UN SIÈCLE D'HISTOIRE DU CALVADOS

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Le GAST

Canton de Saint-Sever-Calvados

Les habitants de la commune Le Gast sont des Gatinais, Gatinaises


Février 1846   -   Cour d'Assises du Calvados.  -  Marie Colace, femme Quesnel, âgée de 30 ans, demeurant au Gast, prés Saint-Sever, avait été laissée avec ses deux jeunes enfants, par son mari, indigné de sa mauvaise conduite. Bientôt elle se trouva enceinte par suite de relations adultères qu'elle entretenait avec un jeune ouvrier. Mais elle conçut alors le projet de tuer son enfant, et elle s'efforça constamment de cacher sa grosse. Quand son mari, qui travaillait à Paris, eut appris cette nouvelle, il vint lui retirer ses enfants qu'il confia aux parents de sa femme, et s'en retourna désolé.

Le 2 décembre, elle ressentit les premières douleurs de l'enfantement, alors elle atteignit des draps pour remplacer ceux qui allaient être maculés de sang par suite de son accouchement. Elle renvoya sa sœur, et attribua à de violents maux de dents les douleurs qu'elle éprouvait. Elle s'enferma chez elle, et sans appeler personne, elle accoucha.

Le lendemain matin elle plaça son enfant avec deux pierres dans une taie d'oreiller, et alla le jeter dans un étang à 5 kilomètres de sa demeure. Bientôt ce cadavre fut découvert. Aussitôt la foule accourut, et la femme Quesnel vint prendre part à cet horrible spectacle. Les médecins reconnurent que l'enfant avait long temps vécu, et qu'il était mort par asphyxie avant d avoir été porté dans l'étang. Malgré la dissimulation de l'accusée, on avait remarqué sa grossesse, et on remarquait maintenant que la rotondité de son ventre avait diminué. Aussi le bruit public la signala, arrêtée, elle nia d'abord être accouchée, mais après l'examen des médecins, confessa que l'enfant trouvé dans l'étang, était le sien, qu’elle l'y avait jeté, mais elle soutint qu'il était né mort, enfin pressée de questions, elle s'écria, « Je suis bien malheureuse d'avoir suivi les conseils de mon amant, il m'avait dit de tuer mon enfant et de f……, le camp après, j'ai commis ce crime parce qu'il m'avait dit de le faire, voilà la vérité, et j'espère que la justice me prendra en pitié ».

Malgré des aveux si formels et répétés dans les interrogatoires, l'accusée à l'audience a voulu prétendre qu'il y avait eu de sa part homicide par imprudence, et qu'étant seul pendant son accouchement l'enfant avait pu être étouffé involontairement entre les cuisses de sa mère évanoui.

Déclarée coupable à la simple majorité, avec circonstances atténuantes, elle a été condamnée à six ans de travaux forcés, sans exposition. (Source  : Journal de Honfleur)

 

Février 1870   -   Fait divers.   -   Charles Fauvel, 20 ans, sabotier à Le Gast, à 16 fr. d'amende et confiscation des bourses destinées à prendre des lapins, saisies pour chasse dans la forêt de Saint-Sever.  

 

Juillet 1878   -  Écoles Primaires.  -  Les vacances ouvriront le jeudi 1er août, les classes rentreront le lundi 2 septembre.

 

Juillet 1878   -  Secours aux communes.  -  500 fr. à Saint-Germain-le-Vasson, pour la restauration de son église ; 1 500 fr. au Gast, pour l'achèvement de son presbytère ; 500 fr. à Clinchamps-sur-Orne, pour la reconstruction partielle de l'église ; 6 000 fr. à Ouistreham, pour la restauration de son église.

Aux communes de Montchamp, 4 500 fr. pour la construction d'une maison d'école ; de Formigny, 5 000 fr. ; de Cauville 4 500 fr. ; d'Epinay-sur-Odon, 500 fr. 

 

Décembre 1879  -  L'hiver, la neige, le froid.  - Voici l'hiver dans toute sa rigueur. Le froid a sévi sur toute la France, et sur bien des points la neige a intercepté les communications. Cette tempête a duré plusieurs jours. Le manteau de neige dans lequel la France paraissait enveloppée avait dans les endroits les moins atteints de 50 à 60 centimètres d'épaisseur.

En divers endroits, la neige, poussée et amassée par le vent, s'élevait à plus d'un mètre. Beaucoup d'habitants se trouvaient bloqués chez eux et ont été obligés de faire une tranchée pour communiquer avec leurs voisins. Depuis bien des années on n'avait vu en décembre, en si peu de temps, la neige tomber aussi abondamment.

En 1831 l'hiver fut des plus rigoureux. Le 6 décembre, de cette année, une trombe de neige s'abattit sur la ville de Caen et fit les plus grands ravages. Un café de la rue Venelle-aux-chevaux s'effondra.

En 1709, le froid fut tel qu'à l'autel les prêtres étaient obligés de mettre un réchaud à côté du calice, qui gelait, malgré cette indispensable précaution.

En 1480, le froid dura du milieu de décembre au commencement de mars, et fit beaucoup de victimes. La terre était gelée à quatre pieds de profondeur, l'eau gelait auprès d'un feu très bien alimenté.

Pendant plusieurs jours, les voitures n'ont pu circuler sur les routes.

Le service des chemins de fer a été momentanément interrompu, les trains de Paris étaient restés à Mantes. Les facteurs de la poste n'ont pu faire leur service dans les campagnes qu'en surmontant les pics grandes difficultés. De nombreux accidents se sont produits. Des voilures sont restées en détresse sur les routes.

Le froid qui est excessif a causé de nombreuses morts par suite de congestion.

Sur nos côtes, on ramassait à pleins paniers les crabes et les étrilles, engourdis par le froid. Partout le poisson abonde, on le pêche pour ainsi dire à fleur d'eau, où il demeure comme paralysé. 

 

Décembre 1879  -  Ivresse et le froid.  -  Vendredi dernier, dans la matinée, on a trouvé sur le territoire de Saint-Germainde-Livet, le corps de M. Neuville, 59 ans, jardinier au château du Boulay. Cet homme avait, paraît-il, été jeudi à Fervaques, où il s'était oublié dans les cabarets, et c'est en regagnant son domicile, dans la nuit, qu'il est tombé dans la neige, où il a succombé à une congestion cérébrale déterminée par le froid et par l'ivresse.

Vendredi, la nommée Victoire-Louise Renard, âgée de 52 ans, a été trouvée morte sur le bord du chemin vicinal allant de Saint-Sever à Fontenermont, territoire de la commune du Gast. Cette mort est due à une congestion cérébrale, occasionnée par l'ivresse et le froid.

 

Mai 1880  -  Incendie.  -  Le moulin du Gast, appartenant à MM. Roullard père et fils, a été détruit par un incendie dont la cause est inconnue. Le mobilier, ainsi que quatre chevaux et deux poulains qui étaient dans l'écurie  n'ont pu être sauvés. La perte est estimée 25 000 fr.  

 

Janvier 1884  -  Le crime de Gast.    Lundi, le sieur Dubourg, 65 ans, charpentier au Gast, rentrant chez lui le soir à 9 heures, se prit de querelle avec sa femme, qui lui jeta au visage une poignée de vannette de sarrasin. Furieux, il prit un revolver et déchargea sur elle six coups dont la plupart l'atteignirent. Elle put cependant fuir, et, grâce à l'obscurité, se traîner jusqu'au village voisin. Dubourg s'est constitué prisonnier. Sa femme, dont l'état est très grave, est âgée de 56 ans, il l'avait épousée en secondes noces. Ils avaient, il y a quelques années, commencé à plaider en séparation de corps, mais ce procès n'avait pas abouti. Dubourg est, dit-on, conseiller municipal au Gast. Quel drôle de produit du suffrage universel !  

 

Octobre 1893  -  Tué par sa faute.  -  L'autre dimanche, vers sept heures du soir, le sieur Émile Saucey, 50 ans, demeurant à Neuville, revenait de Saint-Germain-de-Tallevende, où il était allé dans l'après-midi. Sa voiture était chargée d'un tonneau vide, et, selon la mauvaise habitude qu'ont presque tous les habitants de la campagne, il s'était perché sur ce tonneau pour conduire. Arrivé au village du Gast, le cheval fit un écart. Émile Saucey fut jeté dans le chemin. Il se brisa la colonne vertébrale et tomba raide mort. (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Novembre 1893  -  Attentat à la pudeur.  -  Théophile Leclere, 42 ans, étameur au Gast, est poursuivi pour avoir commis des attentats à la pudeur sur sa fille âgée de 12 ans. Il nie et le jury ne trouvant pas les faits qui lui étaient reprochés suffisamment établis, l'a acquitté. Mais Leclerc, qui est un ivrogne et un brutal, va passer en police correctionnelle pour mauvais traitements envers sa femme. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Novembre 1893  -  Conscrit retenu malgré eux en leurs foyers.  -  Dimanche, Auguste Eude, 21 ans, au Gast, conscrit de 1892, devait rejoindre, le 14, un régiment de cuirassiers en garnison à Paris. Il voulut tuer une volaille. A cet effet, il s'empara d'un vieux fusil double à piston, mit le volatile en joue et lâcha la détente de l'arme, mais le canon, qui était vieux et usé, éclata entre ses mains et lui causa des blessures assez graves à la main gauche. Il eut notamment l’auriculaire coupé jusqu'à la première phalange, et le bout de l’annulaire fut enlevé jusqu'au-dessous de l'ongle.

— Le sieur Octave Gibon, 21 ans, demeurant à Colombières, est un autre conscrit qui devait partir le même jour. Il était monté dans un arbre, il est tombé de la hauteur de 10 mètres, par suite de la rupture d'une branche, et s'est cassé les bras.  (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Août 1894  -  Bestialité.   -   Auguste Hulin, 21 ans, maçon, a été vu dans un champ du Gast, arrondissement de Vire, essayant de commettre sur une brebis un acte contre nature. Quand on a relevé la brebis, elle était à bout de force et pouvait à peine marcher par suite de l'acte ignoble auquel Hulin avait voulu se livrer sur elle. Procès-verbal a été dressé, malgré les dénégations de Hulin. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Août 1894  -  La Cocotte.   -  Dans divers cantons de la Manche, limitrophes du Calvados, la fièvre aphteuse prend un tel caractère envahissant que le préfet a pris un arrêté interdisant l'introduction dans le Calvados des animaux des espèces bovine, ovine, caprine et porcine de la Manche. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Août 1894  -  Les orages.   -   Depuis dix jours, notre contrée est sous le coup d'orages désastreux, les récoltes sont en souffrance, les pommes de terre se gâtent, les fruits ne mûrissent pas ou pourrissent aux arbres. La nouvelle lune parait vouloir nous être clémente. Il n'est pas trop tôt. (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Janvier 1896  -  Attention.  -  Le ministre vient d'ordonner que les auteurs d'acte de cruauté ou de mauvais traitements excessifs envers les animaux, soient rigoureusement poursuivis, ainsi que les personnes qui se servant de chien pour faire traîner leurs camions. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Janvier 1896  -  Trop parler cuit.  -  L'abbé Émile Vergand, 33 ans, desservant de la commune du Gast, a eu en prêchant, un écart de langage qui l'a amené devant le tribunal correctionnel de Vire. 

L'abbé Vergand, à la fin de l'un, de ses sermons, aurait dit : « Il est malheureux de voir la France de Clovis, de Charlemagne et de Saint Louis, gouvernée par des sectaires et des  énergumènes, et j'ai l'espoir de voir bientôt tomber ce gouvernement de polichinelles ». 

Ces faits étant parvenus aux oreilles de la justice, une enquête fut ordonnée et une! poursuite intentée. L'abbé Vergand ne s'est pas fait défendre, il a lui-même présenté au tribunal les observations qu'il croyait devoir faire connaître, ajoutant, que c'est sans trop se rendre compte des paroles qu'il prononçait que ces mots regrettables étaient sortis de sa bouche. Il a été condamné à 100 francs d'amende. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Mars 1898  -  Incendies. -  D'un immeuble à la dame Guesdon, au Gast. Perte, 2 000 fr. 

— D'un corps de bâtiment à la dame veuve Marc, à Noyers-Bocage. Perte, 4 000 fr. (source le Bonhomme Normand) 

 

Juin 1898  -  Coups de couteau.     Le sieur Chancerel, à Coulouvray (Manche), sortait d'une auberge du Gast, près St-Sever, lorsque, sans motif et sans provocation, le nommé Guermont lui porta plusieurs coups de couteau. L'état du blessé est assez grave. (source le Bonhomme Normand)

 

Août 1898  -  Suicides.     Le sieur Julien Legras, 76 ans, charpentier, pensionnaire à l'hospice de Vire, s'est donné la mort en se jetant dans la Virène à Saint-Martin-de-Tallevende. Le malheureux, veuf depuis trois mois, ne pouvait se consoler de la perte de sa femme.

— Le sieur Louis Anfray, 54 ans. cultivateur au Gast, près St-Sever, s'est pendu à un hêtre dans un champ situe près de son habitation. Il était depuis quatre ans, à la suite d'une maladie grave, hanté d'idées noires.

— Octave Pupin, maçon à Dives-sur-Mer, s'est tué d'un coup de-feu.

— On a trouvé pendu le sieur Pierre Gaudin, 68 ans, couvreur à Cambremer.

— Le sieur Maurice Guével, 36 ans, ouvrier d'usine à Ablon, s'est pendit à un arbre dans son jardin. On attribue son suicide à un dérangement des facultés mentales par suite d'abus des boissons alcooliques. (source le Bonhomme Normand)

 

Octobre 1898  -  Les Cabarets ont du bon.   -  Un dimanche soir, Victor Potel, sacristain de la paroisse du Gast, canton de Saint-Sever, trinquait en compagnie de plusieurs amis dans un cabaret de la commune. La femme Victor Potel, de son coté, était allée faire une course, lorsqu'elle rencontra Prosper Potel, un parent de son mari, avec lequel ils ne sont pas  cousins. Celui-ci renversa la femme Potel et lui porta à la tête plusieurs coups de pied qui lui firent perdre connaissance. Comme il n'y avait pas de témoins, Prosper Potel prétendit que c'était son cousin Victor Potel qui avait ainsi arrangé sa femme. 

Heureusement pour lui, Victor Potel put prouver qu'il n'avait pas quitté le cabaret. Prosper Potel a donc été poursuivi, mais il n'a été condamné qu'à quinze jours de prison.  (source le Bonhomme Normand)

 

Juin 1899  -  Pour ne pas être soldat.   -   Le sieur Alfred Amiard, 20 ans, domestique au Gast, avait passé en révision à Saint-Sever et, contre son attente, avait été reconnu bon pour le service. Après avoir fêté, comme il est d'usage, il alla avec plusieurs amis, comme lui abominablement gris, chez un parent demeurant près du bourg. Puis il lui dit que sa famille serait bientôt réunie à l'occasion de son enterrement.

Tirant alors un couteau de sa poche, il s'en porta, devant ses amis rassemblés, un coup à la gorge, se faisant une plaie de sept centimètres de longueur.

Le lendemain, Amiard succombait dans d'atroces souffrances à la suite de la blessure qu'il s'était faite volontairement, et cela par crainte d'être soldat. (source le Bonhomme Normand)

 

Juillet 1899  -  Infanticides.  -  La rumeur publique soupçonnait d'accouchement clandestin la fille Maria Grézel, 28 ans, journalière au Gast, près St-Sever.

Interrogée par la gendarmerie, elle nia d'abord, puis finit par passer des aveux. Elle déclara être accouchée, il y a un mois, seule, dans un champ, au bout de six mois de grossesse, elle avait enveloppé son enfant dans son tablier et l'avait caché dans une boulangerie de ferme où il fut découvert.

L'autopsie a démontré que l'enfant était venu à terme, il n'avait plus que la peau et les os. La fille Grézel, qui n'a pas l'air de se douter de l'énormité de son crime, est déjà mère d'une petite fille dont ses parents se sont chargés.

Dès 1896, on la soupçonna d'infanticide, mais elle ne fut poursuivie que pour suppression d'enfant et condamnée à un an de prison. D'après la fille Grézel, ce serait la misère qui l'aurait poussée, encore cette fois, à commettre son crime. Elle a été arrêtée.  (source le Bonhomme Normand)

 

Octobre 1899   -   Pauvre fou.   -   La gendarmerie de Juvigny (Manche] a arrêté le nommé Lemardelé, cultivateur au Gast, près Saint-Sever, atteint d'aliénation mentale et qui avait la manie de s'approprier les objets servant à attacher les bestiaux dans les champs. (source le Bonhomme Normand)  

 

Novembre 1899   -   Une incorrigible.   -   Il y a neuf ans, la fille Maria Grezel, aujourd'hui âgée de 28 ans, journalière au Gast, près Saint-Sever, devenait mère. Elle confia l'enfant à ses parents, qui l'ont élevé. 

En 1896, elle se trouva de nouveau enceinte et fut condamnée à un an de prison pour avoir volontairement supprimé deux enfants nouveau-nés dont elle était accouchée, car il ne put être établi que ces enfants eussent vécu. 

Au mois de mai dernier, la fille Grezel se trouva encore grosse. Comme en 1896, elle a fait disparaître son enfant et l'a caché dans une boulangerie où le cadavre a été trouvé en décomposition. Cette fois encore, il n'a pu être prouvé que l'enfant avait vécu et la récidiviste a été condamnée par le tribunal de Vire à deux ans de prison, toujours pour suppression d'enfant. (source le Bonhomme Normand)

 

Février 1900   -   Mort accidentelle.    Le sieur Chéruel, domestique à St-Pois (Manche), revenait de la gare de St-Sever, monté dans une voiture que conduisait son maître. 

En arrivant au Gast, ce dernier demanda à son domestique s'il dormait. Comme il se tournait pour lui répondre, Chéruel tomba entre la roue et la voiture, se blessant gravement à la poitrine et à la nuque. Transporté dans une maison voisine, il y succomba peu après. (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Octobre 1900   -   Rebouteurs condamnés.  -  Frédéric Fouquè et son fils Joseph, demeurant au Gast, arrondissement de Vire, ont la réputation de remettre admirablement les membres cassés. Ils sont connus à vingt lieues à la ronde et renommés pour leur adresse.

Cependant elle est parfois en défaut, car le jeune Touyon, qui s'était cassé le bras gauche, ayant eu recours à l'adresse des Fouqué, est resté infirme de ce membre, ce qui a motivé sa réforme comme soldat.

Un autre, Louis Enjourbault, garçon meunier, s'étant cassé la jambe gauche, fut confié aux Fouqué qui remirent si mal la jambe qu'Enjourbault boitera toute sa vie.

Ces faits étant parvenus à la connaissance du parquet, les deux rebouteurs ont été poursuivis et condamnés : le père à 25 francs d'amende et le fils à 16. francs pour exercice illégal de la médecine. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Mars 1901   -   Les danger des armes à feu.  -  Le sieur Constant Marin, 19 ans, demeurant chez son père, meunier au Gast, près Saint-Sever, s'était blessé grièvement à l'œil en déchargeant son fusil. Venu à Caen pour se Faire opérer, il a succombé au tétanos. (Source  : Le Bonhomme Normand)  

 

Juin 1903   -   Morts accidentelles.  -   On a repêché d'une mare, au Gast, près St-Sever, le cadavre de la nommée Rosalie Foucher, célibataire, 76 ans. On croit à un accident, car cette femme avait la vue très faible.

— Le sieur Benoît Corneville, 32 ans, journalier à Hermival-les-Vaux, près Lisieux, avait été blessé à une main d'un coup de fusil en tuant des rats. La blessure parut tout d'abord peu grave, mais, le tétanos s'étant déclaré, le malheureux est mort après d'atroces souffrances.

— Lundi après midi, une barque de pêche montée par les sieurs Derelle, Morin et Madrainville, revenant de Trouville où ils étaient allés vendre du poisson, a chaviré tout à coup à l'embouchure de la Dives. Derelle et Morin parvinrent à gagner la rive, mais Madrainville coula à pic. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Juin 1903   -   Impôt sur le revenu.  -  Ce projet de loi a été déposé à la Chambre. Il se compose :

1° de la taxe personnelle portant sur le revenu provenant des loyers, des rentes, du commerce, du travail, des emplois et même des retraites.

2° de la taxe mobilière fixée d'après le loyer.

— En ce qui concerne l'impôt sur le revenu, c'est le contrôleur qui l'estimera à charge par lui de prouver l'existence du revenu indiqué.

Sont affranchis de l'impôt, ceux dont le revenu est inférieur à 500 fr., à 700 fr., à 900 fr., à 1 200 fr. et à 1 600 fr. selon l'importance de la population.

A Caen, les personnes ayant un revenu inférieur à 1 600 fr. seront exonérées de l'impôt. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Juin 1908  -  Incendie.   -   Samedi dernier, vers 10 heures du soir, un incendie s'est déclaré dans un corps de bâtiment à usage de maison d'habitation, granges, étables et remises, situé à 100 mètres environ de toute habitation. Tout le mobilier et en résumé tout ce qui se trouvait à l'intérieur du domicile des locataires les époux Tétrel et Feuillet, a été complètement détruit. Un petit bâtiment à usage de cave, éloigné de 6 mètres environ, a été également détruit. 

Les dégâts, en partie couverts par une assurance, s'élèvent à environ 850 fr.  Le préjudice causé à la propriétaire, Mme Roger, est estimé à 3 200 francs et assuré pour 3 000 francs . (Source : Le Moniteur du Calvados)

 

Juin 1914   Incendie. -  Le 7 juin dernier, Mme Catherine Hervieu, propriétaire au bourg du Gast, ayant allumé un grand feu de bois sec s'absenta un quart d'heure environ. Pendant  ce laps de temps une étincelle communiqua le feu à un petit lit placé près de l'âtre. En rentrant, Mme Hervieu aperçut son lit qui flambait. Le feu prenant de l'extension, gagna le plafond en bois. Grâce au secours des voisins, on put préserver les bâtiments contigus en jetant à terre la toiture de chaume qui commençait à brûler. La maison de Mme Hervieu, composée d'une ancienne cuisine à usage de chambre, de débarras avec  grenier dessus, a été en partie détériorée. 

 

Décembre 1915  -  Enfant broyé dans un moulin.  -  Pendant une courte absence de Mme Marin, meunière au Gast, prés Saint-Sever, ses deux enfants, Raymond et Victor, 9 et 8 ans,  pénétrèrent dans le moulin, malgré sa défense. Le plus jeune, Victor, eut ses vêtements happés par une poulie et la tête projetée contre la pierre supportant l'arbre de couche. Quand on put dégager le pauvre petit, ce n'était plus qu'un cadavre.  

 

Juillet 1917  -  Mort pour la France. -  MM. Jean-baptiste Richard, Victor Villain, Léon Mauduit.

Avril 1919  -  Un violent incendie  -  Un incendie d'une très grande violence s'est déclaré la semaine dernière dans la maison habitée par M. Richard, 47 ans, cultivateur au Noir-Cheval, en la commune de Le Gast. L'incendie ne fut aperçu que vers 11 h. 30 par M. Barbot, 53 ans, cultivateur, aussitôt  l'alarme fut donnée mais en raison de la violence du vent, M. Barbot et quelques autres personnes ne purent arrêter l'incendie. Une armoire, trois chaises et quelques menus objets furent sauvés. L'habitation, dont la toiture était en paille, il se composait d'une cave, d'une cuisine, d'une étable, d'un grenier où se trouvaient 2.000 kilos de foin et d'une autre pièce abritant un pressoir et divers instruments aratoires, le tout fut détruit en deux heures. Au moment où sa maison était en flammes, M. Richard et son fils étaient aux champs ; M. Richard père, âgé de 85 ans. se trouvait dans un herbage assez éloigné du lieu du sinistre et c'est seulement vers 14 heures que M. Richard apprit que sa maison était brûlée.  

Juin 1925  -  Tentative de meurtre.  -  La commune de Le Gast, située à 18 kilomètres de Vire, si renommée pour son beau granit bleu et la curiosité de sa pierre coupée et de son « Pain de sucre », a été le théâtre d'un drame.

Dans cette commune vivent au village de la Heunière, sur un lopin de terre d'une contenance de 25 vergées, les époux Harivel, le mari âgé de 54 ans, est ouvrier tailleur de pierre, employé à l'entreprise Rogereau, à Le Gast, la femme, née Rogerine Marie, âgée de 39 ans, originaire de Coulouvray-Boisbenatre s'occupe des travaux de la ferme. Ce ménage est loin de vivre en bonne intelligence et le drame qui s'est déroulé n'a nullement surpris le voisinage.

Une querelle pour un motif futile éclata lundi soir vers 15 heures entre les époux Harivel. Le mari, au comble de la colère, s'arma d'un fusil « Faucheux » et froidement il épaula son arme et, à 30 mètres environ, tira sur sa femme qui était en train de prendre son repas sous un pommier.

La malheureuse atteinte par la décharge fit quelques cents mètres et s'écroula dans un jardin potager d'où elle fut relevée quelque temps après par des voisins qui la transportèrent chez elle.

Pendant ce temps Harivel était allé se constituer prisonnier auprès du maire, M. Legoupil.

Le docteur Fontaine et la gendarmerie de Saint-Séver, prévenus, se rendirent sur les lieux du drame et tandis que les gendarmes se livraient à une première enquête, le docteur Fontaine retirait des chairs de la victime 58 plombs.

L'état de la femme Harivel, quoique grave, n'est pas désespéré. La rumeur publique est unanime a reconnaître en Harivel un homme travailleur, mais quelque peu sournois et aimant beaucoup à boire. Le Parquet s'est transporté sur les lieux.

 

Septembre 1936  -   Un cycliste gravement blessé.  -  M. Henri Huet, 35 ans, agent d'assurances à Saint-Michel-de-Montjoie, abordait en automobile, tenant le milieu de la route, le virage de la Vierge, territoire du Gast. 

A ce moment arrivait en sens inverse et tenant également le milieu de la route un cycliste nommé Théodore Lemonnier, 34 ans, cultivateur au Gast. 

Une collision se produisit et le cycliste, après avoir reçu les premier soins d'un médecin dut être transporté, à l'hôpital de Vire dans un état grave. (Source : Le Moniteur du Calvados)  

Novembre 1938   -  Des cambrioleurs opèrent au Gast.   -   M. Pierre Lory, 57 ans, retraité, demeurant à Paris, possède à la Tuandière, commune de Le Gast, deux petites habitations qui viennent d'être cambriolées.

En effet, M. Lory trouva les portes forcées et les carreaux brisés.

Pénétrant dans les appartements, il eut la désagréable surprise de constater que les meubles avaient été fouillés et que des vêtements, du linge, des objets divers, avaient disparu. Il estime à 5 000 francs le préjudice qui lui est est causé. (Source  : Le Moniteur du Calvados)  

 

Juin 1939   -   Un chien décime des troupeaux.  -  M. Poirier René, 22 ans, cultivateur au Gast, avait mis au pacage deux brebis accompagnées de leurs agneaux, au nombre de trois. Le soir, il trouva un de ses agneaux mort. La pauvre bête avait été éventrée.

M. Potel, son voisin, âgé de 69 ans, avait lui aussi, dans un champ, deux brebis et quatre agneaux, l'une des brebis a eu l'oreille arrachée et les agneaux ont été plus ou moins grièvement mordus. Le chien qui a détruit une des bêtes et a mutilé les autres, appartient à M. Le Bail Pierre, 40 ans, cultivateur à Saint-Michel-de-Montjoie.  (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Mai 1941   -  Avis à la Population.   -   La Feldkommandantur du Calvados rappelle à la population que toute personne découvrant soit sur la voie publique, soit dans une propriété privée des objets ou imprimés suspects, tels, par exemple, que des tracts jetés par avion, doit en faire la remise à l'autorité militaire allemande la plus proche.

 

Juin 1941  -  Tragique fin de fête.  -   Étant allé voir des parents à Coulouvray (Manche), le dimanche 25 mai, M. Auguste Launay, 83 ans, rentier à Champ-du-Boûlt, rentrait chez lui ce soir-là quand, se trompant de route, il tomba dans une carrière désaffectée au lieu dit La Commune, en « Le Gast ». Son cadavre, le crâne brisé, ne devait être retrouvé que plusieurs  jours après.  

 

Janvier 1945  -  Au feu !  -  Un bâtiment loué à M. Guilement, village de la Brousse, à la Gast, et appartenant à M. Pellerin, de Paris, a été dévasté par un incendie. (Source : Le Bonhomme Libre) 

 

Juin 1945  -  Jeu dangereux.  -  Au Gast, un incendie, provoqué par la chute sur le toit de chaume d’une fusée tirée par Roger Coquelin, 34 ans, s’est déclaré dans l’habitation de M.  Julien Marie, tailleur de pierres.

La maison a été détruite, le mobilier et un peu de linge ont pu être sauvés. L’auteur involontaire du sinistre sera poursuivi pour détention et usage de matériel de guerre.  (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Février 1946  -  Deux sinistres.  -  Au Gast, un incendie, qui débute par un feu de cheminée, a détruit un bâtiment long de 16 m. et large de 7, dépendant de la ferme de M. Henri Caruel. Les flammes après avoir consumé un plafond de bois, se communiquèrent au fourrage que contenait le local sinistré.

Au Château de Coulonces ou est cantonnée une section d’une Compagnie de Transmissions, un autre incendie a causé 15 000 fr. de dégâts. Il aurait été également provoqué par un  feu de cheminée que l’on avait cru circonscrit et qui se ranima. (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Juillet 1946  -  Une « sonnerie » mémorable.  -  Un carillon improvisé vers minuit les habitants du Gast. Cette fantaisie était l’œuvre de trois jeunes gens de la commune, Marcel Cousin, 20 ans, boulanger ; Désiré Bouton, 21 ans, carrier, et d’Ernest Poisnel, 20 ans, granitier à Couleuvray, qui accompagnés des nommés Allemand et Taillardan, avaient pénétré par effraction dans l’église.

Le lendemain, ce fut au tour des gendarmes à leur « sonner les cloches » avec les contraventions d’usage. (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Juillet 1946  -  Sinistrés, attention !  -  C’est le 31 juillet prochain qu’expire le délai prévu pour le dépôt des déclarations de sinistrés concernent les dommages de guerre. Sauf en ce qui concerne les mobiliers familiaux et les personnes n’ayant pas la qualité de commerçant. Il est suffisant que ces déclarations contiennent des précisions sur l’identité du sinistre, la nature et l’emplacement du bien détruit ou endommagé et l’origine du sinistre. Le dossier complet ne sera exigé qu’ultérieurement.

Renseignements complémentaires dans les mairies ou les délégations départementales de la Reconstruction. (Source : Le Bonhomme Libre)

Le GAST  -  Vue générale du Bourg

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