UN SIÈCLE D’HISTOIRE DU CALVADOS

1

GUÉRON

Canton  de  Bayeux

Les habitants de la commune sont des Guéronais, Guéronaises

Janvier 1843   -  Nouvelles locales.   -  Mardi dernier, un voiturier de la commune de Gueron, dont nous n'avons pu nous procurer le nom, qui s'était, suivant la coupable et dangereuse habitude de ces gens, assis sur le bras gauche de sa charrette et immédiatement au devant du train, voyageait sur la route de Caen à Bayeux. Arrivé à la sortie de Rots, voyant venir à lui une diligence, il voulut descendre et tomba la tête sous sa roue, il a été broyé. Il ne se passe guères de semaine ou la presse n'ait a signaler de pareilles imprudences occasionnant d'aussi déplorables accidents, elle doit les signaler à l'attention de l'autorité qui devra, en présence de faits si fréquents, recourir enfin à des mesures efficaces de surveillance pour éviter le retour de ces douloureux événements.

— C'est encore un de ces cas où l’intervention légale des cantonniers pourrait être utilement mise en oeuvre par l'administration départementale. (source : L’Indicateur de Bayeux)

 

Mai 1868   -   Le climat.   -   L'élévation de la température qui n'a cessé de régner pendant la majeure partie du mois qui se termine, est un événement assez rare dans nos climats, où la chaleur n'atteint son maximum que vers le mois de juillet.

Voici à cette occasion la nomenclature des plus fortes chaleurs observées depuis un siècle et demi :

En 1702, le thermomètre monta à 39 degrés centigrades au dessus de zéro.

En 1753 et 1793, à 38 degrés.

En 1825, à 37 degrés.

En 1800 et en 1830, à 36 degrés.

La moyenne de la chaleur des étés et de 30 degrés. Cette moyenne à presque été atteinte dans la dernière quinzaine de mai 1868.

 

Septembre 1868   -   Un incendie.   -   Dimanche soir, de 9 à 10 heures, le bruit des tambours et des clairons de notre compagnie de pompiers, ainsi que le tocsin des églises de Saint-Loup et de Gueron, mettait sur pied la population bayeusaine, dont une grande partie s'élançait spontanément sur la route de Saint-Loup.

Un incendie, qu'on suppose accidentel, venait de se déclarer à une assez chétive maison de la commune de Gueron, au petit hameau de la Masse, habitée par un pauvre vieillard, le sieur Lerat et sa fille. A la première alarme, M. le maire et les habitants de la commune durent se borner à protéger les maisons les plus rapprochées, en les couvrant de draps mouillés avec du cidre (l'eau manquant en ce moment). L'absence de vent vint heureusement les aider dans leur oeuvre de prudence. Quelques instants après, nos pompiers arrivaient avec leur matériel, leurs efforts se portèrent immédiatement sur l'extinction des débris fumants de la maison incendiée, qui fut seule la proie des flammes.

Une partie du chétif mobilier a pu, mais dans un pitoyable etat, être arrachée aux flammes. La perte totale peut être évaluée de 1 300 à 1 400 francs environ.  

 

Septembre 1869   -   Fait divers.   -   Bayeux est depuis deux jours sous le coup d'une pénible émotion. L'incendie vient de semer ses ravages autour de cette ville.    -   Bayeux est depuis deux jours sous le coup d'une pénible émotion. L'incendie vient de semer ses ravages autour de cette ville.

Dans la nuit de dimanche, à minuit, le feu s'est manifesté subitement dans la grange de la ferme de M. Duhomme, à Saint-Vigor-le-Grand, et occupée par M. Dubosq, maire de cette  commune. Un voisin ayant aperçu des flammes donna l'alarme,  et quelques instants après un messager, emmenant des chevaux, accourait à Bayeux réclamer le secours des pompes. Bientôt la générale, battue dans les rues, réveillait la population qui se rendait sur le théâtre de l'incendie, que lui indiquait de loin une lueur sinistre et d'une énorme intensité.

Les premiers secours donnés avec intelligence et énergie durent faire la part du feu, mais préservèrent le groupe de bâtiments contigus remplis d'un grande quantité de fourrages. Une  tranchée faite aux toitures arrêta le feu dont l'intensité circonscrite dans son foyer, c'est-à-dire dans la grange, fut vigoureusement combattue par l'action de deux puissantes pompes qu'alimentait une longue chaîne puisant l'eau au pont Trubert, situé à près de 300 mètres du lieu du sinistre.

Jusqu'à 6 heures et demie, la population de Saint-Vigor et de Bayeux ne cessa de travailler aux chaînes. Après cette heure, elle se retira, laissant aux sapeurs-pompiers et aux travailleurs qui les  secondaient, le pénible et dangereux soin d'extraire de la grange les 4.000 gerbes de blé qui s'y trouvaient renfermées, et qui, bien que s'enflammant à l'air, durent être transportées dehors. Ce ne fut qu'à 9 heures et demie que les sapeurs-pompiers, exténués de fatigue, rentrèrent en ville, laissant le soin de coopérer à l'achèvement du déblaiement de la grange à quelques-uns d'entre eux, qui ne sont revenus à Bayeux que lundi soir.

Au moment où nous nous disposions à rendre compte de cet incendie, le tambour s'est fait entendre de nouveau, et nous avons appris qu'un sinistre considérable venait d'éclater à Gueron, dans le hameau qui, il y a maintenant un an, fut désolé par le feu.

Une pompe et un fort détachement de sapeurs-pompiers sont en effet partis et se sont rendus à Gueron, suivis d'une foule considérable des habitants de Bayeux.

Le feu dévorait l'habitation de la dame veuve Marais, et s'étendait sur une longueur de 65 mètres de bâtiments. A l'arrivée des secours, presque toutes les toitures étaient en feu, les flammes allaient gagner un groupe d'habitations voisines que l'on tentait de protéger en les recouvrant de draps mouillés. La violence du feu était telle que les pierres éclataient comme des coups de fusil, le jeu de la pompe, habilement dirigé, est parvenu à préserver les deux étages inférieurs d'une partie de l'habitation, dont les planchers ont été sauvés ainsi que le mobilier et le grain que le grenier contenait.

Après quatre heures d'un travail sans relâche, l'incendie a été éteint. On ignore encore la cause de ces deux incendies, dont la perte est heureusement couverte par des assurances.

S'il est affligeant de voir ces tristes événements se renouveler aussi fréquemment dans notre pays, il y a au moins un fait qui console, c'est l'empressement, si honorable pour elles, avec lequel nos populations se précipitent sur le lieu du sinistre pour porter secours. Hommes, femmes, enfants, riches et pauvres, fonctionnaires et administrés, tous rivalisent de zèle et ne se retirent que lorsque tout danger a disparu. A Saint-Vigor, tout le monde a payé sa dette. M. le vicomte de Bony, sous-préfet, de Bayeux ; M Despalières, maire de Bayeux ; MM. Villers et Niobey, adjoints ; M. de Gourmont, remplissant les fondions de juge d'instruction ; M Deshameaux, conseiller d'arrondissement ; M. le curé de Saint-Vigor, et d'autres ecclésiastiques ; M. Le Moyne, ingénieur des ponts et chaussées ; M. Delcroix, commissaire de police et ses agents étaient accourus des premiers, pour organiser les secours, ainsi que la gendarmerie.

Nous avons retrouvé ce matin presque. Nous avons retrouvé ce matin presque tous les mêmes fonctionnaires à Gueron, où nous avons constaté aussi là présence de M. Trébutien, président du tribunal civil ; M. Pellerin, substitut du procureur impérial ; MM. les maires de Gueron et de Saint-Loup ; MM. les curés d'Arganchy, de Subles et de Gueron ; MM. les abbés Dubisson et Elie, vicaires de la cathédrale, et Trébutien, etc….

Quant aux personnes qui se sont fait remarquer par leur travail aussi persévérant que courageux, nous voudrions les citer toutes, mais leur nombre est tellement grand que nous sommes dans l'impossibilité de leur payer ce tribut de reconnaissance. Nous nous bornerons à citer quelques noms. Ce sont ceux des sieurs Fauconnier, déchargeur à la halle, et du sieur Coquière  qui, pendant toute la nuit de dimanche à lundi, se sont tenus dans la rivière pour remplir les seaux ; le sieur Manoury, qui a travaillé aux endroits périlleux avec une grande énergie ; le  sieur Langlois, boulanger, et un sieur Amand Adam, charpentier à Subles qui, à l'incendie de lundi matin, a rendu par son intelligence et son courage de grands services.

Quant à nos sapeurs-pompiers, comme toujours ils ont fait leur devoir; mais parmi les plus intrépides, une mention spéciale, et que ratifiera l'opinion publique, est due au caporal Hémel qui, aux deux incendies, a tenu la lance au milieu du feu avec autant de courage que d'habileté ; aux sapeurs Lesseine, Ecolasse, Carville père, Robine, Gabriel, Lecomple, Liégard, aux  caporaux Noircy et Bourmont,et aussi au sergent Dauchez et au clairon Thomas, qui se sont tenus tous aux endroits les plus périlleux.

Nous accomplissons un devoir en signalant aussi  à la reconnaissance publique M. Halley, adjudant, qui, en remplacement de M. Moutier, momentanément absent, a exercé le commandement aux deux incendies, et, intelligemment secondé par M. Eugène Chasles, sergent, a dû, comme ce dernier, se multiplier et bravement payer de sa personne.

 

Juin 1871   -  Fait divers.   -   Le 3 de ce mois, vers 9 heures du soir, le nommé Pierre Napoléon Frandemiche, âgé de 39 ans, garçon meunier à Guéron, est tombé sous sa voiture qui la écrasé. La mort a instantanée.   -   Le 3 de ce mois, vers 9 heures du soir, le nommé Pierre Napoléon Frandemiche, âgé de 39 ans, garçon meunier à Guéron, est tombé sous sa voiture qui la écrasé. La mort a instantanée.

 

Novembre 1874   -   L’hiver.  -  Les astrologues annoncent, comme chaque année du reste, que l'hiver sera des plus rigoureux.

— La semaine dernière, il est tombé un peu de neige à Paris et dans, quelques-uns des départements voisins. Les oies sauvages et autres passent par bandes se rendant à leurs quartiers d'hiver.

 

Décembre 1874   -   Recensement.  -  Les maires vont commencer dans toutes les communes le recensement des chevaux, juments et mulets susceptibles d'être utilisés pour les besoins de l'armée. Cette réquisition n'aura jamais lieu que moyennant le paiement d'une indemnité de 900 à 1 600 fr.

 

Décembre 1874   -   La neige.  -  La neige continue à tomber en grande abondance dans différentes régions de la France. Depuis vingt ans, dit le Courrier des Alpes, il n'était pas tombé autant de neige, il y en a deux mètres de haut sur la route de Bourg-Saint-Maurice. Dans la Lozère, la neige encombre les routes. A Angers, la halle s'est écroulée sous le poids de la neige, huit victimes. Au delà de Mézidon et vers Rouen, la neige est tombée la semaine dernière avec abondance.

 

Janvier 1875   -   Fait divers.  -  Depuis quelque temps, les communes de Gueron, St-Loup-Hors et Subles, arrondissement de Bayeux, sont visitées par des renards à deux pieds qui enlèvent les poules et les lapins. 

Dimanche, 27 décembre, un sieur Paulmier, demeurant à Gueron, entendant vers minuit crier ses poules, ouvrit sa porte, et armé d'un fusil explora les environs. Il aperçut un homme près du poulailler, lui lâcha un coup de fusil, puis craignant d'être assailli, rentra chez lui et se barricada.  Le lendemain à quelque distance du bâtiment, on trouva le corps d'un sieur Victor Barbier, ancien cantonnier à Gueron et maintenant garde de la ferme de M. de Rots, à Vaux-sur-Aure. Le ventre était défoncé par la charge de plomb et la mort remontait à quelques heures. Barbey laisse une veuve et des enfants en bas-âge. Que venait faire cet homme dans la cour du sieur Paulmier ?   L’enquête nous l'apprendra.

 

Janvier 1879  -  Créations d’écoles.  -   Créations d’écoles en 1878 à Maisy d’une école de filles ; Gueron d’une école mixte et Espins d’une école mixte .

 

Avril 1879   -  Secours.  -  Le Gouvernement a bien voulu accorder des secours aux communes ci-après : Guéron, pour établissement d'une école mixte, 1 500 francs ; Bernesq, pour construction d'école, 1 300 francs ; la Ferrière-au-Doyen, pour construction d'une école mixte, 9 800 francs ; Montviette, travaux aux écoles, 1 600 francs. A la fabrique de l'église de Luc-sur-Mer, 260 francs ; à la fabrique de l'église d'Ammeville, 300 fr., pour achat d'objets mobiliers.  

 

Août 1879  -  Année scolaire 1878-1879.  -  Le département du Calvados, d'une population de 450 220 habitants, compte 764 communes possédant 1 019 écoles primaires, publiques ou libres, et 25 salles d'asile. 5 écoles enfantine sont été créées en 1878. La rentrée prochaine en verra sans doute ouvrir de nouvelles.

Écoles primaires : 598 communes possèdent au moins une école publique ; 152, sont réunies légalement pour l'entretien d'une école publique ; 6 ont une école libre tenant lieu d'école publique ; 6 ont une école spéciale libre tenant lieu d'école spéciale publique ; 2 sont dépourvues d'écoles.

Ces 2 communes sont : Le Manoir (205 hab.), et Vienne (214 hab.).

Des projets de construction sont à l'étude. Si l'on jette un coup d’œil à ce rapport, on voit que 15 communes réunies présentent un effectif de 5 à 700 habitants et que leurs classes reçoivent de 50 à 80 élèves des deux sexes. Le dédoublement de l'école mixte serait nécessaire.

88 communes du département, tout en ayant une population quelquefois inférieure à 500 habitants, ont été soucieuses des intérêts de leurs enfants pour établir 2 écoles spéciales, dans 66 chefs lieux scolaires. Sur 1 019 écoles primaires, 901 sont publiques et 118 sont libres.

Si on les considère au point de vue de leur nature on a : Écoles publiques. 314 spéciales aux garçons ; 287 spéciales aux filles ; 300 mixtes Écoles libres ; 12 spéciales aux garçons ; 96 spéciales aux filles ; 10 mixtes.

130 écoles mixtes sont confiées à des instituteurs et 180 à des institutrices.

On peut encore classer ces écoles en : 697 écoles laïques publiques ; 40 écoles laïques libres ; 204 écoles congréganistes publiques ; 78 écoles congréganistes libres.

 

Août 1879  -  Année scolaire 1878-1879.  -  Cours d’adultes  - 431 cours d'adultes, 332 pour les hommes et 99 pour les femmes, ont reçu 4 576 élèves, ou 3 635 jeunes gens et 941 Jeunes filles. Les résultats obtenus ont été assez bons.

Certificats d’études primaires.  -  390 écoles ont présenté 1 049 élèves ; 801 certificats ont été délivrés.

MM. les Inspecteurs primaires classent ainsi les 1 019, écoles publiques et libres du département : 595 bonnes ; 280 assez bonnes ; 114 passables ; 30 médiocres.

Sur 6 132 élèves qui ont quitté l'école, 2 p. 100 ne savaient ni lire ni écrire ; 3,14 p. 100 savaient lire seulement ;

8,20 p. 100 savaient lire et écrire ; 30,67 p. 100 savaient lire, écrire et compter ; 57,15 p. 100 connaissaient l'orthographe et des matières facultatives.

 

Août 1880  -  Parents veillez.  -  A Gueron, un petit entant de 20 mois environ, qui jouait près d'une mare dans la cour de son habitation est tombé accidentellement dans cette mare et s'y est noyé.  

 

Avril 1891  -  Un hardi coquin.  -  Pendant que la dame veuve Vautier, journalière à Gueron, prenait son repas du soir, un adroit malfaiteur est parvenu à lui dérober pour 180 fr. de linge et effets, sans être entendu ni aperçu. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Décembre 1892  -  Petite fille brûlée vive.  -  Mardi l'après-midi, la femme Marie, de Gueron, s'absenta pour porter son repas à son mari, le sieur Albert Marie, qui travaillait au Pont-Diaulne, elle laissa seules ses deux petites filles. Léontine, 6 ans, et Julia, 4 ans. Pendant son absence, la petite Julia s'approcha d'un réchaud tout allumé. Le feu prit à ses vêtements et en un clin d’œil elle fut entourée de flammes. Sa sœur, au lieu de lui porter secours, courut affolée au-devant de sa mère. A leur retour, l'enfant avait complètement cessé de vivre. Tout le côté droit et l'estomac étaient entièrement carbonisés. (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Janvier 1895  -  Le déplacement des marché.   -  Le conseil d'État vient de décider qu'en cas de déplacement d'un marché on doit réduire la contribution foncière imposée aux propriétaires du quartier où il était situé. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Février 1895  -  Les victimes du travail.  -  Dimanche matin, le sieur Tillette, 40 ans, journalier à Gueron, abattait des arbres, il était monté pour attacher la liure, quand une branche rompit tout à coup, Tillette tomba sur la tête, et il se rompit les vertèbres du cou, et se défonça le crâne, la mort fut instantanée, Tillette laisse une veuve et un enfant. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Février 1895  -  Disparition.  -  La nommée Victoire Bunel, femme Harel, 79 ans, demeurant à Guèron, qui vivait d'aumônes, a disparu depuis quelques jours. On craint qu'elle ne soit morte de froid dans la campagne. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Décembre 1897  -  Enfant tué par sa mère.  -  Marie Denis, dite des Cochons, 24 ans, originaire de St-Paul-du-Vernay, avait une petite fille de 3 ans qui lui était à charge. Elle essaya de la faire admettre à l'hôpital de Bayeux. Ne pouvant y parvenir, elle résolut de s'en débarrasser. Elle la conduisit à 4 kilomètres de Bayeux en la brutalisant pour la faire marcher. Arrivée près de la mare de Guéron, elle souleva l'enfant et, du haut du talus, la jeta dans l'eau. L'agonie de la pauvre petite a duré dix minutes, pendant lesquelles, en essayant de s'accrocher aux branches et aux herbes, elle ne cessa d'implorer du regard et de la voix son bourreau. La fille Denis resta impassible. Depuis, elle n'a manifesté aucun regret de son crime. Elle a été condamnée à 20 ans de travaux forcés. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Mai 1898  -  A propos de Saints.  -   Les saints de glace, la terreur des horticulteurs, figurant au calendrier les 11, 12 et 13 mars, ne paraissent vouloir faire parler d'eux. Fin de la lune rousse, le 20 mai. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Mai 1898  -  Cheval foudroyé.  -  La foudre a tué, dimanche, dans un herbage, à Gueron, près Bayeux, un cheval au sieur Marcel Le Tellier. Une vachère a été renversée par le choc avec ses cannes à lait, elle en a, heureusement, été quitte pour la peur. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Mai 1899  -  Les Saints de glace.  Le souffle glacé de saint Mamers, de saint Servais et de saint Pancrace est en avance. Pendant plusieurs jours, il a fait un vent du diable, il a fait froid, il a même gelé au point de roussir, dans certaines contrées, les pousses printanières.

Espérons que ces bienheureux refroidis ne nous secoueront pas leurs glaçons les 11, 12 et 13 mai. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Mai 1899  -  Accidents du travail.   -    Le sieur Barbey, 69 ans, domestique à Hérouville-Saint-Clair, en atteignant de la paille, est tombé dans une grange et s'est fracturé une jambe.

— Le sieur Alfred Petit, 37 ans,  travaillant rue du XXe Siècle, à Caen, à une maison en construction, est tombé du 1e étage sur un tas de pierres. On l'a transporté sans connaissance à l'hôtel-Dieu. Son état paraît grave.

— Le sieur Louis Mauduit, 45 ans, ouvrier plâtrier à Lisieux, occupé aux travaux du collège, était monté sur un échafaudage de 2 mètres 50. Une planche ayant basculé tout à coup, le malheureux ouvrier a été précipité sur le sol, se fracturant dans sa chute une jambe au-dessus de la cheville.

— Le charpentier de la minoterie de Gueron, près Bayeux, a eu plusieurs doigts écrasés. L'amputation a été jugée nécessaire. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Juin 1900   -   Imprudence.   -   En passant un fossé, le sieur Albert Périaux, cultivateur à Gueron, près Bayeux, qui avait emporté son fusil en allant à la charrue, pour tirer sur des corbeaux, s'est appuyé involontairement sur 

l'arme. Le coup partit sieur Périaux au côté et au poumon. Son état est assez alarmant.  (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Août 1915  -  Mort glorieuse.  -  Est morts pour la patrie : M. Auguste Féret, de Guéron, soldat au 1er Zouaves  

 

Août 1915  -  Équipes agricoles.  -  Le Préfet du Calvados croit utile de rappeler aux maires qui ont dans leur commune des équipes de travailleurs militaires qu'ils n'ont nullement le droit d'accorder à ces soldats des permissions pour se rendre soit chez eux, soit ailleurs. En le faisant ils engageraient gravement leur responsabilité. Les militaires, de leur coté, s'exposent à de très sévères punitions s'ils s'absentent de la commune, où ils ont été envoyés, sans une permission régulièrement délivrée par leurs chefs de corps.

Il importe que de part et d'autre, la période de séjour des équipes soit considérée comme une période de travail intensif et non comme une période de repos à la campagne. Les soldats qui travaillent en ce moment à la récolte des moissons remplissent, comme ceux qui se battent sur le front, un devoir national.

 

Août 1915  -  Nos chefs-d’œuvre.  -  Le Journal officiel vient de publier un décret classant parmi les monuments historiques le chœur de l'église de Guéron, près Bayeux.  

 

Janvier 1917  -  Enfant brûlée vive.  -  La demoiselle Irène Foucher, 29 ans, à Guéron, avait laissé seuls à la maison ses trois enfants, un petit garçon de 5 ans et deux fillettes, de deux ans et 5 mois. A son retour, elle trouva la petite Berthe debout au milieu de la maison. Ses vêtements brûlaient. On lui prodigua aussitôt des soins, mais elle était si gravement atteinte qu’on dut la transporter à l'hôpital de Bayeux, ou elle succomba trois jours après. On ignore comment cet accident s'est produit. 

 

Mai 1917  -  Mauvaise rencontre.  -  Un attelage de M. Le Brun, minotier à Sully, près Bayeux, est entré en collision avec le tramway, près la gare de Guéron. Le charretier, M. Joseph Marie, 51 ans, serré contre un mur, a été fortement contusionné au côté gauche. On l'a transporté à l'hôpital de Bayeux. On espère qu'il se rétablira promptement.

 

Juillet 1929  -  La température.  -  La chaleur après laquelle tout le monde aspirait en raison des vacances et pour la maturité des récoltes, est survenue brutalement. Et c'est maintenant une température torride que nous avons à subir, avec des 30° et même plus à l'ombre.

L'absence de vent rend encore cette chaleur plus difficile à supporter et les travaux des champs sont devenus très pénibles dans cette véritable fournaise. Cependant, mardi, le ciel commençait à se couvrir et  l'orage semblait proche. Espérons que des pluies viendront rafraîchir la température, mais souhaitons cependant qu'elles ne soient pas trop fréquentes et que nous ayons un été suffisamment sec.

 

Septembre 1929  -  La sécheresse.  -  Le temps magnifique dont nous jouissons a aussi ses inconvénients. Aux cas d'insolation toujours possibles et aux véritables souffrances physiques  que cause une température aussi élevée, il faut ajouter le manque d'eau qui commence à inquiéter sérieusement les agriculteurs.

Non seulement, il ne pleut pas depuis plusieurs jours, mais l'année presque entière a été d'une sécheresse inaccoutumée. A la campagne, les cultivateurs qui n'ont pas de source sur leur propriété, ou de puits,  sont obligés d'aller chercher l'eau à la rivière pour les besoins de leur ménage et pour abreuver les bestiaux, et de la faire charrier à des distances quelquefois très grandes, d'où une gêne sensible et des dépenses considérables.

Les villes ne sont pas moins à plaindre. Pour abattre la poussière et donner un peu de fraîcheur dans les rues, elles sont obligées de faire arroser, ce qui grève incontestablement le  budget.

 

Octobre 1929  -  L'heure d'hiver.  -  Conformément à la loi du 24 mai 1923, c'est dans la nuit du samedi 5 au dimanche 6 octobre que l'heure d'été fera place à l'heure d'hiver, c'est à dire que les pendules devront être retardées de 60 minutes.

 

Novembre 1929  -  Le téléphone dans le Calvados.  -  Grâce au crédit de trois millions alloué comme crédit est avancé par le Conseil général du Calvados, le réseau téléphonique calvadosien s'étend avec une heureuse régularité. Ces temps derniers, 10 communes ont été pourvues de cabines téléphoniques. Cela à porté à 348 ou à 45 % le nombre des communes calvadosiennes pourvues du téléphone. -  Grâce au crédit de trois millions alloué comme crédit est avancé par le Conseil général du Calvados, le réseau téléphonique calvadosien s'étend avec une heureuse régularité. Ces temps derniers, 10 communes ont été pourvues de cabines téléphoniques. Cela à porté à 348 ou à 45 % le nombre des communes calvadosiennes  pourvues du téléphone.

Parmi celles -ci, nous relevons la commune de Courson, vingt autres communes vont être prochainement pourvues. Pour l'ensemble du Calvados, nombre d'abonnés, qui était de 3408 en 1927, est passé à 5904 en 1928 et à 6463 en 1929.

 

Décembre 1929  -  L'état des cultures.  -  L'état des cultures est le suivant dans le Calvados, d'après le Journal Officiel : 

Les semailles sont presque terminées. Les blés et avoines d'hiver ont une levée régulière et une bonne végétation. Ces cultures ont à souffrir en divers points des dépréciations des corbeaux. Par suite de la douceur de la température, l'herbe continue à pousser dans les prairies. Les bas-fonds commencent à être submergés par suite de l'abondance des pluies.  

 

Janvier 1936  -  Légion d’Honneur.  -   Nous relevons avec plaisir, dans la promotion du Ministère de l'Agriculture, les nominations au grade de chevalier de la Légion d'honneur, de MM. Le Pargneux, agriculteur à Giberville, ancien président de la Société d'Agriculture de Caen ; Laisney, maire de Gueron, conseiller d'arrondissement de Bayeux.  Nos bien sincères félicitations. (Source : Le Moniteur du Calvados)  

 

Février 1938   -   Un cycliste attaqué sur la route.   -   Se rendant à bicyclette à Saint-Paul-du-Vernay, M. Marcel Raoult. 17 ans, commis boulanger à Bayeux, passait à Guéron, lorsqu'arrivé à proximité du Moulin, il dut s'arrêter et laissa son vélo sur le bord de la route.

Un inconnu s'approcha, et après avoir examiné sa bicyclette, lui demanda de la lui prêter pour se rendre à Bayeux, et, lui proposa 5 francs.

Comme bien on s'en doute, M. Raoult refusa. Son interlocuteur, sans autre forme de procès, lui porta plusieurs coups de poings au visage. Le jeune homme tomba et se blessa à l'œil  droit.

Voyant la tournure que prenaient les choses, il se défendit comme il put et, ayant réussi mettre à son tour son adversaire par terre, il enfourcha sa bicyclette et s’empressa de déguerpir. Il a porté plainte à la gendarmerie de Bayeux contre son agresseur inconnu. (Source : Le Moniteur du Calvados)

 

Mai 1938   -   Une voiture flambe sur la route.   -  Une automobile suivait la route de Bayeux à Balleroy, par la Belle-Epine, lorsque, tout à coup, alors qu'elle se trouvait sur le territoire de la commune de Guéron, des flammes s'échappèrent du moteur.

L’auto fut bientôt entourée d'un épais nuage de fumée et le chauffeur, aveuglé et à demi asphyxié, aurait peut-être péri dans la catastrophe, si une cycliste, Mme Jeanne, de Torteval, qui passait par là, ne l'avait aidé à sortir de sa voiture. L'automobile, qui contenait une réserve d'essence assez importante, ne fut bientôt plus qu'un amas informe de ferraille calcinée.

L'herbe et le talus bordant la route sont noircis sur une longueur de plusieurs mètres. Le conducteur, un voyageur de commerce de Caen, a quitté les lieux aussitôt après l'accident. (Source : Le Moniteur du Calvados)  

 

Septembre 1938   -   Une auto se renverse dans un fossé.  -  M. Bernard Guitton, industriel à Noron-la-Poterie, se dirigeait vers Bayeux en automobile. Auprès de lui avait pris place Mme Guitton et, à l'arrière, se trouvait une amie, Mme veuve Jeanne.

Devant l'automobiliste marchait une voiture hippomobile de la Laiterie de Vaucelles. Tout à coup l'attelage tourna pour prendre un petit, chemin sur la gauche, coupant ainsi complètement la route.

Pour éviter la collision, M. Guitton, donna un brusque coup de volant à droite, mais, dans cette manœuvre, son automobile se renversa dans le fossé.

Le conducteur sortit à peu près indemne de l'accident. Mme Guitton, par contre, fut blessée au visage, aux mains et aux bras. Mme Jeanne fut également atteinte au visage.

Quant au conducteur de l'attelage, cause initiale de l'accident, M. Richomme, il continua sa route sans se préoccuper des blessés. II fut rejoint deux cents mètres plus loin. (Source : Le Moniteur du Calvados)

 

Octobre 1942   -   Destruction des pigeons.   -   Conformément à l'ordre donné par les autorités allemandes, il est rappelé aux propriétaires de pigeons que tous les pigeons de toutes espèces (pigeons domestiques, pigeons d'agrément et pigeons voyageurs) doivent être sacrifiés. Faute de déférer à cet ordre les possesseurs de pigeons s'exposeraient à des sanctions  très sévères.

 

Octobre 1942   -   Et ça continue.   -   En raison de la situation difficile de notre approvisionnement en beurre pour le mois de novembre, le ravitaillement général réformes que les rations ne pourront être honorées en une seule fois.    -   En raison de la situation difficile de notre approvisionnement en beurre pour le mois de novembre, le ravitaillement général réformes que  les rations ne pourront être honorées en une seule fois.

En conséquence, les détaillants sont priés de ne livrer à leurs consommateurs inscrits, que 80 gramme de beurre à valoir sur la ration de 125 grammes. Le complément sera satisfait au  cours du mois. Espérons-le !

 

Novembre 1942   -   L'heure du couvre-feu.   -   A partir du 1er novembre et jusqu'au 31 mars prochain, l'heure de fermeture des débits et l'heure du couvre-feu sont fixées pour la Normandie comme suit, par les autorités d'occupation : Heure de fermeture des débits, 22 h. 30 ; heures du couvre-feu, 23 h. 00 à 5 h. 00.  

 

Décembre 1943    -   Fait divers.   -   Un cultivateur de Guéron, M. Arthur Poincheval, 67 ans, se trouvait dans un pré pour ouvrir le robinet de la barrique à eau qui sert à emplir une cuve-abreuvoir. Mais le vieillard, qui ne pouvait rester debout en raison du mauvais état de ses jambes, voulut sans doute s'asseoir au bord de la cuve et, pris d'un malaise, tomba dedans. L'asphyxie commença aussitôt, M. Poincheval fut découvert peu après mais il ne tardait pas a expirer.  

 

Février 1945  -  L’écharpe tricolore.  -  M. Lamare Verdelet a été élu adjoint au maire de Guéron. (Source : Le Bonhomme Libre)  

 

Juin 1945  -  Macabre découverte.  -  En allant traire, Mme Pucel, cultivatrice à Guéron, a découvert pendu a une branche de pommier, à l’aide d’un fil électrique, le cadavre de M. André Mathieu, 27 ans, demeurant à Saint-Paul-du-Vernay.   (Source : Le Bonhomme Libre)

17.   La Vie Normande   -   Élèves choyés !

Commentaires et informations :  Facebook  -  E-mail