14810 - FRANCEVILLE - MERVILLE 

Canton de Cabourg

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Juin 1900  -  Une plainte. -  Une plainte a été déposée dans les délais à la préfecture, par un électeur demandant l'annulation des opérations électorales. Tout s'étant passé conformément à la loi, nous craignions que le Conseil de préfecture débouté cet électeur de sa demande.

M. G. Grenier, a été élu Maire a une très grande majorité. C'est avec plaisir que nous avons appris cette nomination, M. Grenier étant un de nos collaborateurs.  

Décembre 1900  -   Un Don. -  L'auteur des cloches de Corneville, a fait don à l'église d'une peinture fort remarquée " Mater Dolorosa ". M. Robert Planquette est d'ailleurs connu par son inépuisable charité envers les pauvres, ainsi que Mme Planchette.  

Juillet 1903  -  Service postal.  -  À cette époque de villégiature, les correspondances devraient être parvenues dans nos stations balnéaires dès le matin.

Erreur ! Il paraîtrait qu'un essai aurait été faite à Franceville-Plage, sur l'ordre de M. le maire de Merville. Résultats : au lieu de recevoir les lettres à 8 heures du matin, on les a reçus à midi. On a dû revenir à l'ancien système. On se demande si la direction des postes avait commandé ce changement ?

Septembre 1905  -  Le dimanche 3, la servante, 26 ans, de l'hôtel "le Chalet des Cycles" est tuée d'un coup de fusil en pleine tête, tiré avec l'arme de chasse du patron, alors qu'elle comptait la recette. Un autre domestique, âgé de 20 ans, donne le signalement de l'assassin : un chemineau ivre, furieux de n'avoir pas obtenu une bière. Il part même à sa recherche dans l'auto des gendarmes ... qui découvrent qu'il est le meurtrier.

Novembre 1905  -  Le 9, La cour d'Assise condamne aux travaux forcés à perpétuité l'assassin de la servante de l'hôtel de Franceville.  

Août 1906  -  L'Histoire du Curé de Merville.  -  Les rois heureux n'ont pas d'histoire. L'abbé Ozouf, curé de Merville, en a une et la conte à tout venant. D'ordinaire, les prêtres confessent les autres, mais ne se confessent qu'entre eux. 

Le style de l'abbé de Merville n'a rien de commun avec celui de Rousseau. Sa profession de foi nous apprend rien que nous ne sachions déjà. Le jeune abbé a été suspendu par son évêque. Il ne nous dit pas la raison de cette mesure, mais nous la connaissons. L'abbé Ozouf s'est confessé lui-même en parlant de sa nature ardente. Aveu sincère assurément et dépouillé d'artifice.

A entendre tel ou tel de nos confrères, le cœur du jeune abbé déborderait d'amour ; il voudrait avoir les cent bras de Briaréc pour pouvoir embrasser l'humanité tout entière, à commencer par le sexe faible, s'il faut en croire un de nos confrères. Tant de zèle entre-t-il dans l'âme des dévotes, au point de leur faire accepter l'association culturelle que l'ex-curé de Merville se propose de fonder en guerre ouverte contre l'évêque....

Un fait certain, c'est que le curé de Merville a droit à son traitement de 900 fr. pendant cinq ans, et l'Évêque lui-même, pour mettre opposition, devrait en référer au Conseil d'État. Mais ce serait reconnaître la loi de Séparation...

22 Septembre 1912  -  Terrible catastrophe de Chemin de fer  -  Une épouvantable catastrophe s'est produite ce soir, vers 7 heures et demie, sur la ligne des chemins de fer du Calvados, près de Merville ou Sallenelles. Hier matin étaient partis de Caen 1200 excursionnistes pour Luc et Cabourg, sous les auspices de l'Amicale des Excursions Populaires de Caen.  La catastrophe de Merville s'est produite exactement à 7 heures 10 dimanche soir. La première rumeur en arriva à Caen vers 8 heures et se répandit vers 8 heures et demie. Des personnes qui s'étaient trouvées dans le train tamponné parlaient de sept ou huit morts. La catastrophe est moins terrible qu'on ne le supposait d'abord, puisqu’il n'y ya eu jusqu'ici que deux morts connus. Quant aux blessés, il y en a sept au moins qui le sont grièvement, dont quatre sont en traitement à l'hôpital et une vingtaine d'autres plus légèrement atteints. Il est impossible d'ailleurs à cette heure d'avoir un chiffre exact, beaucoup de personnes étant rentrées chez elles s'y faire soigner.

L'amicale des excursions populaires avait organisé à un voyage à Luc et à Cabourg, auquel prenaient part 1400 touristes. Les départs avaient lieu dimanche matin. 800 personnes allaient sur Luc, 610 sur Cabourg, tous sur des lignes des chemins de fer du Calvados. Les 610 voyageurs de Cabourg étaient répartis en deux trains, le train G et le train H. Après une journée joyeuse passée sur la charmante plage de Cabourg, les deux trains de plaisir revenaient sur Caen à 10 minutes d'intervalle. Le premier train était piloté par le mécanicien Chicon et le chauffeur Lesieur ; le second par le mécanicien Harivel et le chauffeur Marie. Le conducteur du premier train était un homme d'équipe de la gare de Saint Pierre, désigné provisoirement pour ces fonctions et qui s'en est d'ailleurs acquitté aussi bien que possible. Tous avaient reçu des instructions précises pour la marche des trains, notamment pour le croisement à Merville, à 7 heures du soir, du train régulier n° 30 de Bénouville à Cabourg.

Le train G devait arriver à Merville à 6 heures 51 ; le train H à 7 heures 01, en s'assurant avant de franchir l'aiguille, que le train 30 fut bien engagé sur la voie de garage. Le deuxième train H avait, de plus, la consigne de s'arrêter à 300 mètres de l'aiguille, de façon à éviter tout accident. Quand le premier train stoppa en face de ladite aiguille, le conducteur descendit pour la décadenasser. Malheureusement, occupé à ce travail, il ne pouvait surveiller l'arrière du train dépourvu, comme l'avant, de fanal, ainsi d'ailleurs que tous les trains de la compagnie. il était persuadé du reste que le train H observait la consigne de rester à 300 mètres en arrière, comme il l'avait recommandé à M. Harivel, au départ de Cabourg ; mais pendant qu'ils décadenassait l'aiguille, le train H arrivait à grande vitesse et un choc se produisit. Le train G fut poussé de 25 mètres en avant, et le conducteur, occupé sur la voie, faillit même être écrasé.  

La panique  -  Une terrible panique se produisit. Des clameurs s'élevèrent. Aussitôt 600 personnes se ruèrent de tous les côtés, dans la nuit tombante. Le spectacle était effrayant. Culbuté par la locomotive du train tamponneur, le fourgon de queue du premier train était monté sur le wagon de devant et l'avait aplati comme un château de cartes. Des cris d'agonie s'élevaient de dessous les décombres. Ce fut un quart d'heure d'affolement indescriptible. Des gens s'enfuirent à Caen et à Cabourg sans regarder derrière eux. Enfin, grâce à la présence d'esprit de quelques personnes, notamment d'un adjudant et d'un brigadier de gendarmerie de Caen, présent parmi les excursionnistes, les secours commencèrent à s'organiser. Des cyclistes filèrent à Caen, à Sallenelles, et à Cabourg ; ils ramenèrent trois médecins. La gendarmerie de Dives arriva, suivie bientôt de celle de Ouistreham et de celle de Caen. Bientôt on retira du wagon en miettes une victime, Mme Jourdan, tuée net, puis une autre victime qui avait l'épaule brisée, Mme Gallier. Celle-ci ne pensant à à elle-même, désignait une fillette à son côté, les deux jambes effroyablement mutilées. Des automobilistes passant par là, et réquisitionnés, se prêtèrent avec dévouement au sauvetage des blessés. Un train de secours arriva de Caen et bientôt tout le monde plus être rapatrié, les uns par automobiles, les autres par les trains.

L'arrivée  -  Une centaine de personnes, parents ou amis, attendaient, anxieux, à la gare saint Pierre, on devine leur angoisse. On a jugé sévèrement l'attitude de certains cochers de fiacre dont nous pourrons citer les noms. L'un d'eux refusa nettement de prendre des blessés dans sa voiture : il se vit dresser procès-verbal par le brigadier de police. Un autre s'éloigna, le malheureux ! En disant qu'il n'était pas la pour transporter de macchabées (sic) ! Un troisième déclara ne pas vouloir "de blessés qui saignent". Il fut amené presque de force auprès du train par notre collaborateur.  

Avril 1913  -  Les tirs sur la grève  -  Les 4 et 5 juin, le 3ème bataillon du 5e de ligne caserné à Falaise, viendra exécuter ses tirs de guerre sur la grève de Merville, au " Banc des oiseaux".  

Avril 1914  -  Téléphone. -  Le préfet du Calvados a l'honneur d'informer le public que la mise en service du téléphone à : la Boissière, Merville, Glos, Boissey, Sainte-Marguerite-de-Viette, Epinay-sur-Odon, Benneville-sur-Ajon, Livry, Cormolain, Mesles, a été fixée au 1er mai 1914.