FORMENTIN

Canton de Lisieux

Les habitants de Formentin sont nommés les Formentinois et les Formentinoises.


Septembre 1869   -   Fait divers.   -   Jeudi soir, un individu de Saint-Eugène, commune réunie à Formentin, nommé H..., après avoir bu chez lui avec un habitant du même lieu, eut une querelle avec sa femme, à la suite de laquelle il l'aurait frappée de plusieurs coups de faulx. 

La femme H... était couverte de sang et avait de larges coupures, à ses vêtements quand elle s'est réfugiée chez un voisin. Les gendarmes sont venus le lendemain et ont emmené H... en prison.

Cet homme a-t-il réellement frappé sa femme, ou seulement, comme cela est très probable, l'aura-t-il poussée et, perdant l'équilibre, sera-t-elle tombée sur la faulx ?  

 

Septembre 1869   -   Fait divers.   -   Un suicide à eu lieu dans la même commune lundi vers  5 heures du soir. Le nommé Victor Philippe, âgé de 38 ans, journalier, après avoir passé son temps à l’assemblé dimanche et lundi (la Saint-Eugène, patron de la paroisse), avait épuisé ses derniers deniers, et se voyant sans ressources, s'est donné la mort dans un champ, en se frappant de deux, coups de couteau dans la gorge. Il a expiré une heure après dans des douleurs atroces, au moment où l'on essayait de recoudre les larges plaies qu'il s'était faites. On dit qu'il n'était pas en état d'ivresse, et que la misère seule l'a déterminé à prendre cette résolution. C'était un ouvrier peu travailleur, étranger à la commune.  

 

Janvier 1874   -   Meurtre. -  Samedi, à Formentin, à la suite d’une querelle entre deux garçons de ferme, l’un Adolphe Marie, âgé de 55 ans, a porté à l'autre un assez grand nombre de coups de couteau, la victime a succombé le lendemain dimanche. Marie a été arrête et écroué à la maison d'arrêt de Pont-l'Evêque. 

Il y a dans cette affaire un nouvel exemple de l'apathie et de l'indifférence qu'apportent trop souvent certains habitants de la campagne dans la répression ou plutôt dans le concours que tout citoyen doit à la justice, à la société ! Lorsque les gendarmes se présentèrent dimanche, à Formentin, ceux qu'ils interrogèrent répondirent que Marie « s'était, écapé » et qu'ils ne savaient ou il était. A ce moment, Marie n'avait pas quitté la commune et on dit même qu'il était près de ceux qu’on interrogeait.

 

Septembre 1877   -  Incendie.  -  Dans la nuit da vendredi, un incendie accidentel a éclaté dans la commune de Formentin, et a consumé un bâtiment appartenant au sieur Suzanne. Perte 1 800 fr. Non assuré.

Avril 1879  -  Écoles de filles, répartition de secours.  - Le Conseil, conformément au rapport de M. le Préfet, répartit une somme de 2 500 fr. à prendre sur le crédit de 5 000 fr. inscrit au budget de 1879, pour établissement et entretien d'écoles de filles. 

Ce crédit, qui existe depuis longtemps, a toujours été employé en indemnités personnelles aux institutrices qui dirigent les écoles facultatives de filles, de manière à rapprocher le plus possible leurs émoluments de ceux déterminés par la loi pour les écoles obligatoires.  

Formentin, 356 habitants, Mme Anquetil, 20 élèves payantes, 10 gratuites ; indemnité personnelle accordée 25 fr.

 

Janvier 1881  -  Mort accidentelle.  -  Mercredi, à Formentin, le nommé François, dit Manquet, 60 ans, berger, a été trouvé suspendu par le menton à une barrière de clôture. On présume que cet homme devait être en état d'ivresse et, qu'ayant voulu franchir la barrière, il sera tombé sur l'une des pointes, y est resté suspendu et que le froid l’aura tué.  

 

Février 1893  -  Les voleurs de vaches.  -  La semaine dernière, une vache estimée 450 fr. a été volée au sieur Pilon, dans un herbage, à St-Loup-de-Fribois. 

Le voleur l'avait emmenée à Mézidon et vendue à un boucher qui, méfiant, n'avait d'abord versé qu'une petite somme au vendeur. Albert Letournel, 25 ans, journalier, sans domicile, inculpé de ce vol, a été arrêté. 

— Lundi, la gendarmerie à arrêté le nommé Alexandre Levillain, 32 ans, cultivateur à Formentin, ayant volé une vache aux environs de Dives. Il avait filé en Belgique, mais les ressources lui manquèrent et il revint, il y a quelques jours, pour voir sa famille. Il allait repartir quand la gendarmerie l'a arrêté. (Source B.N.)  

 

Avril 1894  -  L’immoralité aux champs.  -  La gendarmerie de Cambremer a reçu la déclaration de la nommée Leprince de Formentin, qui accuse un nommé H………., de l'avoir prise de force. 

— Mercredi matin, Mme Lhôtellier, d'Osmanville, envoyait en commission sa fille Eugénie, 14 ans. En chemin, la fillette fit la rencontre d'un nommé Alfred Bourdet, qui marcha à ses côtés. A une certaine distance, elle s'aperçut que son veau, qui était au piquet dans une pièce de terre, était passé dans le champ de trèfle d'une voisine. Bourdet offrit son aide qui fut acceptée pour reprendre l'animal. Au milieu du champ, Bourdet s'approcha de la fillette et lui demanda à l'embrasser, sur son refus, il la renversa à terre, voulant abuser d'elle. La fille Lhôtellier cria. Deux personnes arrivèrent à son secours. Bourdet se sauva à travers champs après avoir porté an violent coup de poing sur la figure de sa victime. Il a été arrêté. (Source B.N.)  

 

Décembre 1895  -  O amour !  -  Une femme Lenoble entrait un jour comme une bombe chez Justine Enguerant, femme Marie, 25 ans, demeurant à Formentin.  « C'était pour lui réclamer de l'argent », dit la femme Lenoble, mais, en réalité, il paraît que c'était pour s'assurer si un gaillard, qui est la coqueluche de toutes les dames du pays, ne se trouvait pas aux pieds de Justine. 

Celle-ci se fâcha, prit une bouteille qu'elle cassa sur le dos de la dame Lenoble, qui a porté plainte et a fait condamner sa rivale à 25 fr. d'amende par le tribunal de Pont-l'Evêque. (source B. N.)  

 

Mars 1897  -  Un pauvre diable.  -  Un nommé Enguerrand, journalier à Formentin, est le souffre douleur de sa famille. Il n'est peut-être pas exempt de reproches, mais ce n'est pas une raison pour le martyriser comme l'a fait son beau-frère Louis Lemoine, 50 ans, forgeron à  Coquainvilliers. Trouvant Enguerrand endormi au bout d'un champ, il le réveilla à coups de pied dans les jambes. Il y a six mois de cela et le malheureux peut à peine se tenir debout devant le tribunal correctionnel de Pont-l'Evêque, qui a condamné son bourreau à six mois de prison.  (source B. N.)

 

Avril 1897  -  Attentat à la pudeur.  -  Un attentat à la pudeur avec violences aurait été commis à Formentin, sur la jeune Berthe Levillain, 9 ans, par Georges Leprince, 18 ans, domicilié même commune. (source B. N.)  

 

Mai 1897  -  L’immoralité à la campagne.  -  Georges Leprince, 19 ans, habite Formentin, canton de Cambremer. Depuis longtemps, ce jeune polisson poursuivait les petites filles à leur sortie de l'école. Des menaces lui avaient été adressées, mais il n'en tenait aucun compte. Un jour, Leprince parvint à entraîner la petite Berthe Levillain, 9 ans, dans une cave et il se livra sur elle à des violences qui lui ont valu trois mois de prison. (source B. N.)  

 

Avril 1898  -  Acquittement bien accueilli.  -    Le tribunal de Pont-l'Evêque vient d'acquitter, à la grande joie des commères de la région, la veuve Marie Vivien, 54 ans, demeurant à Formentin, poursuivie pour avoir pratiqué l'art des accouchements et pour avoir, par suite de manque de soins médicaux, causé la mort de l'enfant nouveau-né de la femme Renoult, demeurant à Manerbe. Il est vrai qu'en l'absence des médecins la veuve Vivien a accouché de nombreuses femmes qui lui en sont très reconnaissantes. Quant à l'homicide par imprudence du petit Renoult comme l'enfant ne respirait pas, l'accoucheuse d'occasion l'a frictionné avec de l'eau-de-vie et l'a plongé pendant quelques minutes dans de l'eau froide, mais sans résultat.

En résumé, comme tous ces faits ne sont pas établis, le tribunal a prononcé l'acquittement. (source B N.)

 

Juillet 1916  -  Pauvres petits !  -  Mme Allais, 31 ans, cultivatrice à Formentin, canton de Cambremer, s'est pendue dans un cabinet attenant à sa chambre. Elle était souffrante depuis quelque temps, et souvent elle manifestait l’intention de se suicider, Mme Allais dont le mari est mobilisé au 20e territorial, laisse trois jeunes enfants.  

 

Août 1916  -  Le temps qu’il fait.  -  Inutile de parler de la chaleur, tout le monde la sent. Nous sommes dans la canicule, cela ne veut pas dire qu'il doit faire un temps de chien, mais tout bonnement que le soleil traverse en ce moment la constellation du Grand Chien dont Sirius (Invisible en ce moment, bien entendu) est l'étoile la plus brillante du ciel. Si la récolte des foins se fait admirablement, les herbages et prairies commencent à souffrir de la sécheresse, car il n'a pas plu depuis près d'un mois. 

 

 Août 1916  -  Ne donnez pas asile aux déserteurs.  -  Nous avons dit dans un précédent numéro qu'un sieur Guéret, de Coquainvilliers, avait été condamné à deux mois de prison, par le conseil de guerre de Rouen, pour avoir donné asile au soldat déserteur Ressencourt. Un cultivateur de Formentin, Georges Bossey, qui avait aussi donné aide et asile à Ressencourt, vient d'être condamné, à son tour, à un an de prison. Bossey est père de six enfants. Les gendarmes auraient pu s'emparer déjà de Ressencourt, évadé depuis plusieurs mois de la prison de Lisieux, sans l'aide que donnent, par crainte, à ce mauvais soldat les habitants de la région. Espérons que les sanctions prises par le conseil de guerre de Rouen seront d'un salutaire exemple.

 

Décembre 1917  -  Essence pour les battages.  -  Les entrepreneurs et cultivateurs qui ne peuvent se procurer dans le commerce l'essence nécessaire à leurs battages, sont informés qu'il  peut leur être délivré à la Direction des services agricoles, rue de Bernières, 16, un bon d'essence livrable de suite par la sous-intendance militaire de Caen.

 

Décembre 1917  -  Sous les roues.  -  M. Jacqueline, 56 ans, journalier chez M. Labbé, cultivateur à Formentin, avait amené un chargement de foin au service de la réquisition, à Lisieux. Au moment de quitter la ville, son cheval s'emballa. En essayant de le maîtriser, il tomba sous les roues qui lui passèrent sur le corps. M. Jacqueline, qui avait une sérieuse contusion au front et se plaignait de vives douleurs dans les côtes, fut transporté à l'hôpital.

 

 Mars 1924  -  Mort du maire.  -  M. Emile-Pierre Labbey, maire de Formentin, est décédé à l'âge de 77 ans.

 

Juillet 1929  -  La température.  -  La chaleur après laquelle tout le monde aspirait en raison des vacances et pour la maturité des récoltes, est survenue brutalement. Et c'est maintenant  une température torride que nous avons à subir, avec des 30° et même plus à l'ombre.

L'absence de vent rend encore cette chaleur plus difficile à supporter et les travaux des champs sont devenus très pénibles dans cette véritable fournaise. Cependant, mardi, le ciel commençait à se couvrir et l'orage semblait proche. Espérons que des pluies viendront rafraîchir la température, mais souhaitons cependant qu'elles ne soient pas trop fréquentes et que nous ayons un été suffisamment sec.

 

Septembre 1929  -  La sécheresse.  -  Le temps magnifique dont nous jouissons a aussi ses inconvénients. Aux cas d'insolation toujours possibles et aux véritables souffrances physiques que cause une température aussi élevée, il faut ajouter le manque d'eau qui commence à inquiéter sérieusement les agriculteurs.

Non seulement, il ne pleut pas depuis plusieurs jours, mais l'année presque entière a été d'une sécheresse inaccoutumée. A la campagne, les cultivateurs qui n'ont pas de source sur leur  propriété, ou de puits, sont obligés d'aller chercher l'eau à la rivière pour les besoins de leur ménage et pour abreuver les bestiaux, et de la faire charrier à des distances quelquefois très grandes, d'où une gêne sensible et des dépenses considérables.

Les villes ne sont pas moins à plaindre. Pour abattre la poussière et donner un peu de fraîcheur dans les rues, elles sont obligées de faire arroser, ce qui grève incontestablement le budget.

 

Octobre 1929  -  L'heure d'hiver.  -  Conformément à la loi du 24 mai 1923, c'est dans la nuit du samedi 5 au dimanche 6 octobre que l'heure d'été fera place à l'heure d'hiver, c'est à dire  que les pendules devront être retardées de 60 minutes.

 

Novembre 1929  -  Le téléphone dans le Calvados.  -  Grâce au crédit de trois millions alloué comme crédit est avancé par le Conseil général du Calvados, le réseau téléphonique calvadosien s'étend avec une heureuse régularité. Ces temps derniers, 10 communes ont été pourvues de cabines téléphoniques. Cela à porté à 348 ou à 45 % le nombre des communes calvadosiennes pourvues du téléphone.

Parmi celles -ci, nous relevons la commune de Courson, vingt autres communes vont être prochainement pourvues. Pour l'ensemble du Calvados, nombre d'abonnés, qui était de 3408 en  1927, est passé à 5904 en 1928 et à 6463 en 1929.

 

Décembre 1929  -  L'état des cultures.  -  L'état des cultures est le suivant dans le Calvados, d'après le Journal Officiel : 

Les semailles sont presque terminées. Les blés et avoines d'hiver ont une levée régulière et une bonne végétation. Ces cultures ont à souffrir en divers points des dépréciations des corbeaux. Par suite de la douceur de la température, l'herbe continue à pousser dans les prairies. Les bas-fonds commencent à être submergés par suite de l'abondance des pluies.

 

Janvier 1931  -  les aides aux jeunes filles.  -  Dots attribuées en 1930 aux jeunes filles de familles nombreuses. La Commission départementale, chargée de l’attribution des dots y a donc eu à se prononcer pour cinquante attributions sur soixante et onze dossiers constitués.

Formentin. — Mlle Lesellier Bernadette, âgée de 22 ans, d'une famille de 12 enfants vivants. Les parents exploitent une ferme de 14 hectares. Après avoir été placée chez divers .patrons, l'intéressée est restée chez ses parents, où elle était occupée aux soins du ménage. D'excellents renseignements ont été recueillis sur Mlle Lesellier ainsi que sur sa famille. Elle a contracté mariage, le 30 mars 1930, avec M. Cauteux, couvreur.  

 

Mars 1947  -  Kamarade !     Un prisonnier boche qui s’était évadé d’une ferme de Formentin, a été arrêté à Vassouy par M. Marescot. (Source B.-L.)   

 

Juin 1947  -  Des amateurs de canons.    Un récupérateur agréé, M. Lefranc, de Paris, a signalé aux gendarmes la disparition de 350 kilos de bronze enlevé sur 7 canons abandonnés chez MM. Ressencourt, cultivateur à Cambremer ; Delaplace, maire de Léaupartie, et sur le territoire de la commune de Formentin. (Source B.-L.)

FORMENTIN (Calvados)  -  Carrefour  -  Route de Dives, Bonneboscq, Dozulé

Café-Epicerie, dit Café TROUSSEL

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