LA GRAVERIE

 Canton de Bény-Bocage

Les habitants de la commune sont des Graverois et Graveroises

Mars 1867   -   Le printemps en avance.   -   La végétation est tellement avancé dans notre contrée que les abricotiers sont en fleurs. D'ici huit jours au plus, les poiriers et les guiguiers vont épanouir leurs boutons nombreux cette année. Si la fin de l'hiver et le commencement du printemps sont favorables, il y aura une récolte abondante.

L'herbe pousse...... Les gros bœufs reparaissent...... Les dindes s'en vont avec les gras jours.

 

Mai 1867   -   Le printemps.    -   Hosanna!!!...   Ou en d'autres termes, pour ceux de mes lecteurs qui ne comprennent pas le patois !    Quelle chance !!!...

Le joli mois de mai vient enfin de prendre dans un des douze compartiments du zodiaque, la place qui lui est assignée depuis un temps immémorial.

Il a même fait son entrée parmi nous, escorté de 24 degrés de chaleur.

Pour un printemps avancé, celui-là peut se flatter de l'être... il tient sans doute à marcher sur les brisées de son siècle.

De cette température franchement exceptionnelle, il a surgi des phénomènes sont nombre.

La végétation a pris à Caen une activité tellement subite, tellement irrésistible, qu'un épicier de la rue Saint-Pierre a eu le pied traversé par la soudaine irruption d'une asperge, au moment où notre homme bourrait tranquillement sa pipe dans le jardin qu'il possède dans les Champs-Saint-Michel. Je sais qu'au première abord, se fait vous paraîtra invraisemblable, mais au second.....

 

Mai 1867   -   Un incendie.   -    le 19 de ce mois, un incendie s'est déclaré dans un corps de bâtiment à usage de grange, d'écurie et de charretterie, situé en la commune de la Graverie, appartenant à Mme Veuve Morel, propriétaire, et exploité par le sieur Catel Victor, son fermier.

Les pertes, pour la propriétaire et le fermier sont couvertes par des assurances. On suppose que le feu a été communiqué au bâtiment par une voiture de chaux placée sous la charretterie.

 

Janvier 1868  -  Nécrologie.  -  Mercredi, 8 janvier, ont eu lieu dans l'église Sainte-Clotilde, les obsèques de M. Des Rotours, député de la 3e circonscription du département du Nord. 

M. Des Rotours était né au château de la Graverie, arrondissement de Vire, d'une ancienne et illustre famille de Normandie, dont les armes figurent dans l'une des salles des croisades à Versailles.

 

 Octobre 1877   -  Mort de froid.  -  Dimanche dernier, vers 8 heures du matin, sur un chemin rural, territoire de la commune de la Graverie, un individu inconnu, paraissant âgé de 50 à 53 ans, y a été trouvé sans vie. Ce malheureux, la veille, avait été vu mendiant du pain dans les villages voisins. il résulte des constatations médico-légales que la mort de cet homme était le résultat d'une congestion cérébrale déterminée par le froid.  

 

Mai 1882  -  Mort subite.  -  Vendredi, à Vire, dans l'après-midi, M. Leconte, maire à la Graverie, âgé de 72 ans, est tombé frappé d'une attaque de paralysie au moment où il entrait au café-restaurant de la veuve Degournay. Il en est mort.  

 

Octobre 1890  -  Accident de chasse.  -  Le sieur Aumont, 30 ans, sacristain à Burcy, était allé chasser à la Graverie et y avait soupé. A une heure avancée de la soirée, il regagnait son domicile à travers champs, lorsqu'en sautant du haut d'une masse de fossé dans le chemin vicinal, presque en face de sa maison, il tomba sur des troncs d'arbres couchés dans la rigole. Malheureusement, dans sa chute, son fusil qui était chargé partit et le frappa à la hanche. Le sieur Aumont est mort deux jours après l'accident.

 

 Octobre 1892  -  Disparition.  -  Une dame X…...., femme d'un commerçant important de la Graverie , arrondissement de Vire, ayant une fille déjà âgée de 14 ans, est partie pour Jersey en compagnie d'un individu de la même commune, le sieur L…….., également marié. Les complices ont emporté avec eux une somme d'environ 8 000 francs, appartenant au sieur L……..  . (Source B.N.)

 

Février 1893  -  Incendie.  -  A la Graverie, un incendie de cause inconnue a détruit un corps de bâtiment appartenant aux sieurs Victor Raquidel et Jean-Jacques Desmortreux, propriétaires. Pertes, 6 300 fr. (Source B.N.)  

 

Octobre 1894  -  Morts accidentelles.   -  La demoiselle Célestine Fleuriot, 19 ans, servante chez M. Lebreton, cafetier à Bavent, étant allée laver du linge au lavoir communal, est tombée accidentellement à l'eau et s'est noyée. On suppose qu'en se penchant en avant pour laver, elle aura perdu l'équilibre et sera tombée au fond du lavoir où elle s'est envasée.

— M. Leconte, boulanger au bourg de la Graverie, allant porter du pain à Beaumesnil, arrondissement de Vire, est tombé on ne sait comment, de sa voiture, mais si malheureusement que la tète a été fendue et que la mort a été presque instantanée. (source B. N.)  

 

Novembre 1894  -  C’était écrit !   -  M. Emmanuel Maupas, cultivateur à la Graverie, arrondissement de Vire, sortit avec une lanterne pour aller conduire son cheval à l'abreuvoir. Quelque temps après, sa femme, ne le voyant pas rentrer, se rendit à l'écurie où elle ne trouva ni son mari, ni le cheval. 

La nuit se passa en recherches vaines, ce n'est que le lendemain matin que le cadavre fut découvert. L'infortuné était tombé sur le chemin la face contre terre, à quelques mètres de sa lanterne. La mort ne peut être attribuée qu'à une congestion cérébrale ou à des blessures occasionnées par la chute. Le cheval aura sans doute pris peur, car la longe était brisée et le pauvre Maupas sera tombé en voulant le rejoindre. Il était destiné à trouver accidentellement la mort, car, l'année dernière, il était tombé d'un arbre et avait failli se tuer. (source B. N.)  

 

Décembre 1894  -  Ce qu’il en coûte de vouloir connaître certains dessous.   -  M. Dorenlot père est un ancien greffier de la justice de paix de Bény-Bocage, s'occupant beaucoup d'affaires, d'où il tire un très beau revenu. Il a cédé son greffe à son fils. Tout allait bien lorsqu'il fit la connaissance d'une femme Gervais, qui n'a jamais eu, sans doute, rien de caché pour les galantins du pays, puisqu'ils la désignent sous le nom subjectif de Belle-en-Cuisse. Dorenlot père, voulant en tâter, invita la dame Belle-en-Cuisse à venir habiter, avec son mari, une maison qu'il possède à la Graverie et dans laquelle il se réserva, pour ses besoins personnels, une chambre confortablement meublée. 

Ce ménage à trois alla assez bien au début. Dorenlot et la femme Gervais allaient même faire aux alentours des petits voyages d'agrément, laissant le mari à la maison. Puis il y eut brouille. Dorenlot voulut expulser les Gervais, ils résistèrent. Dorenlot et son fils se rendirent chez les Gervais, il y eut bousculade et la Belle-en-Cuisse fut légèrement ecchymosée. Il s'ensuivit une double plainte : pour coups et blessures de la part de la dame Gervais, et d'autre par Dorenlot père accusèrent la dame Gervais de lui avoir dérobé un tas de choses. 

Le tribunal de Vire, qui paraît avoir un faible pour les Belle-en-Cuisse acquitta la femme Gervais, et condamna Dorenlot père à 50 fr. d'amende ; le fils à un mois de prison et 50 fr. d'amende, avec loi Bérenger. 

Les Dorenlot ont porté appel. La cour, estimant sans doute que la femme Gervais n'avait fait que se payer des services rendus à Dorenlot, l'a acquittée du chef de vol. Quant aux Dorenlot, défendus par Me Laguerre,  de boulangiste mémoire, ils ont été, le père, acquitté, le fils, condamné à 25 fr. d'amende avec loi Bérenger. Qu'est-ce qui fait un nez aujourd’hui, ce sont les admirateurs et les souteneurs de Belle-en-Cuisse, parmi lesquels, au dire de Me Laguerre, on compte jusqu'à des huissiers. (source B. N.)  

 

Février 1895  -  Abandon d’enfant.   -  Il y a six mois environ, la femme Guillard, de la Graverie, avait déposé à la porte de la mairie ses deux petits enfants en disant qu'elle était en instance de divorce avec son mari, et que celui-ci ne lui venait pas en aide pour les élever. Le maire dut les mettre entre les mains d'une femme pour les soigner aux frais de la commune. Depuis, la femme Guillard a eu un troisième enfant, âgé aujourd'hui de trois mois, elle vient de confier aussi celui-là à M. le maire, qui en ayant assez a porté cette fois plainte à la gendarmerie. (source B. N.)

 

Février 1895  -  Neige et froid.   -  L'hiver que nous traversons menace d'être un des plus longs que nous ayons eu depuis longtemps. Il est de nouveau tombé de la neige dimanche la nuit, et le froid continue. Les routes et les chemins sont impraticables. On s'étonne de l'inaction des administrations que cela concerne. Les bras inoccupés sont nombreux dans nos campagnes et en leur faisant appel on pourrait rétablir la circulation sur beaucoup de points, au besoin, on pourrait avoir recours aux prestataires. Si cet affreux temps continue, les navires ne pourront plus arriver à Caen. L'Orne est prise et le paquebot La « Dives » est resté huit jours retenu par les glaces près de Longueval. Il n'a été dégagé que mercredi matin. Quant au canal, les glaçons l'encombrent. Cette situation est d'ailleurs générale. La Seine est prise à Paris et à Rouen. (source B. N.)  

 

Juillet 1895  -  Broyée par un train.  -  Entre les stations de Bény-Bocage et la Graverie, un train de marchandises a renversé une femme qui voulait traverser la voie. Le tamponnement avec la machine lui enleva la partie supérieure du crâne et envoya le corps, rouler inanimé dans la rigole. Des observations fréquentes avaient été faites à cette femme qui, riveraine du chemin de fer, traversait fréquemment la voie au moyen d'un passage particulier établi pour faciliter l'exploitation de sa propriété. Mais, à l'endroit où elle a trouvé la mort, la voie décrit une courbe accentuée et il est impossible d'apercevoir le train venant de Bény à plus de 100 mètres. La malheureuse, présumant trop de ses forces et habituée au danger, a été victime de son imprudence.  (source B. N.)

 

Décembre 1895  -  Habitants des champs, ouvrez l’œil.  -  Dernièrement, un individu, paraissant âgé d’une trentaine d'années, amputé du bras gauche et accompagné d'une femme plus jeune que lui, allait de maison en maison dans le bourg de la Graverie, offrant des billets, à l'effet de mettre en loterie un réveille-matin. 

Par son beau langage, il réussit à placer une certaine quantité de ces billets au prix de 50 centimes, mais le tirage de la loterie n'a pas eu lieu et le propriétaire et son réveille-matin ont disparu. Il parait que le même individu a joué ce tour-là dans plusieurs communes de arrondissement de Vire. (source B. N.)

 

Décembre 1897  -  Brebis étranglées.    Des chiens de chasseurs, suppose-t-on, ont étranglé, dans un champ, trois brebis de 150 fr., au sieur Eugène Désert, cultivateur à la Graverie, près Vire. (source B. N.)

 

Février 1901  -  Accident.  -  Le 28 février, vers 4 heures de l'après-midi, le sieur Ballé, cultivateur, village de la Locherie, a été écrasé par un arbre qu'il était en train d'abattre. Il est mort avant  qu'on l'ait reconduit à son domicile.

 

Janvier 1907  -  Crise municipale.  -  Le conseil municipal de La Graverie ayant adressé sa démission au préfet du Calvados, à la suite des ordres donnés par les autorités académiques pour l'enlèvement des emblèmes religieux, une délégation spéciale vient d'être nommée pour assurer les services municipaux. 

Ont été désignés pour en faire partie : M. Antonin Trempu, maire de Carville, président ; MM. Léopold Hérel et Léon-Edmond Vasnier, membres. (source M. C.)

 

Septembre 1912  -   Fête annuelle  -  Comme d’habitude la fête patronale aura lieu à la Graverie le dimanche 15 septembre.  C’est une des dernières de la saison, ce qui explique son succès toujours grandissant et cette année, il y aura lieu d’inaugurer l’installation de la lumière électrique dont cette jolie localité va être dotée. 

 Des trains supplémentaires amèneront les Virois et assureront leur retour. Étant donnée l’importance des sommes déjà recueillies, cette fête promet d’être brillante .

 

Mai 1913  -  L'assassinat de La Graverie.  -  C'est un drame atroce que celui-là et  dont le retentissement a été prolongé dans la région de Vire.  Victor-Albert Leroy, 34 ans, ouvrier charpentier à La Graverie, avait une maîtresse, Bethe Robine. Elle se plaignit à son amant qu'un journalier de Saint-Marie-Laumont, Porquet, la courtisait de près depuis quelque temps. Leroy jura de se venger. Le mardi 20 mai, vers 6 heures du soir, il croisa son rival sur la passerelle de la Maubaudière. Que se passa-t-il d'abord ? ... Leroy prétend qu'il fut provoqué par Porquet. 

 Toujours est-il qu'il se rua dessus. Les deux hommes étaient d'une force herculéenne. Mais Leroy avait étourdi et jeté à terre son rival d'un coup de poing dans le visage, et l'empoignant à bras le corps, il le jeta par dessus bord dans la Vire dont le courant est violent à cet endroit.

Porquet, malgré cela, put se cramponner à  un vieux mur. A grands coups de sabot en plein figure, ... le malheureux dut lâcher prise et le courant l'entraîna. Mais telle était sa vigueur, que cent mètres plus loin il se  raccrocha encore désespérément à la rive gauche.  Le sang lui coulait à flot du visage. Alors, il se passa une effroyable scène. Leroy fit un détour de près de 150 mètres et il accourut avec une grande perche. La vue de son ennemi qui haletait sanglant et désespéré, ne fit que redoubler sa rage. D'un formidable coup de perche qui creva la tempe droite de Porquet. Il le rejeta définitivement dans la Vire où il disparut dans les remous du courant..

Leroy, à qui le jury accorde les circonstances atténuantes, est condamné à dix ans de travaux forcés et à 10 ans d'interdiction de séjour.

 

Janvier 1915  -  Plaquez-vous :  -  Les cyclistes savent-ils bien que tout vélocipède ne peut être sorti, même devant la porte du domicile de son propriétaire pour être nettoyé, ni même conduit à la  main chez le mécanicien pour être réparé, sans être muni de la plaque de contrôle de 1915 ?

 

Février 1915  -  Y aura la goutte à boire !  -  Dans une année de pommes comme celle-ci, alors que nous buvons du cidre de première et que nous bouillons du calvados de marque, comment ne pas songer que nos gars, dans les plaines du Nord, voudraient bien trinquer avec nous ? Aussi a-t on eu, de différents côtés, la bonne idée de leur envoyer du gros bère. On nous apprend, en effet, que, du village de La Graverie, près Vire, 430 hectolitres de cidre et 400 litres d'eau-de-vie vont être envoyés sur le front. C'est M. Hérel, maire, qui, aidé d'un collaborateur, est allé voir les fermiers du pays et a fait cette magnifique récolte. Le sous-intendant militaire, à Caen, a été prévenu et des wagons réservoirs ont dû être envoyés à La Graverie. Grâce à ces dons généreux, nos soldats  pourront se réchauffer l'estomac, là-bas, dans les tranchées. En dégustant le cru virois, ils penseront au pays et ils retrouveront pour le défendre et le libérer une énergie nouvelle.

 

Juillet 1916  -  Un drame dans un herbage.  -  M. Gustave Fains, 56 ans, cultivateur à La Graverie, canton du Bény-Bocage, venait d'entrer dans un herbage où il avait mis son taureau. L'animal, s'étant trouvé détaché, se jeta sur lui et le terrassa. Mme Fains, venue au secours de son mari, ne put parvenir à maîtriser le taureau furieux, qui la renversa. Dans sa chute, elle se fractura la jambe gauche. Un voisin, M. Angot, accourut à son tour et tua l'animal à coups de fusil. On releva M. Fains dans un état lamentable, il avait le foie perforé et des lésions internes. Il succomba peu après. Mme Fains devra se soigner pendant cinq à six semaines.

 

Février 1918  -  Le feu.  -  Il y a quelques jours, Mme Mirocler Marie, journalière au hameau de la Maubandière vit passer vers 22 heures, une femme qu'elle crut reconnaître pour une personne de Sainte-Marie-Laumont. Cette dernière était porteuse d'une lanterne allumée. Quelques minutes après Mme Mirocler entendit le mari de la femme en question crier « au feu ».
Elle se leva et aperçut le feu à un petit timent situé au pignon de sa maison. Grâce au concours de voisins, tout danger fut assez promptement conjuré.
Mme Mirocler croit que le feu a été mis par malveillance. Elle soupçonne la personne qu'elle a aperçue et avec laquelle elle n'est pas en bons termes, d'être l’auteur de cette tentative d'incendie. De son côté cette femme nie tout. Laissons faire la justice.

 

Août 1923  -  Une fillette horriblement blessée.  -  Vendredi dernier, vers 12 heures, M. Colas Vincent, gardien de ferme au service de MM. Martin frère, fromagers, coupait de l'avoine à l'aide d'une moissonneuse dans un champ situé à la Chapelle-Madeleine, en La Graverie.

Ses enfants dont la petite Jeanne, âgée de 4 ans, jouaient sur une bâche étendue près de la barrière du champ s'opérait la moisson. Tout à coup l'imprudente enfant quitta le jeu et s'enfuit se blottir dans l'avoine quelques instants après elle fut happée par la moissonneuse.
Aux cris poussés par la fillette, son père se précipita à son secours mais il était trop tard, la malheureuse enfant venait d'avoir les pieds sectionnés un peu au-dessus des chevilles.
Le docteur Bertrand, mandé aussitôt, fit un pansement d'urgence et ordonna le transfert de la petite mutilée à la clinique St-Martin à Caen malgré les soins empressés du docteur Maugréais, elle expira le lendemain vers midi.

 

Février 1924  -  Trois enfants périssent dans les flammes.  -  Trois enfants viennent de trouver la mort dans des circonstances particulièrement pénibles et tragiques. Au village de la Diablaire, en la commune de La Graverie, vit en concubinage avec le nommé Iber, journalier, la femme Carcel, âgée de 34 ans, épouse divorcée du nommé Corbin. Trois enfants : Anna, âgée de 2 ans et demie ; Marguerite, âgée de 5 ans, et Maurice, âgé de 4 ans sont issus du mariage.  

Ces pauvres petits vivaient le plus souvent dans l'abandon et c'est cette négligence de leur mère qui vient d'avoir des conséquences fatales. Lundi soir, vers 10 heures, la femme Carcel couchait ses enfants, les deux fillettes dans un grand lit, le garçon dans un petit lit, puis s'en allait rejoindre son amant à Carville. Pendant son absence, un fer chaud qu'elle avait mis au pied du lit du petit Maurice, communiqua le feu à la literie, et quand, à 23 heures, la mère indigne rentra, elle trouva trois cadavres ; le petit garçon était presque complètement carbonisé et les deux fillettes avaient été asphyxiées. Cet événement a cause une vive émotion dans le pays ou l'on qualifie sévèrement la  conduite de la femme, Carcel.

 

Février 1926  -  Braconnier pincé.  -  Trouvé le 17 janvier par la gendarmerie de Beny-Bocage, alors qu'il était occupé à surveiller la tente de collets, le nommé Godes Jules, âgé de 26 ans, domestique à la Graverie, et réputé braconnier, est condamné à 200 francs d'amende, au paiement d'un permis de chasse général.

 

Novembre 1928   -     Grave incendie.   -   L'autre soir, à la Graverie, canton de Bény-Bocage, le feu ayant pris dans le manteau d'une cheminée en bois, a détruit un bâtiment de la ferme de M. Émile Louis, au Hamelot. Les pompiers n'ont pu que préserver les immeubles voisins. Les dégâts sont importants.

 

Juillet 1930   -   Une ferme incendiée par la foudre.   -   Vers minuit, l'autre nuit, la foudre est tombée sur les bâtiments d'une ferme exploitée au hameau de la Carvillère, commune de la Graverie, par M. Alphonse Legris. Malgré l'intervention des pompiers du village, une partie de la construction couverte en chaume, a été détruite, et l'on ne put sauver les bestiaux de M. Legris. Les dégâts  atteignent 50 000 francs environ.  

 

Février 1937  - Un camion démolit une maison.  -   M. Fourim, chef de garage à la maison Cornu, à Neuville, près Vire, se trouvait sur la route de Caen, entre Vire et le lieu dit « La Papillonnière », pour essayer une voiture.

Son attention fut attirée par un camion lourdement chargé qui, venant de Vire, semblait être privé de direction. Lors que le lourd véhicule passa auprès de lui, il s'aperçut que les deux hommes qui le pilotaient étaient complètement ivres.

Aussitôt, jugeant que ce camion présentait un grave danger pour la circulation, il avisa par téléphone M. commissaire de police de Vire et la gendarmerie qui, à son tour, fut prévenue que le camion avait pris la direction de St-Lô.

Dix minutes s'étaient à peine écoulées que la gendarmerie de Vire était informée de La Graverie qu'un épouvantable accident venait de se produire, causant la mort de deux personnes.

C'était le camion signalé précédemment qui en était la cause.

A la sortie du bourg de La Graverie, la route fait un brusque tournant, bordé par des maisons d'habitation, l’une d'elles était occupée par Mme Jourdan, âgée d'environ 50 ans, et qui vaquait à ses occupations, quand soudain le camion, qui roulait à une certaine vitesse, vint s'abattre sur la maison qui, en quelques secondes, fut complètement pulvérisée.

Au bruit du choc, des personnes accoururent en même temps que les brigades de Bény-Bocage et de Vire étaient alertées.

Egalement arrivaient sur les lieux le Parquet de Vire et différentes personnalités de la commune, notamment M. le maire de La Graverie et M. le curé.

Au volant, le conducteur avait la tête décapitée, il s'agit du nommé Léon Jobard, à côté de lui, hébété, se trouvait son compagnon, M. Albert Fouquet.

On s'empressa de dégager de dessous les décombres Mme Jourdan, qui avait été tuée sur le coup.

La pauvre femme se tenait toute recroquevillée sous l'avant du camion et ce fut avec une grande peine que l'on put la dégager.

Toute la cabine du camion a été complètement arrachée et projetée au dehors.

Le sieur Fouquet, qui était encore complètement ivre, n'a pu être interrogé. Il a été incarcéré au « violon » municipal de La Graverie.

Le propriétaire du camion. M. Naveau, garagiste à Gorron (Mayenne) est arrivé sur les lieux de l'accident. Il a déclaré que ses deux employés qui avaient quitté Gorron se rendaient, avec leur chargement d'environ dix tonnes, à Cherbourg.

 

Février 1937  - L’accident de La Graverie.  -   Hier matin, le compagnon de route de l'auteur de l'accident, M. Fouquet, a été conduit devant M. le Juge d'instruction. Il n'a dû la vie sauve qu'au fait qu'étant ivre, il s'était affalé sur la banquette. 

M. Fouquet a déclaré à M. le Juge d'instruction que son camarade était ivre sans doute, mais surtout épuisé de fatigue. Le camion avait quitté Gorron lundi matin vers 5 heures et aurait dû être de passage à Vire vers 9 heures, alors qu'il n'est arrivé dans notre ville qu'à 13 heures. Les deux hommes prirent, dans un hôtel, près de la gare, un repas et sont repartis vers 15 heures. L'accident s'est produit vers 15 h. 30. Ils avaient donc, sur l'horaire donné par leur patron, un retard de quatre heures. 

Hier après-midi, le médecin légiste a fait l'autopsie du cadavre du chauffeur.  

 

Juin 1937  -    Un cultivateur se suicide.   M. Henri Auvray, cultivateur à La Graverie, village « Queillet », a été trouvé le 27 juin, noyé dans un trou d'eau, à 500 mètres environ de son habitation. Le corps fut découvert par le jeune Hasley, que Mme Auvray, inquiète, avait envoyé à sa recherche. Depuis quelque temps le cultivateur songeait à mettre fin à ses jours. L'enquête a conclu au suicide. (source M. du C.)

 

Mars 1944    -   Fait divers.   -   Lundi, entre 16 et 17 h., à La Graverie, au lieu-dit « La Papillonnière », l'ambulance du sanatorium de Saint-Sever a été mitraillée par des avions anglo-américains, Mlle Thérèse Michel, sous-économe, 29 ans, originaire d'Avranches, a été tuée. Le chauffeur de l'ambulance, M. Marie, a été blessé gravement au bras. Un peu plus loin, a Tracy Bocage, un camion de la « Moderne Beurrerie » de Vire, a également été attaqué. Le chauffeur M. Letellier, a eu une main coupée. Les deux victimes ont été conduites à l'hôpital de Vire. A la même heure, le car postal qui assure le service de Vire à Caen, et qui transporte également des voyageurs a été lui aussi à Jurques. Mme Marie Roulland, domestique  chez M. Liégeard à St-Pierre-du-Fresne a été tuée. Quatre autres voyageurs ont été blessés et ont dû. être hospitalisés à l'hôpital d'Annay-sur-Odon : Mme et M. Peyronnet, rédacteur principal des contributions indirectes à Caen (Mme Peyronnet, notamment a dû subir une grave intervention dans le dos), M. Georges Dubois, peintre à Villers-Bocage, et le chauffeur du car postal, M Pierre Kergoat, demeurant à Vire, enfin, un cinquième blessé, M. Auguste Cervelle, a pu regagner son domicile.  

 

Février 1946  -  Un ouvrier blessé par une grenade.  -  Sur un chantier de l’entreprise Leray, à Roullours, M. Marcel Lechevaller, 23 ans, domicilié à La Graverie, a heurté malencontreusement avec sa pioche une grenade qui se trouvait sous les décombres. L’engin fit explosion, blessant grièvement à la tête le jeune ouvrier qui a été transporté à l’hôpital de Vire. (source B. L.)  

 

Juillet 1947  -    Une récompense posthume.    Le général commandant la IIIe Région Militaire vient de décerner, à titre posthume, la Croix de Guerre avec étoile de vermeil à M. Maurice Hébert, de la Graverie avec la citation suivante : «  Emprisonné par les allemands pour sabotage au début de 1943, est entré, après sa libération, dans un groupe de résistance armée. Nommé adjoint pour la Normandie au commissariat interrégional, a contribué au recrutement et à l’organisation de son mouvement. Arrêté à Caen, en décembre 1943, et déporté, est décédé au camp de Mauthausen. A fait preuve, jusqu’au bout, d’un magnifique courage et d’une volonté inébranlable. (Source B.-L.)

LA GRAVERIE  -  Vue d'ensemble

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