UN SIÈCLE D'HISTOIRE DU CALVADOS

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GRANDCAMP - MAISY

Canton de Isigny-sur-mer

Les habitants de la commune sont des Grandcopais ou Grandcomaiserais, Grandcopaises ou Grandcomaiseraises


1732 - 1734.  -  Les registres de l’état civil.  -   Texte trouvé dans les textes de l’état civil de Grandcamp.

A côté de renseignements  sur les libéralité du marquis de Rochefort, patron et seigneur du lieu, des notes similaires : « Le 9 septembre 1732, la moitié au moins des maisons de la rue de cette paroisse fut brûlée, ensemble un enfant âgé de 2 ans et demi.

Le vendredi 5 novembre 1734, peu de minutes auparavant quatre heures du matin arrivera un tremblement de terre assez considérable pour faire trembler les maisons est réveiller beaucoup de personnes qui dormaient en remuant leurs lits et les meubles de la maison pendant l'espace d'environ d'un « Ave Maria », ce tremblement s’est fait sentir assez loin dans des endroits plus,  dans d’autres moins.  (Source  : Conseil Général du Calvados)

 

Janvier 1840 - Nouvelle local. - Le nommé Marion, patron de la bisquine le «  Saint-Louis  », de Grandcamp, accusé de délit de pêche au chalut, a été condamné mardi dernier, par le tribunal correctionnel de Valognes, à 100 fr. d'amende et à la confiscation de ses filets. (Source  : Le Phare de la Manche)

 

Août 1840   -   Conseil d’arrondissement.  -  Satisfait du rapport qui lui a été présenté sur les chemins de grande communication, déjà exécutés ou en voie d'exécution, le conseil a éprouvé le regret que les nouvelles lignes dont les devis ont été dressés depuis la session de 1839, n'aient pu acquérir le degré d'instruction qui permit d'en proposer le classement.

Par ces motifs il a également été d'avis du classement d'un autre chemin d'Arromanches à Port-en-Bessin.

Une pensée d'avenir a vivement préoccupé le conseil lorsqu'il s'est agi de se prononcer sur sa direction. Il a parfaitement compris que ce chemin formant le prolongement de celui de Caen à Creully et de Creully à Arromanches, devenait, d'une part, le lien qui rattachait l'arrondissement de Bayeux à celui de Caen, et d'autre part une partie importante de la ligne de ceinture qui doit en temps de paix offrir des débouchés aux produits agricoles et commerciaux du littoral, et les moyens d'approvisionner cette contrée des bois et cidre qui lui manquent.

Mais que pour le cas de guerre maritime, il présenterait des moyens de défense qui ne laisseraient isolée aucune des parties de la côte attaquée, puisqu'il serait facile, en le rattachant au chemin de Vierville à Isigny par Grandcamp, aujourd'hui en voie d'exécution, de réclamer utilement de toutes parts des forces imposantes.

Certes, de telles considérations seront à apprécier par le conseil général, et tout porte à croire qu'elles recevront un accueil favorable.

Indépendamment de ces deux chemins le conseil a recommandé, pour ce qui concerne l'arrondissement, celui d'Évrecy à Saint-Lô, qui passerait par Villers et par Caumont. L'appréciation de l'instruction de cette nouvelle ligne est confiée au conseil d'arrondissement de Caen. ( Source : L’Indicateur de Bayeux.)  

 

Septembre 1840   -   Le conseil général du Calvados.  -    Le conseil reconnaît qu'il n'y a lieu à délibérer sur la demande formée par M. Carité et par plusieurs membres des conseils municipaux et propriétaires des communes d'Asnières, Criqueville, Maisy, etc...

Cette demande qui ne tendrait rien moins qu'à détourner le chemin de Vierville à Isigny par Grandcamp, de sa direction actuelle, paraît en effet dénuée de toute instruction :

1° la commune d'Asnières qui, d'intéressée deviendrait traversée, n'a point été consultée sur le changement.

2° les conseils municipaux qui ont affecté des fonds à la ligne actuelle n'ont point été consultés sur l'affectation nouvelle qui serait donnée à leur contribution.

3° il n'existe à l'appui de la demande des pétitionnaires, ni plans, ni devis.

4° enfin, M. le préfet n'a fait aucune proposition à cet égard.

Le conseil, vu la proposition de M. le préfet et l'accomplissement par les communes traversées et intéressées, des conditions exigées en pareil cas, classe de grande communication, le prolongement de la ligne de Caumont à Balleroy, par Castillon, jusqu'à la route royale de Caen à Granville. (Source  : L’indicateur de Bayeux)

 

Juin 1841   -   Nouvelles locales.  -  M. le directeur général des douanes vient, par une décision approuvée de M. le ministre des finances, et sur la demande des habitants du voisinage, de rétablir le bureau de Grandcamp, supprimé en 1834.

Grâce a cette mesure, toute la contrée pourra recevoir directement du Havre les objets de consommation qu'elle était obligée d'aller chercher à grands frais à Isigny. (Source  : L’indicateur de Bayeux)  

 

Novembre 1841   -   Naufrages.   -   Le navire aperçu en détresse la semaine dernière, près des îles Saint-Marcouf, est la goélette la « Gazelle », d'Honfleur, capitaine Maresquier, elle a fait côte à Grandcamp ( Calvados). L'équipage, composé de six hommes, est sauvé. 

Ce navire allait à Saint-Ubes sur lest, il était parti du Havre le 22 et avait relâche le 25 à Saint-Vaast. Il est échoué à environ 40 mètres au-dessous du plein de la mer. Il paraît qu'il était assuré. (Source  : L’indicateur de Bayeux)  

 

Août 1842    -  Nouvelles locales.   -   Le mot varech ou wrack, dans notre pays, ne désigne pas et n'a jamais désigné une plante unique de la famille des algues : il signifie une plante, une herbe quelconque que la mer jette sur ses bords, et jadis, par extension, tous les débris qui échouaient sur les côtes. — Il était synonyme d'épave.— De là les expressions tomber en wrack, jeter en wrack, encore fort usitées aujourd'hui.

C'est à tort que M. Pilet a dit que le varech avait autre fois sa législation, mais que les lois qui régissent la matière sont tombées en désuétude. Trois ou quatre condamnations ont frappé, cette année même, en 1842, dans l'arrondissement de Caen, des individus qui y avaient contrevenu.

Le droit de recueillir le varech appartient au premier occupant, le droit de récolter les algues qui croissent sur les roches et que sans doute, par analogie, on appelle aussi varech, appartient généralement aux communes sur le territoire desquelles il a poussé.

Au moyen-âge il constituait un droit féodal. Nous voyons, en effet, par une charte du XIIe  siècle, conservée aux archives de la préfecture du Calvados, que Richard-Cœur-de-Lion donne aux moines de St-Etienne de Caen le port de Dives, avec un chantier pour la construction des navires auquel il ajouta le droit de wrack. L'abbesse de Sainte-Trinité de Caen jouissait aussi de ce droit dans diverses paroisses du Cotentin, notamment dans celles de Saint-Vast, de Quettehou et de Morsalines. Beaucoup d'autres seigneurs possédaient de semblables privilèges, mais il est probable que les uns et les autres de ces privilèges étaient plus ou moins restreints et que les cultivateurs riverains en étaient quittes pour abandonner aux suzerains les épaves proprement dites.

En tout cas, si ces dîmes existèrent jamais, on ne les payait plus, bien avant le XVIIe  siècle, car la Coutume de Normandie n'appelle droit de varech que le droit de s'emparer des choses jetées par la mer à terre.

L'ordonnance de la marine de 1681 organisa par son titre X du livre 4e, la coupe du varech dans les paroisses situées sur les côtes.

Les habitants des paroisses devaient s'assembler le premier dimanche du mois de janvier de chaque année, pour régler les jours auxquels devait commencer et finir la coupe des herbes marines croissant en mer à l'endroit de leur territoire.

Les habitants des communes d'Hermanville, Lion et ses hameaux, Luc, Langrune et ses hameaux, Bernières, Courseulles, Arromanches, Tracy, Manvieux , Fontenailles, Longues, Marigny, Commes et ses hameaux, Port-en-Bessin, Huppain, Villers, Ste-Honorine-des-Pertes, Colleville et St-Laurent, pourront faire ladite coupe pendant trente jours, qui seront choisis entre le troisième jour avant la pleine lune de mars, et le troisième jour après la pleine lune d'avril. Ceux des communes de Vierville, St-Pierre-du-Mont, Englesqueville et Grandcamp, pourront faire la coupe des dites herbes, pendant trente jours. à compter du 1er du 15 mars jusqu'au 15 avril suivant.

-  Les conseils municipaux desdites communes, s'assembleront le 11 ventôse prochain, sur la convocation des maires, pour faire ledit choix, auquel il sera procédé les années suivantes, à la session fixée au i5 pluviôse par les lois du 28 pluviôse an VIII.

-  La coupe ou récolte desdites herbes sera faite à la main, avec un couteau ou faucille. Il est défendu de la faire d'une autre manière, et d'arracher lesdites herbes avec la main ou avec des râteaux et autres instruments qui puissent les déraciner, la peine de trois cents livres d'amende pour la première fois, et de peine corporelle en cas de récidive.

-  Ceux qui ne seront point habitants des communes dénommées en l'art. II, ne pourront y faire la coupe desdites herbes de Mer, pour quelque cause et sous quelque prétexte que ce puisse être, à peine de trois cents livres d'amende pour la première fois, et de peine corporelle en en cas de récidive.

-  Il est également permis à toutes personnes de prendre indifféremment, en tous temps et en tous lieux, lesdites herbes détachées des rochers par l'agitation de la mer et jetées à la côte par le flot, et de les transporter où bon leur semblera, soit pour être employées à l'engrais des terres ou à faire de la soude. Il est défendu de les y troubler ni inquiéter, quand bien même ceux qui enlèveraient ces herbes les auraient prises sur d'autres territoires que le leur, à peine contre les contrevenants , de cinquante livres d'amende.  (source : L’Indicateur de Bayeux)

 

Septembre 1847  -  Nouvelles maritimes.   -   Aux termes de l'article 7, du règlement général des pêcherie conclu le 23 juin 1843 outre la France et l'Angleterre et rendu exécutoire le 27 juin 1846, le ministère de la marine devait faire connaître les lettres indicatives des quartiers auxquels les bateaux de pêche appartiennent.

Une dépêche ministérielle du 19 août 1847 insérée aux « Annales Maritimes et Coloniales », contient le tableau de ces lettres pour tous les quartiers des côtes de France.

Les bateaux de pêche du quartier de Grancamp devront porter désormais les lettres CN, (Caen) et à côté le numéro affecté à chaque bateau, suivant un ordre qui comprendra tous ceux du quartier.

De ce moment doivent être supprimés les lettres et numéros qui étaient particuliers à chaque syndical ou petit port.

Dans l'intérêt de nos pêcheurs, nous leur rappelons les articles principaux du règlement que nous avons publié en entier te 19 juillet de l'année dernière.

Les lettres et numéros doivent être placés de chaque côté de l'avant du bateau, sur l'arrière et dans la grande voile, ils doivent être portés sur les bouées, barils et flottes principales de chaque filet,

Les bateaux chalutiers français doivent avoir en tête du mât un guidon bleu de 20 centimètres au moins du hauteur ( ou guindant ) et 60 centimètres de longueur ( ou battant ). (source : Journal de Honfleur)  

 

Novembre 1847  -  Nouvelles locales.   -   Il arrive que, dans quelque petit port, des barques, de simples canots se permettent d'arborer à leur mat la flamme nationale et de déployer à poupe le pavillon national, ce qui est défendu par les ordonnances, notamment celle de 1827. Aucune embarcation de commerce que ce soit ne peut déferler le pavillon à poupe.

De même aucun bâtiment de commerce ne peut porter la flamme nationale, même quand on y placerait quelque signe que ce fût, ou quand on la ferait d’une longueur différente à cette réglementaire.

Il n'y a d'exception que pour les pataches de la douane qui peuvent porter la flamme nationale, mais auxquelles il est interdit de déferler le pavillon à l’arrière. (source : Journal de Honfleur) 

 

Décembre 1847  -  Nouvelles maritimes.   -  Nous avons fait connaître dans notre n° du 19 juillet 1846 le règlement convenu entre la France et l'Angleterre et sanctionné pour nous par une loi.

Ce règlement détermine les limites entre lesquelles la pêche est interdite aux marins d'une des deux nations vis-à-vis des côtes de l'autre. Une centaine de bateaux de pêche de Boulogne ont récemment enfreint ce règlement en jetant leurs filets au[1]delà des limites qu'il leur est interdit de franchir. Arrêtés par quatre bâtiments garde-côtes de Deal, ils ont été conduits devant le magistral anglais et condamnés à une amende qui s'est élevée pour quelques-uns à 450 francs.

Le commandant de la corvette française « Surveillante » qui a été au secours des pêcheurs, a plaidé leur cause avec beaucoup d'énergie, mais en vain. Les pêcheurs n'ont été relâchés qu'aptes avoir payé.

Nos voisins de la Manche surveillent avec soin leurs côtes, comme on le voit. De notre part, si nos pêcheurs doivent se conformer à ce qui leur est prescrit, nos bâtiments gardes-pêche ont aussi à surveiller leurs intérêts. C'est à la mer et non en restant dans les ports comme. il arrive trop souvent qu'ils rempliront ce devoir. Malheureusement, l'abondance du poisson sur la côte anglaise où depuis plus de 25 ans il continue à se porter, son éloignement incessant de la côte de France sont un motif pour nos pêcheurs de regretter que le règlement en question leur ait fait la loi si dure. Mais tant qu'il subsistera, il faut s'y conformer, c'est une nécessité a laquelle on ne peut se soustraire. (source : Journal de Honfleur)

 

Août 1860  -  Crédits pour travaux à Cabourg, à Grandcamp et à Longues.  -  Le Conseil général, propose une allocation de 28,000 fr. à repartir entre les travaux ci-après :

10,000 fr. aux travaux de défense de la pointe de Cabourg, 2 000 fr. à employer aux travaux extraordinaires pour le chemin du Mauvais-Pas, intercepté par l’éboulement d'une falaise vis à vis le port de Dives ; 15 000 fr. pour les travaux de défense nécessaires au port de Grandcamp : 1 000 fr. pour aider la commune de Longues à rétablir un chemin d'accès à la mer, détruit par l’éboulement des falaises.

Considérant que l'utilité et l'urgence de ces travaux ne peuvent être contestées, et que l'État a déjà contribué dans toutes ces dépenses, moins la pointe de Cabourg.

Considérant que tout fait espérer que le vote, par le Conseil général, d'une allocation applicable aux travaux de la pointe de Cabourg, déterminera le gouvernement à faire la plus forte partie des dépenses nécessaires, surtout, dans l'intérêt général du pays.

 

1865  -  Pour travaux provisoires.  -  Vu le rapport de M. le Préfet, duquel il résulte que des travaux dont la dépense s'élèverait à 1,000 fr., sont indispensables pour protéger les ouvrages faits au port de Grandcamp, pour le défendre contre les inondations de la mer. Autorise dès maintenant l'exécution desdits travaux jusqu'à concurrence de 1,000 fr., qui seront remboursables au moyen de pareille somme à porter au budget de 1867

 

Février 1866   -  La tempête.   -   Hier, une violente tempête de sud-ouest a régné sur nos côtes.

La barque de pêche le « Saint-Louis » armée à Isigny, sous le n° 187, se rendait de Grandcamp sur les côtes d'Angleterre où se fait d'habitude la pêche d'hiver, lorsqu'elle reçut un violent coup de mer.

Il était alors trois heures de l'après-midi, et la barque se trouvait à dix lieues environ au nord de Cherbourg. Trois hommes ont été jetés à la mer. Ce sont les sieurs : Vimard François, patron ; Marion Alexandre et Leléger Pierre-Louis, matelots. Tous les trois étaient mariés, deux d'entre eux laissent des enfants en bas âge.

Ce terrible malheur a jeté une grande consternation à Grandcamp où les habitants forment en quelque sorte une seule et même famille.  

 

1866  -  Port Maritime.  -   A Grandcamp, les cales de pierres sèches comprises dans des encadrements en bois, et dans un épi brise lames en charpente sont en assez bon état, mais le frottement du galet les use peu à peu, et un fonds annuel d'entretien serait nécessaire. On n'a pas encore pu profiter, pour compléter les ouvrages, du crédit de 1 000 fr. accordé par  le Conseil général sur l'exercice 1869. Afin de prévenir les avaries qui pourraient résulter d'un plus long retard.

Juin 1866   -   Les régates du Calvados.   -   L'Empereur a daigné accorder une médaille d'or à l'effigie de Sa Majesté, et une d'argent à celle du Prince Impérial, pour être décernées en prix à la suite des régates qui auront lieu à Grandcamp dans le courant du mois d'août prochain.  

 

Octobre 1866   -    Découvert d'un cadavre.   -   Le 18 octobre, dans l'après-midi, le cadavre d'un homme paraissant âgé de 35 à 40 ans, a été recueilli en mer par l'équipage de la barque de pêche, du port de Grandcamp, canton d'Isigny, « Marie-Delphine », patron Lepetit. Le corps a été inhumé le lendemain.

D'après les constatations faites, la mort doit être le résultat d'un accident, attendu que le corps ne portait aucune trace de violence.  

 

Novembre 1866   -   Les amateurs d'huîtres.   -   Tous les jours, Paris dévore 7000 paniers d'huîtres. Chaque panier en contenant 12 douzaines, c'est 72 000 douzaines ou 764 000 huîtres que Paris absorbent journellement pour s'ouvrir l'appétit. C'est énorme !

Les huîtres des côtes de Normandie alimentent cette prodigieuse consommation. Cependant les huîtres des côtes de Bretagne commencent à se joindre à celles qui proviennent du  littoral normand. Celles de Normandie ne se vendent que 90 c. la douzaine, au lieu de 1 fr. 20 et de 1 fr. 10 que se vendent, dans les restaurants, des huîtres de la Manche et de la mer  du Nord.

 

Décembre 1866   -   Une confession.   -   C'était à Grandcamp, un marin, qui avait fait un voeu en mer, était au confessionnal, et avouait ses fautes à son directeur de conscience... Arrivée à un gros péché....

Combien de fois ? demanda le prêtre.

Oh ! j'n'savons pas...

Quinze fois ?...

Hissez co !

Vingt fois ?

Hissez co !

Trente fois ?

Hissez co !  Hissez co !

Cinquante fois ?

Hissez terjours !

Cent fois ?

Amarrez-là !....

 

Mars 1867   -   Une découverte.    -   M. le vice amiral, préfet maritime à Cherbourg, vient déformer M. le chef du service de la marine au Havre, qu'un nouveau banc d'huîtres a été découvert dans la mer commune. Ce gisement, qui paraît assez riche et dont les produits ont été trouvés de belle qualité, est situé dans l'est un quart nord-est des îles Saint-Marcouf, par 17 brasses 1/2 à 20 brasses d'eau, et à 4 lieux 1/2 environ de Port-en-Bessin, dans le nord-ouest un quart-nord du compas. Ses amers nord et sud sont la tour de Maisy, un peu à l'aval de la tache rouge de la pointe de la Percée.  

 

Mars 1867   -   Les naufrages.    -   Il résulte des publications de l'administration du Bureau Véritas de Paris, que le nombre des navires perdus totalement, pendant le mois de février dernier, s'est élevé à 224 ;  de ce nombre, on compte 102 navires anglais, 43 américains, 21 français, 11 italiens, 9 danois, 7 prussiens, 5 hollandais, et 26 de différents pavillons.  

 

Juin 1867   -   Réparation des édifices religieux.   -   Voici la liste des communes du Calvados auxquelles M. le ministre des cultes vient d'accorder des secours, pour aider aux réparations de leurs édifices religieux :

300 fr.à Tracy-sur-Mer ; 400 fr. à Saint-Sylvain ; 400 fr. à Soliers ; 300 fr. à Reviers ; 400 fr. à Putot-en-Bessin ; 400 fr. à Saint-Pierre-Azif ; 500 fr. à Saint-Ouen-le-Houx ; 300 fr. Orbois ;  500 fr. à Moulines ; 800 fr. à Saint-Martin-de-Fresnay ; 500 fr. à La Lande-sur-Drôme ; 300 fr. à Les Iles-Bardel ; 200 fr. à Grandcamp ; 1000 fr. à Croissanville ;400 fr. à Cairon ; 500 fr. à Bures ; 400 fr. à Beuvron ; 300 fr. à Bény-Bocage ; 500 fr. à Saint-André-d'Hébertot ; 300 fr. à Saint-Aignan-de-Cramesnil ; 200 fr. à Saint-Vaast ;500 fr. à Ver ; 4000 fr. à Saint-Pair et Saint-Laurent-du-Mont ; 5000 fr. à Touques.

 

Mars 1868   -   Les naufrages.   -   Le Bureau Veritas a publié la liste des navires qui ont fait naufrage du 1er au 31 janvier 1868.

Cette liste énumère 246 bâtiments que l'on sait perdus totalement et 18 autres que, par suite d'absence de nouvelles, on suppose naufragés.

Parmi ces 264 navires perdus ou supposés perdus, il y a 141 navires anglais, 35 français, 24 américains, 12 prussiens, 8 hollandais, 7 norvégiens, 5 danois, 4 italiens, 3 autrichiens, 2  espagnols, 2 mecklembourgeois, 2 suédois, 1 grec, 1 lubeckois, 1 mexicain, 1 oldembourgeois, 1 péruvien, 1 portugais et 12 navires de nationalité inconnue.

244 de ces bâtiments sont à voiles et 10 à vapeur. Parmi les navires dont la perte est certaine, nous avons à citer particulièrement : le brick anglais « Elizabeth », capitaine Clarke, perdu près de Trouville, en allant de Newcastle à Marseille.

Le brick-goëlette anglais de 96 tonneaux « Elizabeth-Ann », échoué près de Trouville en faisant le cabotage.

Le brick-goëlette anglais de 193 tonneaux « Onward », capitaine Williams, échoué près de Llanelly, en allant de Llanelly à Honfleur.  

 

Avril 1868   -   Un meurtre.   -   Dans la soirée du 26 de ce mois, un meurtre a été commis sur un enfant âgé d'un an, nommé Lecoq, au moment où il était dans son lit chez ses parents, à Grandcamp, arrondissement de Bayeux.

D'après les renseignements recueillis, il paraît certain que cette mort est attribuée au jeune Cogny Augustin, âgés de 10 ans, son voisin, qui s'est servi d'un parement de fagot pour  tuer sa victime.

On ne connaît pas encore les causes qui ont déterminé le jeune Cogny à une pareille action.  

 

Août 1868   -   Les régates.   -   Les régates  de Grandcamp ont eu lieu dimanche, sous la présidence de M.Donesnel, député, en présence d'une affluence considérable de spectateurs venus de tous les points de la contrée et de plusieurs fonctionnaires de l'arrondissement.

À midi, un vent favorable et l'etat calme de la mer ont favorisé cette lutte nautique, à laquelle ont pris part les grandes et les petites barques du port, en assez grand nombre pour rendre les courses intéressantes. La liste des récompenses ne nous est pas parvenue.

Cette fête s'est terminée par un banquet et par des réjouissances publiques.  

 

Août 1868   -   Les fêtes.   -   Les fêtes se succèdent sur notre littoral.

Après Grandcamp, Ouistreham, et Villers-sur-Mer, Saint-Aubin et Arromanches ont arboré dimanche dernier, le pavillon des réjouissances publiques.

De leur côté, Lion, Luc et Langrune nous préparent des merveilles pour le mois de septembre.

La fête de Saint-Aubin a parfaitement réussi, elle avait attiré de 5 à 6000 personnes. à un moment de la journée, on a compté sur la route, à la suite des une des autres, 15 voitures  particulières.

 

Septembre 1868   -   Un beau poisson.   -   Il a été vendu, vendredi, à la poissonnerie de Caen, un esturgeon, dit poisson royal, mesurant 1 mètre 40 de longueur et ayant 60 centimètres de circonférence. Ce poisson qui a été pêché sur les côtes de Grandcamp, a été adjugé au sieur Perriné, moyennant la somme de 6 fr. 75.  

 

Mars 1869   -   Les sinistres maritimes.   -   Le Bureau Veritas vient de publier un relevé des sinistres maritimes survenu pendant le courant de l'année 1867, qui se résume ainsi :

Navire à voiles perdus totalement. : 3 711

Navires à vapeur perdus totalement : 131

Navire à voiles supposés perdus corps et bien : 189

Idem à vapeur : 14

Pertes totales pendant l'année 1867 : 3 045.

En 1866, les pertes n'avaient été que de 2 937.  

 

Avril 1869   -  La défense du littoral.   -   Sur la demande de M. le préfet du Calvados, et par décision du 28 avril, M. le ministre et travaux publics a bien voulu allouer un crédit de 5 000 francs, égale au versement effectué par le département pour les travaux de défense du littoral de Grandcamps.  

 

Septembre 1869   -   Fait divers.   -   Les pilotes et les pêcheurs signalent depuis quelques jours la présence dans la Manche d'une énorme baleine, dont la dimension serait de 30 mètres environ. Le gigantesque poisson a été vu entre le feu de Barfleur et le feu de Ver. Il ne serait pas impossible qu'on apprît qu'il a été trouvé échoué sur quelque plage, car la Manche n'est pas un abri suffisant pour de pareils hôtes.  

Août 1871   -  Les impôts  -  Seigneur ! Seigneur ! Que va devenir le pauvre monde ? On met des impôts sur tout.

Sur les chats, sur les serins, sur le tabac, sur le boire et sur le manger.

Mais ce n'est pas tout encore, figurez-vous qu'un député de la droite, qui en aura sans doute mangé comme .. un satisfait, vient de proposer qu'on mette un impôt sur la teurgoule.

La teurgoule ! qu'est-ce que c'est que cela, vont se demander les petites maîtresses et les muscadins.

Mes petits agneaux, c'est le riz cuit au four, c'est la terrinée, que les gens comme il faut de la campagne appellent de la teurgoule….,..

Et cela, parce que les jours de fête, ces nobles goulifards se fourrent de telles cuillerées de ce mets délectable, que la.... bouche leur en teurd !

 

Septembre 1871   -  Fait divers.   -  La violente tempête qui a sévi sur nos côtes ces jours derniers, a occasionné de nombreux sinistrés en mer. Au Havre les dégâts sont considérables.

 

Septembre 1871   -  Fait divers.   -  On signale, cette année, une abondance fabuleuse de harengs. Déjà les arrivages en sont considérables. Toutes nos côtes de la Manche sont en mouvement, et les pêcheurs se mettent en campagne avec la certitude d'une belle saison. Il faut se rappeler à ce propos que l'abondance de ce poisson est une vraie richesse pour toute notre population maritime. Par contre, les bancs d'huîtres sont peu fournis cette année.  

 

Janvier 1872   -  Fait divers.   -   Depuis longtemps on n'avait vu, sur nos côtes, le poisson aussi rare, par suite du mauvais temps continuel que nous avons éprouvé pendant près de six semaines. Cet  état de choses rend, on le comprend, la vie difficile dans les localités riveraines de la mer.  

 

Juin 1874   -   Sauvetage.  -  Le 8 juin, l'équipage du bateau de pêche « Saint Nicolas », de Grandcamp, a opéré un singulier sauvetage. Se trouvant, le matin à la hauteur des dunes de Maisy, les quatre  hommes qui montaient le bateau, aperçurent venir à eux un taureau furieux,  qui probablement voulait les prendre à l'abordage. Puis ils virent arriver l'un des fonctionnaires municipaux de la commune de Maisy, accompagné de ses gens, qui poursuivaient l'animal, et tout ce monde, en voyant le taureau prendre le large, et craignant qu'il ne se noyât, de crier bien fort aux marins : « Sauvez-le !!! sauvez le !!!.. » 

Ces braves marins, n'écoulant que leur courage, laissent là leurs filets et s'aventurent à la suite de ce nouveau quadrupède aquatique. Ce n'était pas chose facile que de l'arrêter, il ne leur fallut rien moins que deux heures de course à la rame pour le rattraper dans les balises d'Isigny. Un d’eux dut même se jeter à l'eau jusqu'au cou, pour le prendre et le ramener à terre, et exposa ainsi sa vie. L'animal et son maître ont paru peu touchés de cet acte de dévouement, car pendant que l'un menaçait ses quatre sauveurs de ses cornes, l'autre leur remettait généreusement.... 5 francs.

   

 

GRANDCAMP-les-BAINS (Calvados)

GRANDCAMP-LES-BAINS   -   L'arrivée des Barques de Pêche   -   L. D.

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