il revint, au bout de 40 minutes, l'époux trouva sa malheureuse compagne privée de sentiment.

Affolé, il courut chez la voisine qui revint avec lui et lui conseilla vivement de couper la corde. Mais déjà l'asphyxie était complète.

Les gendarmes, aussitôt accourus, procédèrent aux constatations.

Pour les médecins, ce fut plus compliqué. Quatre d'entre eux, sollicités, répondirent ne pouvoir venir à Espins, pour des raisons diverses.

Enfin, le surlendemain du décès, M. le docteur Prentout vint, mais ce fut pour déclarer qu'il ne pouvait délivrer le permis d'inhumer.

Le Parquet de Falaise, mis au courant l'autopsie fut décidée.

Les magistrats arrivèrent dans la soirée à Espins, avec le docteur Cailloué médecin légiste.

De l'autopsie du praticien, il résulte que Mme Julienne s'est donné la mort sans l'aide de personne.

D'autre part, une meule de grains, située dans la campagne, ayant été dévorée par le feu, quelques personnes pensaient qu'il pouvait y avoir relation de cause à, effet entre l'incendie et la mort de Mme Julienne.

Tout, absolument, démontre que cette hypothèse ne reposait sur rien. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Octobre 1937  -   Un chien fait partir le coup d’un fusil de chasse.  -  Au moment de partir à la chasse, M. Baloud, régisseur des propriétés de M. Lemonnier, se pencha sur son chien, après avoir appuyé à son bras le canon de son fusil chargé.  Voulant témoigner sa satisfaction à son maître, le chien se dressa sur ses pattes de derrière et de celles de devant appuya sur la gâchette.

Un coup partit, la charge broyant le bras de M. Baloud, qui fut, en hâte, transporté à l'hôpital.

Là fut pratiquée la désarticulation de l'épaule, suivie de la transfusion du sang.

L'état du blessé est satisfaisant. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Janvier 1939   -   Un déserteur est arrêté après une absence de huit mois.   -   Domestique de culture, Georges H…….., originaire de Bonnœil, ayant l'âge du service militaire fut  envoyé au groupe aérien de Villacoublay.

A l'issue d'une permission, notre homme tomba malade, et fut admis à l'hôpital militaire de Caen.

A sa sortie de l'hôpital, un pli lui fut remis par le médecin-chef à l'adresse du colonel commandant le groupe d'aviation de Villacoublay. Il décacheta la missive et jugeant qu'elle n'avait pas grand intérêt, la déchira.

Puis H…….. rentra à son corps, mais n'y fit qu'une courte apparition. Estimant sa présence superflue, il prit la clef des champs, puis il troqua ses effets militaires contre ses effets de journalier agricole. Il travailla à ce titre chez un cultivateur de Saint-Omer.

De là, il crut bon de se rendre à Espins, où il se mit au servit e d'un cultivateur de cette commune.

Mal lui en prit car les gendarmes voulurent s'enquérir de la situation militaire du jeune homme.

L'enquête démontra d'abord que celui-ci devait être au groupe aérien de Villacoublay. Là on répondit que l'intéressé était à l'hôpital de Caen et les autorités de cet établissement étaient persuadées que Georges H…..... avait regagné son corps.

Ainsi, il avait pu se dérober au contrôle des bureaux militaires durant près de huit mois  (Source  : Le Moniteur du Calvados)

19.   La Vie Normande   -   Batterie de sarrazin

Commentaires et informations : Facebook @