UN SIÈCLE D'HISTOIRE DU CALVADOS

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ÉVRECY

Canton d'Évrecy 

Les habitants de la commune sont des Ebrocéens, Ebrocéennes.


Septembre 1842    -  Nouvelles locales.   -   Les environs du bourg d'Évrecy ne cesse pas d'être visités par les loups dont les ravages ne font qu'augmenter, c'est ainsi que dans la nuit de jeudi à vendredi une bande de ces dangereux  animaux a dévoré dans la commune de Préaux un mouton et une génisse. Quand donc voudra-t-on faire un e battue générale pour en débarrasser ces localités ? (source : L’Indicateur de Bayeux)

 

Août 1846   -   Les assises du Calvados.  -   Le 1er juillet dernier, le maire de la commune d'Evrecy fut informé que la fille Céleste Frilley, déjà mère de trois enfants qu'elle avait déposés à l'hospice, récemment accouchée, avait fait disparaître l'enfant auquel elle avait donné le jour. M. le maire se rendit chez l'accusée qui nia d'abord son accouchement et même sa grossesse. Mais menacée d'être visitée par un médecin, elle avoua que le 8 juin, à la suite d'un travail pénible, elle était accouchée tout à coup et sans douleur d'un enfant mort. La fille Frilley fut arrêtée et convint enfin avoir provoqué la mort de son enfant ci après avoir gardé le cadavre caché quelques jours, l'avoir enterré dans le cimetière où la justice le trouva.

Le jury, touché de la franchise de ses aveux et reconnaissant d'ailleurs que l'extrême dénuement de cette fille l'avait empêchée d'avoir recours à une sage-femme, comme elle l'avait fait dans ses autres accouchements, ayant fait valoir des circonstances atténuantes, la Cour n'a prononcé contre elle que 6 ans de travaux forcés.  (source : Journal de Honfleur)

 

Septembre 1855  -  Les chemins vicinaux.  -   La Commission des chemins vicinaux propose une rectification dans le tracé du chemin de grande communication d'Évrecy à Argences. Cette rectification aurait pour résultat d'éviter la côte de Laize, mais dans ce cas, la commune de May, qui eût été traversée en suivant le premier projet, devrait obtenir un dégrèvement et être considérée comme simplement intéressée.

Le nouveau tracé évite la côte de Laize, très rapide et dangereuse, qu'il offre un débouché fort utile aux habitants du val dépendant de Fontenay-le-Marmion, qu'au point de vue de l'économie, il peut avoir des avantages, parce qu'il n'offre aucune difficulté d'exécution.

Si le projet était admis, la commune de May devrait cesser d'être classée comme traversée par la ligne, prendre

rang parmi celles qui sont simplement intéressées, et être l'objet d'un dégrèvement de contribution que l'administration répartirait entre les communes favorisées par le nouveau tracé.

Le chemin de grande communication d'Évrecy à Argences prendra, au pied de la côte de Laize, la direction de Fontenay-le-Marmion, par le hameau du Val, au lieu, de suivre la direction de la commune de May et ne sera classée, à l'avenir, que dans la catégorie de celles intéressées à la ligne vicinale dont il s'agit.

 

Septembre 1868   -   Bureaux télégraphiques.   -   Le bureau télégraphique municipal d'Évrecy a été ouvert le 4 septembre courant. Celui de Villers-Bocage a été ouvert le 8.  

 

Mai 1869   -  Les cours d'adultes.   -   Six candidats d'égale force se sont présentés au concours d'adultes qui a eu lieu à Évrecy la semaine dernière.   -   Six candidats d'égale force se sont présentés au concours d'adultes qui a eu lieu à Évrecy la semaine dernière.

M. l'inspecteur a été heureux de constater que l'instruction est en progrès dans cette partie de notre arrondissement, et en a vivement félicité les instituteurs chargés des cours d'adultes.  

 

Août 1870   -  Mobilisation.   -    La garde mobile du Calvados, formant un effectif de plus de 6,000 hommes, est définitivement constituée, elle comprend quatre bataillons, divisés en huit compagnies chacun.  La garde mobile du Calvados, formant un effectif de plus de 6,000 hommes, est définitivement constituée, elle comprend quatre bataillons, divisés en huit compagnies chacun.

Le premier bataillon, composé des cantons de Balleroy, Bayeux, Isigny, Ryes, Trévières, Creully, Douvres et Tilly-sur-Seulles, et le quatrième bataillon, composé des cantons de; Caumont, Villers-Bocage, Aunay, Bény-bocage, Condé-sur-Noireau, St-Sever, Vassy et Vire tiennent provisoirement garnison à Caen.

Le deuxième bataillon, composé des cantons de Bourguébus, Caen (Est et Ouest), Évrecy, Troarn, Bretteville-sur-Laize, Falaise, Coulibœuf et Thury-Harcourt, tient garnison Lisieux.

Le troisième bataillon composé des cantons de Lisieux, Livarot, Orbec, Mézidon, St-Pierre-sur-Dives, Blangy, Cambremer, Dozulév  Honfleur et Pont-l'Evêque, tient garnison à Bayeux. 

 

Septembre 1870   -  Fait divers.   -   Jeudi dernier le feu s'est déclaré vers les midi au hameau Duhomme, commune d'Évrecy, dans un appartement à usage de cave, malgré les prompts secours apportés, deux maisons ont été brûlées. La perte peut être évaluée, à 1.000 fr.  

 

Mai 1877   -  La foudre.  -  Mercredi, la foudre est tombée sur un troupeau de moutons, appartenant à Mme veuve de Sainte-Marie, propriétaire à Évrecy, et en a tué vingt-six. 

Vendredi, à Brémoy, chez M. François Allais, cultivateur, le tonnerre est tombé sur un peuplier qu'il a littéralement pulvérisé, des garde-heurt d'un grand poids ont été renversés, dans la maison, 24 carreaux et une glace ont été brisés. Heureusement personne n'a été atteint par le fluide électrique, quelques instants plus tôt, au même endroit, M. Allais passait avec  deux bœufs et M. Jean Hue avec quatre chevaux.  

 

Mars 1879   -  Secours.  -  L'État vient d'accorder des secours aux communes ci-après : Huppain, restauration de l'église, 2 000 fr. ; Rubercy, réparation de l'église et du presbytère, 600 fr. ; Creully, travaux à l'église 3 735 fr. ; le Fresne-Camilly, travaux à l'église, 2 248 fr. ; Secqueville-en-Bessin, travaux à l'église, 10 231 fr. ; Évrecy, restauration du clocher, 1 800 fr. ; St-Martin-de-Sallen, réparation au presbytère, 300 fr. ; Morteaux-Couliboeuf, construction d'une école de garçons, 1 000 fr. ; Rumesnil, reconstruction de l'église, 6 000 fr.

 

Août 1879  -  La Poste.  -  Les bureaux de poste et les bureaux télégraphiques ont été fusionnés à Vire, Condé, Orbec, Dives, Livarot, Argences, Dozulé et Évrecy. La fusion sera bientôt à Honfleur un fait accompli.

Deux bureaux télégraphiques ont été ouverts à Ryes et à Crèvecœur. Un bureau permanent a été substitué au bureau temporaire de Cabourg. Le bureau de Deauville va être incessamment réouvert et transféré au bureau de poste.

Enfin, des études se poursuivent pour doter d'un bureau télégraphique les communes de Saint-Aubin, Morteaux-Coulibœuf, Clécy, Bonnebosq, Lison et Bonneville-la-Louvet.

 

Juillet 1880  -  Les orages.  -  Samedi soir, un orage épouvantable à éclaté sur Caen et une partie du Calvados. A Caen, les rues de la ville ont été transformées en torrents et l'eau a envahi beaucoup  de maisons. Des arbres ont été renversés par l'ouragan, notamment près de l'école de natation, ainsi qu'à Louvigny 

Dans les communes d'Hérouvillette et Ranville, les colzas, blés, sarrasins, ont été broyés par la grêle.

Le canton d'Évrecy a beaucoup souffert. Les blés, les orges sont roulés et hachés, les seigles, plus avancés, ont la paille moins altérée, mais les sarrasins sont endettés et absolument perdus. Les avoines n'ont plus d'épis, les colzas sur pied sont émondés, ceux qui étaient coupés sont aux trois quarts battus. L'écorce des jeunes pommiers est même détachée du tronc dans les endroits où les grêlons ont frappé. C'est un désastre complet. Les communes les plus frappées sont : Sainte-Honorine-du-Fay , Maizet, Avenay, Esquay, Vieux, Maltot  et Feuguerolles. A Hamars, les récoltes des quatre principales fermes sont complètement détruites et non couvertes par assurances.

Dans le canton de Ryes, on évalue à plus de trente mille francs les dégâts causés par la grêle.

A Fontaine-Etoupefour, les dégâts s'élèvent à 30 000 fr. A Argences, la foudre a tué une jument appartenant au sieur Deschamps, maître d'hôtel.  A Billy. elle est tombée sur la maison du sieur Bisson, a dérangé un lit dans lequel étaient couchées deux personnes, mais n'a fait que de légers dégâts. A Livarot, elle a brûlé une meule de foin. A Trouville, il y a eu un  véritable déluge.

A Goustranville, la foudre a tué une jument appartenant à M. Gosselin. A Dozulé, les marronniers placés de chaque côté de l'église ont été rompus.

Cet orage a aussi occasionné de grands dégâts dans le canton de Balleroy : la foudre est tombée plusieurs fois, et a renversé, à Balleroy, deux personnes qui se trouvaient dans un champ, sans leur faire néanmoins de graves blessures. A Castillon, par suite de la foudre, le feu a pris à une boulangerie dépendant de la ferme de M. Pelcerf. Perte 600 fr. Assurée.

A Honfleur et les environs, notamment du côté de Gonneville, l'orage a fait des dégâts considérables. Rue Boudin, à Honfleur, une petite fille a été renversée par la masse d'eau qui, de la côte, se précipitait par cette r ue en pente. Sans le prompt secours d'un habitant du quartier qui fut assez heureux pour ressaisir l'enfant qui disparaissait entraînée par le courant, il est certain qu'elle n'eût pu d'elle même échapper au danger qui la menaçait.

Le préfet rappelle aux maires dont les communes ont subi des pertes, qu'ils doivent adresser à la préfecture une demande de secours, indiquant nominativement les cultivateurs  sinistrés et la perte de Chacun. Dans la même pétition, ils feront connaître les noms de deux cultivateurs d'une commune voisine les plus aptes à assister les contrôleurs dans  l’estimation des pertes.

 

Janvier 1881  -  Le mauvais temps.  -  Il a gelé, il a neigé, certaines communes ont été bloquées, sur bien des points la circulation a été interrompue. Dans le canton d'Évrecy, il a fallu vingt-quatre heures pour réunir les résultats du vote. A Caen, on se plaint de la façon lente et inintelligente dont se fait l'enlèvement de la glace et des neiges. Hier encore, au carrefour St-Pierre, c'était, un véritable casse-cou. Il nous semble cependant que par ce temps de chômage il serait facile d'enrôler des escouades d'ouvriers sans travail et de leur faire enlever les glaces et neiges dans les principales rues. Heureusement que ce que ne font pas les agents de l'administration, le dégel est en train de le faire,  

 

Août 1882  -  Les orages.  -  Dans la nuit de samedi à dimanche, un violent orage a éclaté sur Caen et les environs, accompagné d'une pluie diluvienne. La foudre est tombée sur plusieurs points. A Hérouville-Saint-Clair, elle a coupé un prunier dans un jardin.

A Évrecy, le tonnerre à tué un veau qui devait être présenté au concours et appartenait à Mme de Sainte-Marie. Il y a quatre ou cinq ans, la même personne avait eu de nombreux moutons tués par la foudre.

A Isigny, la foudre est tombée sur la toiture de la maison au sieur Janet, boulanger, rue Capard, et a mis le feu à un grenier rempli de foin. Grâce à la rapidité des secours, tout danger a été rapidement conjuré. Malheureusement, tout ne se borne pas à des pertes matérielles. Un pompier, le sieur Haize, père de cinq enfants, qui, monté sur le toit de la maison en flammes, dirigeait avec intrépidité le jet d'une pompe sur le foyer de l'incendie, a perdu pied tout à coup et s’est laissé choir sur le pavé de la route, d'une hauteur de près de vingt pieds. Son état est grave.

 

Octobre 1885  -  Ou on verra qu’une femme a plus d’influence que la loi.  -  Dimanche dernier, le conseil municipal d'une commune du canton d'Évrecy était en séance. L'instituteur, qui servait de secrétaire, voulut prendre part à la discussion. Un conseiller le rappela au silence et au respect de la loi qui lui interdit la parole. L'instituteur continua, et on était bien embarrassé comment s'y prendre pour le faire taire, quand soudain sa femme fit irruption dans la salle du conseil et déclara à plusieurs reprises au bavard qu'elle allait lui flanquer des claques s'il ne se taisait pas. Notre homme, qui  n'obéissait pas à la loi, s'est empressé d'obéir immédiatement à sa femme.  Ça, c'est gentil !

 

Mai 1888  -  Une enquête à faire.  -  On prétend que l'adjoint d'une commune du canton d'Évrecy est un failli non réhabilité. C'est inexact, sans doute, car ce monsieur se serait mis dans un fort mauvais cas. La semaine dernière, on a placardé dans la commune des affiches portant que l'adjoint, ne pouvant plus porter de bretelles, s'était fait donner une écharpe pour les remplacer. Une de ces affiches ayant été placée sur le calvaire, le curé y est allé avec son clergé pour le bénir de nouveau. Il nous semble qu'il y a lieu de faire une enquête sur cette affaire, afin de punir les auteurs des affiches, si ce sont de vils calomniateurs, ou d'enlever son écharpe à l'adjoint si réellement il est frappé, d'incapacité.  

 

Juin 1890  -  fait divers.  -  L'autre dimanche, le curé d'une commune du canton d'Évrecy ne trouvait pas son custos à son poste au moment des vêpres. Il l'appela, le chercha et le fit chercher, mais en vain. Ce fut le pasteur qui fut obligé d'allumer les cierges lui-même. En passant derrière l'autel, il heurta un corps. C'était celui de son custos, dormant en homme rempli d'autre chose que de la grâce de Dieu.

 

Novembre 1890  -  Gardez-vous des gardes.  -  Nous engageons les chasseurs à ne pas trop se fier aux gardes en apparence bienveillants. Dernièrement, dans une commune du canton d'Evrecy, un chasseur déjeunait à l'auberge, un garde particulier qui se trouvait là lui dit : « Vous pouvez aller partout, la chasse n'est pas gardée. » Notre chasseur part en toute sécurité et rencontre au coin d'un champ le garde de tout à l'heure qui lui dresse procès-verbal pour chasse sur le terrain d'autrui. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Février 1892  -  Accidents.  -  Dernièrement, le sieur Lacaine, 20 ans, domestique à Aunay, revenait de Caen, la nuit, conduisant une voiture chargée. Aux environs d'Evrecy, il tomba sous sa voiture et eut une jambe brisée. Les chevaux continuèrent leur chemin et arrivèrent, avec la voiture, chez le sieur Bretour, aubergiste à Evrecy. Le blessé resta étendu sur la route. Ce ne fut que le matin qu'un voyageur le recueillit dans sa voiture et le conduisit chez le sieur Bretour.  (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Juin 1892  -  Immoralité.  -  Le sieur Gilles, domestique chez M. de Panthou, maire d'Évrecy, a été arrêté à Avenay pour avoir violenté une jeune fille de cette commune, qui s'est énergiquement défendue. (Source  : Le Bonhomme Normand)

Août 1893  -  Une femme asphyxiée.  -  Samedi, la femme Laville, 80 ans, a été trouvée asphyxiée dans sa cuisine, à Évrecy. C'est grâce au dévouement du brigadier de gendarmerie Bouchez qui, au risque de sa vie, monta au premier étage, à l'aide d'une, échelle et pénétra, malgré la fumée, dans la chambre où il savait que la femme Laville était enfermée, quel le feu ne s'y est pas déclaré. La femme Laville a dû mettre le feu à ses vêtements en s'approchant de la cheminée. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Novembre 1893  -  Récompenses.  -  Médailles à M Huguet, commis principal des contributions indirectes à Ablon, pour avoir exposé sa vie lors de l'explosion de la fabrique de dynamite, et à M. Pierre Moisy, maçon, pour sauvetage d'un enfant à Trouville.

— Mention honorable à M. Alexandre Borichez, brigadier de gendarmerie à Évrecy, pour avoir exposé ses jours en tentant le sauvetage d'une femme dans un incendie. 

— Témoignages officiels de satisfaction, à MM. François Mouillard, préposé des douanes, et Georges Kohn, banquier, pour sauvetage d'un homme a Beuzeval. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Octobre 1894  -  Un incorrigible.   -  Il y a dans le canton d'Evrecy, un curé déjà deux fois déplacé à la demande des habitants, qui ne rate pas une occasion de se faire mal voir. Si quelque paroissien ne veut payer son banc que sur remise d'une quittance signée du trésorier de la fabrique, il monte en chaire et le menace récalcitrant de lui faire dresser  procès-verbal. 

Dernièrement, l'harmonium s'est détraqué. Il voulait faire mettre tout le personnel de l'église en prison, et les gendarmes, par peur du curé, se sont mis de la partie. Si bien que pendant plusieurs jours, à cause de cet harmonium, peu harmonieux, il y a eu un tintamarre du diable. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Mars 1897  -  Les voleurs de vaches.  -  On a volé la nuit à M. de Panthou, dans un herbage à Évrecy, une vache de 325 fr. Elle est marquée d'un J et d'un P sur la hanche. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Décembre 1897  -  Un petit martyr.  -  Arthur Masson, 23 ans, chanteur ambulant, courait les chemins, avec une baladeuse, en compagnie d'une femme Genest et d'un petit garçon, de 3 ans. Masson martyrisait le pauvre petit. 

Un jour, on l'a vu le jeter par trois fois en l'air et le laisser retomber à terre, puis le frapper ensuite à coups de pied. Enfin, un jour, il l'abandonna sur la route d'Evrecy. La femme Genest ayant voulu aller reprendre le petit, Masson la jeta sur la baladeuse en lui disant : « Si tu y vas, je te tue ! » Cette brute a été condamnée à treize mois de prison. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Février 1898  -  Tuée d’un coup de caillou.  -  Au cours d'une querelle d'enfants, entre deux petites filles d'Evrecy, l'une âgée de 6 ans, l'autre de 13 ans, la première jeta une pierre à la seconde. Celle-ci, voulant riposter, prit à son tour un caillou et le lança à la tête de sa compagne si malheureusement que la pauvre fillette fut tuée sur le coup. (source B. N.)  

 

Mars 1898  -  Tuée à coups de cailloux.  -  Nous avons dit dans notre dernier numéro qu'une petite fille du canton d'Evrecy avait été tuée par une de ses camarades. Voici de nouveaux détails à ce sujet. 

En sortant de l'école de Ste-Honorine-du-Fay, la jeune Conard, 8 ans, marcha sur le pied de sa camarade nommée Bretelle, 12 ans, celle-ci la menaça d'une raclée. La petite Conard s'enfuit, mais fut promptement rejointe par la jeune Bretelle, qui la frappa, la roula à terre, et saisissant une pierre lui en porta plusieurs coups sur la tête. En rentrant chez ses parents, la petite Conard se coucha, et le lendemain matin elle était morte.  (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Avril 1898  -  Destruction des hannetons.  -  L'essaimage triennal des hannetons devant avoir lieu en 1898, un crédit de 1 500 fr. a été inscrit à cet effet au budget départemental. Le  montant des primes sera de 0 fr. 10 par kilogramme de hannetons ramassés et détruits en présence des maires ou de leurs délégués, et le paiement en sera fait sur la production d'un certificat adressé à la préfecture. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Avril 1898  -  Pêche.  -  Nous rappelons que la pêche de l'écrevisse et de tous les poissons autres que le saumon, la truite, l'alose et l'anguille, est interdite jusqu'au 19 juin. L'anguille ne pourra pendant cette période être pêchée qu'avec l'aide de la bourrache et de la vermée. Les interdictions ci-dessus s'appliquent même à la pèche a la ligne flottante à la main. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Avril 1898  -  A méditer par les enfants.  -  Le dimanche 13 lévrier, plusieurs fillettes revenaient de l'église d'Evrecy. Deux d'entre elles, qui s'étaient fait du mal en jouant, se bousculèrent et échangèrent quelques coups, puis elles prirent des pierres et se les lancèrent de loin. Marie Bretelle en jeta une si malheureusement qu'elle atteignit sa camarade, Prudence Couard, derrière l'oreille. La pierre ayant enfoncé le pariétal détermina une compression du cerveau.

Le lendemain, la pauvre enfant expirait. Marie Bretelle a été poursuivie pour homicide par imprudence, mais le tribunal l'a acquittée comme ayant agi sans discernement. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Octobre 1899  -  Trop tard !   -   Le 23 septembre, la dame Calbery, 32 ans, servante à Étavaux, près Caen, décédait presque subitement. Quoiqu'elle ne fut mariée que depuis deux mois, la famille du mari voulut faire rapporter le corps à Évrecy. Le curé ne voulut pas l'inhumer avant d'avoir un certificat du curé de la paroisse où elle était morte constatant qu'elle était en « communion avec l'Église ». 

Le curé auquel on demanda le certificat répondit d'un air qui semblait dire que le doyen ne connaissait pas son affaire : « Puisque cette femme, a été mariée à l'Église, c'est qu'elle est catholique, et il n'y a pas besoin de certificat ».

Le curé d Évrecy ne fut pas convaincu. Force fut donc de faire un enterrement civil. Il était fixé au 26 septembre, huit heures du matin. 

Après l'inhumation, la famille recevait de Caen une dépêche partie, à dix heures du matin et signée du curé d'Évrecy qui disait : « Ai attestation nécessaire ; inhumation demain matin ».

Trop tard ! L'enterrement avait eu lieu, suivi d'une assistance nombreuse conduite par l’adjoint en l'absence du maire, M. de Panthou, qui à du regretter de ne s'être pas trouvé là pour accomplir cette petite corvée. Mais qu'il se tranquillise, bientôt il pourra prendre sa revanche, car cet incident pourrait bien provoquer, dans la paroisse, d'autres enterrements civils. (source le Bonhomme Normand)

 

Septembre 1900   -   A propos de bicyclette.  -  Une dame Morel a été renversée à Courseulles, rue de la Mer, par un bicycliste qui allait à une vive allure, sans avertisseur. La dame Morel a été relevée dans un état qui donne des inquiétudes. 

Quant à l'auteur de l'accident, il a filé aussi vite que sa machine pouvait aller. 

Par contre, les bicyclistes ne sont pas à la noce lorsqu'ils passent sur la route d'Évrecy, au lieu dit le « Bon-Repos », car, là, ils sont criblés d'une grêle de pommes à cidre qui, n'étant pas encore mûres, n'en sont que plus dures à recevoir. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Novembre 1900   -   Mauvais drôles.  -   Quatre des domestiques de la dame Champin, cultivatrice à Evrecy, n'ont rien trouvé de mieux pour faire mal que d'arracher la chef d'un tonneau contenant 1 000 litres de cidre. 

Ces domestiques, comme on en voit peu heureusement, sont les nommés : Aristide Levillain, 14 ans ; Constant François, dit Patry, 26 ans ; Adolphe Bonnemie 18 ans, et Camille  Thomas, 12 ans. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Février 1907  -  Funèbre découverte.  -  La dame Delaunay, ménagère au Locheur, se rendait le 10 février, à Évrecy, lorsqu'elle l'aperçut un individu couché sur le bord du fossé. S'étant approchée, elle constata qu'elle se trouvait en présence d'un cadavre.

Les autorités prévenues ont pu rétablir l'identité du défunt, grâce aux papiers trouvés dans ses poches. C'est un nommé Cadoret Louis Marie, 68 ans, sans domicile fixe. Le  malheureux  a succombé à une  congestion occasionnée par le froid et la misère.  

 

Mai 1908  -  Une gifle.  -  Mme François, journalière à Évrecy, regardait dimanche soir des enfants qui jouaient, lorsqu'un marchand de poisson, Lebourgeois, s'approcha d'elle et lui  lança une gifle ; Mme Lefrançois riposta pas un coup de manche de fourche : elle a porté plainte.  

 

Août 1912  -  Arrestation  -  Le 8 août. Aristide Lélot, 40 ans, journalier, fut rencontré par les gendarmes en état complet d'ivresse. Appréhendé pour être remisé au violon, le poivrot  insulta les gendarmes en leur disant : " vous êtes des v.... des vauriens, des voleurs : je vous retrouverai toujours plus tard et je vous f... sur la g... !". Les gendarmes le mirent aussitôt en état d'arrestation pour outrages et menaces.  Dans la soirée, Létot ayant cuvé son vin, déclara ne se rappeler de rien et, en tout cas, regretter son acte. Il est un peu tard.

- Progrès  -  Enfin tout vient à point à qui sait attendre : Évrecy aura le téléphone, ainsi que les communes de Saint-Honorine-du-Fay, Esquay-sur-Seulles et Amayés-sur-Orne. Saluons le progrès en marche.  

 

Février 1913  -  La secousse sismique  -  La secousse de tremblement de terre a affecté le canton d'Évrecy, près du Locheur, dans une direction 0uest Nord Est, suivi précédemment par le cyclone qui ravagea il y a plus d'un an la commune du Locheur. À Maisoncelles-sur-Ajon la secousse fut si violente que les meubles et la vaisselle exécutèrent dans certaines  maisons une véritable sarabande ; les habitants furent effrayés, comme on le pense.

 

Août 1913  -  Élections municipales. -  En remplacement de MM. Mottais et Halot, démissionnaires, M. de Panthou vient d'être élu maire par 10 voix sur 12, et M. Motais, adjoint par 9 voix.

 

Février 1914  Le conseil de révision.  -  Les membres de la commission du conseil de révision ont pris à Évrecy, les décisions suivantes : classe 1914, bons, 34 ; engagés volontaires,  3 ; ajournés, 9 ;  exempts, 4 ; décisions ajournées, 7. Classe 1912-13 : bons, 4, service auxiliaire, 3 ; ajournés, 6 ; exempts, 4.  

 

Juillet 1914  -  Un cadavre dans un champ  -  Un journalier d'Évrecy n'avait pas reparu à son domicile depuis le 15 juillet. Une enquête avant été ouverte, les gendarmes firent des  recherches. Elles viennent d'aboutir à la découverte du cadavre de cet individu, nommé Louis Guéret, 65 ans, dans un champ d'avoine. Il était déjà en putréfaction. Le docteur ne put que constater la mort due sans doute à une affection cardiaque, dont le malheureux était atteint.

 

Avril 1917  -  L’alcool qui tue.  -  On a trouve mort dans son lit, chez M. Fouray, cultivateur à Évrecy, le soldat Auguste Tardif, 49 ans, qui venait d'être renvoyé dans ses foyers comme ouvrier agricole. La veille, Tardif avait bu un peu d'alcool provenant d'un alambic fonctionnant dans la cour de son patron. On croit qu'il a succombé a une congestion due à l'absorption de cet alcool pesant au moins 80 degrés.

 

Octobre 1922  -  Inauguration de l’orgue.  -  A l'occasion de l'inauguration de l'orgue de l'église d'Évrecy, une audition musicale sera donnée dans cette église le dimanche octobre prochain, sous la direction de M. P. Pouchain  de Bayeux, avec le concours de M. Daniel, ténor solo de la maîtrise de la Cathédrale de Bayeux et d'un chœur mixte. Le matin, messe de Th. Dubois l'après-midi, salut en musique et chœur final « Les Moissonneur de Ruth », de Mendelssohn. L'orgue d'accompagnement sera tenu par Mlle Kaening.

 

Juillet 1926  -  Mise en service du réseau électrique de la vallée de l’Orne.  -  La Société d'Électricité de Caen étant à son maximum de jouissance et de ce fait dans l'impossibilité d'alimenter en énergie électrique le réseau de la vallée de l'Orne par le branchement provisoire de Verson, la Société Anonyme Rurale d'Électricité vient d'établir à Évrecy, un groupe électrogène de 100 HP pour parer aux premiers besoins. Nous pouvons donc espérer avoir la lumière dans quelques jours tout au plus.

D'ici a quelques mois une centrale électrique sera établie qui assurera l'alimentation définitive du réseau. Nous avons donc le plaisir anticipé de donner à la S. A. R. D. E, à la Compagnie des Signaux Électriques, constructrice du réseau, à leurs ingénieurs, MM. Genty et Frémont, et au promoteur de l'entreprise, M. le docteur Gosselin, maire d'Amayé-sur-Orne, les remerciements et les compliments qui ne sont que la juste compense de leurs travaux.

 

Novembre 1926  -  L'église a été cambriolée.  -  Hier matin, en ouvrant l'église, Mme Marie Préve remarqua que le portail latéral de l'édifice et la porte de la sacristie avaient été forcés. Les cambrioleurs avaient essayé d'ouvrir le portail sud à l'aide d'une perceuse à main et d'un foret hélicoïdal. La porte a été découpée tout autour de la serrure.

Le passage des cambrioleurs a été signalé par le vol de deux vases en cuivre, sans grande valeur, par la fracture du tabernacle, dont la clef a disparu et par la visite complète des armoires de la sacristie.

Les troncs ont été respectés et les vases sacrés n'ont pas été découverts.

L'émotion produite dans la population est profonde et la gendarmerie, sur les faibles indices relevés jusqu'ici, s'est mise en campagne.

 

Novembre 1926  -  On arrêté à Paris les cambrioleurs de l’église d’Évrecy.  -  La gendarmerie d'Évrecy a é avisée hier matin par la sûreté nérale que trois individus, arrêtés
hier matin à Paris, avaient avoué qu'ils avaient participé au cambriolage de l'église d'Évrecy.

 

Mars 1927  -  Grave incendie.  -  L'autre nuit, le feu se déclarait à Évrecy, dans un bâtiment de 30 mètres à usage de grange, cave, et grenier, appartenant à Mme veuve est Lebourgeois et à Mlle Moulin et occupé par M. Potier, boulanger. Aussitôt alertés, les pompiers de Caen, sous les ordres du commandant Binet, arrivaient rapidement avec la  moto-pompe. Mais déjà l'incendie avait pris de graves  proportions et l'eau était rare : non sans peine, nos sapeurs parvinrent à maîtriser le sinistre dont on ignore les causes. Les dégâts qui sont assurés, s'élèvent à 50 000 francs.  

Janvier 1929  -  La question de l'autobus. -  Samedi dernier, M. le docteur Gosselin, conseiller général du canton, avait convoqué à la mairie d'Evrecy les maires intéressés à la question de l'autobus. Tous avaient répondu à son appel. M. Gosselin d'accord avec M. Dagorn, conseiller d'arrondissement, avait étudié la situation et il l'exposa simplement à son  auditoire.

L'autobus partirait de Hamars, suivrait la grande route jusqu’à Sainte-Honorine, puis par Évrecy, le Bon-Repos, Esquay, Vieux, Maltot, Eterville et Louvigny. MM. les maires furent  enchantés de l'initiative prise par leur conseiller général. Ils l'en félicitèrent et prirent l'engagement de faire voter par leurs conseils municipaux les subventions demandées.

Voilà donc enfin cette  contrée si dépourvue  de moyens de communication bientôt dotée d'un service d'autobus qui rendra les plus grands services aux laborieuses populations de la  région. Le canton, si délaissé depuis de nombreuses années, va-t-il retrouver sa prospérité et son bon renom d'autrefois ?  

Mars 1929  -  Grave accident.  -  Vendredi matin, M. Eugène Chauvin, propriétaire de la ferme de Hardouin, a été victime d'un grave accident. Avant de partir pour le marché de Caen,  il voulut montré à  son employé comment fonctionnait le graisseur de son moteur. La manche de sa veste fut prise dans les engrenages de la chaîne de transmission, la main gauche  entraînée par le fait, fut en partie broyée, le pouce seul ne fut pas endommagé. Le docteur Hauttement, d'Évrecy, ordonna le transport immédiat dans une clinique de Caen où les  soins  les plus empressées furent donnés à M. Chauvin.

On espère sauver l'index avec le pouce à moins de complications à craindre.

 

Octobre 1930   -   La tragique imprudence d'une ménagère.   -   Mme Marie Renaud, journalière à Évrecy, préparait de l'encaustique chez M. le docteur Hautteville, lorsqu'elle  commit l'imprudence de placer le contenu au pied d'une cuisinière dont elle activa le feu. Une partie de charbon communiqua le feu au récipient et en vo ulant l'éteindre le feu se communiqua aux vêtements de Mme Renaud qui fut bientôt environnée de flammes.

Malgré la rapidité des secours, la pauvre femme qui était gravement blessée a été transportée à l'hôpital de Caen. Elle est décédée.  

 

Janvier 1937  -   En cherchant on découvre d'audacieux cambrioleurs.  -  L'autre soir, à l'arrivée en gare de Feuguerolles-sur-Orne, du train de 17 h. 02, se dirigeant vers Laval, le chef de la station était avisé par le mécanicien et les employés du convoi que des pierres avaient été lancées contre ce dernier, à son passage sous le pont de Feuguerolles. Plusieurs vitres avaient été brisées et le mécanicien n'avait, que de justesse, évité l'un des projectiles, qui avait fait voler en éclats l'un des carreaux de la locomotive.

Un cheminot, immédiatement envoyé sur les lieux par le chef de gare n'aperçut aucun individu suspect, mais rencontra deux femmes qui lui décrièrent avoir remarqué la présence, près  du pont, de deux jeunes gens de 16 à 18 ans, dont elles donnèrent un signalement concordant.

Prévenus, les gendarmes d'Évrecy ouvrirent une enquête qui les amena à interroger, parmi le personnel d'une carrière nouvellement exploitée, un certain Louis Martin, âgé de 18 ans, demeurant à Vieux. Martin affirma qu'il n'était pour rien dans l'attentat commis contre le train, mais fit porter les soupçons sur l'un de ses camarades, Henri Heuline, 16 ans, également domicilié a Vieux. Heuline, de son côté, protesta de son innocence, et incrimina Martin. Finalement, ce dernier passa des aveux tout en affirmant qu'il n'avait fait qu'imiter  le geste de son compagnon.

En questionnant Martin, le Maréchal des Logis Chef, commandant la brigade d'Évrecy, se souvint qu'en octobre, se trouvant en permission à Caen, il avait observé la fréquente présence de Martin au « marché aux puces » de la ville où il paraissait se livrer à des opérations fructueuses. Une dénonciation anonyme accusant l'individu d'avoir vendu à un, habitant de Vieux une boîte de filière provenant d'un cambriolage vint renforcer les soupçons du chef de brigade qui effectua une perquisition dans la chambre occupée par Martin  chez sa mère, veuve d’un ancien combattant, décédé quelques années après la guerre, des suites d'une maladie contractée au front.

Sous un tas de balle d'avoine, les gendarmes découvrirent une quantité d'outils ( près d'une cinquantaine ) qui furent  identifiés comme ayant été volés, pour la plupart, en mai 1935, dans un bâtiment des carrières de Bretagne et de Normandie, à Bully. Les auteurs du méfait étaient demeurés inconnus.

Martin et Heuline se reconnurent coupables du cambriolage sur lequel ils donnèrent des renseignements circonstanciés. Ils avouèrent également avoir cambriolé, il y a quinze jours, une maison inhabitée, située dans le centre du bourg de Vieux, et appartenant à une dame Olive.

Martin reconnut enfin être l'auteur d'un 3e cambriolage : celui d'une maison appartenant à un autre habitant de Vieux, M. Cotentin. Il avait opéré avec la complicité d'un nommé Louis Marguerite, 18 ans, domestique agricole, qui, interrogé, reconnut le fait.

Martin et Heuline ont été écroués. Trois habitants de Vieux seront pour-Suivis pour recel.

Martin est également soupçonné du cambriolage d'un ancien moulin, situé au bas de Vieux, et qui reçut la visite de malfaiteurs, au début de l'an dernier.

A noter qu'au cours de leur enquête, les gendarmes relevèrent sur le parapet du pont de Feuguerolles, à l'endroit où les pierres avaient été jetées contre le train, des inscriptions injurieuses, tracées au couteau, à l'adresse de M. Léon Blum. Ces inscriptions étaient suivies de ces mots, écrits de la même main : « Vive le Partit Communiste ! » (sic) et d'un dessin  représentant une faucille et un marteau entrecroisés.

Or, dans l'une des poches des vêtements de Martin, les gendarmes ont trouvé un couteau dont la pointe était émoussée. D'autre part, invité à écrire le vivat précité, Martin a tracé le mot « Parti » avec une faute d'orthographe identique à celle relevée sur l'inscription gravée sur le parapet du pont. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Mai 1937  -  Une rixe met aux prises plusieurs jeunes gens.  -  Une rixe a mis aux prises, dans le bourg d'Évrecy, d'une part, M. André Gripon, 24 ans, horticulteur, rue des Muets, à  Caen, d'autre part, quatre ouvriers agricoles : Henri et Pierre  Lebourgeois, d'Évrecy, Louis Lelogeais, d'Ouffières, et Pierre Philaret. d'Hamars. 

M. Gripon était, paraît-il, intervenu en faveur d'un colporteur chinois qui essayait de vendre une cravate à Henri Lebourgeois à un prix que ce dernier jugeait trop élevé. 

Dans la bagarre, M. Gripon a été roué de coups et blessé assez sérieusement à la tête : victime d'un accident durant son service militaire, il avait été trépané. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Février 1939   -   Un incendie.   -   Un incendie s'est déclaré mercredi soir, vers 18 heures, au domicile de M. Guédon, ancien greffier de paix à Evrecy. Le feu a pris naissance dans une chambre habitée par Mme Guédon, qui avait allumé un feu de bois.

Les pompiers d'Évrecy, alertés, se sont rendus sur les lieux et, peu de temps après avoir mis leur pompe en batterie, ils ont réussi à maîtriser le sinistre.

Les dégâts sont peu importants. Néanmoins, le mobilier a été endommagé.  (Source  : Le Moniteur du Calvados)  

 

Février 1939   -   Un Conseiller municipal est grièvement brûlé par une explosion.   -   Un accident, dont la victime est un conseiller municipal d'Évrecy, M. Eugène Chauvin, propriétaire, s'est produit mardi. M. Chauvin avait besoin d'utiliser de l'anhydride sulfureux et en possédait une bouteille. Pour l'usage qu'il voulait en faire, il dut faire chauffer le gaz, mais il eut la malencontreuse idée de vouloir refroidir ensuite la bouteille, trop chaude à son gré, en la plaçant sous un robinet en laissant couler de l'eau froide. 

Cette brusque réaction fit éclater le récipient entre les mains de M. Chauvin qui fut blessé par des éclats de verre au poignet et à la poitrine, tandis que le gaz libéré l'atteignait au visage, lui brûlant grièvement les paupières et les yeux. 

On craint, que M. Chauvin ne perde l'œil droit. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Mai 1941    -    Démission collective.    -    Pour protester contre le transfert à Saint-Honorine-du-Fay du centre d'abattage primitivement fixé à Évrecy, « sans qu'aucune raison  matérielle, sanitaire ou autre  ait pu provoquer cette décision ». Le Conseil municipal de Évrecy vient d'adresser, à l'unanimité, sa démission au préfet.    -    Pour protester contre le transfert à Saint-Honorine-du-Fay du centre d'abattage primitivement fixé à Évrecy, « sans qu'aucune raison matérielle, sanitaire ou autre  ait pu provoquer cette décision ». Le Conseil municipal de Évrecy vient d'adresser, à l'unanimité, sa démission au préfet.  

 

Mai 1941   -  Avis à la Population.   -   La Feldkommandantur du Calvados rappelle à la population que toute personne découvrant soit sur la voie publique, soit dans une propriété  privée des objets ou imprimés suspects, tels, par exemple, que des tracts jetés par avion, doit en faire la remise à l'autorité militaire allemande la plus proche.   -   La  Feldkommandantur du Calvados rappelle à la population que toute personne découvrant soit sur la voie publique, soit dans une propriété privée des objets ou imprimés suspects, tels,  par exemple, que des tracts jetés par avion, doit en faire la remise à l'autorité militaire allemande la plus proche.

 

Octobre 1941   -   Une vendue originale.   -   C'est dimanche prochain, 19 octobre, à 15 h., qu'aura lieu une « Grande Vendue » au profit du Secours National et des prisonniers secourus par le Comité d'Évrecy et... quelle vendue ! Lapins, poules, canards, on dit qu'il y en aura plus de 80.

Par ces temps de restriction, c'est une aubaine...  Il y aura même une bonne surprise qui, pour certains privés, satisfera autre chose que l'estomac. Nul doute que les amateurs seront nombreux dimanche à Évrecy. 

 

Juin 1941  -  Dissolution.  -  Le conseil municipal d'Évrecy vient d'être dissous. Une délégation spéciale comprenant, M. Voisin, président, MM. Lacaine et Pitrou, membres a été  chargée d'administrer la commune.    

 

Janvier 1942   -   Tickets de sucre.   -   Les tickets spéciaux de sucre de 50 gr. du 4e trimestre 1941 (titre C. 185) ont leur validité prorogée jusqu'à nouvel ordre, et seront employés  pour les régimes concurremment avec  les nouveaux tickets de 500 gr. du Premier trimestre 1942 (titre C. 205).

 

Janvier 1942   -   Les tickets de charcuterie.   -   Le Préfet a arrêté que les tickets BA et BB de la feuille de viande du mois de janvier 1942 auront chacune une valeur de 90 gr. Ils seront utilisés en principe pour la charcuterie.

Les tickets-lettres, BC, BD et BE de cette même feuille sont provisoirement sans valeur. 

 

Juillet 1942   -  Noces d'or et jubilé.   -   Grande fête à Évrecy l'autre dimanche en l'honneur du vénérable curé, M.  le chanoine Gohier. Dans l'église décorée et fleurie ont été célébrés de magnifiques offices : fleurs, chants, pompe religieuse et beau cadeau, une superbe chasuble, offerte par les prêtres du canton à leur doyen.  

 

Juillet 1942   -   Noces d'or sacerdotales.   -   Au cours d'une imposante cérémonie en la cathédrale de Bayeux, 12 prêtres du diocèse ont célébré leurs noces d'or sous la présidence de Mgr Picaud.  -   Au cours d'une imposante cérémonie en la cathédrale de Bayeux, 12 prêtres du diocèse ont célébré leurs noces d'or sous la présidence de Mgr Picaud.

C'étaient MM. les abbés Auguste Balley, chanoine honoraire, curé de Bonnebosq ; Arthur Cairon, curé de Formigny ; Louis Denis, chanoine honoraire, ancien doyen de Blangy ; Gustave Dobiche, chanoine honoraire, ancien curé de Saint-Jacques-de-Lisieux ; Jules Gohier, chanoine honoraire, doyen de Évrecy ; Paul Guesnon, chanoine titulaire ; Armand Lechartier,  curé de Gonneville-sur-Mer ; Arthur Lefèvre, prêtre habitué à Lisieux ; Jean-Baptiste Lemasson, curé de Longues-sur-Mer ; Victor Madelaine, chanoine honoraire, ancien doyen de Notre-Dame-des-Victoires, de Trouville ; Louis Touchet, chanoine honoraire, curé de Mondeville ; Arthur Toutain, chanoine honoraire, aumônier des Bénédictines de Lisieux. Ils avaient  été ordonnés prêtres le 29 juin 1892.  

 

Juillet 1943   -   Fête religieuse.   -   Deux offices importants de musique religieuse sont organises à Évrecy pour le dimanche 17, au bénéfice de la réfection de l'orgue. Il y aura grand'messe solennelle à 11 heures et vêpres à 16 heures pendant lesquelles sera donnée une cantate sur Ste-Thèrèse de l'abbé Louis Boyer, chœurs, soli et orchestre. Audition qui  promet d'être intéressante.  

 

Août 1944  -  Violents combats.  -  Pénétrant dans la brèche ouverte dans les lignes ennemies, les alliés progressent au sud-est d'avranches. La forêt de Saint-sever est débordée du  nord et du sud. Les combats de rue continuent à Vire complètement encerclée.

Les britanniques rencontrent une vive résistance dans le secteur Villers-Bocage, Aunay-sur-Odon ou l'adversaire a reçu d'importants renforts en blindés.

Entre Vire et Villers-Bocage, les combats sont incertains. Hier, tard dans la soirée, un correspondant annonçait que les alliés étaient entrés à Villers-Bocage. Des avions alliés ont signalé des importantes colonnes de chars qui s'éloignaient de Villers-Bocage et d'Aunay-sur-Odon. Les troupes britanniques ont atteint Évrecy.

 

Février 1945  -  Une émouvante cérémonie.  -  En présence de détachements d’infanterie et de gendarmerie, le colonel Perrey, commandant la subdivision du Calvados, a remis la  croix de guerre au jeune fils du gendarme Charlemagne Roussel, de la brigade d’Évrecy, héros de la Résistance, tué à l’ennemi, et à l’un des camarades du disparu, le gendarme René  Savary, qui lui aussi témoigna dans la clandestinité, du plus courageux dévouement.

Le colonel Perrey décora ensuite son fils, le sous-lieutenant Perrey, dont les services en tant qu’agent de liaison, furent, pour la Résistance, particulièrement brillants.  

 

Mars 1945  -  Prenez garde aux armes à feu.  -  En maniant un fusil chargé, un jeune homme d’Évrecy a mortellement blessé l’un de ses camarades, M. André Brion, 20 ans, cultivateur à Dully.

 

Avril 1945  -  Une décision des maires du canton d’Évrecy.  -  Les maires du canton d’Évrecy ou leurs délégués, réunis à l’effet de répartir entre les 28 communes du canton, la fourniture de 360 tonnes de pommes de terre sur la récolte de 1945, ont décidé à l’unanimité de ne point procéder à cette répartition.

L’assemblée a motivé son abstention en soulignant que le canton d’Évrecy a été l’un des plus sinistrés du département, que le déminage n’a pas été effectué, qu’un certain nombre de cultivateurs courageux ont été victimes des mines, qu’il est actuellement impossible de prévoir la surface de terrain qui sera cultivée en 1945, que la pénurie de main-d’œuvre, et de matériel et d’engrais est totale, que les chevaux sont en très petit nombre, enfin que le canton n’est pas certain de pouvoir ensemencer suffisamment pour sa propre consommation.  L’assemblée a demandé le retour à un régime de liberté qui permettra d’accroître la production et réclamé la suppression de tous les  intermédiaires inutiles.

Elle s’est prononcée contre toute imposition de quelque nature qu’elle soit et a exprimé sa confiance au gouvernement du général de Gaulle.

 

Septembre 1945  -  Les services d’autobus.  -  Les « Courriers Normands » ont repris leurs services réguliers d’autobus, tous les jours sauf dimanche et fêtes, sur la relation Caen-Evrecy-Aunay-sur-Odon. (Source  : Le Bonhomme Libre)

 

Mars 1946  -  Danger !  -  La Mouche d’Évrecy met en garde les pêcheurs contre les dangers que peuvent présenter les mines non enlevées sur les bords de l’Odon, de Fontaine à Tournay, et que le Service des Mines, lui-même n’est pas en mesure de situer. (Source  : Le Bonhomme Libre) 

 

Mars 1946  -  Des sanctions contre les parents négligents.  -  Les parents des enfants fréquentant les écoles sont informés que M. l’inspecteur d’Académie a décidé en application du  Code de la famille, que 4 demi-absences non motivées dans un même mois entraîneraient la suppression des allocations familiales pour le mois en cours. (Source  : Le Bonhomme Libre) 

 

Mai 1946  -  L’Amérique ne nous oublie pas.  -  La Croix-Rouge américaine vient de faire parvenir à l’Entr’Aide Française, 22 000 pièces de vêtements qui ont été réparties entre des   pupilles de l’Assistance Publique, les Orphelins d’Epron et de Neuilly-le-Malherbe, les pensionnaires du Préventorium de Graye et les sinistrés des cantons d’Évrecy, de Troarn, et de  Villers-Bocage. (Source  : Le Bonhomme Libre) 

 

Juin 1946  -  Une ville suisse marraine d’Évrecy.  -  Sur la demande de la Croix-Rouge, la ville suisse d’Yverdon a décidé d’adopter Évrecy, pulvérisé en sept minutes lors des opérations qui suivirent le débarquement.

La nouvelle marraine a organisé immédiatement une collecte de vêtements et d’objets de première nécessité qui seront distribués aux sinistrés. (Source  : Le Bonhomme Libre) 

 

Juillet 1946  -  Sinistrés, attention !  -  C’est le 31 juillet prochain qu’expire le délai prévu pour le dépôt des déclarations de sinistrés concernent les dommages de guerre. Sauf en ce  qui concerne les  mobiliers familiaux et les personnes n’ayant pas la qualité de commerçant. Il est suffisant que ces déclarations contiennent des précisions sur l’identité du sinistre, la nature et l’emplacement du bien détruit ou endommagé et l’origine du sinistre. Le dossier complet ne sera exigé qu’ultérieurement.

Renseignements complémentaires dans les mairies ou les délégations départementales de la Reconstruction. (Source  : Le Bonhomme Libre) 

 

Juillet 1946  -  La mort qui rode.  -  A Évrecy, au lieu dit « Mondeville », on a découvert dans un terrain réservé au désamorçage de munitions, les cadavres de deux prisonniers allemands et d’un ouvrier d’une entreprise caennaise de récupération. M. Urbain Mortamp, 23 ans, domicilié à Quillebeuf-sur-Seine. (Source  : Le Bonhomme Libre)  

 

Juillet 1947  -    Trois enfants victimes de l’explosion d’un obus.    Un tragique accident vient d’attirer à nouveau l’attention sur la nécessité impérieuse de procéder à une inspection minutieuse de tous les endroits où la bataille a fait rage en 1944. C’est ainsi qu’à Évrecy, trois enfants viennent ajouter leurs noms à la liste déjà longue de ceux qui ont été tués par ces engins meurtriers abandonnés depuis le débarquement.

Vers 19 h., une violente explosion jetait l’émoi dans la population. Quand les premières personnes arrivèrent sur les lieux de l’accident, un spectacle lamentable s’offrit à leurs yeux : trois petits corps déchiquetés et sanglants gisaient parmi les ruines. Deux étaient morts sur le coup, les enfants Conard dont le père est employé de chemin de fer. Le troisième, le petit Roussel, dont le père fut tué en 1944 pendant les bombardement d’Évrecy, est décédé peu de temps après, des suites de ses blessures. (Source  : Le Bonhomme Libre)

ÉVRECY (Calvados)  -  Juin-Juillet 1944  -   Ruines du Bourg (Nord-Est)

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