GRANDCHAMP 

Canton de Mézidon-Canon

Les habitants de Grandchamp sont nommé les Grégamistes


Janvier 1876   -  Neige et dégel.  -  En 48 heures, le dégel a fait disparaître l'épaisse couche de neige et de glace qui couvrait notre département. Le dégel s’est également produit sur les autres régions de la France. Partout les cours d'eau sont grossis par le dégel, mais nulle part on ne signale aucune crue inquiétante.

 

Janvier 1876   -  Cygnes et sangliers.  -  L'arrondissement de Lisieux vient d'être visité par des animaux sauvages à poil et à plume. Quatre cygnes se sont promenés, mardi après-midi, sur le territoire de Saint-Crespin et de Granchamp, tandis qu'une autre bande s'abattait du côté de St-Maclou.

Un chasseur de Livarot, M. Bordeaux, a tué un de ces oiseaux au Pont-du-Chêne, sur la commune de Coupesarte. Trois sangliers un gros, un moyen et un petit, ont poussé tout dernièrement une excursion à travers Granchamp, se dirigeant vers Mesnil-Simon.

 

Juillet 1881  -  Les suites de l’imprudence.  -  Mardi matin, un cultivateur de Grandchamp, nommé Doublet, a voulu passer sur la voie du chemin de fer, au moment où arrivait un train de ballast, il a été atteint par la locomotive et mis en pièces. Cet homme était complètement  sourd. La locomotive, parait-il, n'avançait qu'avec la vitesse réglementaire. Les restes de la victime étaient échelonnés sur un parcours de vingt-quatre mètres environ.

Jeudi, à la gare de Feuguerolles-Saint-André, le sieur Leroy, dont la famille habite la rue du Vaugueux, à Caen, employé supplémentaire de la Compagnie de l'Ouest, voulant monter en wagon avant l'arrêt complet du train, a eu les deux jambes broyées sous les roues. Il a succombé le lendemain.  

 

Octobre 1891  -  Deux petites filles brûlées.  -  Jeudi, vers dix heures du matin, un grave incendie s'est déclaré au domicile des époux Mesnil, à Grandchamp. Ceux-ci, qui s'étaient rendus au hameau de Capo-Mesnil, pour faire leurs provisions, avaient laissé seules à la maison leurs deux petites filles, âgées, l'une de deux ans et demi, l'autre de quatre ans. Dans l'espace de quelques minutes, le feu avait pris de telles proportions que les secours immédiats de la compagnie des sapeurs-pompiers de St-Julien-le-Faucon furent inutiles, le bâtiment entier fut la proie des flammes. Un vent soufflant avec violence activait les flammes, projetait de tous cotés des charbons ardents et, pendant une heure, les maisons voisines furent en danger. 

L'incendie terminé, on a retrouvé, sous les décombres, les cadavres carbonisés des pauvres enfants. On juge de la douleur des parents. Les causes de ce sinistre sont inconnues.  (Source B-N)  

 

Mars 1893  -  Un effet des lettres anonymes.  -  Une lettre anonyme avait signalé au parquet de Lisieux les mauvais traitements que ferait subir à sa vieille tante le garde champêtre de Grandchamp, la même lettre contenait quelques insinuations malveillantes à l'égard du maire, M. Pesnel. 

Sur un ordre du parquet, deux gendarmes se présentant chez le maire pour y procéder à une enquête, on se serra la main, on se demanda si ça allait bien, puis, l'un des gendarmes donna lecture de la lettre anonyme. M. Pesnel peu à peu devient nerveux et le voilà qui s'emballe contre les gendarmes. « Vous auriez dû me donner cette lettre à lire, leur dit-il. Ignorez-vous que je suis votre maître et que vous n'êtes que des valets ?  Vous devez vous humilier devant moi, vous êtes les valets de la société qui vous paie, etc., etc. » Traduit pour injures, il a été condamné à 10 fr. d'amende, mais avec bénéfice de la loi Bérenger. (Source B.N.)  

 

Juin 1894  -  Le baptême du lait.   -   Rien que d'un coup, le tribunal de Lisieux a fait afficher six extraits de jugement pour falsification de lait. Ils concernent : Léa Vicaire, femme Martin, 27 ans, fermière au Mesnil-Simon, condamnée à huit jours de prison (sursis) et 50 fr. d'amende. 

— Louise Belleuile, femme Bréard, 73ans, cultivatrice à St-Michel-de-Livet, condamnée à huit jours de prison (sursis), 100 fr. d'amende et 400 fr. de dommages-intérêts envers le sieur Lebourgeois, fabricant de fromages à Boissey. 

— Aurelle Auvray, veuve Pelhaitre, 48 ans, servante chez Jumel, à St-Martin-de-Mailloc, et Louis Jumel, 73 ans, chacun à huit jours de prison avec loi Bérenger et 100 fr. d'amende. 

— Marie Toutain, 21 ans, et Pierre Toutain, 60 ans, cultivateur au Pré-d'Auge, chacun vingt-quatre heures de prison (sursis).

—Delphine Bellier, femme Marre, 39 ans, ménagère à Grandchamp, canton de Mézidon, condamnée, à quinze jours de prison (loi Bérenger) et 100 fr. d'amende. 

— Victorine Marie, dite Ozanne, femme Lechevalier. 47 ans, à Cambremer, condamnée à huit jours (sursis) et 50 fr. d'amende. 

Mais il y en a encore d'autres à publier, car la dame Camus, demeurant à Cambremer, qui fournissait du lait écrémé de moitié à M. Lepetit, fabricant de fromages à Saint-Pierre-sur-Dives, a été condamnée à 50 fr. d'amende et à l'affichage. Si le tribunal s'est montré aussi indulgent, c'est que les époux. Camus se croyaient quittes avec M. Lepetit, auquel ils ont versé 2 000 f. à titre d'indemnité. 

— Une dame Busnel, née Miniot, cultivatrice à Bray-la-Campagne, vendait depuis quelques mois à M. Lepetit, de Saint-Pierre-sur-Dives, du lait écrémé d'au moins 25 pour cent. Le tribunal de Falaise l'a condamnée à 100 fr. d'amende et 300 fr. de dommages-intérêts. (Source B.N.)  

 

Juillet 1894  - Immoralité.   -   Ernest Dufay, 40 ans, journalier à Grandchamp, canton de Mézidon, en flanquant une rossée à Augustine Aubert, 36 ans, aurait mis à nu, devant plusieurs personnes, ce que ladite Augustine n'a pas pour habitude de montrer en public. Poursuivi pour outrage public à la pudeur, Ernest Dufay a été condamné à deux mois de prison. (Source B.N.)  

 

Octobre 1894  -  Triste accident.   -  Un triste accident est arrivé à Grandchamp. En nettoyant son revolver, M. G... a imprudemment appuyé sur la détente de l'arme, le coup est parti, et la balle, pénétrant dans le front, s'est logée dans le cerveau. (source B. N.)  

 

Juillet 1898  -  Humanité mal récompensée.    La femme Marie Mézières, 65 ans, habite Grandchamp, canton de Mèzidon. Depuis nombre d'années, elle aide ses semblables dans une position intéressante à se débarrasser sans l'aide d'un médecin ou d'une sage-femme. 

Le 14 mai, une femme Julien mettait au monde un enfant qui ne vécut que quelques heures. La femme Mézières ayant été appelée, une mauvaise voisine là dénonça comme ayant causé, par son inexpérience, la mort involontaire de l'enfant. Il parait que la femme Mézières n'est pas intervenue du tout dans cet accouchement, mais plusieurs autres faits de ce genre ayant été relevés, elle a été condamnée à 25 fr. d'amende, heureusement avec la loi Bérenger, car la pauvre femme ne s'est pas enrichie à ce métier qu'elle fait plutôt par humanité que par l'appât des maigres honoraires qu'on lui donne. (source le B. N.)  

 

Août 1898  -  Incendies.   -   Un incendie s'est déclaré dans un bâtiment en bois de neuf mètres de long sur cinq de large et de tout ce qu'il contenait, appartenant au sieur Dajon-Lamare, entrepreneur de menuiserie à Port-en-Bessin. Pertes : 5 000 fr.

— Dans notre dernier numéro, nous avons mentionné l'incendie qui s'était déclaré chez le sieur Albert Goulet, 45 ans, à Maisoncelles-Pelvey.

Deux jours après, un nouvel incendie consumait un corps de bâtiment de 28 mètres de long sur 8 de large et comprenant maison d'habitation, grange, étable et remise.

Ce nouveau sinistre est d'autant plus inexplicable que les sieurs Goulet et Lechevallier, agent d'assurances, venaient, quelques heures auparavant, de faire l'estimation du premier incendie et n'avaient remarqué rien d'anormal. Les pertes, s'élevant à 7 500 fr., sont couvertes par une assurance.

— D'une meule de foin à M. Paynel, maire de Grandchamp. Pertes : 500 fr. Assuré. — D'une boulangerie au sieur Morel, 49 ans, cultivateur à Coulonces. Pertes : 810 francs. Assuré.

—A Acqueville, chez M. Marie, marchand de journaux. Pertes : 3 800 francs. Assuré. (source le B. N.)

 

Septembre 1898  -  La série noire.   -   Pour la troisième fois depuis deux mois, le feu a réduit en cendres une meule de foin appartenant à M. Ernest Paynel, maire de Grandchamp. Le préjudice est estimé à 500 fr. Les causes de ce nouvel incendie sont inconnues. (source le B. N.)  

 

Mars 1899  -  La neige.  -  Lundi la neige a tombé partout dans le département et le froid a été très vif. Les arbres à fruits ont souffert. (source M. du C.)

 

Mars 1899  -  Brûlures mortelles.  -  Le sieur Richard Thual, 44 ans, ouvrier terrassier, de passage à Grandchamp, canton de Mézidon, alluma du feu de bourrées pour se réchauffer. S'étant trop approché du foyer, le pauvre diable a été brûlé aux mains, aux reins et à la figure. Il a succombé. (source M. du C.)

 

Août 1912  -  Vol de vélo  -  M. Alfred Gruel, marchand de cycles, rue du sapin, à Balleron, a porté plainte contre un individu ayant dit ce nommer Jules Marie, 25 ans, originaire de Grandchamp qui le 4 août, étant venu essayer pour acheter une bicyclette d'occasion, a disparu avec la machine. On le recherche à Grandchamp et Bayeux.

 

Décembre 1922  -  Monuments historiques.  -  De récentes décisions de M. le Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-arts, viennent d'augmenter de deux unités la liste des Monument historiques du Calvados.
Le maître-autel de l'église de Notre-Dame-de-Courson. intéressant retable du XVIIIe siècle, rappelant ceux de Courtonne-la-Meudrac. a été classé.
Les façades, la toiture et l'escalier du corps du château de Grandchamp, ainsi que la cheminée peinte située à l'intérieur de ce bâtiment, ont été également classés.
Cette partie du château, bâtie en pans de bois, imbriqués, remonte au XVe siècle et semble avoir été construite par un membre de la famille Le Prévost, marquis de Saint-Julien-le-Faucon. Le château de Grandchamp et son domaine sont actuellement la propriété de M. Lebourgeois, de Boissey.

 

Février 1943   -   Faits divers.   -   Regagnant son habitation près du passage à niveau non gardé 92, de la ligne Mesnil-Mauger-Ste-Gauburge. Mlle Coat, de Grandchamp, apercevait entre les rails, le corps d'une femme aux vêlements en partie arrachés et dont la tète était sectionnée. Il s'agissait de Mme Blanche Leblanc, 60 ans, des Authieux-Papions. La pauvre femme, rentrant de chercher du cidre, avait été happée par un train se dirigeant, avec trois quarts d'heure de retard, vers Saint-Julien-le-Faucon.

On devait retrouver son écharpe et son béret à 11 m. de l'endroit de l'accident, et les bottes à 8 m. Peu valide et de vue faible, Mme Leblanc a dû être surprise par le train sans pouvoir se garer à temps.

GRANDCHAMP.  -  Château (XVIe Siècle), Paysage

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