GÉFOSSE - FONTENAY

Canton de Isigny-sur-Mer

Les habitants de la commune sont des Géfossiens, Géfossiennes

Août 1860  -  Réunion de communes.  -  Réunion de la commune de Fontenay à celle de Géfosse, le Conseil général, prescrivant d'instruire le projet de réunion de la commune de Fontenay à celle de Géfosse, une enquête administrative, un plan d'ensemble des deux communes, et l’avis de Mgr l'évêque de Bayeux et de Lisieux  favorables au projet de la réunion, est incontestablement favorable aux intérêts municipaux des deux communes, que la situation topographique de Géfosse et son importance relative désignent cette commune comme chef-lieu de la nouvelle circonscription communale, il y a lieu de réunir la commune de Fontenay à celle de Géfosse, sous le nom de Géfosse-Fontenay.

 

Juin 1879   -  Secours et subventions.  -  Le gouvernement vient d'accorder 25 000 fr. pour achever les travaux d'assainissement de la Dives.   -   Des secours ont été accordés aux communes ci-après : Maisons, pour construction d'une école mixte, 600 fr.   -   Saint-Jean-des-Essartiers, pour restauration du presbytère, 600 fr.  -  Cesny-aux-Vignes, pour restauration de l’église, 500 fr.   -   Geffosses-Fontenay, pour acquisition d'un autel, 300 fr.   -   Saon, pour acquisition de mobilier à l'église, 300 fr.

 

Juillet 1879   -  Les pluies d’aujourd’hui et les pluies d’autrefois.  -  Dimanche dernier, on a lu dans toutes les églises une circulaire de Mgr  l'évêque de Bayeux ordonnant des prières publiques pour la cessation de la pluie. Il faut remonter à plus d'un siècle et demi, à 1725, pour trouver une année aussi pluvieuse que 1879. 

En 1725, la pluie ne cessa de tomber trois mois durant, on fit également des prières publiques et on promena dans Paris la châsse de sainte Geneviève. La pluie cessa deux jours après. Nous, sommes moins heureux en 1879, car depuis que les prières publiques sont commencées, la pluie tombe de plus belle, sans aucun égard pour les circulaires et les prières épiscopales.  

 

Mars 1881  -  Un homme noyé.  -  Vendredi, le nommé Victor Dubois, âgé de 62 ans, jardinier à Maisy, s'est noyé à la mer en péchant aux moules. Son corps a été trouvé sur la côte, à Geffosses-Fontenay. Cet homme a dû se laisser surprendre par la marée montante.  

 

Mai 1894  -  Tué par un taureau.   -  Le sieur Magloire, 61 ans, gardien d'herbages, a été mutilé par un taureau appartenant au sieur Delphin Hue, à Gefosse-Fontenay, canton d'Isigny.  Le malheureux, qui avait été horriblement mutilé, est mort de ses blessures. Le propriétaire, à différentes reprises, l'avait prévenu de ne pas passer dans l'herbage où se trouvait le taureau qu'il savait très méchant. Magloire, pour abréger son chemin, persistait à y passer. Il est donc mort victime de son imprudence. (Source B.N.)  

 

Février 1896  -  Tribunal de Bayeux.  -  Victorine Lévêque, 52 ans, journalière à Cricqueville-sur-Mer, 4 mois et Louise Lévêque, femme Jeannette, 29 ans, 2 mois, vols à Cricqueville.  

— Angeline Marie, femme Mahier, 29 ans, servante à Englesqueville, s'était louée à une dame Petit Dulongpré, qui lui a versé 12 fr. de vin, à un sieur Pain, cultivateur à Longueville, qui lui a donné 11 fr., enfin, au sieur Mouillard, cultivateur à Grandcamp, qui lui a remis 15 fr., mais elle ne s'est pas présentée chez ces personnes, 15 jours.

— Jules Yvon, 36 ans, et Jean Dupont, 37 ans, vol de cidre chez le maire de Montfiquet, chacun 6 Jours de prison.

— Victor Perrier, 29 ans, bris de clôture chez le sieur Chouquard, restaurateur à Bayeux, 2 mois

— Aimé Victoire, 25 ans, journalier à Caenchy, vol de cages à pommiers au sieur Hébert. 15 jours.

— Alfred Mahier, coups à la dame Marie, demeurant à Caenchy, 2 mois.

— Léon Gouet, 27 ans, journalier à Geffosses-Fontenay, vol de deux chiens au sieur Ravenel, 1 mois. (source B. N.)

 

Août 1899  -  Une noyée.  -  Mercredi, une jeune fille de Saint-Germain-des-Pert, nommée Mlle Hamel, s'est noyé en prenant un bain, sur la plage de Géfosses, petite commune située sur le littoral, entre Isigny et Grandcamp.

Le corps de cette malheureuse a été trouvé le même jour devant le casino. Les effets de la fille Hamel étaient à 300 mètres en aval de cet établissement, endroit où elle avait dû se  baigner. On suppose qu'elle a succombé aux suites d'une congestion. Des formalités d'usage ont eu lieu pour constater cette mort.  

 

Mars 1907  -  Important vol de bois.  -  M Gustave Hue, propriétaire à Géfosse-Fontenay, s'apercevait depuis environ deux mois que des malfaiteurs dévalisaient journellement ses clôtures et lui volaient du bois.

M. Hue ne dit rien tant que les voleurs ne s'attaquèrent qu'au petit bois, mais, depuis huit jours, s'étant aperçu qu'on s'attaquait aux jeunes arbres et que 50 frênes, ormes et chênes, avaient disparu, il a porté plainte. (source M. du C.)

 

Avril 1924  -  Un drame sanglant .  -  Dans la soirée de samedi un drame sanglant s’est déroulé dans une ferme située sur le territoire de la commune de Geffosse-Fontenay, près d'Isigny. M. Lesouef, cultivateur, avait à son service trois domestique, les nommé Hautemanière Lecornichon et Bonaparte. Ces deux derniers étaient animés d'une jalousie féroce contre leur camarade Hautemanière, devenu l'homme de confiance du fermier. Des discussions fréquentes éclataient, entre eux. Samedi dernier, Hautemanière était dans la boulangerie de la ferme lorsqu'un coup de fusil tiré à bout portant l'atteignit. Il s'écroula dans une mare de sang, la mort fut presque instantanée. On accourut au bruit de la détonation et l'un des employé Lecornichon, avait encore à la main le fusil qui avait servi au meurtre. Il expliqua au personne, de la ferme et au fermier que coup était parti accidentellement. Mais ces explications parurent invraisemblable. La gendarmerie d'Isigny fut informée et procéda à une enquête.
D'autre part, le Parquet de Bayeux s'est transporté, hier sur les lieux et, après avoir entendu les domestiques Lecornichon et Bonaparte, il a procédé, à l'arrestation de ces deux ̃hommes dont, la culpabilité parait certaine. Ces deux hommes nourrissaient un profond ressentiment contre leur camarade qui avait la confiance du patron. Ce serait donc la jalousie qui aurait inspiré le crime.    

 

Avril 1924  -  Ce n’était pas un crime.  -  Nous avons raconté comment, le 5 avril, M. Charles Hautemanière, journalier chez M. Albert Souef, cultivateur à Géfosse-Fontenay, avait été tué d'un coup de fusil par un domestique de la ferme, Maurice Lecornichon, 19 ans, originaire d'Omansville, avec lequel était un autre domestique, Georges Bonaparte, 19 ans.
Comme Lecornichon vivait en assez mauvais termes avec M. Hautemanière, et qu'il avait proférer des menaces à son endroit, on crut tout d'abord à un crime et on arrêta les deux domestiques qui furent écroués à la prison de Bayeux. Mais à la suite de l'enquête menée par le Parquet, on a reconnu que la mort de M. Hautemanière était bien le résultat d'un accident et non d'un crime.
En conséquence, Georges Bonaparte a été remis en liberté. Quant à Maurice Lecornichon, qui est toujours détenu, il sera poursuivi pour homicide par imprudence.

 

Août 1931  -  Travaux de défense du littoral.  -  Commune de Géfosse-Maisy. Le syndicat des propriétaires a continué la construction d'épis en bois pour consolider les dunes limitant le rivage de la mer.  (Source R. du C.G.)

 

1933  -  Travaux de défense du littoral.  -  Communes de Géfosse-Fontenay, Maizy..—- Les travaux de construction d'épis en bois effectués par un syndicat de propriétaires sur le rivage de la mer ont été achevés. (Source R. du C.G.)

 

Février 1936  -  Auto contre piéton.   -   M. Émile Carabeuf, cultivateur à Géfosse-Fontenay, se rendait au marché de Carentan, lorsque, vers 8 heures, en passant à l'extrémité de la rue de Cherbourg, ébloui, a-il déclaré à la gendarmerie, par la lumière d'un cycliste, il ne vit pas marchant devant lui, M. Henri Lasnon, ouvrier agricole, et son beau-père, M. Sachet, cultivateur à Osmanville, qui conduisaient une vache à Carentan. 

L’auto de M. Carabeuf heurta M. Lasnon, qui fut renversé sur la chaussée. Relevé aussitôt, M. Lasnon, qui porte des blessures assez sérieuses à la tête, a reçu les soins de M. le docteur Touraille, qui l'a fait transporter à l'asile Saint-Joseph. 

MM. Lasnon et Sachet tenaient leur droite. Une enquête est ouverte par la gendarmerie d'Isigny-sur-Mer. (source M.-C.)  

 

Mai 1937  -  Subvention diverses.  -  Une subvention d’extrême urgence de 10 000 francs a été accordée à l'Association syndicale de Gefosses-Fontenay, pour travaux de défense à effectuer contre la mer. 

Sur le rapport de M. le docteur Gosselin, une subvention de même valeur, soit 10 000 francs, a été accordé, pour les mêmes raisons à l'Association syndicale de Bernières-sur-Mer Rive-Plage. 

Conformément aux conclusions du rapport de M, le docteur Dausac, une subvention exceptionnelle de 162 000 fr. est accordé à la Société générale des transports départementaux. (source M. du C.)

 

Janvier 1940  -  Les sauveteurs du Calvados à l’honneur.  -  Nous relevons au Journal Officiel des promotions à la médaille d'honneur pour faits de sauvetage accomplie dans les eaux maritime au nom de  Charles Duval, 39 ans, inscrit à Caen ; de Mlles Thérèse Belhache, 16 ans ; de Madeleine Belhache, 18 ans, domiciliées l'une et l'autre à Osmanville auxquelles a été décernée la médaille de bronze.

On se rappelle que le 11 août dernier quatre jeunes filles trouvaient une mort tragique au cours d'une baignade à Geffosse-Fontenay, près d'Isigny. C'étaient : Mlles Marguerite Leclerc, fille d'un marin de l'endroit ; Georgette Merkel, 12 ans, de Bois-Colombes ; Simone Pillon, 12 ans, d'Isigny et Geneviève Loueslier qui s'était courageusement portée a leur secours et devait périr avec elles.

Dans cette tragique baignade, deux jeunes filles Mlles Thérèse et Madeleine Belhache s'étaient particulièrement distinguées, en sauvant deux autres fillettes qui se seraient infailliblement noyées sans leur courageuse intervention.

Leur brillante conduite vient de recevoir une récompense mérités à laquelle nous sommes heureux de joindre nos félicitations les plus vivres.

 

Janvier 1940  -  Une fillette de 8 ans est morte à la suite des coups que lui portaient ses parents.  -  Dans la salle des assises, que des bouches dispensant une parcimonieuse chaleur n'arrivent pas à rendre habitable, règne une atmosphère lourde de réprobation lorsque sont introduis les deux accusés.

La femme Lepleux se présente, malgré son jeune age (puisqu'elle n'accuse que 32 ans) sous toutes les apparences d'une petite vieille au regard fuyant, les épaules tombantes sous son minable manteau noir au col de lapin rasé et des épingles de nourrice tiennent lieu de boutons. Ses cheveux pâles et rares, mal maintenus à l'arrière par un chignon tivement bâti ajoutent encore à la détresse physique que peignent, sur son visage sans expression, les traits fatigués et les rides précocement marquées.

Lui, au contraire, semble garder en ce lieu il devrait faire triste figure le désir de jouer encore au conquérant, sous la mèche épaisse qui, avec application, est ramenée sur le coin droit du front, les yeux restent particulièrement vifs. C'est avec une rare acuité qu'il dévisage tour à tour les magistrats de la Cour et les membres du jury qui, l'un après l'autre, s'installent aux places que leur désigne le sort. Une impression de force, de bestialité même, se gage de toute sa personne.

Entendant la lecture des faits qui lui sont reprochés, tels que les reproduit l'acte d'accusation, la femme Lepleux laisse échapper quelques larmes. Son mari qui s'en aperçoit immédiatement lui en fait brutalement le reproche et tout rentre aussitôt dans l'ordre.

Le 18 décembre 1938, M. le docteur Vaudelle, de La Cambe était appelé pour donner des soins à la jeune Germaine Lepleux, malade au domicile de ses parents, journaliers agricoles à Geffosse-Fontenay. A son arrivée, le docteur ne put que constater le décès de la fillette âgée de 8 ans.
Mais le praticien ayant remarqué des traces de coups sur le petit cadavre, refusa le permis d'inhumer, et en informa M. le Maire de La Cambe. Ce magistrat alerta aussitôt la brigade de gendarmerie d'Isigny-sur-Mer qui commença immédiatement son enquête. Devant la gravité des faits, M. Paysant, chef de brigade, mit le Parquet au courant. Les parents tortionnaires et meurtriers, le mot hélas, n'est pas trop fort, devaient être arrêtés le soir même et écroués.

Depuis lors, les langues se sont déliées et peu à peu a pu être retracé l'épouvantable calvaire subi par la malheureuse enfant. L'instruction ouverte par le parquet de Bayeux a permis d'établir contre les parents indignes les charges suivantes :
Lorsque au mois d'avril 1936, les époux
Lepleu
x entrèrent en qualité de gardiens d'herbages au service de M. Bucaille, cultivateur à Canchry, ils avaient six enfants, cinq vivaient avec eux. La deuxième née aveugle de naissance était soignée dans un établissement spécial.

Dés leur arrivée dans la commune, les époux Lepleux, firent une très mauvaise impression. En très peu de temps, la maison qui leur servait d'habitation se trouva dans un état de saleté épouvantable. La misère régnait au foyer. Malgré cet état de choses, les quatre plus jeunes enfants se trouvant à leur charge apparaissaient aux voisins comme ne manquant de rien et jouissant d'une bonne santé. Par contre, ceux-ci ne tardèrent pas à s'apercevoir que l'aînée, la petite Germaine alors âgée de 6 ans environ, était maltraitée par ses parents et particulièrement par la mère, née Célestine Leclerc, originaire de Picauville (Manche).

De tempérament chétif, cette fillette était contrainte d'exécuter les travaux les plus durs et que, bien souvent, on hésite à faire exécuter par une servante. Elle devait, depuis 5 heures le matin, jusqu'au soir, vaquer à tous les soins du ménage. Et si comme cela arrivait souvent, la mère n'était pas satisfaite du travail accompli, elle recevait des corrections particulièrement sévères.
Comme au début de l'enquête, les magistrats s'étonnaient de tels agissements de la part d'une re, la femme Lepleux les expliqua avec un cynisme révoltant, précisant qu'elle
détestait cette enfant. Devant les actes de cruauté de sa femme, non seulement Lepleux Gustave, qui est à Vouilly, le 4 mai 1905, restait impassible, mais il ajoutait encore à la fréquence et à la violence des coups reçus par la petite martyre.

La malheureuse enfant ne partageait pas la nourriture de ses frères et sœurs, et en aucune circonstance n'était autorisée à s'asseoir à la table. Elle devait commencer par servir les autres et, ceci fait, allait ensuite dans un coin de la pièce manger les restes qu'on voulait bien lui donner. A défaut de restes, sa mère (nous hésitons à donner ce nom à une telle femme) l'obligeait à avaler des escargots crus ou à manger des pommes pourries.
A de nombreuses reprises, des voisins compatissants, la voyant souffrir de la faim, lui donnèrent des tartines de pain, sur lesquelles elle se jetait avec voracité. Peut-être, ces voisins, qui faisaient ainsi preuve d'un sentiment d'humanité bien compréhensible, auraient-ils pu alors informer les autorités de ce qui se passait a leur porte ?

Le père et la mère tortionnaires se rendaient tellement compte de l'état déficient dans lequel se trouvait la pauvre enfant, que pour l'empêcher, en leur absence, de boire si peu que ce soit du lait destiné aux autres enfants, ils l'attachaient avant de partir travailler, au pied de la table, avec une corde à vache ou même une chaîne cadenassé. En outre, sous le prétexte d'incontinence d'urine, la petite Germaine couchait par terre, même par les plus grands froids, n'ayant pour l'isoler du sol que des sacs ou un vieux manteau. Elle n'avait, bien entendu, ni draps ni couverture.

C'est en Janvier 1938 que les accusés quittèrent la ferme de M. Bucaille pour entrer au service de M. Fauvel, cultivateur à Geffosse-Fontenay, qui mit à leur disposition, comme habitation, une maison délabrée et isolée au milieu des champs. Une seule pièce composait le logement. Ne craignant plus les regards indiscrets, les époux Lepleux redoublèrent de cruauté vis-à-vis de leur fille.
Les coups lui furent portés avec plus de violence que jamais et lorsque la malheureuse enfant était tombée sous ceux-ci, elle était relevée à coups de pied pour recevoir, dès debout, des gifles sous la violence desquelles elle retombait à nouveau. Elle était alors obligée de se relever par la force des coups de pied et la scène se renouvelait jusqu'à ce que l'un et l'autre des tortionnaires soient fatigués de frapper. C'est alors que la femme Lepleux se trouvait ainsi lasse de porter des coups qu'elle lui brisa un biberon sur la tête.

Un autre jour, la malheureuse gamine fut complètement déshabillée pour être fouettée. La bonne de M. Fauvel, qui était présente, prise de frayeur devant l'attitude particulièrement bestiale des parents, s'enfuit précipitamment.

Les mêmes faite se renouvelèrent à de nombreuses reprises, jusqu'au 14 décembre. Ce Jour-là, sous le prétexte que la petite Germaine avait, malgré la défense qui lui en avait été faite, tiré de l'eau au puits, la femme Lepleux s'acharna, sur elle. Trois jours plus tard. la pauvre enfant, la figure tuméfiée, souffrait de violents maux de tête, mais elle ne reçut aucun soin et comme coutume coucha par terre.
Le 18 décembre, au matin, la tortionnaire trouva la fillette assise dans l'âtre prés d'un petit feu qu'elle avait allumé pour se chauffer. Sans se préoccuper de l'état dans lequel se trouvait la
malheureuse enfant, elle lui porte de nouveaux coups et comble de cruauté, éteignit le feu.

C'est en rentrant vers 14 heures avec son mari qu'elle trouva la petite Germaine étendue dans le cellier, les dents serrées, les mains et les pieds gonflés par le froid. Ils essayèrent alors, dirent-ils de la réchauffer et n'y parvenant pas, c'est à ce moment qu'ils appelèrent le docteur Vaudelle. La suite, nos lecteurs la connaissent.
Apres la mort constatée le Parquet de Bayeux fit pratiquer l'autopsie du petit cadavre. M. le docteur Dietz a déclaré dans son rapport qu'un coup récent porté sur la voute du crâne, à gauche avait provoqué une rupture des branches de l'artère méningée et causé la mort.
Au cours de l'instruction, l'attitude des époux Lepleux fut particulièrement révoltante. Ils ont toujours cherché à se rejeter l'un sur l'autre la responsabilité du coup mortel.
Le verdict : les époux Lepleux ont été condamnés ; la femme vingt ans de travaux forcés, le mari à cinq ans de réclusion.

 

Mars 1940  -  Feu de cheminée.  -  Un violent feu de cheminée s'est déclaré chez M. Rauline, maire de Géfosse, éleveur. Malgré l'intervention rapide des voisins, le feu était si violent que M. Rauline dut faire appel aux pompiers d'Isigny, qui arrivèrent quelques instants plus tard sur les lieux, sous les ordres du lieutenant Duchesne. Après 2 heures d'efforts tout danger était écarté.

 

Mars 1940  -  Une domestique pas gênée.  -  Mme Maurice Jouane, 31 ans, cultivatrice à Geffosse-Fontenay, a pour domestique une jeune fille de 20 ans, Marcelle Bréard, dont la chambre située au rez-de-chaussée de l'habitation est éclairée par une fenêtre protégée par des grilles de fer. A deux reprises, déjà, ces grilles furent arrachées. Lors de sa récent permission, M. Jouane les remit en état. Or à peine avait-il effectué ce travail, que Mme Jouane vient de s'apercevoir qu'elles étaient arrachées une fois de plus. Justement excédée, elle porta plainte auprès des gendarmes.

Ceux-ci n'eurent pas de mal à découvrir que le coupable n'était autre que le fiancé de la jeune bonne, Aimé Lefèvre, de Surrain, qui, avec de simples pesées exercées avec un morceau de bois, supprimait l'obstacle le séparant de sa belle.

 

Juin 1940   -   Un bavard.  -   Le général de Gaulle, qui a pris la parole à la radio de Londres, et qui ne fait plus actuellement partie du gouvernement, n'avait aucune mission pour faire des communications en public. Il a été rappelé de Londres et a reçu l'ordre de rentrer en France et de se tenir aux ordres de ses chefs. Ses déclarations doivent être regardées comme nulles et non avenues.

Ce trop grave général et « jusqu'au-boutiste » et il engageait les spécialistes et les soldats qui le pouvaient à gagner l'Angleterre pour continuer la lutte. On assure même que malgré l'ordre de rentrer au quartier que lui avait donné le maréchal Pétain, le général de Gaulle est resté en Angleterre. Tout cela est vraiment bien regrettable.

 

Juin 1940   -   L'heure allemande.  -   On sait que l'Allemagne est à l'Est de la France et que, par conséquent, le soleil  s'y lève plus tôt. La différence est assez grande pour faire un écart d'une heure entre Paris et Berlin. Aussi nous a-t-on invités à avancer nos montres et nos horloges dans la nuit de lundi à mardi. Nous étions déjà pourtant à l'heure d'été ! Qu'importe, en cette belle saison que nous lever une heure plus tôt !

 

Juin 1940   -   La mort vient vite.  -   prés de Grandcamp, des soldats allemands ont trouvé un homme étendu sans connaissance au bord d'un ruisseau.

Il s'agissait du nommé Pierre Mouchel, 51 ans, sans profession ni ressources, recueilli par sa sœur, Mme Martine, à Géfosse. Le malheureux expirait peu après.

 

Août 1940   -    Déclaration des récoltes.  -   Tout détenteur, à quelque titre que ce soit, d'une quantité supérieure à cinq quintaux d'avoine, de maïs, d'orge ou de seigle, est tenu d'en faire la déclaration à la mairie de sa résidence, avant le 1er septembre 1940.

La libre circulation des céréales : avoine, maïs, orge et seigle, est interdite. Elle ne pourra être autorisée que dans les conditions qui seront fixées dans un arrêté ultérieur.

 

Août 1940   -   Interdiction des battages.   -   La Feldkommandantur du Calvados a changé la direction des services agricoles de faire connaître que l'autorité militaire allemande a décrété une interdiction générale des battages.

Les battages de la récolte de cette année ne commenceront qu'après un ordre formel des autorités militaires allemandes. Il est seulement permis actuellement de battre l'avoine nécessaire aux troupes d'occupation.

 

Septembre 1940   -   Les cabines de bains.   -   Les cabines de bains édifiées en bordure de mer, à Géfosse-Fontenay, ont été ouvertes et en majeure partie vidée de leur contenu. Les volets ont été arrachés et les vitres brisées.  

Divers objets, provenant de ces vols, ont été retrouvés dans des maisons particulières. Des enfants les auraient trouvés abandonnés.

 

Décembre 1941   -   Avis à la population.   -   Le chef des Services régionaux de transmission des troupes d'occupation a pris l'arrêté suivant : « Des aviateurs anglais lancent depuis quelque temps au-dessus des départements du Calvados, de l'Orne et de la Manche des pigeons-voyageurs et invitent la population française à renvoyer ces pigeons avec des nouvelles.

Nous espérons que la population française, songeant aux graves conséquences de son geste, ne se prêtera pas à cette manœuvre, mais livrera ces pigeons et tous leurs accessoires au bureau militaire allemand le plus proche ou à la mairie.

A l'avenir, toute personne qui livrera des pigeons-voyageurs ou le matériel servant à la transmission des nouvelles ou au lancement à terre du pigeon recevra une récompense par  l'intermédiaire des Feldkommandanturs des départements du Calvados, de l'Orne et de la Manche.

Je compte sur la loyauté de la population et j'attends de toute personne qui découvrira des pigeons-voyageurs, etc., qu'elle les remette sans délai aux autorités allemandes ».

 

Janvier 1943   -   Faits divers.   -   M. Pierre Bachelet, 55 ans, marin-pêcheur à Grandcamp, péchait un soir, sur un « picoteux », devant Geffosse-Fontenay, avec son fils Fernand, 24 ans, récemment rentré de captivité, et la femme de celui-ci, âgée de 21 ans.

Surpris par l'obscurité, les trois pêcheurs durent s'égarer et leur bateau, touchant au rocher et sombra. Des appels furent perçus par d'autres marins mais, dans la nuit profonde, on ne put les localiser. Ce n'est que deux jours après, que les trois corps ont été retrouvés sous les rochers de Maisy.

Détail navrant : La jeune Mme Bachelet avait reçu le matin même, son permis pour pêcher. Ce drame, qui frappé une famille très estimée, a jeté la consternation dans la région grandcopaise.

 

Juillet 1944  -  Le maire est suspendu.  -  Par arrêté n° 158 du 13 juillet 1944 de M. le Commissaire Régional de la République, M. Louis Rauline, maire de la commune de Geffosses-Fontenay, est suspendu de ses fonctions.

 

Janvier 1945  -  Un conducteur d’attelage est grièvement blessé.  -  M. Pierre Alexandre, 52 ans, de Geffosse-Fontenay, est passé sous les roues d’une voiture qui transportait une barrique à eau. Blessé aux deux jambes, il a été hospitalisé à Bayeux.  

 

Novembre 1945  -  Toujours les mines.   -  A Geffosses-Fontenay, l’explosion d’une mine a tué un ouvrier, M. Raymond Goujon, 22 ans, demeurant à Louviers, et deux prisonniers allemands. (source B. L.)  

 

Septembre 1946  -  Pour la défense de littoral.  -  Le Syndicat de défense du littoral de Géffosse-Fontenay et de Maissy s’est réuni à l’Hôtel de ville d’Isigny pour établir son budget de 1946.

L’assemblée a émis le vœu que des subventions soient accordées par le département et que l’État vienne largement en aide pour permettre l’exécution rapide des travaux de protection du littoral, les faibles ressources dont dispose le Syndicat ne lui permettant pas de les  entreprendre seul.

Il s’agit de la réfection complète des digues dévastées, pour partie, pendant l’occupation et, pour la plus large part, lors des opérations de débarquement.

Un appel urgent est lancé aux pouvoirs publics, car il s’agit de sauver des centaines d’hectares d’excellents pâturages.  (Source B. L.)  

 

Janvier 1947  -  Toutes les terres exploitables doivent être utilisées.     Toutes terres incultes ou abandonnées peuvent faire l’objet d’une demande de concession pour être remises en exploitation. Bien qu’en dehors des terrains pas encore déminés ou non remis en état, les terres incultes soient rares dans le Calvados, il est possible que certaines parcelles ne soient pas utilisées. Les demandes de concessions doivent être adressées à la Préfecture du Calvados, 4e division. (Source B.-L.) 

 

Janvier 1947  -  Un enfant tue son camarade.     A Geffosse-Fontenay, André Néel, 15 ans, se trouvait dans une étable de la ferme de Mme Lepionnier avec l’enfant de celle-ci, Charles, âgé de 7 ans. Une carabine de 6 mm. était accrochée à un mur. André Néel eut la malencontreuse idée de s’emparer de celle-ci et d’appuyer sur la gâchette, l’arme était chargée et la balle atteignit le petit Charles à l’abdomen. Transporté à l’hôpital de Bayeux, l’enfant y est décédé. (Source B.-L.)  

 

Janvier 1947  -  La destruction des engins de guerre Geffosse-Fontenay.     La circulation est interdite jusqu’à nouvel ordre sur le littoral, de la pointe du Grouin à la Bizière, et en particulier sur la plage de Géfosse, lieu de destruction des bombes,  obus et engins de guerre récupérés dans la région. La commune étant en état de désobusage, il est recommandé de ne pas circuler dans les petits chemins. (Source B.-L.)  

 

Août 1947  -   La mort tragique d’un journalier.  -  Deux habitants de Geffosse-Fontenay, M. Albert Passot, 44 ans, journalier, et Pierre Legouix, chassaient de compagnie. Au lieu dit « Le Grouin », sur le bord de la mer, ils se séparèrent pour se dissimuler derrière des abris et y attendre le gibier. Peu après, une détonation se fit entendre. N’apercevant plus son camarade, M. Leroux se rendit à l’endroit qu’il devait occuper et découvrit son cadavre déchiqueté. On suppose que M. Passot a été victime de l’explosion d’une boîte de trinitrotoluène qu’il aurait voulu munir d’un détonateur à des fins de que l’on s’explique mal. (source B.-L.)  

 

Septembre 1947  -    Un militaire américain gravement blessé.    Au carrefour du Calvaire, à Geffose-Fontenay, un sergent motocycliste de l’armée américaine s’est jeté contre un camion. Grièvement blessé, le militaire a été transporté à l’hôpital américain de Saint-Hilaire-Petitville. (source B.-L.)

A travers la Campagne Normande

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