UN SIÈCLE D'HISTOIRE DU CALVADOS

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ÉSTRY

Canton de Vassy

Les habitants de la commune d'Estry sont nommés les Estryens et les Estryennes.


Août 1846   -   Les assises du Calvados.  -  Prosper-Felix Hébert, âgé de 23 ans. journalier, et sa femme Virginie-Marie Lavigne, âgée de 23 ans, travaillant dans le ménage, demeurant à Laroque, étaient accusés d'avoir commis un nombre considérable de vois d'argent, et d'objets mobiliers au préjudice de plusieurs habitants des villages d'Éstry et du Theil, chez lesquels ils avaient été temporairement employés.

4 des 19 chefs d'accusation soumis au jury ayant été répondus affirmativement, 3 contre Hébert, un contre sa femme, le premier a été condamné à 7 années de réclusion avec exposition, et sa femme, en faveur de laquelle on a admis des circonstances atténuantes, à 4 années d'emprisonnement. (source : Journal de Honfleur)

 

Mai 1874   -   fait divers.  -  Les gendarmes de Vassy ont été appelés à constater la mutilation de 74 pommiers, appartenant au sieur Armand Louvel, propriétaire à Estry. Les auteurs de ce fait inqualifiable sont encore inconnus. C'est la troisième fois, depuis 1869 que Louvel est victime de semblables procédés.

 

Octobre 1877   -  Secours.  -  Le ministre a accordé à la commune de Notre-Dame-de-Fresnay, un secours de 3 000 fr. pour sa maison d'école    A la commune du Fresne-Camilly, 1 200 fr. pour l'école de filles.    A la commune de Pont-Bellenger 1 500 fr., pour l'aider à payer la dépense de restauration du presbytère, et à la commune d'Estry, 1 200 fr. pour l'aider à payer l'achèvement des travaux de l'église.  

 

Mai 1878   -  Secours.  -  800 fr. ont été accordés à Estry. pour réparations à son presbytère. 

Le ministre a accordé à la commune de Ouistreham 1 200 fr. pour construction d'école.  

 

Août 1878   -  Secours.  -  Le Ministre de Instruction publique vient d'accorder les secours ci-après pour construction ou appropriation des bâtiments scolaires, savoir : Mittois, 3 200 Fr. ; Estry, 3 000 fr. ; Rocquancourt, 2 800 fr. ; Les Oubeaux, 2 700 fr. ; Feuguerolles-sur-Seulles, 1 200 fr. ; Fontaine-Etoupefour, 1 200 fr. ; Sannerville, 700 fr. ; Beaumais, 600 fr. ; St-Marc-d'Ouilly, 530 fr. ; Mondrainville, 400 fr. ; St-Aubin-d'Arquenay, 400 fr.

 

Août 1880  -  Enfant asphyxié.  -  Dernièrement, la gendarmerie de Vassy, informée que le maire d'Estry avait refusé d'autoriser l'inhumation de Delphine-Aurélie Aze, âgée de 3 ans 9 mois, décédée chez ses parents, à Estry, a informé le parquet, qui, après enquête, a constaté que la mort était due à l'asphyxie, sans que l'on puisse affirmer de quelle manière elle s'est produite. C'est la mère de la victime, la nommée Argentine-Elisa Aze, âgée de 26 ans, qui a commis le crime. Cette femme, qui est en fuite, est une débauchée séparée de son mari.  

 

Novembre 1881  -  L’hiver.  -  D'après de récents avis des diverses, agences météorologique les plus dignes de foi, l'hiver de cette année sera l'un des plus rigoureux du siècle, du  commencement de décembre à la mi-février, le froid serait très vif, la neige est déjà apparue dans l’Est de la France. Elle est tombée dimanche à Lisieux.

 

Novembre 1881  -  Instruction primaire.  -  Un décret porte que chaque commune va recevoir une subvention extraordinaire destinée à lui rembourser la somme qu'elle doit prélever sur ses revenus ordinaires pour la gratitude de l'instruction.

 

Novembre 1881  -  Un maire en défaut.  -   Ces jours derniers, le sieur Sonnet, d'Estry, près Vassy, a été pris sur la voie publique transportant un tonneau de cidre sans le laisser-passer des contributions indirectes. Procès-verbal a été dressé, et il a dû payer une amende pour éviter des poursuites. Le sieur Sonnet aurait dû cependant être le premier à respecter la loi dans sa commune, car il en est le maire.

 

Juillet 1883  -  Les orages.    La semaine dernière,. un orage avec grêle a dévasté les communes de Pierres, Le Theil, Éstry et Montchamps. La grêle atteignait la grosseur des oeufs de poules. Les blés, le sarrasin, les pommes et toutes les récoltes en général sont perdus. Beaucoup de cultivateurs ont été obligés de labourer leur sarrasin et d'ensemencer à nouveau. Le château de Pierres a eu 260 carreaux cassés, celui du Theil, 60 carreaux.  

 

Janvier 1888  -  Le froid.  -  La température glaciale que nous avons eue la semaine dernière n'est rien en comparaison du froid qui fait en Autriche. Durant huit jours, le thermomètre n'a pas dépassé 30 degrés au-dessous de zéro. Soixante personnes sont mortes de froid aux environs d'Agram. 

— En Amérique, il y a eu des tempêtes de neige. Le chiffre des morts atteint 200. Un grand nombre de personnes ont eu des membres gelés. Beaucoup de malheureux, aveuglés par la neige, se sont laissé mourir à deux pas d'abris où ils auraient été sauvés. Des bandes entières d'enfants ont péri en revenant de l'école. Les pertes en bétail sont considérables.

 

Janvier 1888  -  Parcimonies.  -  On dit que la maison d'école d'Estry, arrondissement de Vire, menace d'ensevelir, d'un jour à l'autre, sous ses ruines, l'instituteur et ses 60 élèves. Il paraît que l'administration municipale refuse de faire placer un pilier en fonte dans la salle de classe pour la consolider, parce que ce travail coûterait l'énorme somme de 50 francs. Elle dévient bien parcimonieuse, cette municipalité, qui n'a pas craint, il y à moins de dix ans, de dépenser 25 000 fr. pour, faire construire ce bâtiment qui ne ressemble à rien et qui  ne tient plus debout.  

 

Juillet 1892  -  Mort écrasé.  -  Un triste accident est arrivé sur le territoire de Vassy. Le sieur Alfred Auger, 30 ans, cultivateur, venait du bourg d'Estry avec une voiture sur laquelle étaient placées deux roues neuves. Au lieu de prendre place dans sa voiture, il avait lié sa limousine sur le brancard et s'y était assis. A peu de distance de son domicile, il a perdu l'équilibré et s'est brisé en tombant la colonne vertébrale. La mort a dû être instantanée, car la roue de la voiture lui a passé sur la poitrine. Le malheureux était sujet, paraît-il, à des étourdissements. il laisse une veuve et deux enfants. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Juin 1893  -  A propos de sécheresse.  -  La plus grande que nous avions eue en Normandie est celle de 1559. De Pâques à la Toussaint la chaleur fut fort grande, dit M. de Bras. Le temps était toujours à l'orage et, pendant plus de six mois, il ne tomba pas, ou très peu d'eau. L'hiver qui suivit fut très doux et les violettes de mars parurent en janvier. Les arbres, trop avancés, donnèrent peu de fruits. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Juin 1893  -  Incendie.  -  Un commencement d'incendie s'est déclaré chez le sieur Legris, cafetier à Estry, Pertes pour la veuve Balle, propriétaire, 800 fr., et pour le sieur Legris, 400 fr. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Décembre 1893  -  Encore les revenants.  -  Tantôt c'est une chèvre aux cornes gigantesques, tantôt c'est un chien énorme que les gens d'Estry, arrondissement de Vire, rencontrent la nuit. Ces animaux fantastiques, par leurs hurlements jettent, l'effroi dans les pâturages et dans les étables, ils s'attaquent de préférence aux femmes. Comment se fait-il qu'il ne se trouve pas de solides gaillards, s'armant d'un  fusil ou d'un gourdin, pour opérer la métamorphose de ces bêtes malfaisantes ? Il serait temps d'agir, car deux femmes sont actuellement très sérieusement malades des suites de la frayeur que certaines rencontres leur ont causée. (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Août 1894  -  Ils se traient bien, les Bocains.   -   M. Anne, maire d'Estry, répondant à M. Lechartier, conseiller d'arrondissement de Vassy, termine l'une de ses lettres par ce P. S. : « La preuve de la canaillerie de M. Lechartier, c'est que les trois centimes spéciaux dont il parle ont été votés le 28 mai 1891, qu'à cette époque il faisait encore partie du conseil municipal d'Estry, qu'il assistait à la séance, qu'il a voté lui-même les trois centimes. » (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Septembre 1895  -  Écrasé sous un éboulement.  -  Le sieur François Belin, 72 ans, demeurant à St-Pierre-d'Entremont, travaillait dans une carrière située à Estry, canton de Vassy. Tout à coup, un éboulement se produisit, sous lequel Belin fut écrasé. Ce ne fut que le lendemain matin que l'on s'aperçut de l'accident. Le sieur François Belin n'avait pas de famille. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Juillet 1898  -  Coup de pied de cheval.     Le sieur Amand Turmel, cultivateur et propriétaire à Estry, près Vassy, revenait de Flers porter un tonneau de cidre. A la côte de St-Pierre d'Entremont. il mit pied à terre, mais un jeune cheval, attaché derrière la voiture, lui lança un violent coup de pied à la figure et le renversa sur le sol. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Mars 1899  -  La neige.  -  Lundi la neige a tombé partout dans le département et le froid a été très vif. Les arbres à fruits ont souffert. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Mars 1899  -  Tuée par une vache.  -  La veuve Marie, dite Lemoisson, 67 ans, demeurant à, Estry, près Vassy, étant allée à la chute du jour traire sa vache, a reçu de l’animal, dans le coté, un coup de pied qui a déterminé la mort. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Avril 1899  -  Vélocipèdes.  -   On sait que la taxe sur les vélocipèdes, depuis le 1er janvier, est la suivante : vélocipèdes à une place, 6 fr. ; à 2 places, 12 fr. ; à 3 places, 18 fr., etc…. Les machines à moteur sont taxées au double.

— A partir du 1er mai 1899, tout vélocipède ou machine à moteur devra porter une plaque de contrôle. Cette plaque sera délivrée gratuitement par le percepteur sur le vu de  l’avertissement et contre le payement des douzièmes échus de la taxe.  (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Mai 1899  -  Attenta à la pudeur.  -  Jean Madeleine, 23 ans, était domestique chez les époux Paul, cultivateurs à Estry. 

Le 17 février, profitant d'une absence de ses maîtres, il saisit l'une de leurs petites filles, âgée de 4 ans, avec la pensée de la violer : mais il ne commit sur l'enfant qu'un attentat à la pudeur. En raison de ses bons antécédents, Madeleine n'a été condamné qu'à deux ans de prison. Défenseur: Me  Legoupil, avocat à Vire.  (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Mai 1899  -  Un enfant brûlée vive.  -  Les époux  Pierre Paul, cultivateurs à Estry, près Vassy, s'étaient absentés quelques instants, laissant seuls à la maison leurs deux jeunes enfants : René, 3 ans, et Léa, 2 ans environ. Un quart d'heure après, un domestique ouvrant la porte entendit des gémissements et trouva au milieu de l’appartement rempli de fumée, la petite Léa à moitié carbonisée.

La pauvre petite avait mis le feu à ses vêtements en faisant tomber dans le feu des objets que ses parents avaient mis devant le foyer de la cheminée. Deux heures après, elle expirait.

Quelque temps auparavant, un attentat à la pudeur avait été commis sur sa petite sœur, par leur domestique, le nommé Madelaine, qui a été condamné lundi aux assises. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Juin 1899  -  Vol de linge.  -  Depuis quelque temps, les époux Halley, boucher a Estry, ont été victime de plusieurs vols de linge, qui était déposé dans une vieille maison située au fond de leur jardin. Plusieurs paires de chaussettes, des tabliers, des camisoles et des mouchoirs de poche notamment ont été enlevés.

Pour tâcher d'empêcher le voleur, s'il est de la contrée, de continuer à voler ainsi, les époux Halley ont raconté le fait à la gendarmerie de Vassy, qui a ouvert une enquête. Des indications lui ont été fournies et peut-être faciliteront-elles ses recherches. Le linge soustrait est estimé à 20 francs.  (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Janvier 1900   -   Quitte pour une grande frayeur.  -  Le sieur Guillaume Lepetit, 82 ans, demeurant à Estry, près Vassy, est impotent. Il était couché, le soir, ayant à ses pieds une brique chaude. Le feu prit au lit qui fut entièrement consumé. Sans l'intervention de sa bonne et des voisins que celle-ci avait appelés, le pauvre vieux eût certainement péri dans les flammes. (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Août 1901   -   Accidents de voitures.  -  Le sieur Péronne, négociant en liquides à Vire, et son commis passaient en voiture à Estry. Effrayé par une voiture de saltimbanques qui stationnait aux abords du bourg, le cheval fit un brusque écart. Les voyageurs furent précipités de la voiture. Le commis s'en est tiré avec des contusions sans gravité. Quant à M. Péronne, il s'est cassé un doigt et fracturé le poignet.

— Le sieur Guelle, 25 ans, journalier à Saon, et la demoiselle Benoist, 18 ans, de Littry, devant se marier prochainement, étaient allés en voiture chercher une horloge chez le sieur Leprieur, bijoutier à Cerisy. Au retour, à un endroit où la route forme une courbe très prononcée, une roue monta sur un petit talus, la voiture versa et les voyageurs furent précipités à terre. Guelle et la demoiselle Benoist s'en tirèrent avec quelques contusions, mais Leprieur eut la jambe cassée au-dessus de la cheville. Les os avaient déchiré les chairs.

— Edmond Raoul, 22 ans, domestique à Falaise, revenait de St-Germain-le-Vasson, conduisant une voiture chargée de blé, à Soulangy, un des chevaux prit peur et le jeune domestique tomba sous les roues de la voiture. Il a eu une fracture de jambe et une fracture de bras, avec de nombreuses contusions.  (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Février 1902  -  Incendie.  -  Un homme carbonisé.  -  Un incendie que l'on suppose accidentel, a éclaté dimanche dernier, vers 1 heure du matin, et à détruit la maison d'habitation occupée par M. Pierre Olivrel, ex - cantonnier à Estry. Du bâtiment, construit en pierres et en chaume, il ne reste plus que les murs. Dans un coin de l'aire de la grange, le cadavre du  malheureux cantonnier a été retrouvé carbonisé. Il ne restait plus que le buste. Il était sur le ventre, et l'état de carbonisation était tellement avancé que rien qu’en le touchant les  restes du cadavre ils tombèrent en cendres.

Au milieu de l'étable, on a retrouvé le cadavre d'une vache entièrement carbonisée, ainsi que des débris de volailles. Olivrel, qui était âgé de 72 ans tombait fréquemment dans des attaques d'épilepsie, et  tout fait supposer que s'étant rendu dans la grange avec de la lumière, il aura mis le feu involontairement.

 

Janvier 1903    -   Écrasé par un arbre.  -  Le sieur Léon Lebret, 49 ans, cultivateur à Éstry, près Vassy, était occupé, avec deux autres personnes, à abattre' un arbre sur sa propriété. Lebret frappait sur le coin destiné, à faire tomber l'arbre, lorsque celui-ci s’abattit brusquement, écrasant le malheureux qui a été tué sur le coup, il était célibataire. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Août 1903  -  Bras broyé.   -    Le jeune Henri Leplanquois, 10 ans, employé chez le sieur Prosper Turmel, propriétaire, cultivateur à Estry, près Vassy, aidait le domestique à moudre du grain pour les animaux. S'étant trop approché de la machine en mouvement, il fut pris dans l'engrenage et eut le bras gauche broyé à la hauteur du coude. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Novembre 1913  -  Enfant brûlé vif  -  Une après-midi vers 8 heures, la dame Morel sortait pour aller traire sa vache. Son absence fut de courte durée. À son retour, elle aperçu sa  fillette, âgée de 5 ans, qui était couché par terre, dehors, et environnée de flammes. La dame Morel, affolée, tout en appelant au secours, réussit à éteindre les vêtements de l'enfant, mais celle -ci, horriblement brûlée, rendit le dernier soupir pendant qu'on allait chercher le docteur Bertrand qui ne put que constater le décès. La fillette ayant très peur du feu n'en approchait pas. On suppose qu'une étincelle a sauté sur sa robe en  pilou et la enflammée. Les parents qui n'avaient que cet enfant, sont au désespoir. La mère a été grièvement brûlée en éteignant le feu.  

 

Mai 1917  -  Un désespéré.  -  Dans une crise de neurasthénie, Mme Léon Patard, 42 ans cultivatrice à Estry, canton de Vassy, s'est jetée dans un puits. On l'a retirée vivant encore, mais, malgré les meilleurs soins, elle n'a pas tardé à succomber.

 

Mai 1917  -  Les jardins potagers militaires.  -  En présence des difficultés toujours grandissantes rencontrées par le service du ravitaillement, l'autorité militaire a tenu, cette année,  à produire elle-même les légumes frais dont elle a besoin pour l'alimentation des troupes. Les plus louables efforts ont été faits et, il y a quelques mois, des propagandistes militaires ont été désignés pour s'occuper spécialement de la question dans toutes les régions de France. A leur appel, tous ont répondu et ont rivalisé de zèle, rien que dans le Calvados, plus de quarante hectares de terrains abandonnés ont été transformés en jardins et plantés en légumes divers. La récolte, qui promet d'être abondante, permettra de varier les menus de nos braves soldats et contribuera, dans une large mesure, à atténuer la crise alimentaire, des difficultés toujours grandissantes rencontrées par le service du ravitaillement, l'autorité militaire a tenu, cette année,  à produire elle-même les légumes frais dont elle a besoin pour l'alimentation des troupes. Les plus louables efforts ont été faits et, il y a quelques mois, des propagandistes militaires ont été désignés pour s'occuper spécialement de la question dans toutes les régions de France. A leur appel, tous ont répondu et ont rivalisé de zèle,  rien que dans le Calvados, plus de quarante hectares de terrains abandonnés ont été transformés en jardins et plantés en légumes divers. La récolte, qui promet d'être abondante, permettra de varier les menus de nos braves soldats et contribuera, dans une large mesure, à atténuer la crise alimentaire.

 

Août 1917  -  Suicide.  -  Depuis quelque temps, M. Jean-Baptiste Dumont, 64 ans, journalier à Estry, souffrait de violents maux de tête. Samedi dernier, Mme Launay, hôtelière chez laquelle il se retirait, trouva son état inquiétant et fit appeler le docteur Bertrand, de Bény-Bocage. Celui-ci déclara que M. Dumont était atteint d'aliénation mentale, il lui donna une potion calmante et, en attendant son transfert au Bon-Sauveur, à Caen, il le fit enfermer dans une chambre du premier. La nuit se passa ainsi. Le lendemain, Mme Launay offrit à déjeuner à son pensionnaire qui ne lui pondit pas. Un moment après, entendant marcher dans la chambre, dont la fenêtre avait été fixée. Mme Launay se rendit près de M. Dumont qui, passé dans une chambre contiguë, se précipita par la fenêtre, avant qu'elle eût le temps d'arriver à lui.

Le malheureux, atteint grièvement à la tête et saignant abondamment, ne tarda pas à expirer. Très sobre, M. Dumont était bien considéré dans la contrée.

 

Août 1917  -  Pauvre fou !  -  M. Jean-Baptiste Dumont, 64 ans, journalier à Estry, canton de Vassy, était atteint, depuis quel que temps, d'aliénation mentale, et on songeait à l’interner prochainement au Bon-Sauveur de Caen. Le malheureux n'a pas attendu, et, ces jours derniers, il s’est tué en se jetant par la fenêtre de son logement, situé au premier  étage.

 

Août 1917  -  La récolte compromise.  -  La persistante du mauvais temps devient vraiment inquiétante. Tous les jours et même plusieurs fois par jour, des orages se montent qui n'éclatent qu'imparfaitement et se résolvent en pluies interminables. Pourtant la récolte devrait se faire et c'est notre existence de toute l'année qui est en jeu. Si au moins nos  cultivateurs pouvaient profiter des embellies pour faucher et lier leur blé ! Mais les bras manquent et parfois le zèle. Le grain est pourtant déjà assez clair et maigre, s'il est mal récolté, ce sera la disette certaine et la perspective d'un terrible hiver. Aussi personne (pas même l'administration militaire) n’a-t-il le droit de s'engourdir dans l’inaction. Qu'on envoie à la terre les hommes qui ne sont pas absolument indispensables à la défense. Pour vaincre et résister, il faut vivre, pour vivre il faut manger, pour manger, il faut récolter.

 

Septembre 1918  -  Accident d’automobile.  -  Près de la mairie d'Estry, une collision s'est produite entre une auto pilotée par le soldat Raoul-Lucien Laforest, conducteur à l'usine de Colombelles, et l'attelage de M. Armand Dupont, cultivateur au Theil, qui se rendait avec sa fille au village du Coudray. L'auto fut violemment projetée dans le fossé à une distance de dix mètres. Les voyageurs. M. Grouille, ingénieur électricien, sa femme, et Mlle cile Legrand, de Caen, s'en sont tirés sans une égratignure. Les dégâts matériels sont importants et l'auto est complètement inutilisable.

 

Janvier 1925  -  Incendie.  -  Ces jours derniers, M. Alexandre, cultivateur à Estry, se rendait sous une grange lui appartenant pour descendre du fourrage. Une heure après l'agriculteur sortant de déjeuner, aperçut une épaisse fumée provenant du bâtiment qu'il venait de quitter.

Appelés par le tocsin, les habitants se disposèrent à combattre le sinistre. Ils ne purent s'en rendre maîtres qu'après deux heures de travail. Plusieurs d'entre eux furent grièvement brûlés. La toiture en chaume de la grange et une énorme quantité de foin ont été consumés par les flammes. Les gâts s'élèvent à environ 30.000 francs couverts par une assurance.

 

Avril 1927  -  Plaisanteries de mauvais goût.  -  Depuis quelque temps, un imbécile "s'amuse" à terroriser chaque nuit un vieillard, M. Jean Alcide, 78 ans, propriétaire à Estry, canton de Vassy, tantôt, le persécuteur empoisonne une poule, tantôt, il sort une vache de l'étable ou prépare un foyer d'incendie. Toutes les recherches pour pincer ce stupide individu, sont, jusqu'ici restée vaines.  

 

Juillet 1929  -  Un orage.  -  L'orage qui s'est abattu le 20 juillet, dans l'après-midi, a occasionné d'importants dégâts à Montchamp et dans les environs.

Précédé qu'une très forte bourrasque, qui a dévasté plusieurs pièces qui contenaient du foin, éparpillant de nombreux mulons, même à une grande distance, la foudre est tombée sur un arbre, au village de  Plaisances, entre Montchamp et Estry, tuant quatre bestiaux à M. Émile Patard. Elle tomba également à Montchauvet, foudroyant deux bestiaux à M. Morin.

 

Juillet 1931   -   Certificat d’études primaires.   -  23 inscrits, 22 présents, 21 admis.
Garçons - Vassy-bourg : Louis Bigeay, bien ; Gaston Ducret, bien ; Lucien Hébert, très bien, reçu premier du canton ; René Le Gallou, bien, reçu 2e du canton.
Estry :
Georges Delamare, Noël Romain, bien.
Pierres : Albert Gesnouin, Roger Jambin.
Filles - Vassy-bourg :
Lucienne Chérel ; Thérèse Duguay, bien, reçue 2e du canton ; Madeleine Leconte.
Burcy :
Lucile Leconte.
Bérnières-le-Patry :
Renée Lefèvre, bien, reçue première du canton.
Chênedollé :
Marguerite Sallot.
Estry : Madeleine Rohée.
Le Theil :
Georgette Cailly ; Alice Dagobert.
Montchamp : Thérèse Léonard, bien.

Diplômes d’éducation physique.
Lucien Hébert (Vassy-bourg) et Mlle Renée Lefèvre (Bernières-le-Patry).

 

Mars 1936  Un ouvrier tombe dans un puits.   -  Lundi, après midi, M. Prosper Bachelot, 46 ans, au Service de son cousin. M. Alcime Bachelot, cultivateur à la ferme du Busq, sise à Estry, était occupé à remplir d'eau une auge en ciment placée près d'un puits, quand, sur le point de retirer le dernier seau, on suppose qu'il perdit pied et disparut dans le puits, profond de 17 mètres. 

Mme Bachelot, sa cousine, occupée dans un jardin de la ferme, entendant un bruit sourd au fond de l’eau, se précipita au puits. Les cultivateurs du voisinage, accourus à ses appels,  firent l'impossible pour sauver le malheureux et ce n'est que M. G.......d, maçon à Estry, qui parvint à retirer le cadavre de M. Bachelot, reposant sous 7 mètres d'eau depuis deux heures. (Source : Le Moniteur du Calvados)  

 

Septembre 1936  -   Un ouvrier asphyxié au fond d’un puits.  -  M. Raymond Briard, âgé de 37 ans, ouvrier maçon chez M. Gustave Quesnée. entrepreneur à Estry, était occupé, ainsi que son patron, à la réparation d'un puits appartenant à M. Gustave Marie, au village de la Monnerie, à Estry. 

M. Briard étant descendu au fond du puits à l'aide d'une échelle, demanda presque aussitôt à être remonté. Il gravit quelques échelons puis s'évanouit et coinça en travers du puits. Son patron voulut descendre pour lui porter secours, mais incommodé, dut remonter rapidement. 

Enfin, M. Victor Duval, cultivateur, parvint à descendre et à accrocher le corps de M. Briard, lequel fut remonté à l'aide du treuil. 

Ces opérations de sauvetage avaient demandé à peine dix minutes, mais déjà la mort avait fait sou oeuvre. Après examen, le docteur  Léger a conclu, à la mort par asphyxie. (Source : Le Moniteur du Calvados)

 

Janvier 1937  -   Un attelage abandonné par son conducteur ivre cause un accident.  -  . — M. Victor Cornilleau, 28 ans, premier clerc d'huissier, à Vassy, regagnait son domicile  en automobile, vers 18 heures, venant, de Estry. Arrivant au bas, de la côte de « Le Theil », il aperçut un attelage de trois chevaux abandonnés par leur conducteur qui était couché au  milieu de la route. 

L'automobiliste parvint à éviter l'individu, mais non les ruades du troisième cheval, qui brisèrent le pare-brise de l'auto, blessant M. Cornilleau à l’œil gauche. 

Le conducteur de l'attelage. Alphonse Demée, 36 ans, cultivateur à Truttemer-Ie-Grand, a été gratifié d'une contravention pour ivresse, après avoir passé la nuit à la maison d'arrêt de Vassy. (Source : Le Moniteur du Calvados)

 

Février 1938  -  La Médaille de la famille française.  -  La médaille de la Famille Française est décernée, en témoignage de reconnaissance nationale, aux mères de famille dont les noms suivent :

Médaille d'or.— Mmes Gérard Henri, à Lisieux, 10 enfants ; Le Marois Paul, à Saint-Paul-du-Vernay, 13 enfants ; Vaquet Maurice, à Bavent. 10 enfants.

Médaille d'argent. — Mmes Bertrand André, à Meslay, 8 enfants ; Blais Georges, à Epaney, 9 enfants ; Boillot Albert, à Lisieux, 8 enfants ; Chauvin Albert, à Grentheville, 8 enfants ; Dubosc Louis, à Courvaudon, 8 enfants ; Fabius Léon, à Saint-Himer, 8 enfants ; Grandin Marcel, à Lisieux, 8 enfants, Marie Aimé, à Vaux-sur-Aure, 8 enfants ; Marie Arsène, à Estry, 8 enfants ; Richard Louis, à Putôt-en-Bessin, 8 enfants ; Savary Maurice, à la Folie. 8 enfants.  (Source : Le Moniteur du Calvados)

 

Décembre 1938   -  La mort lamentable d’un jeune domestique.  -   Une enquête vient d'être ouverte relative à la mort du jeune Henri Burgos, 13 ans, domestique agricole chez M. Victor Le Grix, cultivateur à Estry.

Ce jeune domestique blessé d'un coup de fourche à la fesse gauche, fut admis d'urgence à l’hôpital de Vire, sur la demande du docteur Coupey, qui venait de le visiter et l'avait trouvé en plein tétanos. Il devait succomber le lendemain. L'oncle de l'enfant voulut être éclairé sur les conditions exactes de la mort de son neveu.

La version donnée tout d'abord fut celle d'un accident, mais les gendarmes, de leur côté, apprennent que le petit domestique était malheureux à la ferme, et que, en vérité, il avait été  frappé par un autre domestique, le nommé Edmond Houssin, 33 ans. Celui-ci reconnaît maintenant le fait, mais prétend que ce fut par mégarde.

II est en tout cas établi que les Le Grix n'appelèrent le docteur que huit jours après l'accident alors que l'état du jeune Henri Burgos était désespéré.

Un autre domestique. André Harivel, précise que le petit Burgos menait une vie très dure à la ferme, se levant à 4 h. 30, et ne se couchant pas avant 11 heures. Le domestique Houssin et les Le Grix seront poursuivis. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Décembre 1938   -   A propos d’une affaire malheureuse.   -   Nous avons relaté dans un précédent numéro la mort d'un petit domestique, décédé à l'hôpital de Vire, des suites du tétanos, le jeune Burgos, au service de M. Victor Le Grix, cultivateur à Estry.

Les circonstances de cette affaire malheureuse, que des quenelles de famille ont essayé de transformer en drame de l'enfance martyre, doivent être ainsi rétablies : Au cours d'un charroi de fumier, le jeune Burgos, ayant fait une manœuvre maladroite et étant passé trop près de son camarade de travail Houssin, fut effleuré par la fourche de ce dernier à la fesse, il y eut une égratignure et une seule goutte de sang a perlé. Burgos y fit à peine attention, frotta de la main cette minime écorchure et continua son travail.

Les patrons, absents à ce moment, n'eurent aucune connaissance de cette éraflure apparemment insignifiante. Durant toute la semaine qui suivit, le jeune Burgos continua son travail et se porta bien en apparence, il ne pensait certainement plus lui-même à cet incident car le sang séché était tombé et la peau, à la place de l'égratignure, avait, repris son état normal.

Mais le samedi suivant, 26 novembre, dans la soirée, Burgos commença à se plaindre et le dimanche il ne put se lever. Le docteur Coupey, de Vire, appelé, reconnut le tétanos et immédiatement Burgos fut transporté à l'hôpital de Vire où, malgré des soins dévoués, il succombait le mardi suivant. La victime elle-même a reconnu devant une des sœurs de l’hôpital de Vire qu’elle n’avait pas averti son patron parce que cela ne lui faisait pas mal et qu’il ne se doutait pas qu’il était malade. ( Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Avril 1944    -   Fait divers.  -   Mme Veuve Duchemin, née Eslier, demeurant à Estry, au lieu-dit « Le Malade » a été retrouvée noyée dans son puits. La mort ayant paru suspecte, le parquet de Vire, s'est rendu sur les lieux ainsi qu'un médecin légiste, qui a pratiqué l’autopsie.  

 

 Juin 1946  -  Tué par un engin de guerre.  -  On a découvert, à Estry, le corps horriblement mutilé de M. René Allain, 25 ans, ouvrier agricole, originaire des Monts-de-Vaudry.

Aux alentours, la terre avait été bouleversée par l’explosion de l’engin. (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Juillet 1946  -  Des rats d’églises opèrent.  -  Des malfaiteurs se sont introduits dans l’église d’Estry et ont fracturé les troncs qu’ils ont vidés de leur contenu. (Source : Le Bonhomme  Libre)

 

Octobre 1946  -  Toujours eux !  -  Deux prisonniers allemands employés chez M. Duval à la Folletières-Abenon, ont pris la clef des champs.

  -  Évadé de la ferme de M. Rozier, cultivateur à Estry, un prisonnier boche a été rejoint à deux kilomètres de là.

  -  M. Lucien Féron et Louis Marie ont arrêté et conduit à la mairie de Coulvain, deux P.G. allemands évadés du centre de déminage de Grainville-sur-Odon. (Source : Le Bonhomme Libre)  

 

Janvier 1947  -  Un ouvrier agricole tué par un engin de guerre.     Surprise de ne pas voir revenir pour le repas de midi son commis, René Turquet, 24 ans, domicilié à Sept-frères,  Mme Vve Lechartier, cultivatrice à Éstry, envoya un voisin, M. Oldéric Chauvière, à la recherche du jeune homme. 

Celui-ci fut découvert étendu sur le sol et ne donnant plus signe de vie. Il portait à la face des plaies profondes et d’autres blessures aux mains. Autour du corps, la terre était  bouleversée.

On pense que le jeune homme a été tué par l’explosion d’une grenade dont on a retrouvé un éclat dans le manche de la hachette à l’aide de laquelle il travaillait. (Source : Le Bonhomme Libre)  

 

Mars 1947  -  Un carrier écrasé par un éboulement.     Alors qu’il travaillait dans la carrière qu’il exploite à Montchauvet, M. Henri Beauvais, 35 ans, d’Éstry, a trouvé la mort par suite d’un éboulement. (Source : Le Bonhomme Libre)  

 

Septembre 1947  -    Le remembrement a Éstry et a Champ-du-Boult.    Les sinistrés de ses deux localités sont informé que les dossiers des associations syndicales de remembrement sont déposés dans les maisons de ces communes jusqu’au 20 septembre. La première assemblée générale des associations syndicales ont été fixées au 23 septembre à 16 h., pour Éstry, et au 24 septembre même heure, pour Champ-du-Boult. (Source : Le Bonhomme Libre)

7.  ESTRY (Calvados)  -  Le Haut du Bourg

Paris Hippique 1912 - Étalon Percheron Imperator

3e Prix- Élevage de Mr Turmel Victor à ESTRY (Calvados)

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