GOUSTRANVILLE

Canton de Dozulé

Les habitants de la commune sont des Goustranvillais, Goustranvillaises


Janvier 1827  -  Une fusion.  -  En 1827, la commune de Saint-Clair est rattachée à Goustranville.

 

Octobre 1868   -   Un incendie.   -   On nous rapporte qu'un incendie a éclaté samedi dernier, à onze heures du soir, en la commune de Goustranville, hameau de la Chollerie, au domicile du sieur Lisse, marchand de fruits, et que le feu a dévoré l'habitation de ce dernier avec le mobilier qu'elle contenait. Les renseignements nous manque à ce sujet.

 

Septembre 1869   -   Fait divers.   -   Le mardi 21 septembre dernier, vers huit heures du soir, le sieur Louis Langlois, de Goustranville, entendant un coup de fusil qu'on venait de tirer près de son habitation, sortit de chez lui pour en connaître la cause. Il ne fut pas peu surpris en voyant deux individus qui prenaient la fuite, emportant deux canards qu'ils avaient tués et qui lui appartenaient. Ces rôdeurs de nuit, croyaient, à la faveur des ténèbres, n'être pas reconnus, mais la nuit n'était pas si noire pour qu'on ne pût en reconnaître un. Aussi, le sieur Langlois écrivit, le lendemain, à celui-ci qui s'il ne se rendait pas auprès de lui pour lui payer ses canards, il allait le dénoncer alors à justice. Cette menace produisit un effet salutaire, car le délinquant se rendit aussitôt à l'invitation du sieur Langlois, et paya à celui-ci une somme de dix francs, à titre d'indemnité, pour là perte de ses deux canards. Voilà, il faut en convenir, du gibier qui coûte un peu cher !

 

Février 1866   -   Une belle initiative.   -   Au moment où l'initiative éclairée de M. le Ministre de l'Instruction publique empreinte toutes les formes pour répandre l'instruction et surtout pour mettre la science à la portée des classes pauvres. Il importe de signaler toutes les tentatives qui sont faites dans le but de venir en aide à de si louables efforts.

On nous assure que l'autorité locale de la commune de Goustranville a décidé que tout enfant appartenant à une famille peut aisée et qui est en âge de fréquenter l'école, recevra, par jour de classe où il assistera, un demi-kilogramme de pain.

Voilà une sage et philanthropique idée qui mérite d'être délivrée à la publicité. Elle sera, nous n'en doutons pas, d'un utile et fécond exemple pour notre pays.  

 

Juillet 1868   -   L'orage.    -   Samedi dernier, pendant l'orage qui est venu fondre dans l'après-midi, sur notre contrée, à la suite d'une chaleur accablante, tonnerre est tombé dans un herbage, situé à Saint-Clair-de-Goustranville, et a tué un bœuf appartenant, dit-on, à Mme Veuve Martine, propriétaire à Saint-Clair, ou à son gendre, M. Charles Denis.

A Chicheboville, de jeunes poulets ont été tués par des grêlons de la grosseur d'une petite noix.

La foudre est tombée à plusieurs autres endroits, mais sans occasionner aucun mal. Le lendemain, l'orage a éclaté avec plus de force que la veille, et a versé une pluie abondante qui était mêlée de gros grêlons.  

 

Août 1868   -   Un escroc.   -   Un procès-verbal a été dressé le 17 courant, contre le sieur Léonard Martin Desloges, propriétaire à Goustranville, inculpé de tromperie sur la qualité et la quantité de la marchandise vendue, en apportant sur le marché un pain de beurre de 10 kilogrammes, enveloppé d'une couche de trois centimètres de beurre de bonne qualité, recouvrant tout le reste d'un beurre d'une qualité très inférieur. Le beurre saisi a été remis aux Petites-Soeurs des pauvres.  

 

Mars 1872   -  Vol.   -  Dimanche pendant la grand'messe, des malfaiteurs se sont introduit dans le presbytère de Goustranville, canton de Dozulé, et y ont commis un vol assez important au préjudice de M. le curé. Pour pénétrer dans cette habitation, les voleurs ont percé un mur à l'aide d'un instrument en fer, et, après avoir fait un trou suffisant pour le passage d'une personne, se sont introduits dans la maison, où ils se sont emparés de différents objets qu'on évalue à 500 fr. On présume que les voleurs ne sont pas étrangers à la localité.

Une circonstance particulière s'est produite à cette occasion : M. le curé qui avait, il y a un an environ, été l'objet d'une tentative de vol, laissait, dans la principale pièce du presbytère, chaque fois qu'il s'absentait, un petit chien qui aboyait au plus léger bruit. Quand il rentra chez lui, il trouva son chien dehors. Comme sa provision de viande, avait disparu, on a conjecturé qu'elle avait servi en partie de pâture à l'animal qui avait été mis dehors par les voleurs, pour l'empêcher d'aboyer pendant qu'ils faisaient leur coup de main.

Mars 1872   -  Le gel.   -  Les désastres occasionnés par les gelées des nuits dernières sont plus graves qu'on ne je suppose généralement. Les lettres que nous recevons de divers points de la Normandie sont unanimes pour le reconnaître.  

 

Février 1875   -   La Cour.  -  La Cour de Cassation a décidé : 1° que, seuls les propriétaires ou les fermiers avaient le droit exceptionnel de tirer sur les poules des voisins ; 2° qu'ils ne pouvaient les tuer qu'au moment où elles commettaient un dégât actuel et effectif ; 3° et sur les lieux mêmes où le dommage était causé. Ceci s'applique aussi aux pigeons.

 

Février 1875   -   Grave question.  -  Des canaux de dessèchement ont été établis pour préserver de l'inondation les communes de Troarn, Saint-Samson, Basseneville, Goustranville et Janville. Les marais de ces quatre premières communes sont sous l'eau depuis un mois, seul, Janville est à sec. Qui nous expliquera ce phénomène ?  

 

Décembre 1875   -  Taureau furieux.  -  Mardi, la dame Capitaine, âgée de 40 ans, demeurant à Goustranville, sortit de chez elle pour aller faire une commission à une certaine distance de sa maison. En passant dans un herbage où il y avait des bœufs au pâturage, l'un de ces animaux, qui est très méchant, se précipita sur elle et la terrassa en lui labourant tout le corps à coups de cornes. La malheureuse femme fut rapportée chez elle dans un état désespéré, les intestins lui sortaient du corps. Quelques moments avant cet accident, un homme qui passait par le même herbage, fut aussi assailli par l'animal en question, qui lui porta des coups de corne dans la cuisse et dans le dos, mais, grâce à un pommier dont il se trouvait peu éloigné, cet homme, qui s'empressa de monter dedans, parvint à se soustraire à la fureur de l'animal. 

 

Juillet 1880  -  Secours aux communes.  -  Un secours de 2 500 fr. a été accordé aux communes de Basseneville et de Goustranville pour l'acquisition d'une école de filles.  

 

Juillet 1880  -  Les orages.  -  Samedi soir, un orage 1épouvantable à éclaté sur Caen et une partie du Calvados. A Caen, les rues de la ville ont été transformées en torrents et l'eau a envahi beaucoup de maisons. Des arbres ont été renversés par l'ouragan, notamment près de l'école de natation, ainsi qu'à Louvigny

Dans les communes d'Hérouvillette et Ranville, les colzas, blés, sarrasins, ont été broyés par la grêle.

Le canton d'Évrecy a beaucoup souffert. Les blés, les orges sont roulés et hachés, les seigles, plus avancés, ont la paille moins altérée, mais les sarrasins sont endettés et  absolument perdus. Les avoines n'ont plus d'épis, les colzas sur pied sont émondés, ceux qui étaient coupés sont aux trois quarts battus. L'écorce des jeunes pommiers est même détachée du tronc dans les endroits où les grêlons ont frappé. C'est un désastre complet. Les communes les plus frappées sont : Sainte-Honorine-du-Fay , Maizet, Avenay, Esquay, Vieux, Maltot  et Feuguerolles. A Hamars, les récoltes des quatre principales fermes sont complètement détruites et non couvertes par assurances.

Dans le canton de Ryes, on évalue à plus de trente mille francs les dégâts causés par la grêle.

A Fontaine-Etoupefour, les dégâts s'élèvent à 30 000 fr.

A Argences, la foudre a tué une jument appartenant au sieur Deschamps, maître d'hôtel.  A Billy. elle est tombée sur la maison du sieur Bisson, a dérangé un lit dans lequel étaient couchées deux personnes, mais n'a fait que de légers dégâts. A Livarot, elle a brûlé une meule de foin. A Trouville, il y a eu un véritable déluge.

A Goustranville, la foudre a tué une jument appartenant à M. Gosselin. A Dozulé, les marronniers placés de chaque côté de l'église ont été rompus.

Cet orage a aussi occasionné de grands dégâts dans le canton de Balleroy : la foudre est tombée plusieurs fois, et a renversé, à Balleroy, deux personnes qui se trouvaient dans un champ, sans leur faire néanmoins de graves blessures. A Castillon, par suite de la foudre, le feu a pris à une boulangerie dépendant de la ferme de M. Pelcerf. Perte 600 fr. Assurée.

A Honfleur et les environs, notamment du côté de Gonneville, l'orage a fait des dégâts considérables. Rue Boudin, à Honfleur, une petite fille a été renversée par la masse d'eau qui, de la côte, se précipitait par cette rue en pente. Sans le prompt secours d'un habitant du quartier qui fut assez heureux pour ressaisir l'enfant qui disparaissait entraînée par le courant, il est certain qu'elle n'eût pu d'elle même échapper au danger qui la menaçait.

Le préfet rappelle aux maires dont les communes ont subi des pertes, qu'ils doivent adresser à la préfecture une demande de secours, indiquant nominativement les cultivateurs sinistrés et la perte de Chacun. Dans la même pétition, ils feront connaître les noms de deux cultivateurs d'une commune voisine les plus aptes à assister les contrôleurs dans l’estimation des pertes.

 

Avril 1881  -  Du danger d’avoir la main trop prête d’aller.  -  Mamzelle Frisette, des environs de Goustranville, a, parait-il, l'allure légère et la main lourde. Ayant réclamé à sa blanchisseuse, Francine Rétif, des bonnets de lingerie qu'elle lui avait donnés à repasser, celle-ci ne voulut les remettre qu'à la condition que Frisette lui paierait le vieux dû, s'élevant à 18 fr.

Mamzelle Frisette, qui est très susceptible, et s'emporte pour un rien perdit patience, à cette réclamation et sauta sur sa blanchisseuse qu'elle frappa des pieds et des mains, d'une manière assez grave, sans pouvoir obtenir la remise des bonnets, ce qui l'a privée d'aller voir sont amoureux. Procès-verba a été dressé.  

 

Octobre 1881  -  Les voleurs d’église.  -  Pendant la nuit de dimanche à lundi, de hardis malfaiteurs se sont introduits dans l'église de Troarn. Dans la sacristie ils ont fracturé une boîte dans laquelle il y avait une somme de 30 à 35 fr., provenant du prix des places de l'église. Ils ont pris divers autres objets. On estime à 60 fr. les vols et les dégâts. On soupçonne deux individus étrangers au pays, que les gendarmes de Troarn avaient rencontrés à Sannerville, dimanche dernier, vers 3 heures du soir, et auxquels ils avaient demandé leurs papiers. Ils répondirent qu'ils étaient ouvriers typographes à Caen, et qu'ils se rendaient à la fête de Saint-Richer, à Basseneville. 

Pendant la même nuit, on s'est introduit dans l'église de Goustranville, située sur le bord de la route, en ouvrant une porte latérale placée au bas du clocher, et l'on a fouillé l'église, dans laquelle on n'a pu prendre que diverses clefs. On présume que ce sont les mêmes malfaiteurs qui ont commis cet autre méfait. Enfin deux tentatives de vols, avec escalade et effraction, ont été commises dans l'église de Garnetot.  

 

Novembre 1888  -  Les voleurs d’église.  -  Encore une église pillée, c'est celle de Goustranville. Des malfaiteurs y ont pénétré la nuit. Ils ont pris un calice d'argent avec la patène, les burettes et le plateau de même métal, plus une dizaine de francs. Fracturant ensuite le tabernacle, ils ont dérobé un ciboire et une custode ' également en argent, cette dernière enveloppée dans un étui de velours rouge et renfermant les hosties consacrées qu'on n'a pas retrouvées. La valeur des objets soustraits est d'environ cinq cents francs.

Janvier 1889  -  Cheval tué.  -  Samedi matin, sur la ligne de Mézidon à Trouville, un train a culbuté, au passage à niveau n° 55, une voiture à quatre roues dite break, appartenant à M. Conard, herbager à Goustranville. Le cheval a été tué sur le coup par la locomotive. M. Conard, qui était dans la voiture, n'a pas été blessé.  

 

Juillet 1895  -  Une femme brûlée.  -  Dans la soirée du 14 juillet, une femme âgée, habitant Goustranville, aux suites de ses brûlures. Le cadavre ne fut découvert que le lendemain. Le haut du corps était carbonisé. Détail horrible un côté était ouvert et l'on voyait l'un des pouvons qui était brûlé. Le parquet de Pont-l'Évêque, prévenu de cette découverte, a fait une descente de justice. Dans le pays, de sinistres rumeurs circulaient. On ne parlait de rien moins que d'un assassinat suivi de viol, et l'on soupçonnait, comme auteur du crime, un des rôdeurs de la contrée. Il n'en est rien dit-on. Cette femme serait tombée accidentellement dans le feu en faisant sa soupe. (source B. N.)  

 

Septembre 1898  -  Mort subite.   -  Le nommé Hardouin, 49 ans, de Laval est mort samedi la nuit à Goustranville, dans une grange où on lui avait donné asile. (source le B. N.)

 

Novembre 1909  -  Funèbres découvertes.  -  On a trouvé, dans le marais de Saint-Clair à Goustranville, près Dozulé, le cadavre de la dame Frénée, née Marie Lecomte. Elle aurait succombé à une congestion cérébrale. 

— On a découvert dans un vieux bâtiment abandonné à Auberville, le cadavre de la veuve Paisnel, née Julia Saunier, 57 ans, originaire de Courseulles, marchande de moules. Elle avait succombé à une congestion. 

— Un charpentier de Honfleur, le sieur Alphonse Beaucour, 68 ans, a été trouvé mort près de la maison où il habitait seul. Il avait succombé à une congestion. 

— On a trouvé dans l'avant-port de Honfleur, le cadavre du sieur Paul Got, 51 ans, marin abord du « Souvenir ». Le canot du bateau ayant été retrouvé à la dérive, Got a dû tomber à l'eau en regagnant son bord. (Source B.N.)

 

Novembre 1909  -  Le temps.  -  La perturbation est générale. Tempêtes sur terre et sur mer. Sur notre région, pluies abondantes, grêle et vents violents qui déracinent les arbres. (Source B.N.)

 

Décembre 1913  -  Classement de monuments historiques. -  Sur la proposition de M. Le préfet du Calvados, et après avis favorable des municipalités intéressées, M. Le Sous-secrétaire d'état des Beaux-arts a inscrit sur la liste des monuments classés  :   Le chœur de l'église de Cagny, le clocher de l'église d'Allemagne-la-Basse, le clocher de l'église de Goustranville, le clocher et le Chœur de l'église de Villiers-le-Sec, le clocher de l'église  de Lion-sur-mer, le portail nord de l'église de Mutrécy, le clocher de l'église d'Ernes, le clocher et la façade occidentale de l'église de Thiéville, le clocher de l'église d'Ellon, l'église d'Huppain.

 

Avril 1914  -  Les monuments historiques du Calvados.  -  Voici, d'après le officiel, la liste des immeubles classés parmi les monuments historiques avant la promulgation de la loi du 31 décembre 1913, pour le département du Calvados :

Fontaine-Etoupefour : restes du Château ; Fontaine-Henri : Église (sauf la nef) ; Fontenay-le-Marmion : Clocher et Chœur de l'église ; Formigny : Église ; Fresnes-Camilly (le) : Église ; Goustranville : Clocher de l'église ; Grainville-sur-Odon, Clocher et le chœur de l'église ; Grisy : Croix de chemin sur la route de Vendeuvres à Grisy ; Honfleur : La Lieutenance, Église Sainte-Catherine. Portail de  l'église Saint-Léonard ; Huppain : Église ; Juay-Mondaye : Parois de la voûte du transept gauche de l'église, revêtues de fresques classées ; Jurques : Dolmen dit " Pierre Dialan " ; Langrune : Église ; Lion-sur-mer : Clocher de l'église ; Lisieux : Église Saint-Pierre, Église Saint-Jacques, Maison dite " le Manoir de François 1er ", rue aux Féves, Maison dite " le manoir de  salamandre ", rue aux Féves. Maison dite " le manoir du pâtissier ", dans l'ancienne rue Basse-Boucherie ; Longues : Église de Marigny ; Louvières : Église ; Luc-sur-mer : Clocher de l'église, Croix en Pierre (1662) dans le cimetière ; Maizières : Église ; Maltot : Chœur de l'église,  Etc...

 

Mars 1917  -  Macabre découverte.  -  On a découvert, ces jours-ci, sur la plage de Cabourg, le cadavre du jeune Augustin Gelée, 12 ans, demeurant chez sa mère, gardienne d'herbages à Goustranvllle. On croit que cet enfant, qui était disparu depuis le 31 janvier, est tombé dans le canal de dessèchement de la Dives et a été entraîné par le courant.

 

Octobre 1925  -  Un drame à la ferme.  -  En rentrant de Dozulé, Raymond Langlois, 53 ans, cultivateur Goustranville, fit une scène épouvantable à sa femme, née Aubey.

Il l'injuria et la poursuivit jusque dans l'herbage d'un voisin, M. Coudraye. Là, armé d'une fourche, Il menaça d'embrocher sa malheureuse femme.

De retour à la maison, Langlois tourna sa colère contre sa petite-fille, Andrée Cyrille, 17 ans. Il s'arma d'un rondin et voulut l'en frapper.

Sa femme qui se tenait au dehors, à distance respectueuse, s'approcha pour protéger la pauvre enfant, et jeta un seau d'eau à la figure du cultivateur qui devint de plus en plus furieux. Après quoi, elle s'enfuit dans la campagne avec la petite-fille.

C’est alors que deux coups de feu retentirent. Langlois avait pénétré dans sa maison pour prendre son fusil, qui était toujours chargé, et il avait tiré sur sa femme et la petite Andrée Cyrille. Elles furent atteintes toutes les deux, et se réfugièrent chez un voisin, M. Léon Guédon.

Les deux blessées, dont l'état ne présente pas de caractère de gravité, mais qui auront besoin d'un long repos, ont été soignées par M. le docteur Bougault, et transportées ensuite à l'hôpital de Pont-l'Evêque.
Le cultivateur meurtrier a déclaré avec cynisme que, son coup fait, n'avait pas cru devoir se préoccuper de ses victimes.

Ce drame n'a pas autrement surpris les habitants du quartier de Goustranville. Les scènes de violences, provoquées par l'ivresse, du mari, étaient fréquentes dans le ménage Langlois. Le mari qui, a jeun, était obligeant et serviable, devenait violent chicanier et querelleur dès qui avait bu.

 

Février 1926  -  Accident.  -  En voulant éviter l'attelage de M. Hardy, de Garcelles-Secqueville, qui tenait obstinément le milieu de la route, un camion appartenant à L. Digne, entrepreneur de transports à Bavent et conduit par le chauffeur Rémy Hervy s'est jeté dans le fossé. Dégâts matériels.

 

Mars 1926  -  Une vache contre une auto.  -  M. Gaston Bézière, mécanicien à Paris, passait en auto près de l'église de Goustranville, lorsqu'une vache, se détachant d'un troupeau, est venue se jeter sur l'auto, occasionnant des dégâts matériels.

 

Janvier 1936  -  Père indigne.  -   Racinais, Georges, 43 ans, né à Prêtreville (Calvados), gardien d'herbages à Goustranville, est accusé d'attentats à la pudeur, sur sa fille. Il a reconnu partiellement les faits. 

L'accusé n'a jamais été condamné et les renseignements recueillis sur son compte sont bons. Partout où il a passé, il a été considéré comme un homme sobre, honnête et consciencieux. (source M. du C.)  

 

Août 1936  -  Tient-on l’auteur du crime de Goustranville ?  -  Le Parquet de Pont-l'Evêque croit tenir l'odieux assassin de Goustranville. Le lundi de la Pentecôte 1933, une fillette, Marie-Jeanne Olier, dont les parents sont gardiens de propriété, avait reçu quelques sous pour acheter des bonbons. Elle se rendit par la route de Caen à Rouen jusqu'à une épicerie. Hélas ! on ne la revit pas vivante.

Dans un buisson en bordure d'un champ on découvrit le cadavre violé et mutilé. Les recherches n'aboutirent pas.

Or, il y a quelques mois, à Honfleur, une fillette fut attaquée par un individu, surpris avant d'avoir eu le temps d'accomplir son forfait. L'inconnu réussit à s'échapper. Son signalement fut envoyé dans toutes les directions.

Dernièrement, près de Pont-Audemer, les gendarmes remarquaient un individu qui se promenait, tenant une bicyclette. L'inconnu avoua qu'il l'avait volée. Emmené à la brigade de gendarmerie, il fut interrogé longuement et l'on s'aperçut que son signalement correspondait à celui de l'agresseur de Honfleur.

Ce rôdeur, nommé Donatien, dirigé sur Pont-l’Evêque, interrogé par le juge d'instruction sur le drame de Goustranville, se troubla, avoua certains points, puis se rétracta, invoquant des alibis, tous reconnus faux.

C'est dans ces conditions que le Parquet vient de décider qu'une reconstitution du crime de Goustranville aurait lieu cette semaine. Elle semble devoir amener les aveux complets du misérable. (source M. du C.)

 

Août 1936  -  Le crime de Goustranville.  -  Nous avons annoncé hier l'arrestation d'un individu soupçonné d'être l'auteur de l'odieux attentat dont fut victime, à Goustranville, la jeune Marie Olier. Il se confirme qu'on est bien en présence de l’abominable satyre qui avait si longtemps échappé aux recherches de la justice.

Voici dans quelles circonstances il a été arrêté :

Récemment, venait aux oreilles des gendarmes de Blangy-le-Château que Mme veuve Paumier, demeurant à Saint-André-d’Hebertot, avait dit que son neveu Gaston Donatien lui avait avoué être l'auteur du crime de Goustranville.

Immédiatement, les gendarmes allèrent trouver Mme. Paumier qui, en effet, leur déclara que son neveu lui avait bien tenu les propos en question et que en 1933, le 9 juin, jour de la Pentecôte, Donatien était venu la voir, et que deux jours après, le bruit se répandait qu'une tentative de viol avait été commise à Beuzeville sur une enfant de 7 ans et qu'à son avis, Donatien n'y était, peut-être pas étranger.

D'après elle, c'est en effet un vaurien capable de tout. Munis de ces renseignements et du signalement de Donatien, la gendarmerie le transmit à toutes les brigades de France et divers mandats d'arrêt furent lancés contre lui pour vol de bicyclette en autres méfaits.

Dernièrement, les gendarmes de La Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne) apercevaient sur la route un individu dont l'allure correspondait étrangement au signalement de Donatien.

Ils l’emmenèrent à la brigade et établirent qu'en effet ils étaient bien en présence du criminel.

Le Parquet de Pont-1'Evêque, prévenu, délivra un mandat d'arrêt contre Donatien, qui fut transféré dans cette localité. Après trois jours d'interrogatoire serré, Donatien « lâchait le morceau » et avouait qu'il était bien l'auteur du crime de Goustranville et qu'il avait transporté Marie Olier, son acte accompli, à l'endroit où on l'avait retrouvée, distant de 150 mètres environ de celui où le crime fut perpétré.

L'arrestation de Donatien a causé un vif soulagement dans la région de Pont-l'Evêque, où le souvenir du crime impuni de Goustranville était resté vivace.

La reconstitution du crime : La reconstitution du crime aura lieu demain jeudi, aux premières heures de la matinée, en présence du Parquet de Pont-l'Evèque. (source M. du C.)

 

Août 1936  -  L’application de la semaine de quarante heures.  -  Les organisation patronales et ouvrières se rapportant aux professions suivantes :

1° Entreprises de manutention dans les ports accessibles ou non aux navires de hautes mer.

2° Aux hôpitaux, hospices, maisons de santé, asiles d’aliénés, sanatoriums, préventoriums.

Sont priées, conformément aux articles 7 et 9 du Livre II du Code du Travail (modifiés par la loi susvisée du 21 juin 1936, instituant la semaine de quarante heures dans les établissements industriels et commerciaux et fixant la durée du travail dans les mines souterraines) de faire parvenir leur avis sur les dispositions à introduire dans le décret ci-dessus prévu, en signalant, le cas échéant, les accords intervenus entre les organisations patronales et ouvrières auxquels elles estiment que le décret à intervenir sevrait se référer et en communiquant à cet effet une copie conforme de ces accords.

Les organisations patronales et ouvrières intéressées devront donner leur avis dans le délai d'un mois.

Leurs communications devront être adressées au Ministère du Travail, Direction du Travail, 127, rue de Grenelle, à Paris (VIIe). Inutile d'affranchir. (source M. du C.)

 

Août 1936  -  Les gendarmes dont l'enquête permit l'arrestation de Donatien vont être récompensés.  -  A la suite de l'arrestation et des aveux de Donatien, l'assassin de Goustranville, les gendarmes Degoussé et Decaudin, de la brigade de Blangy-le-Château, qui, par leur enquête, permirent d'identifier le meurtrier, ont été proposés pour une récompense qu'ils ont bien méritée et qui leur sera, nous n'en doutons pas, accordée.

En les félicitant du succès de leur initiative, il serait injuste de ne pas rappelé, la part importante qui, dans l'épilogue de cette affaire, revient au chef d'escadron Brice, commandant la gendarmerie du Calvados.

Dès son arrivée dans notre département, le chef d'escadron Brice, (dont l'activité, alors qu'il commandait en Corse, fut à la base même de l'arrestation du fameux bandit Spada) s'était attaché à élucider le drame atroce de Goustranville. Ce fut sur ses indications que reprirent les recherches qui à trois ans d'intervalle, ont amené la découverte de l'assassin, et il est probable que, sans lui, la mort effroyable de la petite Marie 0lier fût demeurée impunie. (source M. du C.)  

 

Avril 1937  -  Le pourvoi rejeté.  -  Des faits nouveaux auraient été révélée Le pourvoi en Cassation formé par Donatien au lendemain du verdict qui l'avait condamné à mort pour assassinat de la jeune Marie-Jeanne  Ohier, vient d'être rejeté. L'assassin  de Goustranville ne peut donc espérer maintenant qu'en la clémence présidentielle.

On dit cependant qu'une autre solution favorable au condamné est fort possible. On parle de témoignages survenus depuis le verdict et qui tendraient à établir que Donatien, le jour du crime, était à 80 kilomètres du lieu où la pauvre petite Ohier fut sauvagement assassinée. D'autre part, les circonstances dans lesquelles Donatien a passé des aveux donnent à penser qu'il est atteint d'un déséquilibre mental. (source M. du C.)  

 

Juin 1937  -    Quel sera le sort de l’assassin de Goustranville.    Gaston Donatien, ce rôdeur qui, le 5 juin 1933, violenta et assassina à Goustranville une fillette de 8 ans, la petite Marie-Jeanne Ollier, et avait été condamné à mort le 23 janvier dernier par la Cour d'Assises du Calvados, va être incessamment fixé sur son sort. Son pourvoi en cassation ayant été rejeté, Donatien ne pouvait plus espérer qu'en la clémence présidentielle.

Son défenseur, Me Féquet, du barreau de Pont-l'Evêque, a été appelé par le Président de la République, près duquel il a tente hier après-midi une suprême démarche. (source M. du C.)

 

Juin 1937  -    Une tête va tomber à Caen.   Le crime le plus odieux qui ait depuis longtemps ensanglanté les annales du Calvados aura demain son épilogue.

Donatien, l'assassin de la petite Marie Olier, paiera de sa tête son abominable forfait, ainsi que le faisait prévoir l'invitation faite avant-hier à son défenseur de solliciter la clémence présidentielle.

Celle-ci lui a été refusée.

La justice des hommes suivra son cours inexorable. Il ne reste plus à Donatien qu'à espérer en celle de Dieu.

UN CRIME ATROCE

C'est le 4 juin 1933, jour de la Pentecôte que fut commis le crime odieux dont la victime, Marie Olier, n’était âgée que de 8 ans.

Le cadavre de l'enfant fut découvert le lendemain, horriblement mutilé.

L'auteur de ce meurtre abominable ne put être retrouvé.

Durant l'après-midi, l'enfant avait été chargée d'une course par sa mère. Elle devait acheter des gâteaux dans une épicerie de Goustranville où d'ailleurs elle ne parut pas.

Vers 18 heures, inquiète de l'absence prolongée de sa fille, Mme Olier, en compagnie de son mari qui venait de rentrer de Cabourg où il avait passé la journée, se mettait à sa recherche. En vain, les malheureux parents s'efforcèrent-ils de retrouver leur fille. Désespérés, ils se rendirent à la gendarmerie de Dozulé. Immédiatement le chef de brigade et plusieurs de ses hommes se mirent en route et battirent la campagne. Vers deux heures du matin, on découvrit dans un champ le pantalon déchiré de la fillette. A 3 heures, les gendarmes rentraient à la caserne. Deux heures plus tard, ils reprenaient leurs investigations et trouvaient dans une haie, à proximité de la route de Caen à Rouen, le corps de la jeune Marie L'enfant avait été étranglée et violée.

L’autopsie du cadavre révéla des détails inouïs. L'assassin s'était acharné à tuer la malheureuse enfant avec une rage telle que les cartilages du larynx avaient été brisés.

Des recherches entreprises durant de longs mois, ne devaient pas aboutir. Plusieurs pistes furent suivies sans résultat.

Toutefois les soupçons se portèrent sur un individu qui avait été vu circulant à bicyclette à 1 500 mètres environ du lieu du crime et dont l'allure suspecte avait attiré l'attention de trois personnes qui l'avaient rencontré. La bicyclette sur laquelle circulait cet individu correspondait au signalement d'une machine volée le même jour à Saint-Léger-du-Bosq. Il ne fut pas possible d'identifier cet homme et après deux années, un non-lieu intervint le 22 août 1935, faute de charges suffisantes contre quiconque.

TROIS ANS APRÈS...

Il était dit néanmoins que ce crime ne resterait pas impuni.

Le 12 mai 1936, la gendarmerie de Blangy-le-Château fut prévenue que la dame Paumier, demeurant à St-André-d'Hébertot, avait tenu une conversation qui laissait prévoir qu'elle connaissait l'assassin de la petite Olier. Elle fut aussitôt entendue à ce sujet et elle n'hésita pas à dire que ses soupçons se portaient sur son neveu, Donatien Gaston, qui était venu, à cette époque, lui rendre visite.

L'enquête fut immédiatement reprise et la police mobile put se procurer facilement le signalement et la photographie de Donatien, qui avait été déjà condamné. Le signalement correspondait à celui de l'individu qui avait été vu circuler sur une bicyclette semblable à celle volée le jour de la disparition de la jeune Olier.

Une information fut ouverte contre Donatien du chef de vol de la bicyclette et un mandat d'arrêt fut décerné contre lui. II fut arrêté le 9 juillet en Seine-et-Marne.

Interrogé, il reconnut le vol de la bicyclette au préjudice du fils André, de Saint-Léger-du-Bosq. Lui ayant demandé des précisions sur l'emploi de son temps à la suite de ce vol, il a fourni des alibis reconnus inexacts et ce n'est que le 29 juillet 1936 qu'il reconnut être l'auteur du meurtre et du viol de la jeune Olier. Il confirma à plusieurs reprises ses aveux, complétant ses premières déclarations.

Donatien a déclaré avoir commis son crime sous l'influence de l'alcool, mais les témoins qui l'ont vu avant le meurtre sont unanimes à dire qu'il n'était pas ivre.

Une reconstitution du crime eut lieu à Goustranville, le jeudi 6 août dernier.

Répondant brièvement, d'une voix sourde, aux questions du magistrat qui, se basant sur ses aveux et les renseignement recueillis lors de la première enquête, reconstituait la scène, Donatien revécut le drame atroce sans la moindre apparence d'émotion.

AUX ASSISES

C'est le vendredi 22 janvier que s'ouvrirent devant les Assises du Calvados, présidées par M. le Conseiller Cauvin, les débats qui devaient se terminer par une sentence de mort. Avec un talent et un courage dignes d'une meilleure cause et d'un meilleur sort, Me Féquet, s'acharna à disputer au Ministère public la tête de son triste client, Mais, Donatien semblait prendre à tâche de contrecarrer ses efforts. Il apparu comme un alcoolique sadique et brutal, dépravé jusqu'à l'extrême, et dut reconnaître que le viol de la malheureuse petite Marie Olier fut consommé en deux fois, ce qui amena le président à déclarer.

— Je retrouve là l'individu dont on a dit qu'il violait les mortes à la morgue de l'Hôpital du Havre... J'ajoute que votre crime accompli, vous avez pris l’enfant et vous l'avez jetée dans un fossé, comme une ordure... A l'instruction, vous avez essayer d'apitoyer le juge en racontant que vous aviez des remords : vous ne m'apitoierez pas, moi, je vous en préviens. Je réserve ma commisération pour la petite martyre et ses malheureux parents.

C'est également le sentiment que l'on doit éprouver au moment ou Donatien va régler avec la société le compte terrible qu'il a ouvert le 4 juin 1933. (source M. du C.)  

 

Novembre 1937  -   Macabre découverte.      Un gardien d'herbages, demeurant non loin d'un sieur Lebâtard Maurice, inquiet de ne pas voir son voisin, se rendit à son domicile. Ne trouvant pas le propriétaire de la petite maison sise au lieu dit « Le Plein-Gruchet », il le chercha aux alentours, ses investigations ne demeurèrent point vaines, car il découvrit le malheureux Lebâtard étendu sur le sol. La mort avait fait son oeuvre. Le docteur Bougault, de Dozulé, déclara la mort naturelle par congestion, causée par le froid. (source le M. du C)

 

Mai 1945  -  Une pêche clandestine se termine tragiquement.    M. Charles J……….., 18 ans, journalier à Goustranville, a été tué par l’explosion prématurée de l’un des pétards de dynamite qu’il utilisait pour pêcher dans la vieille rivière, à Varaville. Déchiqueté, le corps du malheureux jeunes homme fut projeté à l’eau.  (Source B.N)

Environs de Dozulé  -  GOUSTRANVILLE  -  L'Estre-Bastard

Église de GOUSTRANVILLE, Dozulé- Putot (Calvados)

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