GRIMBOSQ

Canton de Bretteville-sur-Laize

Les habitants de la commune sont des Grimbosquais, Grimbosquaises


Février 1867   -   Par décret impérial.   -  L'église succursale de Grimbosq est autorisée à acquérir, au nom de cet établissement de la Compagnie du chemin de fer de l'Ouest, une parcelle de terrain destinée à servir d'emplacement pour la construction d'une chapelle de dévotion désignée sous le nom de chapelle Sainte- Anne.  

Avril 1871   -  Fait divers.   -  Cette année, on signale une abondance menaçante de chenilles. Les cultivateurs et les jardiniers qui n'ont pas pratiqué l'échenillage, malgré les avertissements à eux donnés, et les gents de la force publique qui n'ont pas veillé à l'exécution des règlements, auront été bien coupables.

 

Avril 1871   -  Fait divers.   -  La mort vient de faire un nouveau vide dans les rangs du clergé de notre diocèse : l'abbé Le Bonnois, curé de Grimbosq, a succombé après une courte maladie. Né en 1803, ce vénérable ecclésiastique avait été, à l'âge de 23 ans, nommé directeur au petit-séminaire de Caen qui se formait, et deux ans plus tard, chargé de la paroisse de Grimbosq.

 

Juin 1888  -  L’immoralité à la campagne.  -  A Grimbosq, on dit que des couples amoureux choisissent, pour lieu de leurs rendez-vous, le portail de l'église. Ils auraient été vus aussi, dans le cimetière, dans une position ne laissant aucun doute sur l'acte qu'ils commettaient. Cet outrage public à la pudeur, compliqué de profanation, restera-t-il impuni ?  

 

Juillet 1892  -  Fête.  -  Grimbosq. — Fête le 3 juillet, jeux et divertissements, illuminations et feu d'artifice par la maison du Bonhomme. (Source B.N.)

 

Juillet 1892  -  Un beau mariage.  -  Jeunes filles, quand vous vous marierez, prenez vos précautions, afin qu'il ne vous arrive pas ce qui est arrivé à demoiselle Peurette. 

Le soir de ses noces, à peine couchée, n'a-t-elle pas été prise d'une telle crise que le mari a été obligé d'appeler au secours. 

Toute la noce et les habitants de Grimbosq accoururent, croyant que le feu était dans la chambre nuptiale. Ce qui avait tant effrayé mamz'elle Peurette, c'était de voir pour la première fois, et cela à sa louange, un homme couché à côté d'elle. 

— V'là eun accident qui n'm'arrivera pas, à mè, s'est écriée l'une des couche-bru... Car j'érai soin d'prendre mes précautions d'avance.  (Source B.N.)  

 

Mai 1893  -  La sécheresse.  -  Dimanche, dans toutes les églises du diocèse, on a donné lecture d’une lettre de l’évêque de Bayeux, prescrivant des prière pour obtenir la Cessation de la sécheresse. (Source B.N.)

 

Mai 1893  -  Affaire mystérieuse.  -  Le parquet de Falaise instruit en ce moment une affaire assez mystérieuse. La jeune Marie Labbé, 20 ans, de Grimbosq, est accouchée clandestinement et a jeté son enfant dans le puits du presbytère. 

Dès l'âge de 14 ans, elle était presque continuellement chez le curé. Depuis six mois, au départ de la servante, elle était employée comme femme de journée. Ces assiduités pouvant donner prise à la médisance, l'autorité municipale en informa l'évêque, qui se contenta purement et simplement de renvoyer la lettre au curé. Sur ces entrefaites, la jeune fille se trouva enceinte, puis, soudain, la grossesse disparut. 

Une lettre anonyme fut envoyée au parquet qui, après plusieurs interrogatoires, fit avouer à la jeune fille qu'elle était accouchée chez elle et avait jeté l'enfant dans le puits du presbytère où il a été retrouvé. Le médecin ayant déclaré que l'enfant n'avait pas vécu, Marie Labbé, qui appartient à une famille de journaliers, ne passera pas en cour d'assises pour infanticide, mais en correctionnelle pour suppression d'enfant. 

Pendant que cela se passait, le curé, M. l'abbé Chardin, 38 ans, vendait sa bibliothèque à M. Tessier, libraire à Caen, et mercredi matin quand le sacristain est entré dans l'église, il a trouvé sur la nappe de l'autel les clefs du presbytère et une lettre dans laquelle le curé donnait des instructions pour la vente de son mobilier et le paiement de ses dettes, ce qui semble établir qu'il est parti sans espoir de retour. (Source B.N.)  

 

Mai 1893  -  La sécheresse.  -  Dimanche, dans toutes les églises du diocèse, on a donné lecture d’une lettre de l’évêque de Bayeux, prescrivant des prière pour obtenir la Cessation de la sécheresse. (Source B.N.)

 

Mai 1893  -  Mandats-Poste.  -  Sous peu, le paiement des mandats-poste pourra être fait à domicile par les facteurs. (Source B.N.)

 

Mai 1893  -  L’accouchement de Grimbosq.  -  Nous avons dit qu'à la suite de la découverte d'un enfant mort-né dans un puits abandonné dû presbytère de Grimbosq, enfant jeté par la jeune Marie Labbé, le curé, l'abbé Léon Chardin, avait quitté le pays. Après avoir vendu sa bibliothèque à Caen, il avait essayé de faire vendre son mobilier par un commissaire-priseur. Ne pouvant y parvenir, il avait écrit une lettre dans laquelle il disait à son sacristain de vendre tout et de se débrouiller comme il pourrait. Mardi, il partait pour Paris, et revint à Flers. De là, il se rendait, la nuit, à pied, à Bernières-le-Patry, son pays d'origine, et revenait de nouveau à Flers, dimanche matin. Il fut, dans la journée, reconnu sur la place de la Gare par les deux gendarmes de service, au moment où, en habits civils et une valise à la main, il traversait cette place. Immédiatement arrêté, il fut amené à la chambre de sûreté de la gendarmerie. 

Le départ, pour Falaise, de l'abbé Chardin a donné lieu à une manifestation. On dut le faire monter en omnibus pour descendre la Grande-Rue, et la voiture eut même de la peine à traverser la foule. A la gare, la place était noire de monde. 

Ce départ précipité, au moment où une si grave accusation pesait sur une fillette sur laquelle il avait une très grande influence semblait donner raison à ceux qui prétendaient que ce prêtre n'était pas étranger à la grossesse de Marie Labbé. On allait même jusqu'à dire qu'il l'avait assistée dans son accouchement. Mais Marie Labbé persistant à dire qu'elle était accouchée seule et que, seule, elle avait jeté son enfant dans le puits, le mandat d'arrêt lancé contre l'abbé Chardin vise seulement l'omission de déclaration d'accouchement, ce qui semble au moins établir qu'il a eu connaissance de cet accouchement. Depuis le départ du curé, une nuée de créanciers s'est abattue sur le presbytère où le juge de paix de Bretteville a apposé les scellés. 

Au séminaire, Léon Chardin faisait partie d'un trio d'élèves qui donnaient du fil à retordre à leurs supérieurs. A Courseulles, où il fut nommé vicaire, il fit déjà parler de lui en flirtant derrière les cabanes de la plage et en baissant hermétiquement, une après-midi, les rideaux d'un compartiment de chemin de fer dans lequel il n'était pas seul, alors que le temps était des plus brumeux. 

De là, il passa à Bény-Bocage où il distribua à ses pénitentes, veuves, jeunes filles et même femmes mariées, des bijoux de toute nature : colliers, chaînes de montre, bagues et même jusqu'à un petit sac à main. C'était sans doute pour les récompenser de la façon particulière dont elles roucoulaient le cantique des âmes ferventes.  (Source B.N.)  

 

Juin 1893  -  Le scandale de Grimbosq.  -  Marie Labbè a été mise en liberté, l'abbé Chardin ayant tout pris sur lui. Il a avoué que c'était lui qui avait accouché la fille Labbé. Voyant l'enfant mort, il a, sans que la jeune fille le sût, été le jeter dans le puits. Marie Labbé ne sera donc pas poursuivie. Son amant seul passera vendredi en correctionnelle, pour suppression d'enfant n'ayant pas vécu et pour défaut de déclaration d'enfant. 

Nous ferons connaître le jugement la semaine prochaine. La jeune Labbé, grosse fille, plutôt laide que belle, a de quoi s'en souvenir, car l'accouchement a été si mal fait, qu'il en est résulté des lésions assez sérieuses. On croit que l'abbé Chardin était aidé, dans son opération, par une proche parente de l'accouchée. (Source B.N.)

 

Juin 1893  -  Le maximum.  -  L'abbé Chardin, ex-curé de Grimbosq, a été condamné à six mois de prison pour suppression d'enfant n'ayant pas vécu. En présence de l'état du cadavre, le docteur-légiste n'a pas osé se prononcer autrement. Marie Labbé était citée comme témoin. Le défenseur de Chardin était Me Le Comte. 

Six mois ! C'est le maximum que l'on pouvait donner à l'accoucheur de Marie Labbé. Cette sévérité donnera sans doute à réfléchir aux mauvais prêtres, car elle est d'autant plus significative que certains magistrats du parquet de Falaise passent pour avoir des sentiments religieux très nettement accentués. 

La vente du mobilier de l'ex-abbé Chardin s'est faite la semaine dernière à Grimbosq. Les enchères ont été poussées comme il convient de pousser un mobilier composé sans doute de souvenirs. 

Avant la vente, Marie Labbé a demandé, au huissier, à retirer certains objets restés dans la chambre du presbytère où elle est accouchée. Quel toupet pour une fille de 20 ans qui vient cependant de passer de si vilains quarts d'heure ! (Source B.N.)  

 

Juin 1893  -  Le scandale de Grimbosq.  -  L'abbé Chardin, l'ex-curé de Grimbosq, condamné à six mois de prison pour suppression d'enfant mort, avait porté appel de ce jugement. La cour l'a confirmé. Pendant ce temps, la fille Marie Labbé ne se fait pas de bile, elle attend gaiement la libération de son amoureux. (Source B.N.)

 

Décembre 1893  -  Mort accidentelle.  -  Le sieur Talicher, chef de la halte du chemin de fer à Grimbosq, a été trouvé mort dans un fossé du chemin allant de Goupillières à la halte de Grimbosq. La mort de cet homme est accidentelle. La veille, il était allé à Thury-Harcourt, et c'est à son retour, dans la nuit, qu'il est tombé dans le fossé profond d'un mètre, ayant probablement été pris d'un étourdissement et y est mort. Le sieur Talicher était très gros, et souffrait continuellement de la tête, il laisse cinq enfants. (Source B.N.)

 

Décembre 1893  -  Départ de l’ex-curé de Grimbosq.  -  Léon Chardin, l'ex-curé de Grimbosq, après avoir purgé ses six mois de prison, est revenu au pays de ses dernières amours. Puis, de là, il a pris, avec sa gente amie, le chemin de fer pour Paris. Mais, au moment de l'embarquement, il y a eu échange de gros mots entré l'ex-curé et les curieux accourus pour le voir une dernière fois. 

On lui a surtout reproché d'avoir, a une époque, interrompu le mois de Marie, parce qu'un jeune garçon avait été surpris, au sortir de l'office, en train d'embrasser sur le cou une jeune fille. Il y avait cependant moins de mal que de se faire accoucheur. (Source B.N.)  

 

Juillet 1894  -  Découverte de cadavre.   -  Le cadavre du sieur Louis Vallée, 46 ans, cultivateur à Grimbosq, a été retiré de la rivière l'Orne. (Source B.N.)  

 

Octobre 1895  -  Attentats à la pudeur.   -  Nous avons dit qu'un individu rencontrant dans le bois de Grimbosq une femme qui se rendait à Troismonts, la jeta à terre et chercha à en abuser. Ne pouvant y parvenir, il accepta l'offre que lui fit sa victime de lui donner de l'argent, puis il disparut. 

L'auteur de cet attentat est le nommé Pierre Chevalier, 22 ans, journalier à Caen. Il a été arrêté à Harcourt et écroué à la prison de Falaise. (source B. N.)  

 

Février 1897  -  Bloquée dans les neiges.  -   Pourquoi, l'autre semaine, pendant les neiges, n'a-t-on pas fait déblayer les points des chemins où elles étaient accumulées. Cette incurie pouvait causer de sérieux accidents. Mme Lesueur, rentrant chez elle à Grimbosq, est restée quatre heures bloquée dans un chemin vicinal et n'a pu se sauver qu'après des efforts inouïs. (source B. N.)  

 

Juillet 1897  -  Commune en guerre.  -  Nos lecteurs se rappellent ce curé de Grimbosq , près Harcourt, qui dut quitter le pays à la suite d'une histoire de fille. Depuis, à cause de ce scandale, la commune est divisée. Aux dernières élections municipales, deux listes étaient en présence. Celle de l’ex-curé échoua, grâce aux pas et démarches faits à pied, à cheval et en voiture pour recruter des électeurs. L'élection, attaquée, fut, annulée. La procédure a été longue, car c'est seulement le 27 juin que l'ancienne municipalité de Grimbosq a obtenu la victoire sur toute la ligne. Mais la paix n'est, pas revenue dans le pays, les amis du fuyard prétendait que si les curés ont le droit de regarder sous la « blaude » des maires ce qui s'y passe, les maires n'ont pas celui de s'occuper de ce qui se passe sous la soutane des curés. 

Quant à l'ex-curé, cause, de ces divisions, il est toujours caissier dans une maison de Paris, où il vit comme s'il était marié. (source B. N.)

 

Août 1900 -   Un incendie  -  Incendie à Grimbosq, au hameau de l'Église : 17 maisons sur 19, plus la mairie et les archives municipales et la sacristie. Le clocher est fortement endommagé. Le feu aurait été mis par deux garnements.

 

 Septembre 1900 -  Incendie. -  Un nouvel incendie, qui a éclaté vendredi dernier, vers 9 heures du soir, à Grimbosq, a presque complètement détruit un bâtiment à usage de maisons  d'habitation non habitées appartenant aux sieurs Marcel Carel, journalier 24 ans, et Jean Carel, 64 ans, son oncle , également journalier audit lieu.

Aussitôt l'alarme donnée, les pompiers sont arrivés immédiatement sur les lieux, mais vu l'embrasement général du bâtiment, leurs efforts se sont bornés à préserver les maisons voisines. Une  vache appartenant au sieur Jean Carel a pu être sauvée à temps, mais quelques objets mobiliers ainsi que 300 bottes de paille, 100 bottes de foin, 1200 gerbes de blé et  d'avoine ont été  la proie des flammes. Les causes de ce sinistre sont inconnues.

 

Avril 1903  -  Incendies.   -  De 15 hectares de taillis, de 440 baliveaux de chêne, bouleau, et de 6 800 pins d'Ecosse, âgés de 20 ans. au comte d'Hunolstein, à Grimbosq. Pertes, 3 663 fr. Assuré. 

—De 9 000 bourrées au sieur Félix Dros, chaufournier à Angoville. Pertes, 360 fr. Assuré.

—De 6 000 bourrées à la dame Leboucher, propriétaire à Martigny. Pertes, 210 fr., couvertes par une assurance, de 135 fr. seulement. 

— Chez le sieur Jacob, hôtelier à Putot-en-Auge. Pertes, 500 fr. Assuré. 

— D'un bâtiment, à usage d'étable, au sieur Victor Vivier, à Mézidon. Pertes, 800 fr. Deux vaches ont été asphyxiées. — Au café-restaurant du  « Chant des Oiseaux », à la Rivière-Saint-Sauveur. Pertes, pour le locataire, le sieur Lamare, 16 000 fr, ; pour le propriétaire, le sieur Mesnil, de Honfleur, 15 000 fr. Tous deux sont assurés. 

— A Truttemer-le-Petit, d'une maison au sieur Alcide Anfray et habitée par le sieur Isidore Amand. Pertes, pour le propriétaire, 4 000 fr. ; pour le locataire, 2 000 francs. Assurés. (source M. C.)  

 

Février 1907  -  Électeurs convoqués.  -  Pour compléter le conseil municipal de Grimbosq, les électeurs sont convoqués pour le 24 février afin d'élire trois conseillers municipaux. (source M. C.)

 

Février 1918  -  Évasion d’allemands.  -  Pendant la nuit du 6 au 7 février, trois prisonniers allemands se sont évadés du détachement de Grimbosq. Ce sont Hents Wilhem, 1 m. 75, cheveux blonds, fortes moustaches blondes, figure maigre ; Meyer Herman, 1 m. 72, cheveux blonds, moustaches blondes, figure maigre, et Huekert Gustave, 1 m. 68, cheveux châtain clair, petite moustache châtain clair, figure jaunâtre et maigre.

Tous trois ont les cheveux coupés ras et sont revêtus de l'uniforme allemand. Leur signalement a été adressé dans toutes les directions.

 

Mai 1918  -  Un incendie détruit cinq bâtiments.  -  Le poste du détachement de prisonniers de guerre mis à la disposition de M Revel, cultivateur à Grimbosq, pour l'exploitation du bois, vient d'être détruit par un incendie.

L'alarme a été donnée par le P. G. Muller qui était chargé de préparer les aliments de ses camarades et vint trouver Mme Revel en faisant des gestes désespérés. Le feu s'était déclaré à la couverture en paille et genêts du bâtiment à usage de cuisine. Il avait été communiqué par une étincelle de la cheminée. L'incendie ne tarda pas à gagner deux autres bâtiments une étable et un poulailler, qui furent, détruits, ainsi que toute la paille qu'ils contenaient.

Trois bâtiments contigus, appartenant à Mme Lebatant, ont été également la proie des flammes. les dégâts s'élèvent à 6.500 fr. environ.

 

Mars 1926  -  Battue au sanglier.  -  La nouvelle société de chasse de la société de Grimbosq ayant organisé une battue, quatre sangliers ont été tués. 

 

Décembre 1926  -  Destruction de volailles.  -  Édouard Vivien et Édouard Blondeau, cultivateurs à Grimbosq, allant labourer, avaient emmené leurs chiens. Pendant que les cultivateurs travaillaient, les chiens poursuivirent les poulets appartenant à M. Peuret, poseur aux chemins de l'État, habitant une maisonnette sur la ligne de Caen-Laval. Le soir, il manquait trois poulets. M. Peuret a porté plainte pour destruction de volailles et procès-verbal a été dressé aux deux cultivateurs.

 

Juillet 1936  -  Ouverture des débits de boissons à l’occasion du 14 juillet.  -  Le préfet du Calvados a l'honneur de faire connaître qu'à l'occasion de la fête nationale, il autorise les débits de boissons et autres établissements publics du département, à rester ouverts pendant les nuits du 13 au 14 et du 14 au 15 juillet courant. (source M.-C.)

 

Juillet 1936  -  Deux amants se suicident en se jetant dans l’Orne.  -  Deux cadavres ont été retirés de l'Orne à Grimbosq. Cette macabre découverte constitue le triste épilogue d'une idylle qui s'ébaucha en janvier dernier à Douvres. 

Ils étaient voisins. Elle, s'appelait Marie-Louise Briou, avait 25 ans et avait épousé M. Leplai. Lui, Eugène Boissais, mutilé de guerre à 50 %, né en 1898 à Saint-Martin-de-Sallen, était marié. 

Le 3 juillet, ils disparurent l'un et l'autre. Le 4, Mme Boissais recevait une lettre datée de Grimbosq, dans laquelle son mari lui annonçait que, à proximité de son pays natal, il allait mourir attaché à Marie-Louise.

Vendredi matin, un passant découvrait dans l'Orne, à 400 mètres du barrage de Grimbosq, mais sur le territoire des Moutiers-en-Cinglais, un cadavre de femme ayant séjourné quelque temps dans l'eau. 

L'enquête révéla bientôt qu'un couple était passé aux premiers jours de juillet dans plusieurs cafés de Grimbosq. Dans l'un d'eux, l'homme avait même demandé un journal et montré à sa compagne un article intitulé : « Une noyade tragique », en disant : « Tiens, regarde » Elle avait lu, paraissant intéressée. 

L'autopsie fut pratiquée par le docteur Le Breton, qui déclara que la femme était entrée vivante dans l'eau. 

A 18 heures, arrivaient sur les lieux MM. Pérès, procureur de la République, Pohier, juge d'instruction ; Delamarre, greffier. A 20 heures, au moment où les magistrats allaient quitter les bords de l'Orne, pour rentrer à Falaise, un canoïste, remontant la rivière, les appelait en disant : « Tenez, voici un autre cadavre ! » Ils le firent retirer de l'eau et déposer sur la berge. Dès lors, le double suicide était évident. Il ne restait qu'à identifier les héros du drame d'amour. Ce fut la tâche du lieutenant Patau, qui établit que les noyés étaient Mme Leplai et M. Boissais, son voisin. 

Mme Boissais reconnut d'ailleurs son mari, dont le corps sera transporté à Douvres, celui de sa compagne sera inhumé aux Moutiers, si M. Leplai ne le réclame pas. (source M.-C.)

 

Décembre 1936  -   En cherchant un lapin, un chasseur abat un sanglier.  -  Un de ces derniers jours, M. Villé, demeurant à Mondeville, propriétaire d'une chasse dans les bois de Grimbosq, se trouvait, vers 14 h. 30, au lieu dit le Carrefour des Granges, en compagnie de son garde, M. Legras. Il chassait le lapin.

Soudain, un de ses jeunes chiens, âgé de 10 mois et encore en dressage, tomba en arrêt devant un massif de fougère.

M. Villé attendit un moment et, tout à coup, il vit se dresser un solitaire de taille imposante qui se trouvait à la « bauge ».

Furieuse, la bête fonçait sur lui. M. Villé, à moins de sept mètres, lui logea, au défaut de l'épaule, une cartouche qui, formant balle, atteignit le poumon en passant entre deux côtes.

Mortellement touché, l'animal fit encore une quinzaine de mètres avant de s'abattre. M. Villé eut alors la joie de constater qu'il venait de battre ses propres records et, vraisemblablement, ceux de Basse-Normandie. En effet, pesé devant MM. Chapard, lieutenant de louveterie, et Simon, conseiller général de Bretteville-sur-Laize, le sanglier accusa sur la bascule le poids respectable de 178 kilos.

M. Chapard. qui a constaté la destruction de plus de 5 000 cochons sauvages, a admis que c'était là le plus lourd qui lui ait été donné d'admirer.

Ce coup de fusil est d'autant plus intéressant à signaler que M. Villé, qui en est à son 39e sanglier dans cette partie de notre contrée, a abattu le solitaire avec du plomb n° 7.

Cette pièce peu commune a été acquise par un grand magasin d'alimentation de notre ville, qui l'a exposée à sa devanture, où elle a fait l'admiration des connaisseurs. (source le M. du C.)

 

Mai 1941   -  Avis à la Population.   -   La Feldkommandantur du Calvados rappelle à la population que toute personne découvrant soit sur la voie publique, soit dans une propriété privée des objets ou imprimés suspects, tels, par exemple, que des tracts jetés par avion, doit en faire la remise à l'autorité militaire allemande la plus proche. 

 

Septembre 1941   -  La fin du poisson.   -   Les pécheurs de l'Orne supérieure sont dans le marasme. Ils nous ont écrit ceci : « Les pêcheurs de Grimbosq se recommandent à vous pour faire cesser les faits suivants : Tous les jours, la rivière l'Orne est mise presque à sec par les usines électriques. De ce fait, beaucoup de poissons sont morts. Si cet état de choses continue ce coin va se trouver complètement sans poisson. Ce groupe de pêcheurs favorisé jadis se trouve privé d'une ressource fort appréciable, surtout en ce moment. Merci d'avance. »

En effet où sont les belles pèches de brèmes et de gardons qu'on faisait naguère à Grimbosq et qui pourraient tout à l'heure allonger un peu les menus des pauvres gens ?  

 

Juillet 1942   -   Pour les prisonniers.   -   A Saint-Laurent-de-Condel, le dimanche 26 juillet aura lieu, sous les auspices des Anciens Combattants de Moutiers-en-Cinglais, Grimbosq, Saint-Laurent-de-Condel, une journée pour les prisonniers des trois communes.

Le matin dans les trois paroisses, messe pour les prisonniers qui bénéficieront des quêtes faites aux offices. L'après-midi, séance récréative à 15 h. (heure officielle), à Saint-Laurent à  l'entracte vente aux enchères de volailles, victuailles de toutes sortes et nombreux lots divers. A cette vente de bienfaisance pour une oeuvre intéressante nos amis de la ville trouveront ainsi le moyen de joindre l'utile à l'agréable.  

 

Septembre 1943    -   Fait divers.   -   En gare de Grimbosq, un employé de la S. N. C. F., Alexandre B………, de Vernouillet (S.-O.) était si affairé à entasser force colis dans deux grandes malles, que des voyageurs, intrigués par ce travail intempestif, alertèrent les gendarmes de Thury-Harcourt. Ceux-ci firent ouvrir les deux-malles : Ce fut... un veau que l'on put reconstituer quand on eut rassemblé tous les colis atteignant 80 kilogs. Il y avait aussi, 27 douzaines d’œufs, 45 kilos de beurre, des volailles, etc.

L'indélicat employé dut reconnaître que toutes ces denrées lui avaient été fournies par des personnes de la contrée avec lesquelles il était en « affaires » et que. depuis 6 mois, il envoyait ainsi lui-même, sans risques, ni frais, les marchandises qu'il revendait au marché noir.  

 

Février 1945  -  Le dieu hasard.  -  Ayant emprunté la bicyclette de M. Basset, journalier à Grimbosq, M. Lesouef, chauffeur à St-Laurent-de-Condel, a eu la surprise de reconnaître sur celle-ci le cadre et divers accessoires d’un vélo qui lui avait volé en juillet. M. Basset a déclaré qu’il avait trouvé la machine dans un herbage.

 

Décembre 1946  -  Tragique partie de chasse.  -   M. Aimé Verhaest, 33 ans, demeurant à Bénouville, chassait en compagnie d’un ami dans les bois de Grimbosq, lorsque, se penchant pour ramasser un furet, il accrocha avec son fusil quelques branches qui firent pression sur la gâchette.

Le coup partit, atteignant le chasseur au-dessus du genou droit et sectionnant l’artère fémorale. M. Verhaest reçut les premiers soins de son compagnon, M. Verbacke, qui, après avoir placé un garrot, le transport dans une clinique de Caen. M. Verhaest ne devait pas survivre à sa grave blessure. (Source B.-L.)  

 

Août 1947  -    Les communes sinistrées.    Par arrêté du Ministre de la Reconstruction, les communes de Le Theil, Croisilles, Grimbosq, Clinchamps-sur-Orne, ont été déclarées sinistrées.

En conséquence, la création, le transfert et la réouverture des établissements industriels, commerciaux et artisanaux dans ces localités sont soumis à l’autorisation préfectorale ou la déclaration prévues par le décret-loi de 9 septembre 1939. (source B.-L.)

Grimbosq  -  La Chapelle Sainte-Anne

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