UN SIÈCLE D’HISTOIRE DU CALVADOS

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ESQUAY - NOTRE - DAME

Canton de Évrecy

Les habitants de la commune de Esquay-Notre-Dame sont des Esquayens, Esquayennes


Avril 1866   -   Le feu.   -    Le 22 avril, un incendie attribué à la malveillance, s'est déclaré dans la commune d'Esquay-Notre-Dame, sans que l'on sache précisément qu'elle a été le foyer de l'incendie.

L'intensité du feu a été si grande, quand quelques heures, un groupe de 10 maisons a été détruit, avec les mobiliers et les récoltes qu'elles contenaient.

Les bâtiments incendiés appartiennent aux nommés Jouin, Lepetit, Liétot, Léopoli, journaliers ; Lebreton, Étienne, Hébert, cultivateurs ; Berthelot, marchand de vin ; Bunel, couvreur ; veuve Ballon, Bunel, cultivateurs ; Lemoine, menuisier.

Au premier avis de l'incendie, la brigade de gendarmerie d Evrecy s'est rendue sur les lieux et a concouru, avec les habitants, à préserver les habitations voisines.

La perte est évaluée à 18 000 francs environ, mais la presque totalité des objets incendiés était assurée.

 

Décembre 1875   -  Fait divers.  -  — Alexandre Lerebourg, 35 ans, maçon à Esquay, chasse sans permis et en temps de neige, 10 jours de prison et 50 fr. d'amende.  

 

Mai 1880  -  Cinquantaine.  -  Les époux Constant Lepeltier, d'Esquay-Notre-Dame, ont célébré samedi dernier le cinquantième anniversaire de leur mariage. Leurs enfants et petits-enfants, au nombre de vingt, assistaient tous à cette fête.  

 

Avril 1882  -  Inspection .  -   On va commencer une inspection dans les villes ouvrières de province, pour surveiller l'application de la loi du 15 mai 1875, interdisant d'employer les enfants au-dessous de seize ans, dans les ateliers qui mettent en mouvement des machines.

 

Avril 1882  -  Morts accidentelles.  -  Jeudi, à Saint-Pierre-du-Jonquet, le nommé Eugène Palais, 62 ans, de Janville, a eu la colonne vertébrale brisée par un arbre qu'il abattait et qui est tombé sur lui. La mort a été instantanée.

— Dernièrement, à Noyers, une petite fille, âgée de 6 ans 1/2, appelée Sophie Marie, se rendait à l’école et emportait une chaufferette avec elle. On suppose qu'un coup de vent aura fait tomber un charbon incandescent sur ses vêtements, qui se sont enflammés et lui ont brûlé le côté gauche si grièvement que la pauvre enfant en est morte.

— Samedi, à Esquay-sur-Seulles, le sieur Alfred Soubelle, cultivateur à Condé-sur-Seulles, a reçu un coup de pied de cheval dans le bas-ventre. Ce malheureux est mort mardi.

— Mercredi, le sieur Placide, couvreur, travaillait sur le toit de la maison de M. Val, propriétaire à Juaye-Mondaye, lorsque, venant à glisser, il tomba sur le sol. La mort a été instantanée.  

 

Octobre 1882  -  Apprentis et petits domestiques.  -  Dans notre dernier numéro, nous avons annoncé qu'un certain nombre d'enfants assistés, filles et garçons, ayant, atteint l'âge de treize ans, et sachant lire et écrire, sont à la disposition des personnes qui voudraient les prendre, comme petits domestiques ou apprentis. Il faut s'adresser à la préfecture, service des enfants assistés. Ajoutons que durant l'année dernière, aucune poursuite judiciaire n'a été dirigée contre les 443 enfants assistés, âgés de 14 à 20 ans, placés dans le Calvados. Au 18juillet, 333 de ces enfants avaient déposé 20 040 fr. à la caisse d'épargne.

 

Octobre 1882  -  Un maire complaisant.  -  Le curé d'Esquay-Notre-Dame a, parait-il, tonné très fort contre la loi sur l'instruction obligatoire, en traitant d'apostats et de diables ceux qui l'ont votée et ceux qui la font exécuter. Le maire, qui assistait à cette diatribe, n'est pas intervenu pour rappeler le curé à ses devoirs et à la modération.

 

Mai 1885  -  La Procession d'Esquay.  -  Dimanche, avait lieu la première communion à Esquay-Notre-Dame. Après les vêpres, le clergé et les enfants sortirent en procession. Sur le passage du cortège, plusieurs curieux restant le chapeau sur la tête, le curé leur intima l'ordre de se découvrir, ce qu'ils ne firent pas. On nous écrit à ce propos, que le maire d'Esquay devrait interdire les processions. Notre avis, à nous, est que, si le curé a été un peu vif, les curieux, de leur coté, ont été peu polis. Il n'est pas nécessaire d'être dévot pour se découvrir quand une procession passe ; il suffit, pour cela  d'être tout simplement un homme bien élevé. 

 

Mai 1885  -  La procession d’Equay.  -  Dimanche avait lieu la première communion à Equay-Notre-Dame. Après les vêpres, le clergé et les enfants sortirent en procession. Sur le passage du cortège, plusieurs curieux restant le chapeau sur la tête, le curé leur intima l'ordre de se découvrir, ce qu'ils ne firent pas. On nous écrit, à ce propos, que le maire d'Esquay devrait interdire les processions. Notre avis, à nous, est que, si le curé a été un peu vif, les curieux, de leur côté, ont été peu polis. Il n'est pas nécessaire d'être dévot pour se découvrir quand une procession passe, il suffit, pour cela, d'être tout simplement un homme bien élevé.  

 

Septembre 1885  -  Arrestation du Curé.  -  Nous avons annoncé, au mois de juin dernier, que plainte avait été portée pour faits d'immoralité contre un prêtre des environs de Caen. Ce prêtre était l'abbé Lebailly, curé de Carpiquet. L'instruction a été longue et difficile, car, si l'inculpé avait ses adversaires, il avait aussi ses partisans. L'enquête ce s'est pas bornée aux faits de Carpiquet, elle porte également sur des actes qui se seraient passés à Esquay-Notre-Dame où l'abbé Lebailly était curé avant de venir à Carpiquet.

Lundi, la gendarmerie s'est présentée au presbytère de Carpiquet pour arrêter l'abbé Lebailly. Il était absent; mais, mardi matin, il est venu à la gendarmerie se constituer prisonnier. On l'a fait entrer dans un bureau, puis il a été conduit à la prison dans un. coupé de place. 

On ne tardera donc pas à connaître l'exacte vérité sur les inculpations portées contre l'abbé Lebailly, qui sera probablement jugé aux prochaines assises. 

 

Juin 1888  -  De quoi qui se mêle.  -  On nous écrit que, dimanche, le curé d'Esquay est monté en chaire, non pas pour prêcher, comme le font les bons prêtres, mais pour blâmer la réunion faite relativement à l’élection du maire et de l’adjoint. Beaucoup de personnes froissées se sont retirées de l'église, et faute d'hommes, le curé n'a pas fait de procession extérieure le jour de la Fêté-Dieu.

 

Juillet 1891  -  Inauguration.  -  Dimanche a eu lieu la bénédiction du nouveau calvaire de la croix des Filandriers, offert par Mme La comtesse de Saint-Pol. Les paroissiens pendant toute une semaine avait travaillé a préparé cette fête. Chaque maison comptait un atelier improvisé où tous rivalisaient de zèle et d'ardeur. Sur le parcours de la procession, des arcs de triomphe avaient été dressés, on ne voyait que guirlandes, verdure et fleurs. À 3 heures, la cérémonie commence sous la présidence de M. le doyen d'Évrecy.  

Les hommes se disputaient l'honneur de porter sur leurs robustes épaules la croix qui est ornée de fleurs. Avec une vaillance et un enthousiasme qui rappellent, comme l'a dit le prédicateur, la foi des  anciens jours, il acclament le signe auguste de notre rédemption. En dépit des efforts de l'enfer, la foi est toujours vive dans nos populations ; et, pour un égaré qui insulte la croix, il y en a cent mille qu'il adorent et qu'il aiment.  

 

Avril 1896  -  Voleurs de vaches.  -  Le petit Avisse, âgé de 11 ans, habitant chez ses parents à Danestal, qui volait il y a quelques jours une vache de 450 fr. à M. Batbala, propriétaire à Branville, s'est; fait pincer et passera en correctionnelle. 

  Dans la nuit du 10 au 11 avril, une vache de 550 fr., appartenant au sieur Jean Dillaye, demeurant à Vaux-sur-Aure, a été volée dans un herbage situé sur la route de Maisons à Esquay-sur-Seulles. (source B. N.)

 

Avril 1896  -  Conseil Général.  -   Comme il était facile de le prévoir, l'impôt sur le revenu n'a pas été bien accueilli par la presque totalité des conseils généraux. Celui du Calvados, à l'unanimité moins deux abstentions, celles de MM. Knell et Bunel, a émis le vœu que le projet du gouvernement soit repoussé. (source B. N.)

 

Juillet 1908  -  Mort accidentelle. -  Samedi l'après-midi, on a trouvé noyé dans le puits de son habitation un nommé Jules Jehanne, âgé de 50 ans, journalier à Esquay-Notre-Dame. On croit que le malheureux, qui était atteint d'épilepsie, sera tombé dans ce puit au cours d'une crise.  

 

Mars 1912  -  Grosses chaleurs.   La Chaleur anormale se résout en orages très violents. Lundi 7, 4 maisons s'effondrent.

 

Avril 1912  -  Violences et injures. - M. Ernest Lemarié, 58 ans, journalier à Esquay-Notre-Dame, a proféré les pires injures à l'adresse de Mlle Louise Gilles, 17 ans, brodeuse, même commune, l'a menacée d'un coup de bêche et finalement lui a donné un coup de poing en pleine figure. Mlle Gilles a porté plainte. Interrogé, Lemarié a déclaré que la jeune fille l'avait injurié d'abord et a convenu seulement de l'avoir poussé est légèrement.

 

Janvier 1929  -  La question de l'autobus. -  Samedi dernier, M. le docteur Gosselin, conseiller général du canton, avait convoqué à la mairie d'Evrecy les maires intéressés à la question de l'autobus. Tous avaient répondu à son appel. M. Gosselin d'accord avec M. Dagorn, conseiller d'arrondissement, avait étudié la situation et il l'exposa simplement à son auditoire.

L'autobus partirait de Hamars, suivrait la grande route jusqu’à Sainte-Honorine, puis par Évrecy, le Bon-Repos, Esquay, Vieux, Maltot, Eterville et Louvigny. MM. les maires furent enchantés de l'initiative prise par leur conseiller général. Ils l'en félicitèrent et prirent l'engagement de faire voter par leurs conseils municipaux les subventions demandées.

Voilà donc enfin cette contrée si dépourvue de moyens de communication bientôt dotée d'un service d'autobus qui rendra les plus grands services aux laborieuses populations de la région. Le canton, si délaissé depuis de nombreuses années, va-t-il retrouver sa prospérité et son bon renom d'autrefois ?

 

Mai 1936  -  La vierge et l’enfant.  -  À signaler à Esquay-Notre-Dame dans les chapelles de la nef deux statues en pierre, polychromées par Chifflet, de la Vierge et de Saint Joseph, l'une et l'autre portant l'Enfant, elles se font pendant et ont 1 m. 50. 

Celle de la Vierge est intéressante en soi et en ce que ce modèle fut fréquemment reproduit au XVIIe siècle, j'en ai trouvé maintes répliques, le plus souvent en plâtre plein, mais aucune identique. Celle d'Esquay peut être proposée comme prototype. 

La Vierge, enveloppée d'une large mante, qui lui couvre la tête et tombe en plis habilement ordonnés, est mélancolique, mais l'artiste a surtout « soigné » l'Enfant, porté nu sur le bras gauche de la Mère, et qui est franchement charmant, très « bébé », avec ses cheveux non arrangés et son regard douloureux.

C'est la Vierge en prévision de douleur, une belle oeuvre, que sa répétition l'atteste, dut répondre à un vif sentiment du XVIIe siècle. 

J'ai trouvé sous le clocher un portrait d'ecclésiastique du XVIIe ou XVIIIe siècle, et quelques anciennes lanternes processionnelles, qui ont leur intérêt. (source le Moniteur du Calvados)

 

Octobre 1936  -   Tragique accident sur la route de Caen.  -  Vers 6 heures, M. Camille Pollé, 43 ans, chauffeur au service de M. Roger, à Aunay-sur-Odon. se rendait à Honfleur dans un camion qu'il pilotait, lorsqu'au lieu dit « Le Bon Repos », il entra en collision avec une motocyclette, débouchant du chemin de Cheux à Argences, que conduisait M. Désiré Guillaume, 23 ans, employé au service de M. Pien, de Bretteville-l'Orgueilleuse, et à l'arrière de laquelle avait pris place M. Alexandre Parent, 19 ans, cultivateur à Esquay-sur-Seulles. 

Violemment projeté sur la berne, M. Parent, relevé grièvement blessé, fut transporté au domicile de sa mère puis à l'hôpital de Caen, où il est décédé. 

La gendarmerie a dressé procès-verbal contre M. Pollé, qui aurait dù laisser la priorité de passage aux motocyclistes venant sur sa droite. (source le Moniteur du Calvados)

 

Août 1938   -   Une arrestation à Esquay-Notre-Dame.   -   Gaston Malfilàtre, 27 ans, ouvrier agricole, à Esquay-Notre-Dame, qui, alors qu'il se trouvait au salon de coiffure tenu, à Évrecy, par Mme Benard, avait dérobé trois flacons de parfums, a été arrêtée par la gendarmerie. (Source : Le Moniteur du Calvados)  

Octobre 1938   -   Deux habitants de Cormelles victimes d’un grave accident.   -   Un très grave accident de la circulation s'est produit hier soir, à 18 h. 45, à Esquay-Notre-Dame, à trois kilomètres environ d'Évrecy, sur la route d'Aunay-sur-Odon à Caen, à proximité du carrefour du Bon-Repos et du lieu dit la Maison-Blanche.

M. Fréger, vétérinaire à Caen, place St-Martin, circulait en auto en direction d'Évrecy lorsque soudain il entendit le bruit d'un moteur de motocyclette. Cherchant à se rendre compte d'où provenait le bruit, M. Fréger arrêta sa voiture sur le bord de la chaussée. Au même moment, il aperçut, à la lueur de ses phares, une motocyclette débouchant dans la nuit à une grande vitesse, sans aucun éclairage.

Le conducteur de la moto vint jeter sa machine sur l'avant droit de l'automobile. Sous la violence du choc, la machine fit un tête à queue complet, projetant ses deux occupants à quelques mètres du point de rencontre. Descendu immédiatement de voiture, M. Fréger se porta au secours des deux motocyclistes. L'un d'eux gisait sur la berne, le crâne fracassé, el sans vie. L'autre, étendu à quatre mètres de là, portait également une très grave blessure à la tête, mais respirait encore.

L'alarme fut vite donnée et bientôt arrivaient sur les lieux M. le docteur Hauttement, d'Évrecy, le chef de brigade Couchouron, de la gendarmerie d'Évrecy, accompagné des gendarmes Bret et Roussel.

Après un rapide examen du blessé, M. le docteur Hauttement ordonna son transfert immédiat à l'hôpital de Caen. Un automobiliste de passage voulut bien se charger de cette mission. Dès son arrivée à cet établissement, le blessé reçut les soins que nécessitait son état.

M. le capitaine Gaubert, commandant les brigades de gendarmerie de Caen, s'est rendu sur place, ainsi que le Parquet.

Au cours de leurs constatations, les gendarmes ont pu retrouver dans les poches du motocycliste gisant sur la route des papiers au nom de Marcel Paillard, demeurant à Cormelles-le-Royal. Quant au blessé, dont l'état reste toujours très grave, et qui n'a pas encore repris connaissance, il a pu être identifié grâce à sa famille, qui ayant appris les circonstances de l'accident, s'est rendue aussitôt à l'hôpital. Il s'agit de M. André Harel, 39 ans, manœuvre à Cormelles. (Source  : Le Moniteur du Calvados)  

 

Juin 1939   -   Un cultivateur est écrasé par l’attelage qu’il conduisait.  -  Vers19 h., M. André Letellier, cultivateur à Esquay-Notre-Dame, revenait de transporter de l'eau dans un herbage avec une barrique attelée. Il était assis sur un brancard et suivait la route de Caen à Aunay-sur-Odon, lorsque son cheval s'emballa. Les pieds de M. Letellier s'embarrassèrent dans les guides et il tomba sur le sol. Une roue lui passa sur le corps. Le cheval fut arrêté à 500 mètres plus loin.

Le blessé a été relevé par M. Madeleine de Bretteville-sur-Odon et transporté à son domicile. Le docteur d'Évrecy, mandé d'urgence, craint une fracture du Bassin. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Septembre 1942   -   Pour prendre date.   -   Dimanche 20 septembre, La commune Esquay-Notre-Dame, prépare la fête champêtre pour les prisonniers de guerre. Concours de chant  et vente aux enchères au profit des prisonniers.  

 

Juillet 1944  -  Front de Normandie.  -  Samedi, les troupes britanniques ont repris Esquay-Notre-Dame et se sont emparé hier des villages de Bougy, de Gavrus et du hameau de Brettevillette, elles ont occupé la cote 113, le point le plus élevé au nord d'Évrecy et un kilomètre, de cette localité.

Les allemands ont tenté en vain de reprendre cette hauteur ainsi que la côte 112, perdue par eux ces jours derniers. Un violent barrage d'artillerie déclenché hier dans l'après-midi a désorganisé une attaque allemande, et une avance locale des britanniques a été constatée. Ils ont élargi leur saillant au-delà de l'Odon et consolidé leurs positions. Dans les milieux autorisés on déclare que ces opérations n'ont qu'un caractère secondaire.

 

Novembre 1945  -  Une explosion fait six victimes.   -  Huit ouvriers à l’entreprise Robert, à Esquay-Notre-Dame, ont été brûlés par une explosion de poudre à canon dans le baraquement où ils se trouvaient. Six de ces ouvriers ont été atteints plus ou moins grièvement. Il s’agit d’André Pollet, Roger Robin, Alexandre Mazoni, Auguste Orotti, Joseph Richi, Egla Bizi et Ramon Dot. (Source : Le Bonhomme Libre)

ESQUAY-NOTRE-DAME  (Calvados)

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