UN SIÈCLE D'HISTOIRE DU CALVADOS

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GÉFOSSE - FONTENAY

Canton de Isigny-sur-Mer

Les habitants de la commune sont des Géfossiens, Géfossiennes

Septembre 1844   -  Police correctionnelles.   -   Audiences des 7 et 9 septembre.

  Six mois de prison ont été prononcés contre Jean-Baptiste Dubosq, journalier à St-Lô, pour rupture de ban et escroquerie exercée envers les époux Levieux, cabaretiers à Osmanville.

   Louis-Gustave Jeanne, tourneur en bois à Bayeux, convaincu de plusieurs escroqueries, a été condamné en treize mois de prison.

   Le tribunal a condamné Gabrielle Fontaine, Jacques Lange, la femme Lange, Auguste Duclos, la femme Duclos, la femme Leglinel, la femme Bertrand, la femme Jacques Louis, Jules Damour et enfin Gabriel Cosne, tous de Littry, en une amende, pour les uns de 8 fr., pour les autres de 5, de 3 et de 1 fr. pour voies de fait et violences exercées contre le sieur Ravenel, de la même commune. (source : L’Indicateur de Bayeux)

 

Septembre 1844   -  Avis aux maires.   -   L'administration préfectorale vient d'adresser à MM. les maires du Calvados la circulaire suivante : Caen, le 12 septembre 1844.

Messieurs, je crois utile d'appeler votre attention sur la disposition de l'article 34 du décret du 23 juin 1806, concernant la police du roulage. Cet article est ainsi conçu :

Tout propriétaire de voitures de roulage sera tenu de faire peindre sur une plaque de métal, en caractères apparents, son nom et son domicile : cette plaque sera clouée en avant de la roue et au côté gauche de la voiture, et ce, à peine de vingt-cinq francs d'amende : l'amende sera double si la plaque portait, soit un nom, soit un domicile faux ou supposé.

Quoique cette disposition soit aussi claire que précise, il arrive journellement qu'on s'en écarte. Des propriétaires font clouer la plaque au collier du cheval de limon ; d'autres la remplacent par une bande de papier portant leur nom et leur domicile. En agissant ainsi, non-seulement ils se mettent en contravention avec les prescriptions du décret, mais encore ils appellent sur ces infractions l'attention des agents chargés de les constater. De là une foule de procès-verbaux nécessairement suivis de condamnations.

Je vous engage, Messieurs, à profiler de vos relations avec vos administrés pour leur rappeler qu'il est indispensable, pour prévenir les poursuites, que la plaque soit en métal, qu'elle soit clouée sur la partie de la voiture indiquée par le décret, et que l'inscription qu'elle porte soit lisible et apparente. (source : L’Indicateur de Bayeux)

 

Novembre 1848  -  Nouvelles Maritimes.   -  Un sloop anglais monté de deux hommes seulement a fait naufrage dans la nuit du 11 au 12 novembre sur la côte de Gefosses ( arrondissement de Bayeux ). Le navire était sur lest, on ignore sa destination et à quel port il appartient.

Les cadavres ont été retrouvés le 13, l'un parait âgé de 55 à 60 ans, l'autre d’environ 50 ans.

— Le brick français l’ « Artilleur », du Havre, allant de Newcasle à Toulon, a été abordé en mer par un navire anglais qui a fait de fortes avaries à ses voiles et à son gréement, et cassé son beau-pré et son grand mat de hune. Ce navire a pu relâcher à Cherbourg, faisant beaucoup d'eau.

BOULOGNE, 17 novembre. — Un bateau pécheur, en arrivant ce matin à l'entrée de la passe a chaviré, et l'équipage composé de sept personnes a été entièrement noyé.

FÉCAMP, 22 Novembre. — Le brick terre-neuvier « Amitié », cap, Magnan, est entré ce matin, de seconde pêche, avec un chargement de 15 000 morues. Les mauvais temps sont cause de ce peu de réussite. (source Journal de Honfleur)

 

Août 1860  -  Réunion de communes.  -  Réunion de la commune de Fontenay à celle de Géfosse, le Conseil général, prescrivant d'instruire le projet de réunion de la commune de Fontenay à celle de Géfosse, une enquête administrative, un plan d'ensemble des deux communes, et l’avis de Mgr l'évêque de Bayeux et de Lisieux  favorables au projet de la réunion, est incontestablement favorable aux intérêts municipaux des deux communes, que la situation topographique de Géfosse et son importance relative désignent cette commune comme chef-lieu de la nouvelle circonscription communale, il y a lieu de réunir la commune de Fontenay à celle de Géfosse, sous le nom de Géfosse-Fontenay.

 

Juin 1879   -  Secours et subventions.  -  Le gouvernement vient d'accorder 25 000 fr. pour achever les travaux d'assainissement de la Dives.   -   Des secours ont été accordés aux communes ci-après : Maisons, pour construction d'une école mixte, 600 fr.   -   Saint-Jean-des-Essartiers, pour restauration du presbytère, 600 fr.  -  Cesny-aux-Vignes, pour restauration de l’église, 500 fr.   -   Geffosses-Fontenay, pour acquisition d'un autel, 300 fr.   -   Saon, pour acquisition de mobilier à l'église, 300 fr.

 

Juillet 1879   -  Les pluies d’aujourd’hui et les pluies d’autrefois.  -  Dimanche dernier, on a lu dans toutes les églises une circulaire de Mgr  l'évêque de Bayeux ordonnant des prières publiques pour la cessation de la pluie. Il faut remonter à plus d'un siècle et demi, à 1725, pour trouver une année aussi pluvieuse que 1879. 

En 1725, la pluie ne cessa de tomber trois mois durant, on fit également des prières publiques et on promena dans Paris la châsse de sainte Geneviève. La pluie cessa deux jours après. Nous, sommes moins heureux en 1879, car depuis que les prières publiques sont commencées, la pluie tombe de plus belle, sans aucun égard pour les circulaires et les prières épiscopales.  

 

Mars 1881  -  Un homme noyé.  -  Vendredi, le nommé Victor Dubois, âgé de 62 ans, jardinier à Maisy, s'est noyé à la mer en péchant aux moules. Son corps a été trouvé sur la côte, à Geffosses-Fontenay. Cet homme a dû se laisser surprendre par la marée montante.  

 

Mai 1894  -  Tué par un taureau.   -  Le sieur Magloire, 61 ans, gardien d'herbages, a été mutilé par un taureau appartenant au sieur Delphin Hue, à Gefosse-Fontenay, canton d'Isigny.  Le malheureux, qui avait été horriblement mutilé, est mort de ses blessures. Le propriétaire, à différentes reprises, l'avait prévenu de ne pas passer dans l'herbage où se  trouvait le taureau qu'il savait très méchant. Magloire, pour abréger son chemin, persistait à y passer. Il est donc mort victime de son imprudence. (Source  : Le Bonhomme Normand) 

 

Février 1896  -  Tribunal de Bayeux.  -  Victorine Lévêque, 52 ans, journalière à Cricqueville-sur-Mer, 4 mois et Louise Lévêque, femme Jeannette, 29 ans, 2 mois, vols à Cricqueville.  

— Angeline Marie, femme Mahier, 29 ans, servante à Englesqueville, s'était louée à une dame Petit Dulongpré, qui lui a versé 12 fr. de vin, à un sieur Pain, cultivateur à Longueville, qui lui a donné 11 fr., enfin, au sieur Mouillard, cultivateur à Grandcamp, qui lui a remis 15 fr., mais elle ne s'est pas présentée chez ces personnes, 15 jours.

— Jules Yvon, 36 ans, et Jean Dupont, 37 ans, vol de cidre chez le maire de Montfiquet, chacun 6 Jours de prison.

— Victor Perrier, 29 ans, bris de clôture chez le sieur Chouquard, restaurateur à Bayeux, 2 mois

— Aimé Victoire, 25 ans, journalier à Caenchy, vol de cages à pommiers au sieur Hébert. 15 jours.

— Alfred Mahier, coups à la dame Marie, demeurant à Caenchy, 2 mois.

— Léon Gouet, 27 ans, journalier à Geffosses-Fontenay, vol de deux chiens au sieur Ravenel, 1 mois. (Source  : Le Bonhomme Normand) 

 

Octobre 1898  -  Danger des armes à feu.   -    Un jeune domestique de 21 ans, à Gèfosses-Fontenay, près Isigny, se servait d'une arme à feu, lorsque le coup partit lui enlevant l'index de la main droite.  (Source  : Le Bonhomme Normand) 

 

Août 1899  -  Une noyée.  -  Mercredi, une jeune fille de Saint-Germain-des-Pert, nommée Mlle Hamel, s'est noyé en prenant un bain, sur la plage de Géfosses, petite commune située sur le littoral, entre Isigny et Grandcamp.

Le corps de cette malheureuse a été trouvé le même jour devant le casino. Les effets de la fille Hamel étaient à 300 mètres en aval de cet établissement, endroit où elle avait dû se  baigner. On suppose qu'elle a succombé aux suites d'une congestion. Des formalités d'usage ont eu lieu pour constater cette mort.  (Source  : Le Bonhomme Normand) 

 

Juin 1900   -   Noyé dans un fossé.  -  On a découvert, à Géfosses, près Isigny, dans un fossé où il était tombé accidentellement, et la tête enfoncée dans quelques centimètres d'eau,  le sieur Magloire Coubrun, tisserand.

Coubrun, dont la santé était très mauvaise, avait souvent des éblouissements. (Source  : Le Bonhomme Normand)  

 

Novembre 1900   -   Incendies.  -   A Géfosse-Fontenay, au lieu dit le « Casino », d'un bâtiment en planches de 18 mètres de longueur, appartenant au sieur Manier, débitant à Maisy. Des vins, eaux-de-vie et liqueurs ont été brûlés. Pertes, environ 7 000 fr. Assuré.

 — A Saint-Martin-de-la-Lieue, dans une cave renfermant des bourrées et appartenant au sieur Castelain, journalier. Non assuré.

 — D'une maison à usage de café, au sieur Breux, chaussée de Colombelles. Pertes, 3 000 fr. Assuré.

— Dans le grenier du sieur Lemonnier, boulanger à Honfleur. Pertes, 4 500 fr. Assuré. (Source  : Le Bonhomme Normand) 

 

Novembre 1900   -   La poste fermée le dimanche.  -  A partir du 1er novembre, les guichets des postes, télégraphes et téléphones seront fermés à midi les dimanches et jours fériés. La remise des lettres poste restante et le paiement des mandats télégraphiques seront assurés l'après-midi par les agents des guichets télégraphiques.

— Quant aux malheureux facteurs, ils continueront à trimer toute l'après-midi, les dimanches comme les autres jours. (Source  : Le Bonhomme Normand)  

 

Mai 1901   -   Mort accidentelle.  -  Le sieur Isaïe Marie, boulanger, épicier et débitant de boissons à Saint-Sauveur-Lendelin (Manche), était venu à Géfosses, près Isigny, avec une voiture attelée de deux chevaux, pour y prendre de l'engrais de mer.

La voiture à moitié chargée, Marie voulut accrocher les chaînes des côtés de la maringote, mais les chevaux, pris de peur, partirent au galop, Marie fut renversé brusquement et tomba, se blessant gravement au côté.

Transporté à son domicile, le malheureux y est mort après d'horribles souffrances. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Mai 1901   -   Le temps probable (6 – 12 mai).  -   Le temps d'abord probablement assez froid dans la nuit du 5 au 6 mai veut ensuite se réchauffer rapidement, ce qui amène des pluies orageuses du 6 au 8, puis, après s'être refroidi les deux jours suivants, le temps se reprend à se réchauffer et enfin devient couvert ou pluvieux du 12 au 13 mai. Albert Barthot, Aublgny (Cher).  (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Juillet 1901   -   Accidents mortelles.  -  La veuve, Quintaine, journalière à Montbertrand, près Bény-Bocage, était montée sur une échelle, d'où elle passait des bottes à une autre  personne qui les tassait dans un grenier. Soudain, perdant l'équilibre, elle fut précipitée sur le sol, se brisant la colonne vertébrale. Elle est morte sur le coup.

— Le sieur Prosper Chartes, 27 ans, domestique à Géfosses-Fontenay, est tombé sous la roue de sa voiture. Il n'a survécu que quelques minutes. (Source : Le Bonhomme Normand) 

 

Mars 1903   -   Sans concurrent.  -  M. Hue, maire de Géfosses, a été élu conseiller d'arrondissement d'Isigny, en remplacement de M. Demagny, nommé conseiller général. M. Hue n'avait pas de concurrent. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Juillet 1904  -   Tamponné.  -  Un sieur François Harivel, 35 ans, journalier à Maisy, voulait prendre le train pour Isigny. Comme il était complètement ivre, il n'attendit pas l'arrêt et tomba sur la voie, près du garage de Géfosse. 

Un autre train arriva avant qu'il ait pu se relever et, malgré les efforts du mécanicien, Harivel fut atteint à la tête par la locomotive et un wagon. Ses blessures ne sont pas mortelles. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Mars 1907  -  Important vol de bois.  -  M Gustave Hue, propriétaire à Géfosse-Fontenay, s'apercevait depuis environ deux mois que des malfaiteurs dévalisaient journellement ses clôtures et lui volaient du bois.

M. Hue ne dit rien tant que les voleurs ne s'attaquèrent qu'au petit bois, mais, depuis huit jours, s'étant aperçu qu'on s'attaquait aux jeunes arbres et que 50 frênes, ormes et chênes, avaient disparu, il a porté plainte. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Avril 1924  -  Un drame sanglant .  -  Dans la soirée de samedi un drame sanglant s’est déroulé dans une ferme située sur le territoire de la commune de Geffosse-Fontenay, près d'Isigny. M. Lesouef, cultivateur, avait à son service trois domestique, les nommé Hautemanière Lecornichon et Bonaparte. Ces deux derniers étaient animés d'une jalousie féroce contre leur camarade Hautemanière, devenu l'homme de confiance du fermier. Des discussions fréquentes éclataient, entre eux. Samedi dernier, Hautemanière était dans la boulangerie de la ferme lorsqu'un coup de fusil tiré à bout portant l'atteignit. Il s'écroula dans une mare de sang, la mort fut presque instantanée. On accourut au bruit de la détonation et l'un des employé Lecornichon, avait encore à la main le fusil qui avait servi au meurtre. Il expliqua au personne, de la ferme et au fermier que coup était parti accidentellement. Mais ces explications parurent invraisemblable. La gendarmerie d'Isigny fut informée et procéda à une enquête.
D'autre part, le Parquet de Bayeux s'est transporté, hier sur les lieux et, après avoir entendu les domestiques Lecornichon et Bonaparte, il a procédé, à l'arrestation de ces deux ̃hommes dont, la culpabilité parait certaine. Ces deux hommes nourrissaient un profond ressentiment contre leur camarade qui avait la confiance du patron. Ce serait donc la jalousie qui aurait inspiré le crime.    

 

Avril 1924  -  Ce n’était pas un crime.  -  Nous avons raconté comment, le 5 avril, M. Charles Hautemanière, journalier chez M. Albert Souef, cultivateur à Géfosse-Fontenay, avait été tué d'un coup de fusil par un domestique de la ferme, Maurice Lecornichon, 19 ans, originaire d'Omansville, avec lequel était un autre domestique, Georges Bonaparte, 19 ans.
Comme Lecornichon vivait en assez mauvais termes avec M. Hautemanière, et qu'il avait proférer des menaces à son endroit, on crut tout d'abord à un crime et on arrêta les deux domestiques qui furent écroués à la prison de Bayeux. Mais à la suite de l'enquête menée par le Parquet, on a reconnu que la mort de M. Hautemanière était bien le résultat d'un accident et non d'un crime.
En conséquence, Georges Bonaparte a été remis en liberté. Quant à Maurice Lecornichon, qui est toujours détenu, il sera poursuivi pour homicide par imprudence.

 

Août 1931  -  Travaux de défense du littoral.  -  Commune de Géfosse-Maisy. Le syndicat des propriétaires a continué la construction d'épis en bois pour consolider les dunes limitant le rivage de la mer.  (Source  : Conseil Général du Calvados)

 

1933  -  Travaux de défense du littoral.  -  Communes de Géfosse-Fontenay, Maizy..—- Les travaux de construction d'épis en bois effectués par un syndicat de propriétaires sur le rivage de la mer ont été achevés. (Source  : Conseil Général du Calvados)

 

Février 1936  -  Auto contre piéton.   -   M. Émile Carabeuf, cultivateur à Géfosse-Fontenay, se rendait au marché de Carentan, lorsque, vers 8 heures, en passant à l'extrémité de la  rue de Cherbourg, ébloui, a-il déclaré à la gendarmerie, par la lumière d'un cycliste, il ne vit pas marchant devant lui, M. Henri Lasnon, ouvrier agricole, et son beau-père, M. Sachet,  cultivateur à Osmanville, qui conduisaient une vache à Carentan. 

L’auto de M. Carabeuf heurta M. Lasnon, qui fut renversé sur la chaussée. Relevé aussitôt, M. Lasnon, qui porte des blessures assez sérieuses à la tête, a reçu les soins de M. le  docteur Touraille, qui l'a fait transporter à l'asile Saint-Joseph. 

MM. Lasnon et Sachet tenaient leur droite. Une enquête est ouverte par la gendarmerie d'Isigny-sur-Mer. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Mai 1937  -  Subvention diverses.  -  Une subvention d’extrême urgence de 10 000 francs a été accordée à l'Association syndicale de Gefosses-Fontenay, pour travaux de défense à effectuer contre la mer. 

Sur le rapport de M. le docteur Gosselin, une subvention de même valeur, soit 10 000 francs, a été accordé, pour les mêmes raisons à l'Association syndicale de Bernières-sur-Mer Rive-Plage. 

Conformément aux conclusions du rapport de M, le docteur Dausac, une subvention exceptionnelle de 162 000 fr. est accordé à la Société générale des transports départementaux. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Mai 1938   -   Un journalier abat son frère d’un coup de fusil.   -   Samedi matin, un journalier de Geffosses-Fontenay, près d'isigny, Jules Le Petit, 31 ans, qui habite avec sa femme et, ses cinq enfants une petite maison à cinquante mètres du rivage, trouvait sur la grève une grosse barrique pleine de vin. Il signala sa trouvaille aux douaniers, tout en emportant une partie du contenu.

L'après-midi, son frère Louis, qui habite Maisy, lui-même marié et père de trois enfants, vint le chercher pour aller à la chasse, il ne trouva à la maison que sa belle-sœur, dont le  mari  était parti à Isigny. En l'attendant, il déposa son fusil, après l'avoir déchargé, et but quelques verres du vin provenant de l'épave.

A un moment donné, probablement sous le coup de l'ivresse, il brutalisa l'un des enfants, son filleul, qui lui donna une gifle. L'oncle, devenu furieux, voulut la lui rendre. C'est alors qu'arriva Jules L.e Petit, qui rentrait d’Isigny, et lui reprocha à son frère sa brutalité.

Une discussion éclata entre les deux hommes. Mme Le Petit s'accrochait à son mari, qu'elle dut finalement lâcher. Louis sortit précipitamment de la maison, après avoir saisi son fusil. Il dut à ce moment, sur le seuil de la porte, remettre des cartouches et il visa son frère qui s’apprêtait a sortir derrière lui. Quoique gravement blessé au bas-ventre, le malheureux eut la force de monter les trois marches pour sortir de sa maison et fit environ deux mètres dans l'herbage, avant de s'effondrer face contre terre, sans connaissance.

Devenu comme fou à ce moment le meurtrier retourna sa victime et s'agenouilla sur lui pour tenter de l'étrangler, criant : « Il n'y a rien à faire, il faut qu'il y passe ! »

Mme Le Petit se précipita sur lui et réussit à lui faire lâcher prise, bien que Je criminel l'ait, à son tour, saisie par les cheveux et lui ait porté plusieurs coups de poing au visage.

Puis, subitement calmé, il ramassa son arme que sa belle-sœur avait jetée dans Je jardin et il partit chez lui où les gendarmes d'Isigny devaient l'arrêter un peu plus lard.

Voyant que son mari, toujours sans connaissance, perdait son sang en abondance, Mme Le Petit alla, d'elle-même, chercher du secours au débit Ménage. C'est la qu'on prévint les gendarmes et le docteur Veaudelle, de La Cambe, qui, après avoir examiné la victime, ordonna son transport immédiat à l'hôpital de Bayeux, où le docteur Jeanne a juge son état désespéré.

Le meurtrier a passé des aveux complets, mais il raconte les choses d'une façon toute différente de sa belle-sœur. II dit, qu'en effet, avait bien attendu son frère pour aller à la chasse, en buvant les deux verres de vin offerts par sa belle-sœur, ce qui l'avait déjà un peu « ému », mais que las d'attendre, il était reparti. C'est au milieu de l'herbage qu'il  rencontra son frère qui, selon lui, était déjà ivre. Il accepta, malgré tout, pour ne pas le contrarier, de faire demi-tour pour reprendre encore un verre. Au lieu d'un, ils en burent trois où quatre au moins, et à partir de ce moment, il reconnaît s'être trouvé, lui aussi, en état complet d'ivresse et il affirme ne plus se souvenir de rien. Il a été placé sous mandat de dépôt et transféré à Caen. (source le Moniteur du Calvados)

 

Mai 1938   -   Les travaux de défenses contre la mer.   -  L'Assemblée syndicale, de Geffosses-Fontenay a formulé des demandes de subventions pour l'aider à continuer les travaux  de protection de son littoral, dont le projet s'élève à deux millions 450 000 francs. Une somme de cinq mille francs a été accordée par le Conseil général. (source le Moniteur du Calvados)

 

Mai 1938   -   Après le drame de Géfosses-Fontenay.  -  Jules Le Petit, qui fut grièvement blessé d'un coup de fusil par son frère Louis, dans les circonstances que nous avons relatées et qui avait été transporté à l'hôpital de Bayeux, a repris un peu de force au point d'être opère par le docteur Jeanne.

Le praticien a dû procéder à l'amputation de la jambe malade. L'opération semble avoir parfaitement réussi. 

Aux dernières nouvelles, la température du blessé ayant considérablement diminué, son état est aussi satisfaisant que possible. (source le Moniteur du Calvados)  

 

Décembre 1938   -   L'offensive du froid.   -  Les froids intenses signalés ces derniers jours en Russie et en Allemagne taisaient présager l'arrivée d’une vague glaciaire dans nos régions. Elle a arrivée dans la nuit de samedi à dimanche, faisant éclore sur nos fermes une riche floraison de givre, et surprenant autant par son apparition soudain que par sa rigueur inaccoutumée.

Le thermomètre avait, en effet, marque 7 degrés sous zéro. Mais il ne devait pas s’arrêter en si beau chemin, et cette nuit, il est descendu aux environs de 12, ce qui ne s'était pas vu depuis 1929.

il en est résulte de graves inconvénients pour la circulation et pour la vie ménagère. Nombreuses sont les habitations où l'eau et le gaz sont coupés, par suite du gel des canalisations ou des compteurs. Le vent reste à l’Est, et le froid peut durer. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

 Décembre 1938   -   Le cambrioleurs de Geffosse-Fontenay sont arrêtés.   -  Nous avons relaté le vol de 6 800 francs dont fut victime, le 22 novembre dernier, M. Hébert, à Géfosses-Fontenay. Des inspecteurs de la police mobile de Rouen, venus sur les lieux pour débrouiller cette affaire, se sont livrés à une enquête serrée qui les a amenés a procéder, hier, à l'arrestation d'un nommé Raymond Béhot, 33 ans, ouvrier mécanicien aux Ifs, et André Morin marchand de volailles à Saint-Rémy.

Les deux hommes ont été amenés devant M. Caille, juge d'instruction de Bayeux, qui a ouvert une information. Interrogé, Béhot a avoué être l'auteur du vol, quant à Morin, il a reconnu simplement avoir touché quatre bons de 1 000 francs, mais affirme en avoir ignoré la provenance frauduleuse.

Toutefois, d'après l'enquête, il résulte que s'il n'a pas participé au vol, il s'en est du moins rendu complice. En conséquence, M. le Juge d'instruction a placé Morin et Béhot sous  mandat de dépôt. (Source  : Le Moniteur du Calvados)  

 

Décembre 1938   -   Une fillette de 8 ans meurt à la suite des coups infligés par ses parents .   -   Cette petite commune vient d'être !e théâtre d'un drame de l'enfance martyre. Le nommé Gustave Lepleux, 33 ans, et sa femme, née Célestine Lepleux, 31 ans, sont gardiens d'herbage pour le compte de M. Fauvel. Les époux Lepleux avaient cinq enfants dont la petite Germaine, 8 ans, qu'ils maltraitaient, exigeant que la fillette travaille comme une grande personne.

Lepleux, et surtout sa femme, frappaient souvent la petite Germaine avec un bâton. Lorsque la femme s'absentait, elle attachait la fillette au pied d'une table avec une chaîne et un cadenas. C'est là que, dimanche dernier, en rentrant chez elle, la mère trouva, la fillette étendue morte sur le sol.

Ce n'est que lundi soir que le Parquet de Bayeux fut informé des faits et hier matin M. Caille, juge d'instruction, s'est transporté à Géfosse-Fonteuay et a interrogé les époux qui sont restés impassibles, donnant l'aspect de véritables brutes. La mère a remis au juge la chaîne et le cadenas qui servaient à attacher l'enfant.

Le docteur Dietz, médecin légiste, a pratiqué l'autopsie du corps de la fillette. Il semble que la mort serait due à des coups portés sur le crâne. On a d'ailleurs relevé sur le corps de la petite victime de nombreuses traces de coups. ( Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Janvier 1940  -  Les sauveteurs du Calvados à l’honneur.  -  Nous relevons au Journal Officiel des promotions à la médaille d'honneur pour faits de sauvetage accomplie dans les eaux maritime au nom de  Charles Duval, 39 ans, inscrit à Caen ; de Mlles Thérèse Belhache, 16 ans ; de Madeleine Belhache, 18 ans, domiciliées l'une et l'autre à Osmanville auxquelles a été décernée la médaille de bronze.

On se rappelle que le 11 août dernier quatre jeunes filles trouvaient une mort tragique au cours d'une baignade à Geffosse-Fontenay, près d'Isigny. C'étaient : Mlles Marguerite Leclerc, fille d'un marin de l'endroit ; Georgette Merkel, 12 ans, de Bois-Colombes ; Simone Pillon, 12 ans, d'Isigny et Geneviève Loueslier qui s'était courageusement portée a leur secours et devait périr avec elles.

Dans cette tragique baignade, deux jeunes filles Mlles Thérèse et Madeleine Belhache s'étaient particulièrement distinguées, en sauvant deux autres fillettes qui se seraient infailliblement noyées sans leur courageuse intervention.

Leur brillante conduite vient de recevoir une récompense mérités à laquelle nous sommes heureux de joindre nos félicitations les plus vivres.

 

Janvier 1940  -  Une fillette de 8 ans est morte à la suite des coups que lui portaient ses parents.  -  Dans la salle des assises, que des bouches dispensant une parcimonieuse chaleur n'arrivent pas à rendre habitable, règne une atmosphère lourde de réprobation lorsque sont introduis les deux accusés.

La femme Lepleux se présente, malgré son jeune age (puisqu'elle n'accuse que 32 ans) sous toutes les apparences d'une petite vieille au regard fuyant, les épaules tombantes sous son minable manteau noir au col de lapin rasé et des épingles de nourrice tiennent lieu de boutons. Ses cheveux pâles et rares, mal maintenus à l'arrière par un chignon tivement bâti ajoutent encore à la détresse physique que peignent, sur son visage sans expression, les traits fatigués et les rides précocement marquées.

Lui, au contraire, semble garder en ce lieu il devrait faire triste figure le désir de jouer encore au conquérant, sous la mèche épaisse qui, avec application, est ramenée sur le coin droit du front, les yeux restent particulièrement vifs. C'est avec une rare acuité qu'il dévisage tour à tour les magistrats de la Cour et les membres du jury qui, l'un après l'autre, s'installent aux places que leur désigne le sort. Une impression de force, de bestialité même, se gage de toute sa personne.

Entendant la lecture des faits qui lui sont reprochés, tels que les reproduit l'acte d'accusation, la femme Lepleux laisse échapper quelques larmes. Son mari qui s'en aperçoit immédiatement lui en fait brutalement le reproche et tout rentre aussitôt dans l'ordre.

Le 18 décembre 1938, M. le docteur Vaudelle, de La Cambe était appelé pour donner des soins à la jeune Germaine Lepleux, malade au domicile de ses parents, journaliers agricoles à Geffosse-Fontenay. A son arrivée, le docteur ne put que constater le décès de la fillette âgée de 8 ans.
Mais le praticien ayant remarqué des traces de coups sur le petit cadavre, refusa le permis d'inhumer, et en informa M. le Maire de La Cambe. Ce magistrat alerta aussitôt la brigade de ge
ndarmerie d'Isigny-sur-Mer qui commença immédiatement son enquête. Devant la gravité des faits, M. Paysant, chef de brigade, mit le Parquet au courant. Les parents tortionnaires et meurtriers, le mot hélas, n'est pas trop fort, devaient être arrêtés le soir même et écroués.

Depuis lors, les langues se sont déliées et peu à peu a pu être retracé l'épouvantable calvaire subi par la malheureuse enfant. L'instruction ouverte par le parquet de Bayeux a permis d'établir contre les parents indignes les charges suivantes :
Lorsque au mois d'avril 1936, les époux Lepleux entrèrent en qualité de gardiens d'herbages au service de M. Bucaille, cultivateur à Canchry, ils avaient six enfants, cinq vivaient avec eux. La deuxième née aveugle de naissance était soignée dans un établissement spécial.

Dés leur arrivée dans la commune, les époux Lepleux, firent une très mauvaise impression. En très peu de temps, la maison qui leur servait d'habitation se trouva dans un état de saleté épouvantable. La misère régnait au foyer. Malgré cet état de choses, les quatre plus jeunes enfants se trouvant à leur charge apparaissaient aux voisins comme ne manquant de rien et jouissant d'une bonne santé. Par contre, ceux-ci ne tardèrent pas à s'apercevoir que l'aînée, la petite Germaine alors âgée de 6 ans environ, était maltraitée par ses parents et  particulièrement par la mère, née Célestine Leclerc, originaire de Picauville (Manche).

De tempérament chétif, cette fillette était contrainte d'exécuter les travaux les plus durs et que, bien souvent, on hésite à faire exécuter par une servante. Elle devait, depuis 5 heures le matin, jusqu'au soir, vaquer à tous les soins du ménage. Et si comme cela arrivait souvent, la mère n'était pas satisfaite du travail accompli, elle recevait des corrections particulièrement sévères.
Comme au début de l'enquête, les magistrats s'étonnaient de tels agissements de la part d'une re, la femme Lepleux les expliqua avec un cynisme révoltant, précisant qu'elle détestait cette enfant. Devant les actes de cruauté de sa femme, non seulement Lepleux Gustave, qui est à Vouilly, le 4 mai 1905, restait impassible, mais il ajoutait encore à la
fréquence et à la violence des coups reçus par la petite martyre.

La malheureuse enfant ne partageait pas la nourriture de ses frères et sœurs, et en aucune circonstance n'était autorisée à s'asseoir à la table. Elle devait commencer par servir les autres et, ceci fait, allait ensuite dans un coin de la pièce manger les restes qu'on voulait bien lui donner. A défaut de restes, sa mère (nous hésitons à donner ce nom à une telle femme) l'obligeait à avaler des escargots crus ou à manger des pommes pourries.
A de nombreuses reprises, des voisins compatissants, la voyant souffrir de la faim, lui donnè
rent des tartines de pain, sur lesquelles elle se jetait avec voracité. Peut-être, ces voisins, qui faisaient ainsi preuve d'un sentiment d'humanité bien compréhensible, auraient-ils pu alors informer les autorités de ce qui se passait a leur porte ?

Le père et la mère tortionnaires se rendaient tellement compte de l'état déficient dans lequel se trouvait la pauvre enfant, que pour l'empêcher, en leur absence, de boire si peu que ce soit du lait destiné aux autres enfants, ils l'attachaient avant de partir travailler, au pied de la table, avec une corde à vache ou même une chaîne cadenassé. En outre, sous le prétexte d'incontinence d'urine, la petite Germaine couchait par terre, même par les plus grands froids, n'ayant pour l'isoler du sol que des sacs ou un vieux manteau. Elle n'avait, bien entendu, ni draps ni couverture.

C'est en Janvier 1938 que les accusés quittèrent la ferme de M. Bucaille pour entrer au service de M. Fauvel, cultivateur à Geffosse-Fontenay, qui mit à leur disposition, comme habitation, une maison délabrée et isolée au milieu des champs. Une seule pièce composait le logement. Ne craignant plus les regards indiscrets, les époux Lepleux redoublèrent de cruauté vis-à-vis de leur fille.
Les coups lui furent portés avec plus de violence que jamais et lorsque la malheureuse enfant était tombée sous ceux-ci, elle était relevée à coups de pied pour recevoir, dès debout, des gifles sous la violence desquelles elle retombait à nouveau. Elle était alors obligée de se relever par la force des coups de pied et la scène se renouvelait jusqu'à ce que l'un et l'autre des tortionnaires soient fatigués de frapper. C'est alors que la femme Lepleux se trouvait ainsi lasse de porter des coups qu'elle lui brisa un biberon sur la tête.

Un autre jour, la malheureuse gamine fut complètement déshabillée pour être fouettée. La bonne de M. Fauvel, qui était présente, prise de frayeur devant l'attitude particulièrement bestiale des parents, s'enfuit précipitamment.

Les mêmes faite se renouvelèrent à de nombreuses reprises, jusqu'au 14 décembre. Ce Jour-là, sous le prétexte que la petite Germaine avait, malgré la défense qui lui en avait été faite, tiré de l'eau au puits, la femme Lepleux s'acharna, sur elle. Trois jours plus tard. la pauvre enfant, la figure tuméfiée, souffrait de violents maux de tête, mais elle ne reçut aucun soin et comme coutume coucha par terre.
Le 18 décembre, au matin, la tortionnaire trouva la fillette assise dans l'âtre prés d'un petit feu qu'elle avait allumé pour se chauffer. Sans se préoccuper de l'état dans lequel se
trouvait la malheureuse enfant, elle lui porte de nouveaux coups et comble de cruauté, éteignit le feu.

C'est en rentrant vers 14 heures avec son mari qu'elle trouva la petite Germaine étendue dans le cellier, les dents serrées, les mains et les pieds gonflés par le froid. Ils essayèrent alors, dirent-ils de la réchauffer et n'y parvenant pas, c'est à ce moment qu'ils appelèrent le docteur Vaudelle. La suite, nos lecteurs la connaissent.
Après la mort constatée le Parquet de Bayeux fit pratiquer l'autopsie du petit cadavre. M. le docteur Dietz a déclaré dans son rapport qu'un coup récent porté sur la voute du crâne, à  gauche avait provoqué une rupture des branches de l'artère méningée et causé la mort.
Au cours de l'instruction, l'attitude des époux Lepleux fut particulièrement révoltante. Ils ont toujours cherché à se rejeter l'un sur l'autre la responsabilité du coup mortel.
Le verdict : les époux Lepleux ont été condamnés ; la femme vingt ans de travaux forcés, le mari à cinq ans de réclusion.

 

Mars 1940  -  Feu de cheminée.  -  Un violent feu de cheminée s'est déclaré chez M. Rauline, maire de Géfosse, éleveur. Malgré l'intervention rapide des voisins, le feu était si violent que M. Rauline dut faire appel aux pompiers d'Isigny, qui arrivèrent quelques instants plus tard sur les lieux, sous les ordres du lieutenant Duchesne. Après 2 heures d'efforts tout danger était écarté.

 

Mars 1940  -  Une domestique pas gênée.  -  Mme Maurice Jouane, 31 ans, cultivatrice à Geffosse-Fontenay, a pour domestique une jeune fille de 20 ans, Marcelle Bréard, dont la chambre située au rez-de-chaussée de l'habitation est éclairée par une fenêtre protégée par des grilles de fer. A deux reprises, déjà, ces grilles furent arrachées. Lors de sa récent permission, M. Jouane les remit en état. Or à peine avait-il effectué ce travail, que Mme Jouane vient de s'apercevoir qu'elles étaient arrachées une fois de plus. Justement excédée, elle porta plainte auprès des gendarmes.

Ceux-ci n'eurent pas de mal à découvrir que le coupable n'était autre que le fiancé de la jeune bonne, Aimé Lefèvre, de Surrain, qui, avec de simples pesées exercées avec un morceau de bois, supprimait l'obstacle le séparant de sa belle.

 

Juin 1940   -   Un bavard.  -   Le général de Gaulle, qui a pris la parole à la radio de Londres, et qui ne fait plus actuellement partie du gouvernement, n'avait aucune mission pour faire des communications en public. Il a été rappelé de Londres et a reçu l'ordre de rentrer en France et de se tenir aux ordres de ses chefs. Ses déclarations doivent être regardées comme  nulles et non avenues.

Ce trop grave général et « jusqu'au-boutiste » et il engageait les spécialistes et les soldats qui le pouvaient à gagner l'Angleterre pour continuer la lutte. On assure même que malgré l'ordre de rentrer au quartier que lui avait donné le maréchal Pétain, le général de Gaulle est resté en Angleterre. Tout cela est vraiment bien regrettable.

 

Juin 1940   -   L'heure allemande.  -   On sait que l'Allemagne est à l'Est de la France et que, par conséquent, le soleil  s'y lève plus tôt. La différence est assez grande pour faire un écart d'une heure entre Paris et Berlin. Aussi nous a-t-on invités à avancer nos montres et nos horloges dans la nuit de lundi à mardi. Nous étions déjà pourtant à l'heure d'été ! Qu'importe, en cette belle saison que nous lever une heure plus tôt !

 

Juin 1940   -   La mort vient vite.  -   prés de Grandcamp, des soldats allemands ont trouvé un homme étendu sans connaissance au bord d'un ruisseau.

Il s'agissait du nommé Pierre Mouchel, 51 ans, sans profession ni ressources, recueilli par sa sœur, Mme Martine, à Géfosse. Le malheureux expirait peu après.

 

Juin 1940    -   Couvre-feu à 21 heures.   -   Le Calvados étant désormais, avec toute la Normandie, dans la zone des Armées, le projet du Calvados après instructions ministérielles et  décisions du général commandant la 38e  Région, a pris un arrêté aux termes duquel : 

1e Les cafés sont consignés jusqu'à 18 heures aux officiers et à la troupe, à quelque nationalité qu'ils appartiennent ; 2e Les établissements publics, cafés, restaurants, théâtres, cinémas sont fermés à 21 heures dans toute l'étendue du département. (source le Moniteur du Calvados)

 

Août 1940   -    Déclaration des récoltes.  -   Tout détenteur, à quelque titre que ce soit, d'une quantité supérieure à cinq quintaux d'avoine, de maïs, d'orge ou de seigle, est tenu d'en faire la déclaration à la mairie de sa résidence, avant le 1er septembre 1940.

La libre circulation des céréales : avoine, maïs, orge et seigle, est interdite. Elle ne pourra être autorisée que dans les conditions qui seront fixées dans un arrêté ultérieur.

 

Août 1940   -   Interdiction des battages.   -   La Feldkommandantur du Calvados a changé la direction des services agricoles de faire connaître que l'autorité militaire allemande a décrété une interdiction générale des battages.

Les battages de la récolte de cette année ne commenceront qu'après un ordre formel des autorités militaires allemandes. Il est seulement permis actuellement de battre l'avoine nécessaire aux troupes d'occupation.

 

Septembre 1940   -   Les cabines de bains.   -   Les cabines de bains édifiées en bordure de mer, à Géfosse-Fontenay, ont été ouvertes et en majeure partie vidée de leur contenu. Les volets ont été arrachés et les vitres brisées.  

Divers objets, provenant de ces vols, ont été retrouvés dans des maisons particulières. Des enfants les auraient trouvés abandonnés.

 

Décembre 1941   -   Avis à la population.   -   Le chef des Services régionaux de transmission des troupes d'occupation a pris l'arrêté suivant : « Des aviateurs anglais lancent depuis quelque temps au-dessus des départements du Calvados, de l'Orne et de la Manche des pigeons-voyageurs et invitent la population française à renvoyer ces pigeons avec des nouvelles.

Nous espérons que la population française, songeant aux graves conséquences de son geste, ne se prêtera pas à cette manœuvre, mais livrera ces pigeons et tous leurs accessoires au bureau militaire allemand le plus proche ou à la mairie.

A l'avenir, toute personne qui livrera des pigeons-voyageurs ou le matériel servant à la transmission des nouvelles ou au lancement à terre du pigeon recevra une récompense par  l'intermédiaire des Feldkommandanturs des départements du Calvados, de l'Orne et de la Manche.

Je compte sur la loyauté de la population et j'attends de toute personne qui découvrira des pigeons-voyageurs, etc., qu'elle les remette sans délai aux autorités allemandes ».

 

Janvier 1943   -   Faits divers.   -   M. Pierre Bachelet, 55 ans, marin-pêcheur à Grandcamp, péchait un soir, sur un « picoteux », devant Geffosse-Fontenay, avec son fils Fernand, 24 ans, récemment rentré de captivité, et la femme de celui-ci, âgée de 21 ans.

Surpris par l'obscurité, les trois pêcheurs durent s'égarer et leur bateau, touchant au rocher et sombra. Des appels furent perçus par d'autres marins mais, dans la nuit profonde, on ne put les localiser. Ce n'est que deux jours après, que les trois corps ont été retrouvés sous les rochers de Maisy.

Détail navrant : La jeune Mme Bachelet avait reçu le matin même, son permis pour pêcher. Ce drame, qui frappé une famille très estimée, a jeté la consternation dans la région grandcopaise.

 

Juillet 1944  -  Le maire est suspendu.  -  Par arrêté n° 158 du 13 juillet 1944 de M. le Commissaire Régional de la République, M. Louis Rauline, maire de la commune de Geffosses-Fontenay, est suspendu de ses fonctions.

 

Janvier 1945  -  Un conducteur d’attelage est grièvement blessé.  -  M. Pierre Alexandre, 52 ans, de Geffosse-Fontenay, est passé sous les roues d’une voiture qui transportait une  barrique à eau. Blessé aux deux jambes, il a été hospitalisé à Bayeux.  

 

Novembre 1945  -  Toujours les mines.   -  A Geffosses-Fontenay, l’explosion d’une mine a tué un ouvrier, M. Raymond Goujon, 22 ans, demeurant à Louviers, et deux prisonniers  allemands. (Source  : Le Bonhomme Libre)

 

Septembre 1946  -  Pour la défense de littoral.  -  Le Syndicat de défense du littoral de Géffosse-Fontenay et de Maissy s’est réuni à l’Hôtel de ville d’Isigny pour établir son budget de 1946.

L’assemblée a émis le vœu que des subventions soient accordées par le département et que l’État vienne largement en aide pour permettre l’exécution rapide des travaux de protection du littoral, les faibles ressources dont dispose le Syndicat ne lui permettant pas de les  entreprendre seul.

Il s’agit de la réfection complète des digues dévastées, pour partie, pendant l’occupation et, pour la plus large part, lors des opérations de débarquement.

Un appel urgent est lancé aux pouvoirs publics, car il s’agit de sauver des centaines d’hectares d’excellents pâturages.  (Source  : Le Bonhomme Libre)

 

Janvier 1947  -  Toutes les terres exploitables doivent être utilisées.     Toutes terres incultes ou abandonnées peuvent faire l’objet d’une demande de concession pour être remises en exploitation. Bien qu’en dehors des terrains pas encore déminés ou non remis en état, les terres incultes soient rares dans le Calvados, il est possible que certaines parcelles ne soient pas utilisées. Les demandes de concessions doivent être adressées à la Préfecture du Calvados, 4e division. (Source  : Le Bonhomme Libre)

 

Janvier 1947  -  Un enfant tue son camarade.     A Geffosse-Fontenay, André Néel, 15 ans, se trouvait dans une étable de la ferme de Mme Lepionnier avec l’enfant de celle-ci, Charles, âgé de 7 ans. Une carabine de 6 mm. était accrochée à un mur. André Néel eut la malencontreuse idée de s’emparer de celle-ci et d’appuyer sur la gâchette, l’arme était chargée et la balle atteignit le petit Charles à l’abdomen. Transporté à l’hôpital de Bayeux, l’enfant y est décédé. (Source  : Le Bonhomme Libre)

 

Janvier 1947  -  La destruction des engins de guerre Geffosse-Fontenay.     La circulation est interdite jusqu’à nouvel ordre sur le littoral, de la pointe du Grouin à la Bizière, et en particulier sur la plage de Géfosse, lieu de destruction des bombes,  obus et engins de guerre récupérés dans la région. La commune étant en état de désobusage, il est recommandé de ne pas circuler dans les petits chemins. (Source  : Le Bonhomme Libre)

 

Août 1947  -   La mort tragique d’un journalier.  -  Deux habitants de Geffosse-Fontenay, M. Albert Passot, 44 ans, journalier, et Pierre Legouix, chassaient de compagnie. Au lieu dit « Le Grouin », sur le bord de la mer, ils se séparèrent pour se dissimuler derrière des abris et y attendre le gibier. Peu après, une détonation se fit entendre. N’apercevant plus son camarade, M. Leroux se rendit à l’endroit qu’il devait occuper et découvrit son cadavre déchiqueté. On suppose que M. Passot a été victime de l’explosion d’une boîte de trinitrotoluène qu’il aurait voulu munir d’un détonateur à des fins de que l’on s’explique mal. (Source  : Le Bonhomme Libre)

 

Septembre 1947  -    Un militaire américain gravement blessé.    Au carrefour du Calvaire, à Geffose-Fontenay, un sergent motocycliste de l’armée américaine s’est jeté contre un camion. Grièvement blessé, le militaire a été transporté à l’hôpital américain de Saint-Hilaire-Petitville. (Source  : Le Bonhomme Libre)

Chateau de Géfosse-Fontenay (Calvados)

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