UN SIÈCLE D'HISTOIRE DU CALVADOS

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GOUVIX

Canton de Bretteville-sur-Laize

Les habitants de la commune sont des Gouvixois et les Gouvixoises.


Août 1871   -  Les impôts  -  Seigneur ! Seigneur ! Que va devenir le pauvre monde ? On met des impôts sur tout.

Sur les chats, sur les serins, sur le tabac, sur le boire et sur le manger.

Mais ce n'est pas tout encore, figurez-vous qu'un député de la droite, qui en aura sans doute mangé comme .. un satisfait, vient de proposer qu'on mette un impôt sur la teurgoule.

La teurgoule ! qu'est-ce que c'est que cela, vont se demander les petites maîtresses et les muscadins.

Mes petits agneaux, c'est le riz cuit au four, c'est la terrinée, que les gens comme il faut de la campagne appellent de la teurgoule….,..

Et cela, parce que les jours de fête, ces nobles goulifards se fourrent de telles cuillerées de ce mets délectable, que la.... bouche leur en teurd !

 

Novembre 1871   -  Fait divers.   -  Le 3 de ce mois, vers midi et demi, un incendie attribué à l'imprudence d'un jeune enfant de 4 à 5 ans, qui jouait avec des allumettes, a détruit une grange remplie de grain et divers effets mobiliers appartenant au sieur Jean-Louis Mallet, propriétaire à Gouvix.

 

Avril 1879  -  Écoles de filles, répartition de secours.  - Le Conseil, conformément au rapport de M. le Préfet, répartit une somme de 2 500 fr. à prendre sur le crédit de 5 000 fr. inscrit au budget de 1879, pour établissement et entretien d'écoles de filles. 

Ce crédit, qui existe depuis longtemps, a toujours été employé en indemnités personnelles aux institutrices qui dirigent les écoles facultatives de filles, de manière à rapprocher le plus possible leurs émoluments de ceux déterminés par la loi pour les écoles obligatoires.  

Gouvix, 375 habitants, Mme Leroy (Modeste), 27 élèves payantes, 12 gratuites, 500 fr. de traitement en 1878, indemnité personnelle accordée. 20 fr. Ressources insuffisantes.

 

Mars 1890  -  Danger des chaufferettes.  -   Vendredi, à Gouvix, la veuve Maria Etienne, âgée d'environ 78 ans, se chauffait les pieds sur une chaufferette. Le feu prit à ses vêtements. A ses cris, plusieurs personnes accoururent, parmi lesquelles le sieur Désiré Poulain. Mais il était trop tard. La dame Maries succombé peu de temps après des horribles brûlures, ayant toute sa connaissance.  (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Août 1892  -  Le minerai du Calvados.  -  Nous avons demandé à l'administration de bien s'assurer si, dans les demandes de concession qui lui sont adressées, il ne se trouvait pas de prête-noms étrangers. 

Au nom des concessionnaires des gisements de May, Bully-Feuguerolles, Gouvix-Urville , M. Samson nous écrit pour nous déclarer que les cinq demandeurs de ces concessions sont français. Nous donnons à M. Samson acte de son affirmation, mais nous n'en maintenons pas moins notre cri d'alarme, tant pour le présent que pour l'avenir. En semblable matière, plus qu'en toute autre, la prudence est la mère de la sûreté.   (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Août 1892  -  A propos d’influenza.  -  Sous ce titre : « l'Influenza à Caen et en Normandie au siècle dernier (1767-1775-1776) », le docteur Catois vient de publier une intéressante notice qui prouve qu'on a, ces temps derniers, donné un nouveau nom à une vieille maladie et que ce qu'on appelle aujourd'hui « influenza » n'est autre chose que la grippe qui malmena si fort nos aïeux il y a cent vingt ans. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Septembre 1893  -  On ne se gêne pas à la campagne.  -  Lors de l'adjudication des bancs à l'église de Gouvix, une dame, à coups d'enchères, a obtenu un banc convoité par d'autres. Comme c'était son droit, elle a fait mettre un cadenas à la porte. L'autre dimanche quelle n'a pas été sa surprise, en arrivant, de voir son banc occupé par quatre personnes et le cadenas enlevé. Elle nous demande si on a le droit de procéder ainsi. Évidemment non, et il pourrait en cuire à celui qui a commis cette effraction, (fût-il le curé lui-même), si la réclamante poursuivait l'affaire. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Octobre 1893  -  Les vêpres ne compte pas.  -  Le curé de Gouvix est monté en chaire dimanche pour apprendre aux adjudicataires des bancs de l'église qu'ils n'y avaient droit que pendant la grand'messe. Pour lui, les vêpres ne comptent pas. 

Est-ce pour cela que l'abbé Lamy, les a avancées dimanche, ou pour ne pas manquer le coche qui devait le conduire vers des paroissiens moins grincheux que ceux de Gouvix. . (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Janvier 1894  -  Rosettes et rubans.  -  M. Gabriel Le Comte, avocat, conseiller général, délégué cantonal à Falaise, est nommé officier de l'instruction publique. 

— MM. Paul Le Bray, maire de Gouvix, président de la délégation Cantonale, et Arsène Michel, maire de la Rivière-St-Sauveur, délégué cantonal sont nommés officiers d'académie. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Octobre 1895  -  Tribunal de Falaise.  -   Gérard Poulain, 48 ans, journalier, né à Gouvix, outrages aux agents, 8 jours de prison.

— Victor Houssin, 38 ans, épicier à Mesnil-Villement, détention d'engin de pêche prohibé. 10 francs d'amende.

— Victor Le Bailly, 67 ans, pêcheur à Mesnil-Hubert, détention d'engin de pêche prohibé. 5 francs d'amende.

— Auguste Martin, 52 ans, journalier à Norrey, outrages envers un commandant de la force publique, 24 heures de prison.

— Ernest Boutrois, 19 ans, journalier à Courcy. Pêche à la main, 5 francs.

— Jean Hamel, 32 ans, charpentier à Meslay, vol, 6 mois et relégation.

— Henri Jardin, 26 ans, marchand forain â Falaise, coups et outrages aux agents, 2 mois de prison. (Source : Le Bonhomme Normand) 

 

Février 1899  -  Cadavre retrouvé.   -   Le sieur Pierre Aubert, 72 ans, propriétaire à Saint-Germain-le-Vasson, dont nous avons annoncé la disparition dans notre numéro du 10 au 16 février, a été trouvé noyé à Gouvix. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Juin 1899  -  Brulé vif.   -   Le sieur Louis Davot, sacristain de Gouvix, près Bretteville-sur-Laize, se trouvant indisposé, dimanche, était resté au lit. En rentrant de la messe, sa femme l'a trouvé étendu près du foyer de la cheminée, le corps complètement carbonisé. Davot aura voulu se lever pour attiser le feu et, pris d'étourdissement, sera tombé dans l’âtre, sans pouvoir se relever, ayant été assommé par le coup. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Mars 1900   -   Mort de misère.  -  Le nommé Gérard Poulain, né à Gouvix, âgé de 52 ans, a été trouvé mort par le sieur Mary, fermier à la Vallée, près Falaise, qui lui avait donné l'hospitalité pour la nuit. Gérard Poulain était un braconnier endurci, il ne comptait pas moins de 53 condamnations. (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Mai 1900 - Les Saints de glace. - Les saints de glace, tant redoutés par les jardiniers, tombaient les 11, 12 et 13 mai. Ils se sont faits sentir par une recrudescence de froid, accompagné de tempête. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Mai 1900 - Grave affaire. - Il y a deux ans, le nommé Alphonse Gervais, 36 ans, journalier à Gouvix, avait été arrêté sous L’inculpation d'actes ignobles sur ses deux fillettes, Gabrielle et Louise, 10 et 7 ans.

Gabrielle s'étant rétractée, il fut mis en liberté. Aujourd'hui, Gabrielle l'accuse de nouveau et déclare que c'est parce que son père l'avait menacée de la tuer qu'elle s'était rétractée il y a deux ans.

Gervais a été écroué à Falaise. L'enquête dira si les accusations de la fillette sont fondées. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Février 1907  -  Les vols.  -  - Les vols de zinc et de tuyaux de descente se continuent dans cette contrée, mais on connaît maintenant les auteurs de deux délits semblables commis  encore tout dernièrement au préjudice de deux propriétaires de Gouvix, les voleurs n'ont fait du reste aucune difficulté pour avouer. 

Le 19 janvier, le sieur Jules Marie constatait la disparition d'une feuille de zinc recouvrant un puits situé dans son jardin. N'ayant aucun soupçon, il ne porta pas plainte lorsque le 29, il était informé que cette feuille de zinc était en possession du sieur Legentil, marchand de chiffons à Bretteville-sur-Laize, qui déclara l'avoir achetée le 23 janvier pour la somme de 1 fr. 50 à un individu, domestique chez une veuve Lebray et ayant déclaré se nommer Bazin.

Cet individu, qui se nomme en réalité Ernest Lenormand, âgé de 22 ans, avait cru bon de prendre ce nom de Bazin, qui est celui d'un ancien domestique de ferme parti depuis  longtemps. Il n'a fait aucune difficulté pour avouer le vol en se reconnaissant, également l'auteur de la soustraction frauduleuse de 20 mètres de gouttières dans la propriété de la marquise de Champagne, à Gouvix. Il ajouta qu'il avait commis ces vols de complicité avec un nommé Jules Lebailly, âgé de 18 ans, journalier, demeurant actuellement à Cauvicourt. 

Il se partageaient ensuite le produit de la vente. Ce dernier a pleinement confirmé les aveux de son complice avec qui il aura à répondre devant dame justice. (Source : Le Moniteur du Calvados)

 

Janvier 1913  -  Est-ce le même ?   -  Un sieur Anatole Garnier vient d'être nommé lieutenant des pompiers de Gouvix, près de Bretteville-sur-Laize. Nous aimons à croire que ce  n'est pas le même Anatole Garnier, condamné pour injures à un garde et pour chasse sur le terrain d'autrui.  

 

Mars 1917  -  L’avidité allemande.  -  Deux prisonniers de guerre allemands, appartenant au détachement agricole de Gouvix, près BretteviIle-sur-Laize, mangèrent des racines de ciguë qu'ils avaient pris pour des racines de gingembre. Ils ressentirent aussitôt de vives douleurs, et, malgré les soins les plus empressés, l'un d'eux expira peu après, l'autre en sera quitte pour quelques jours de soins.

 

Avril 1926  -  Attaqué et volé.  -  Il y a environ un mois, M. Paul Arthur, domestique chez M. Filmant, fut attaq sur la roue de Gouvix par un groupe de trois individus qui lui enlevèrent sa montre et sa chaîne.

N'ayant du parvenir à reconnaître ses agresseurs, M. Arthur ne porta pas plainte. Or, ces jours derniers, il fit la rencontre de M. Hays, bijoutier à Bretteville-sur-Laize, qui lui demanda s'il avait perdu ou vendu sa montre, car on la lui avait apportée à réparer.

M. Arthur est rentré en possession de son bien. L'enquête continue. 

 

Mars 1927  -  Cheval méchant.  -  En soignant des chevaux, M. Norbert Filmont, cultivateur à Gouvix, a été cruellement mordu par l'un deux qui lui a fait une grave blessure avec  arrachement des chairs.

 

Mai 1930  -  Encore un mineur tué !  -  Aux mines de Gouvix, six ouvriers , sous les ordres de M. Sthephin, surveillant, soulevaient un chariot pour le replacer sur les rails, quand l'un des ouvriers dut actionner la commande d'un taquet d'arrêt et la berline se renversa.

L'ouvrier polonais Wadislas Karmiski, 33 ans, soit touché par un bloc tombé de chariot, soit ayant glissé sur le sol, fit une chute de 75 mètres et se tua. Le malheureux était marié et père de deux enfants.

 

Avril 1937  -  Des carriers se mettent en grève.  -  Les vingt-cinq ouvriers carriers de l'Entreprise Raux, à Gouvix et Saint-Germain-le-Vasson se sont mis en grève par solidarité avec un ouvrier congédié pour s'être absenté de son travail durant un jour sans autorisation. (Source : Le Moniteur du Calvados)

 

Octobre 1937  -    On a inauguré hier un monument à la mémoire des victimes des Ancrais.      Il y a un an que se produisit, aux Aucrais, dans la carrière dont le nom sonne maintenant comme un glas, la terrible explosion qui coûta la vie à vingt ouvriers . C 'étaient :

Ambroise Decroix, Norbert Decroix, frère du précédent ; Clair Guérin, Lurovie Luno, Arthur Ducrocq, Maurice Arrhien, Arthur Pannel, Lucien Mesure, de Cauvicourt.

Gaston Vivien, Gustave Furet, Léon Lamotte, de Gouvix.

Eugène Dorel, de Soumont-Saint-quentin.

Julien Dumas, de Potigny.

Maurice Marie, Georges Laidet, de Maizières.

Roger Suriray, Noël Fray, Jules Hébert, de Langannerie.

Georges Lamotte, de Bretteville-sur-Laize.

Constant Lemarié, de Saint-Germain-le-Vasson.

Tous Français, à l'exception de Luno, Sarrois réfugié, en instance de naturalisation.

Leurs camarades de travail eurent la pieuse pensée de commémorer le souvenir des victimes en érigeant un monument sur le lieu de leur tragique destin. La Société Métallurgique de Normandie tint à s'associer à ce projet et offrit le terrain où devait s'élever le monument, constitué par un monolithe en granit de Vire, portant gravés les noms des victimes, avec l'inscription suivante :

« Aux victimes de la catastrophe des Aucrais, 22 octobre 1936 ».

Il se dresse en bordure de la route nationale n° 158, de Caen à Falaise, à une centaine de mètres du lieu de l'accident. L'inauguration en a eu lieu hier matin, avec la plus grande simplicité, mais avec toute la dignité que commandait un tel souvenir. L'invitation, faite par le délégué ouvrier, avait été adressée aux maires des communes endeuillées par la catastrophe et à leur conseil municipal, à l'exclusion de toute personnalité politique ou syndicaliste.

Dans l'église de Cauvicourt, que remplissait une foule émue débordant jusque dans le cimetière, un catafalque avait été dressé.

M. le chanoine Hédé, vice-chancelier de l'évêché de Bayeux, célébra le service funèbre chanté par la maîtrise locale et rehaussé par des morceaux de circonstance, exécuté, par l'excellente harmonie de la S.M.N., de Mondeville dirigée par M. Delarue. Mgr Adam, vicaire général, spécialement délégué par Mgr Picaud, évêque de Bayeux, donna l'absoute. Et un imposant cortège se forma sous le soleil clair pour gagner l'emplacement du monument.

L'harmonie ouvrait la marche, suivie du clergé comprenant outre les personnalités citées, MM. le chanoine Renouf, doyen de Saint-Sylvain ; l'abbé Romen, curé de Langannerie ; l'abbé Ranvillet, curé d'Urville, desservant de Cauvicourt ; les enfants des écoles de Cauvicourt ; les veuves et les familles des victimes ; les personnalités.

Les prières liturgiques dites, le monument béni, Mgr Adam prononça une délicate allocution.

M. Rouër, au nom de la S.M.N. dit son émotion de se retrouver, en ce tragique anniversaire, au milieu de ceux qui pleurent de chers disparus, et dont la fidélité à leur souvenir est attestée par le monument destiné à le perpétuer. Après avoir remercié toutes les collectivités, toutes les personnalités qui au lendemain de la catastrophe, apportèrent à ceux qu'elle avait éprouvés le témoignage de leur sympathie et de leur solidarité, le directeur général de la Société Métallurgique de Normandie remercia les camarades de travail des victimes de leur pieuse initiative, à laquelle la S.M.N. a tenu à s'associer, il remercia aussi les ouvriers des usines de Colombelles dont les généreuses souscriptions ont aidé à l'érection du monument, les personnalités et les délégations présentes, M. Rouër tint, en terminant, à renouveler l'assurance donnée aux familles des victimes que tous les efforts seraient faits pour leur venir en aide moralement et matériellement.

M. Puges. au nom de M. le Préfet, s'associa à cette manifestation du souvenir et s'inclina devant le monument érigé à ceux qui ont donné l'exemple du travail consenti jusqu'au sacrifice, devant les familles inconsolées. Il associa les morts du travail des Aucrais à tous les morts pour de nobles causes.

La musique joua des airs funèbres, puis des couronnes furent déposées au pied du monument. (Source : Le Moniteur du Calvados)

 

Novembre 1937  -   Un septuagénaire est écrasé entre une auto et un tombereau.     Un peu avant 19 heures, un tombereau rentrant des champs suivait la route d'Urville, conduit par son propriétaire, M. Blet, cultivateur à Gouvix qui marchait à hauteur de la tête du cheval et tenait à la main un feu rouge. Immédiatement derrière le tombereau suivait l'ouvrier agricole Léon Brunet, 72 ans, travaillant chez M. Blet.

Survint dans le même sens, une automobile conduite par son propriétaire, M. Devardon, boucher à Saint-Germain-le-Vasson. 

Apercevant devant lui le feu rouge oscillant tenu par M. Blet, le boucher crut avoir affaire à un cycliste, reprenant sa place sur la droite de la route, il mit ses phares en code pour doubler et se trouva tout à coup en présence du tombereau roulant à quelques mètres devant lui. 

M. Devardon freina, mais la distance était trop courte pour que la collision puisse être évitée. Elle se produisit donc, peu violente, puisque M. Blet continua sa route sur une cinquantaine de mètres sans se rendre compte de l'accident. Celui-ci cependant avait causé la mort de M. Brunet qui avait eu le bassin broyé entre le derrière du tombereau et  l'arrière de l'automobile.  (Source : Le Moniteur du Calvados)

 

 Janvier 1938  -  Déserteur du 39e d’infanterie.  -   René L…….., incorporé depuis le 20 octobre dernier au 39e Régiment d'Infanterie, à Rouen, quitta le 30 décembre ses parents, qui sont domiciliés à Gouvix, pour rejoindre son corps, après avoir passé près d'eux une permission de sept jours. Il arriva à la caserne, un peu pris de boisson, resta un quart d'heure seulement dans la chambre et, escaladant le mur du quartier, alla se promener en ville. Le lendemain, il prit le train en gare d'Oissel et descendit à Caen. De là, il vint à Gouvix, mais il n'osa pas entrer chez ses parents et pendant plusieurs jours se cacha dans la campagne, couchant dans une meule de paille et vivant de pain et de conserves. Les gendarmes de Bretteville-sur-Laize l'ont arrêté. Il a été reconduit à son corps. L…….. met son acte sur le compte de l'ivresse et du chagrin qu'il avait eu de quitter ses parents. (Source : Le Moniteur du Calvados)

 

Avril 1938   -   La second Babel du Calvados   -   Comme Potigny, Babel du Calvados, la commune de Gouvix possède sur son territoire des mines de fer qui ont attiré de nombreux travailleurs étrangers. Le dernier recensement a donné les chiffres suivants : 

Espagnols : hommes 7, femmes 3, enfants 14 ; Italien : homme 1 ; Lithuaniens : homme 1, femme 1, enfants 2 ; Russes : hommes 5, femme 1, enfants 9 ; Tchécoslovaques :  hommes 3, femmes 2, enfants 4 ; Grec : homme 1 ; Suisses : homme 1, femme 1, enfants 3 ; Yougoslaves : homme 1 ; Polonais : hommes 42, femmes 40, enfants 115. soit : hommes 62, femmes 48, enfants 147. Toi al : 257.  (Source : Le Moniteur du Calvados)  

 

Février 1939   -   On liquide à bon marché les gares du Calvados.   -  Le Conseil général du Calvados, par les soins de sa commission départementale, a fait procéder ces derniers temps, par adjudication, devant des notaires, à des ventes des gares de l'ancien réseau du chemin de fer du Calvados.

Jusqu'à présent, ces ventes ont produit la somme de 264 350 fr., et le détail s'établit de la façon suivante : Falaise-État, 51 .300 fr. : Falaise-route de Caen, 10 600 fr. ; Urville, 4 200 fr. ; Saint-Germain-le-Vassy, 14 800 fr. ; Fontaine-le-Pin, 4 500 fr. ; Gouvix, 4 500 fr. ; Ifs, 5 000 fr. ; Villers-Canivet, 4 300 fr. ;  Saint-Martin-de-Fontenay, 4 000 fr. ; Balleroy-Bourg, 6 000 fr. ; Balleroy-Pont, 7 000 fr. ; Saint-Loup-Hors, 10 100 francs ; Subies, 5 500 fr. ; Noron, 7 700 fr. ; Le Tronquay, 3 600 fr. ; Castillon, 5 000 fr. ; Planquery, 7 100 fr. ; Sully, 10 000 fr.; Commes, 10 500 fr. ; St-Vigor, 20 300 fr. ; Graye-sur-Mer, 24 000 fr. ; St-Jean-des-Essartiers, 7 000 fr. (Source  : Le Moniteur du Calvados)  

 

Juin 1939   -   Le Canton de Bretteville-sur-Laize a été ravagé.  -   L'orage de mercredi a causé dans la région de Bretteville-sur-Laize un véritable désastre. Plantations et cultures ont été littéralement anéanties par la chute de grêlons, dont nous avons parlé hier et dont la densité était telle qu'au plus fort de l'orage, il était impossible de distinguer quoi que ce soit à une distance de quinze mètres, ont déclaré des témoins. Parmi les communes les plus atteintes, on cite : Cesny-Bois-Halbout, Meslay, Acqueville, Barbery, Fresney-le-Vieux, Moulines, Bretteville-sur-Laize, Gouvix, Saint-Germain-le-Vasson, Urville. Fontaine-le-Pin, Cinteaux, Langannerie, Cauvicourt, Rouvres, Maizières. Estrées-la-Campagne, Bretteville-le-Rabet, Soignolles, Saint-Sylvain, Fierville-la-Campagne, Bray-la-Campagne, Le Bû-sur-Rouvres, Condé-sur-Ifs, Vieux-Fumé, Magny-la-Campagne, Ernes, Escures-sur-Favière, etc...

D'innombrables vitres ont été brisées dans les agglomérations : aux Mines de Gouvix, on en compte plus de 500.

Quantité de volailles et plusieurs bestiaux, surpris par la montée rapide des cours d'eau — qui, en certains endroits atteignent près d'un mètre —. ont été noyés.

La tornade, qui suivait la direction S.-O.-N.-E., s'est abattue sur une largeur de sept kilomètres environ, envahie en dix minutes par une trombe d'eau. Les dégâts sont particulièrement importants à la Fromagerie Bourdon à Barbery. Portes et fenêtres ont été arrachées, les meubles emportés, un coffre-fort, pesant plus de 200 kilos, a été soulevé du sol et renversé, dans la maison d'habitation. Dans la fromagerie elle-même, 12 000 camemberts en cours de fabrication, ont été perdus, des moules à fromages ont été retrouvés à plus de 3 kilomètres de l'établissement.

Surprises dans une cuisine, deux femmes ne réussirent à se sauver qu'en se hissant, l'une sur un fourneau, l'autre sur un évier.

A Moulines, chez M. Flais, un mur de 25 mètres de long sur 80 centimètres d'épaisseur, a été abattu.

Routes et chemins ont été partout défoncés et plusieurs rendu s impraticables.   (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Juin 1939   -   Les dégâts de l’orage du 7 juin.  -  Voici quelles sont, après une première estimation, le montant des dégâts causés dans quelques communes du canton de Bretteville-sur-Laize par la tornade du 7 juin : Moulines, 300 000 francs ; Barbery, 1 million ; Bretteville-sur-Laize, 700 000 francs ; Gouvix, 500 000 fr. ; Urville, Saint-Germain-le-Vasson, chacune 100 000 fr. ; Cauvicourt et Saint-Sylvain, chacune 2 millions ; Cintheaux, 800 000 fr. ; Rouvres, 900 000 fr. ; Maizières, 1 miilion ; Grainville, 600 000 fr. ; Bretteville-le-Rabet, 400 000 fr. ; Soignolles, 250 000 fr. ; Le Bù-sur -Rouvres, 100 000 fr, ; Estrées-la-Campagne, 300 000 fr. ; Fresnay-le-Vieux, 300 000 fr.

Aucune estimation n'a pu encore être faite pour la commune de Ouilly-le-Tesson, qui a également beaucoup souffert.

Ajoutons que dans le canton de Thury-Harcourt, les estimations suivantes ont été faites : communes de Cesny-Bois-Halbout, 600 000 tr. ; Acqueville, 10 000 fr.  (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Février 1940  -  Turbulente jeunesse.  -  Pendant que le journalier Maurice Duval, 51 ans, demeurant à Gouvix, montait un pressoir sur la place du village des gamins du quartier, qui auraient été beaucoup mieux à l'école, chipaient des pommes. A le chipaient des pommes. A leur tête était le jeune M…. qui a 14 ans et use plus de souliers que d'outils.

Un sac ayant crevé, il fut invité à ramasser les pommes qui s'échappaient mais, il le fit d'une seule main, en se payant la tête de Duval, lequel lui envoya un bout de bois dans les  jambes, dit l'inculpation.
« Ce bout de bois a glissé de ma main »,  affirme Duval qui défendu par Me Maloizel, est condamné à une amende de 16 francs pour blessures involontaires et non pour coups, ce qui pour lui, présente une certaine Importance.

 

Décembre 1940  -  Occupation.  -  Fin 1940, Gouvix est occupé par les Allemands d'un détachement de la 21e Panzerdivision.

 

Janvier 1943   -   Un drame à Gouvix.  -  En face de l'église de Gouvix, presque au bout d'une cote abrupte, habitait Mlle  Hélène Peschet, 50 ans, épicière et débitante, sœur et belle-sœur de Mme et M. Prestavoine, le sympathique chef de la rubrique sportive de « La Presse Caennaise ».

Dernièrement, sa voisine, Mme Pensibis, surprise de ne pas la voir et de constater que ses volets restaient clos, alerta le maire. Celui-ci fit ouvrir la porte par un serrurier. Dans la salle du débit, rien d'anormal ; mais dans la chambre à coucher, un affreux spectacle attendait les visiteurs :  Mlle Peschet gisait, morte, sur le sol, les pieds contre la porte d'entrée. L'enquête et l'autopsie ont révélé que la commerçante avait reçu sur le nez un violent coup de poing qui l'a fait tomber à la renverse, mais cette chute sur le pavé n'a probablement, pas provoqué la mort, par suite d une fracture du crane : le décès serai du, en effet, à la frayeur de Mlle Peschet qui, se voyant attaquée, aurait été victime d'un arrêt du cœur, il a été établi que la malheureuse victime (dont une main portait des traces de boue) avait expiré peu de temps après son dîner, l'estomac étant encore rempli  d'aliments.

Or, ce soir-là, quand les derniers consommateurs quittèrent, le débit, il n'y avait plus personne avec Mlle Peschet. Celle-ci, qui jouissait de l'estime générale, passait aussi pour  riche. Peut-être l'appât d'un « bon coup » à faire, a-t-il tenté le meurtrier : rôdeur, ivrogne ou individu de moralité douteuse, de toute manière un consommateur attardé. Mais alors, on ne s'explique pas qu'aucune marchandise n'ait disparu, pas même le tabac et les cigarettes : de plus, on a retrouvé 18 500 fr. cachés en divers endroits.

La seule explication plausible jusqu'à présent est la suivante : voyant Mlle Peschet s'en aller dans sa chambre, ou elle ramassait sa caisse, l'agresseur qui venait de consommer l'y aura suivie et assommée pour s'emparer de l'argent. Mais pris de peur devant la mort, subite de sa victime, il se sera enfui sans rien prendre, refermant, soigneusement la porte derrière lui et emportant la clé. C'est sur ces vagues données que la gendarmerie poursuit ses recherches pour identifier puis arrêter l'auteur de cet acte horrible, qui a soulevé  dans la région un émoi bien compréhensible. On recherche, notamment, un jeune habitant de Gouvix, disparu depuis le soir du drame.  

 

Août 1944  -  Bataille de Normandie.  -  À la mi-août, la 1re division blindée polonaise et des éléments d'infanteries polonais, des détachement d'unités canadiennes prennent le hameau de Cité. Les Allemands retranchés dans la Kommandantur, au château d'Outrelaize, font barrage pour la progression sur les communes d'Urville et de Barbery. 

Les Polonais lancent une offensive et prennent le bourg de Gouvix, lancent un assaut contre le château et ne rencontrent presque aucune résistance.  Les Allemands ont fui. Ils continueront les combats deux kilomètres plus loin à Urville. Les Polonais ont ouvert un passage dans le mur défensif de la forêt de Cinglais.

 

Septembre 1947  -    Un tragique accident de chasse.    Le jour de l’ouverture, M. Georges Noury, 40 ans, demeurant à Gouvix, qui manipulait imprudemment son fusil en présence de M. Émile Peschard, commerçant au même lieu, a tué celui-ci d’une balle en plein cœur. (Source : Le Bonhomme Libre)

    Environs de Bretteville-sur-Laize  (Calvados)

GOUVIX  -  Porte d'entrée du Château d'Outrelaize

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