UN SIÈCLE D'HISTOIRE DU CALVADOS

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GRAYE  s/  MER 

Canton de Ryes

Les habitants de la commune sont des Grayens, Grayennes


Avril 1790  -  Joyeusetés des habitants de Graye.  -  En 1790, les habitants de Graye tentaient de détourner le cours de la Seulles vers leur commune au moyen d’une tranchée pour procurer à cette paroisse une embouchure à la mer et y établir un port. On lit dans une dépêche de M. Gohier-Daingleville, lieutenant-général de l’amirauté de Caen, à M. le Comte de la Luzerne, sous la date du 21 avril 1790.

« Dimanche dernier, le curé de la paroisse de Graye, à la tête des habitants, a tenté furtivement et pendant la nuit de mettre ce projet ruineux (le détournement de la Seulles) à exécution. La bonne chère et le vin ne furent pas épargnés, un veau tué tout exprès, ainsi que quantité d’autre viande, un tonneau de cidre et du pain en abondance, furent distribués aux travailleurs. L’ouvrage avançait déjà lorsque les intéressés à la chose contraire en eurent connaissance, la cloche sonne, la caisse bat, les femmes, les enfants et vieillards s’assemblent, car ils faut remarquer que tous les marins sont partis à la pêche du maquereau. Ils se portent au lieu du travail, l’atelier s’enfuit à leur aspect et l’ouvrage déjà fait est, en un clin d’œil, détruit. Les choses en cet état, les habitants de Courseulles font nuit et jour sentinelle et attendent les ordres les plus prompts pour rassurer leur tranquillité et leur fortune ».

L’affaire n’eut pas de suites : l’intendant se proposait d’obtenir un arrêt du Conseil ou une décision de l’Assemblée National, mais la Révolution détourna les idées.  

 

Mai 1841   -   Nouvelles locales.  -   Mercredi dernier, 12 courant, un crime horrible est venu jeter la stupeur et la consternation dans la commune de Graye (canton de Ryes).

Sur les dix heures et demie du soir le nommé Robert Alexandre, âgé de 21 ans, demeurant chez son père, boucher à Graye, était couché dans l'écurie de la maison et dormait, selon toute apparence, d'un profond sommeil quand il a été frappé, dans la partie droite du ventre, d'un violent coup de couteau qui a traversé le foie. Ce malheureux n'a eu que le temps d'appeler sa mère, dans les bras de laquelle il a expiré au bout de quelques minutes. La blessure profonde de 180 millimètres 7 pouces environ, a dû être faite, selon toute probabilité, par un couteau fort long, dont la pointe ne devait point être fort aiguë. Le foie a été transpercé de part en part.

Alexandre Robert, la malheureuse victime de cet infâme assassinat, était un jeune homme de mœurs douces et honnêtes, laborieux et intelligent, on ne lui connaissait pas d'ennemis dans le pays, où il jouissait au contraire de l'affection et de l'estime générales. On a frappé en lui, et peut-être aussi d'un coup mortel, l'industrie de ses parents dont il était le soutien et au commerce desquels il avait su donner une grande extension.

Nous ne répéterons pas tous les bruits, toutes les conjectures auxquelles la rumeur publique semble accorder créance dans le pays, à l'occasion de ce crime qui semble jusqu'ici couvert d'un voile impénétrable. Il faut attendre avec une prudente réserve, des investigations actives auxquelles se livre la justice, la découverte de son auteur.

Vendredi dernier, les obsèques du malheureux Robert ont eu lieu à l'église de Graye, au milieu de l'affluence de plus de trois cents personnes, accourues des communes voisines pour témoigner hautement de leurs regrets, de leurs sympathies, et de l'émotion douloureuse et unanime qui a été ressentie dans toute la contrée.

 P.S. — Nous apprenons ce matin, qu'en exécution d'un mandat d'amener décerné hier lundi par M. le procureur du roi, la gendarmerie de Bayeux a arrêté hier soir sur les sept heures, en la commune de St-Loup-Hors, le nommé Paul Lemarchand, âgé de 21 ans, boucher à Graye. Cet individu, signalé déjà par la voix publique comme auteur présumé de l'assassinat commis sur Robert et sur lequel les plus graves soupçons paraissent s'élever, a été, à la suite d'un interrogatoire passé devant M. le juge d'instruction, écroué à la prison de notre ville. Il revenait de la foire de Semilly (Manche), conduisant des bestiaux, lorsqu'il a été arrêté. (Source  : L’indicateur de Bayeux)

 

Juillet 1841   -   Nouvelles locales.   -   L'instruction dirigée par M. le procureur du roi et M. le juge d'instruction contre le nommé Paul Le Marchand, de la commune de Graye, prévenu d'assassinat sur le jeune et malheureux Robert, touche à sa fin. 

Plus de deux cents témoins ont été entendus, et sans doute la cour royale aura à se prononcer prochainement sur la mise en accusation du prévenu. (Source  : L’indicateur de Bayeux) 

 

Juillet 1841   -   Nouvelles locales.   -   Par décision du ministre de la guerre, en date du 4 juin, les jeunes soldats de la classe de 1834 qui se trouvent présentement en semestre, sont maintenus dans la position de congé jusqu'au 31 décembre prochain, époque où ils auront droit à leur libération. (Source  : L’indicateur de Bayeux) 

 

Février 1842  -   Nouvelles locales.   -  Dans une de ses dernières audiences, la chambre des mises en accusation de la cour a prononcé son arrêt de renvoi dans l'affaire du nommé Lemarchand, accusé de l'assassinat commis il y a huit mois , dans la commune de Graye.

On assure que cet accusé comparaîtra à la prochaine session des assises du Calvados, qui s'ouvrira le 14 février. (Source  : L’indicateur de Bayeux)  

 

Mars 1842  -   Nouvelles locales.   -   Le condamné Léopold Lemarchand, l'assassin de Graye, ne s'est pas pourvu en cassation contre l'arrêt de la cour d'assises qui l'envoie aux travaux forcés à perpétuité. (Source  : L’indicateur de Bayeux)  

 

Mars 1842  -   Nouvelles locales.   -  On assure qu'une nouvelle instruction criminelle est dirigée on ce moment contre le condamné Léopold Lemarchand, de la commune de Graye.

La justice rechercherait, assure-t-on, les traces d'un autre assassinat commis il y a deux ans, et que la rumeur publique du pays imputerait à l'assassin du jeune Robert, dont la mort violente s'expliquerait plus complètement alors par ce fait, qu'il aurait eu personnellement connaissance de ce premier crime.

Nous nous abstenons dans l'intérêt de la découverte de la vérité de mentionner les bruits divers qui circulent dans notre pays, sur cette mystérieuse affaire.

Lemarchand n'a pas encore subi la peine de l'exposition à laquelle il a été condamné par l'arrêt de la cour d'assises. (Source  : L’indicateur de Bayeux)

 

L'exposition publique est une peine infamante accessoire prévue par l'article 22 du Code pénal de 1810 : Quiconque aura été condamné à l'une des peines des travaux forcés à perpétuité, des travaux forcés à temps ou de la réclusion, avant de subir sa peine, sera attaché au carcan sur la place publique : il y demeurera exposé aux regards du peuple durant une heure; au-dessus de sa tète sera placé un écriteau portant, en caractères gros et lisibles, ses noms, sa profession, son domicile, sa peine et la cause de sa condamnation.   

 

Avril 1842  -   Nouvelles locales.   -   Une partie de notre arrondissement était encore sous les impressions diverses causées par l'assassinat de Graye et par la condamnation aux travaux à perpétuité de Léopold Lemarchand, quand une nouvelle phase de ce lugubre drame est venue rappeler l'attention sur l'assassin dont le nom est un sujet d'effroi dans la contrée.

Ce misérable a subi la semaine dernière une heure d'exposition sur la place publique, à Caen. Une foule immense entourait le pilori, avide de contempler les trais impassibles du condamné. Le Marchand a conservé la même insouciance et le même cynisme qu' à la cour d'assises, parfois même un sourire étrange apparaissait sur ses lèvres. En vain la foule indignée jetait-elle à Le Marchand les noms d'assassin, d’infâme, lui criait-on de toutes parts à l'échafaud, à la guillotine, les plus sanglants outrages ne l'ont point abattu et n’ont pas fait fléchir, en apparence du moins, son hideux courage et son triste sang-froid. C'est à grand'peine que la force armée est parvenue à le soustraire aux atteintes de la populace qui se ruait menaçante derrière lui, jusqu' à la porte de la prison. (Source  : L’indicateur de Bayeux)

 

Mai 1842  -   Nouvelles locales.   -   La semaine dernière , la voiture cellulaire a pris à la prison de Caen pour les transférer à Brest, dix forçats, Nous apprenons que l'assassin de Graye, Léopold Lemarchand, est resté à la maison justice. Cette mesure exceptionnelle semblerait indiquer que l'instruction criminelle reprise à raison d'un autre crime qui lui serait imputé, se poursuit toujours contre lui.  (Source  : L’indicateur de Bayeux)  

 

Juin 1842  -   Nouvelles locales.   -   La cour de cassation vient de résoudre une question qui intéresse vivement les populations maritimes de notre pays.

Elle a décidé que l'arrêt du conseil du roi dit 24 mars 1787, qui défend, sous des peines fort graves aux pêcheurs de la côte de Normandie d'apporter dans nos ports des harengs pêchés par des navires étrangers, était aboli et qu'il n'y avait lieu, dans l'état actuel de la législation, de prononcer aucune peine pour contravention à cette ancienne prohibition. (Source  : L’indicateur de Bayeux)

 

Juillet 1842  -  Nouvelles locales.   -   Il paraît que les abondantes pluies versées, depuis quelques jours, sur notre plaine, ont détruit en très grande partie, ces myriades de petites chenilles noires qui ravageaient tous les colzas et les menaçaient même, dans quelques contrées, d'une dévastation complète.

Aussi nos cultivateurs qui, dans la crainte d'être obligés de semer une seconde fois, avaient fermé leurs magasins de graines au commerce, commencent-ils à les lui rouvrir.

La plus grande partie de cette plante précieuse est sauvée et presque partout elle présente le plus magnifique développement. Il est assez remarquable qu'aucune pièce de terre plantée en colza, quelque petite qu'on la suppose, n'a été dévorée entièrement par les insectes dont nous parlons, et qu'ils se sont contentés, au contraire, d'y marquer leur funeste passage en les dépouillant partiellement, tantôt de deux sillons en deux sillons, tantôt en losange, en écharpe, en zig-zag, tantôt en y laissant juste au milieu, un grand vide quasi circulaire. Tout le monde a pu vérifier ce fait, que nous avons nous-même été a portée de constater, sur une vaste étendue de terrain. (source : L’Indicateur de Bayeux)

 

Août 1842    -  Nouvelles locales.   -   Par arrêté de M. le recteur de l'académie de Caen, la 3e  session de 1842, pour les épreuves du baccalauréat ès-lettres, ouvrira le 1er août prochain ( pour l'épreuve écrite ). Les épreuves orales et publiques auront lieu le lendemain et les jours suivants jusqu'au 16 août inclusivement. (source : L’Indicateur de Bayeux) 

 

Août 1842    -  Exécution de Marchand.   -   La peine de mort prononcée le 17 mai dernier, par la cour d'assises du Calvados, contre la nommée Hyacinthe-Félicité Marie, dite Godey, convaincue d'infanticide, vient d'être commuée en celle des travaux forcés perpétuels.

Moins heureux que la fille Godey, le nommé Jean-Baptiste-Francois Marchand, déclaré coupable du meurtre par la même cour d'assises, le 14 mai dernier, a vu successivement rejeter par la cour de cassation et par la justice royale le double pourvoi qu'il avait fait rédiger pour essayer de se soustraire à l'échafaud.

Par suite de ce rejet, l'arrêt qui l'a frappé a dû recevoir non exécution hier à midi. Marchand a subi sa peine devant une foule immense de spectateurs de toutes conditions, de l'un et de l'autre sexe !… Comme Thomas, cet autre meurtrier qui l'a précédé sous le couperet, il y a deux mois. Marchand a voulu sortir à pied de la prison, accompagné du chapelain et marcher résolument au-devant de la mort, sa contenance était ferme, sa démarche assurée, sa face avait de l'animation, de la vie, sous les larges gouttes de sueur qui la couvraient, rien enfin ne trahissait l'émotion de l'assassin de Mourier si ce n'était le léger balancement de sa tête et le frissonnement à peine visible de ses lèvres d'où semblait s'échapper tout bas une prière...

Marchand était né pour le crime, les affreux détails de son procès ne l'ont que trop prouvé. Jeune homme, il avait été chassé pour inconduite de la maison de son père, soldat, il avait été chassé de son régiment, sans certificat; domestique, il avait été chassé de chez son maître, aux enfants duquel il avait osé faire d'horribles menaces d'assassinat et de viol….. Et pourtant cet homme avait du cœur, il avait du moins l'instinct de la bravoure. Il s'était distingué en Afrique dans les dragons et les chasseurs, il s'était montré audacieusement brave devant la brèche de Constantine, devant Guelma, devant Stora, devant d'autres places de l'Algérie. Pourquoi ne tomba-t-il pas alors sous une balle arabe, les mains pures encore de ce lâche assassinat d'un vieillard, qu'il a payé hier de sa tête ! (source : L’Indicateur de Bayeux) 

 

Mai 1843   -  Police correctionnelle.   -   Audience du 2 mai.   -   Un ancien habitué des prisons, une vieille connaissance des gendarmes et des geôliers, le nommé Pierre-François-Jacques Beauvais, ancien marchand, âgé de 66 ans, comparaissait au banc correctionnel sous la prévention de rupture de ban et de vagabondage.

Déjà repris huit fois de justice et se trouvant là en quelque sorte sur son terrain, cet individu s'est vu, sans beaucoup d'étonnement, condamner de nouveau à cinq années d'emprisonnement, il a déjà subi 30 ans de réclusion.

   Des coups et mauvais traitements exercés envers la femme Robert, de la commune de Graye, dans la soirée du 11 avril dernier, ont fait condamner à 5 francs d'amende seulement le sieur Édouard Polin, journalier, de la même commune. Les injures dont il avait été l'objet de la part de la dame Robert, lui ont valu les circonstances atténuantes.

   Cinq jolies poules, en société d'un superbe coq leur compagnon fidèle, avaient disparu dans la nuit du 16 au 17 avril dernier, de la basse-cour d'une veuve Delahaye, de la commune de Deux-Jumeaux.

Convaincu d'avoir été l'auteur de cette émigration nocturne et forcée des innocents volatiles, le nommé Etienne Bourguet, journalier à la Cambe, aura à expier cet acte coupable par un an et un jour d'emprisonnement. (source : L’Indicateur de Bayeux)

 

Novembre 1845   -   Cour d’Assises du Calvados.  -  Roussel, âgé de 27 ans, demeurant à Douville, était accusé d'avoir détourné un tonneau de bière au préjudice de son maître et retenu pour son compte une somme de 25 fr. qui lui avait été confiée par la même individu, il a été acquitté. 

  -  Jacques-Michel Morin, demeurant à Graye, âgé de 52 ans, était accusé d'avoir volontairement tiré un coup de fusil et fait des blessures à son gendre et tenté volontairement de lui donner la mort, il a été déclaré coupable de tentative de meurtre, mais grâce à l'admission de circonstances atténuantes, il n'a été condamné qu'à cinq ans de réclusion. (Source  : Journal de Honfleur)

 

Août 1854  -  Réunion d'une fraction de Graye à Courseulles.  -  Le Conseil général, Vu le projet de réunion d'une section de Graye, à la commune de Courseulles. Les avis favorables des Conseils d'arrondissement de Bayeux et de Caen, l'avis de M. le Préfet. 

Considérant que le chenal de la Seulles, à une époque reculée, au lieu de se jeter directement à la mer, se détournait brusquement et se dirigeait, sur un assez long parcours, de l'ouest à  l'est, traçant son lit parallèlement au rivage, au pied des dunes, et il ne franchissait cette barrière de sable qu'après avoir couru devant tout le territoire de Courseulles et près d'arriver au village de Bernières, que la construction du port de Courseulles a ouvert à la Seulles un passage direct et invariable à travers la dune, que l'ouverture de ce nouveau chenal a eu pour  résultat de séparer complètement, de la commune de Graye, cette longue bande de terrain située primitivement entre la Seulles et la mer, ensuite d'assurer le dessèchement de l'ancien lit de la rivière servant de limites aux deux communes, et de réunir ainsi cette bande de terrain au territoire de Courseulles.

Il est évidemment utile de réaliser sur les plans du cadastre la limitation qui s'est opérée sur le sol, et de réunir à la commune de Courseulles cette portion de terrain qui se trouve séparée  de la commune de Graye par le cours actuel de la Seulles, si Graye à semblé s'opposer à cette réunion, c'est que cette commune a craint de perdre la propriété des terrains  communaux qui se trouvent sur cette pointe de terre, crainte qui a  dû disparaître devant les dispositions formelles de la loi du 18 juillet 1837, qu'il ne se trouve d'ailleurs sur cette bande de terrain que deux maisons, qui sont plus rapprochées de l'église de Courseulles que de celle de Graye.

 Par ces motifs : 1°  Que la portion du territoire de la commune de Graye qui se trouve à l'est du chenal du port de Courseulles, soit réunie au territoire de la commune de Courseulles.

 La commune de Graye continuera de rester propriétaire de tous les terrains communaux, qui se trouvent situés sur cette portion de son ancien territoire.

 

Mai 1866   -   Une décision.   -     Par décision du 12 mai 1866, M. le ministre de l'instruction publique a approuvé le projet d'acquisition et d'appropriation d'une école de filles dans la commune de Graye et, en raison des sacrifices que cette commune s'impose à ce sujet, Son Excellence a bien voulu lui allouer un secours de 2000 francs, sur le montant duquel une somme de 60 francs, sera affecté à l'achat d'une bibliothèque armoire.  

 

 Juin 1873   -   Éboulement d’une église.   -  Le soir du grand orage avait lieu la retraité par les enfants de la première communion de Graye, près Courseulles, la femme du sonneur et ses enfants venaient de descendre de la tour. 

M. le curé était assis dans sa stalle. Un missionnaire était monté en chaire, lorsque tout à coup une pierre se détacha de la corniche et rebondissant sur la chaire vint tomber sur la stalle de M, le curé. En même temps, toute la tour de l'église s’écroula en faisant entendre un bruit qui a été entendu à une lieue à la ronde. Le missionnaire, sautant par dessus la chaire, se  réfugia dans les premiers bancs, M. le curé parvint à se dérober, pendant que les assistants prenaient la fuite chacun de leur côté. 

M. Grard, jardinier, a été tué sur 1e coup, ce malheureux n'avait que son état de jardinier pour faire vivre sa femme infirme et deux enfants. Le domestique de M. Leroux est dans un état  désespéré. Le curé de Graye a été légèrement atteint à la tête par une pierre, le missionnaire s'est foulé la jambe en se sauvant, plusieurs autres personnes ont été atteintes quelques-unes assez grièvement. Des secours en argent vont être distribués aux blessés,

 

Janvier 1874   -   Une bonne mesure. -  Aux termes d'une décision de M. le Préfet, les fournitures scolaires, telles que globes, cartes géographiques, tableaux d'histoire sainte, livres, etc……, seront mises, à l'avenir, en adjudication au chef-lieu de chaque arrondissement, pour être ensuite livrées aux communes qui en feront l'acquisition, soit sur leurs propres  ressources, soit au moyen d'allocations.

 

Janvier 1874   -   Asphyxie par submersion.  -  Le 25 courant, on a retrouvé sur la plage de Grayes, canton de Ryes, le corps du nommé Jacques Godefroy, marie, né à Saint-Vaast. D'après  les renseignements recueillis, cet infortuné avait disparu du bateau « l’Emilia », le 21 décembre dernier et les recherches faites pour le retrouver avaient été infructueuse.

 

Juillet 1876   -  Il y a un dieu pour les …imprudents.  -  La semaine dernière, en revenant de Bayeux, où il avait été porter du foin, le sieur Levesques, cultivateur à Graye-sur-Mer, est tombé deux fois sous les roues de la voiture qu'il conduisait. Les contusions sont assez graves pour qu'un repos forcé de deux à trois mois soit jugé nécessaire par le médecin.

 

Janvier 1879  -  Appropriations et réparations en 1878.  -  85 locaux, appartenant à 73 communes, ont été appropriés ou réparés dans le Calvados  -   Arrondissement de Bayeux : Tracy, école de garçons ; Vaux-sur-Aure, école mixte ; La Bazoque, école mixte ; Graye, école de garçons ; Vaucelles, école mixte ; Ranchy, école mixte ; Castilly, école de garçons ; Saint-Germain-du-Pert, école mixte ; Crépon, les deux écoles.  

 

Avril 1879  -  Écoles de filles, répartition de secours.  - Le Conseil, conformément au rapport de M. le Préfet, répartit une somme de 2 500 fr. à prendre sur le crédit de 5 000 fr. inscrit au  budget de 1879, pour établissement et entretien d'écoles de filles. Graye , 414 habitants , Mlle Anne (Eugénie) , 23 élèves payantes, 10 gratuites, 450 fr. de traitement en 1878, indemnité personnelle accordée 75 fr.

 

Juin 1879   -  Le dénichage des oiseaux.  -  A cette époque de l'année, nous ne saurions trop engager MM. les instituteurs à rappeler aux enfants qu'il y a une loi qui interdit le dénichage  des oiseaux. Ils éviteront ainsi à leurs élèves les pénalités qui pourraient les atteindre et rendront un véritable service à l'agriculture. 

 

Juillet 1879   -  Écoles primaires.  -  Les vacances des écoles primaires commenceront le 1er  août pour finir le 1er  septembre.

 

Août 1879   -  Chute de la foudre.  -  Les chaleurs de ces derniers jours ont amené des orages sur plusieurs points du département, samedi, la foudre est tombée dans les marais de Graye, elle y a renversé une jument et lui a fait une forte brûlure à la tête. Cet animal appartient à M. Dauville.

 

Février 1883  -  Centenaire. –  La semaine dernière, la dame Marie-Anne Lepage, veuve de Jean-Baptiste Marie, est décédée à Graye, à l'âge de 101 ans.  

 

Août 1884  -  Une cinquantaine.    A Graye, canton de Ryes, M. et Mme Villemer ont célébré leurs noces d'or, entourés de leurs enfants, petits-enfants et arriére-petits enfants.  

 

Juin 1890  -  Écrasé dans un moulin.  -  Le sieur Marie Benoît, 31 ans, meunier à Graye, a été écrasé dans un engrenage de son moulin. Le malheureux meunier n'avait pas pris la précaution d'arrêter son moulin avant d'enlever une courroie de transmission, il s'est approché d'un engrenage qui l'a saisi par son gilet et entraîné. Le corps a été littéralement broyé et la mort instantanée. Il laisse une veuve et deux jeunes enfants.  

 

Septembre 1891  - Manœuvres du 5e.  -  Du 3 au 11 septembre, aux environs de Caen, du 12 au 16 septembre, sur le terrain longeant la cote, entre l'embouchure de l'Orne et Bayeux. 

  Direction générale des opérations : Saint-Aubin-d'Arquenay, Douvres, Courseulles et Bayeux. 

  Cantonnements : le 12 septembre, Douvres ; le 13, Courseulles, deux bataillons ; Graye, un bataillon ; le 14 Bayeux, deux bataillons ; Vaux-sur-Aure, un bataillon ; le 15 Bayeux. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Septembre 1893  -  Cadavre trouvé à la mer.  -  Jeudi, le cadavre d'une femme d'environ 35 ans a été repêché sur la plage de Graye, près Courseulles. 

Signalement : jupe bleu marin, corsage satin noir, chemise avec initiales brodées E. R. On pense que ce cadavre est celui de la femme qui s'est jetée à la mer le 27 août, étant à bord du steamer « François-1er ». (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Mars 1900   -   Découverte de cadavre.  -  On a trouvé dans un fossé, à Graye-sur-Mer, près Courseulles, le cadavre de la dame Plessis, née Marie Roussel, 33 ans, propriétaire à St-Bomer-les-Forges (Orne), qu'on supposait avoir été assassinée. Elle portait, en effet, une profonde blessure au front et son chapeau avait été trouvé à vingt mètres du fossé.

Mais le docteur a constaté que cette blessure était survenue à la suite d'une chute que la dame Plessis aurait faite dans le fossé, ce qui a déterminé une congestion cérébrale, et il a conclu que toute idée de crime doit être écartée.  (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Juillet 1901   -   Trois hommes noyés.  -   Lundi matin, un détachement du 1er cuirassiers faisait à Billancourt, près Paris, une expérience de passage de rivière. Par suite de la rupture  d'une perche du radeau, trois hommes se sont noyés.

L'un d'eux, Zacharie Hubert, 23 ans, est originaire de Graye, arrondissement de Bayeux. Les autres sont originaires de la Seine-Inférieure. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Juin 1903   -   Affaire de mœurs.   -   La gendarmerie fait une enquête au sujet d'une tentative de viol commise à Graye-sur-Mer, dans les champs, sur une jeune servante, par un domestique demeurant au même lieu. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Janvier 1904  -   Suicides.   -    On a repêché dans la Seulles, à Graye-sur-Mer, le cadavre du sieur François Lejeune, 52 ans, cultivateur même commune. C'est pour mettre un terme aux souffrances qu'il endurait qu'il s'est noyé.

— Le sieur Henri Lechartier, agé de 28 ans, dont le père, établi ferblantier à Vire, est mort il y a quelque temps, continuait à exercer ce commerce. Voyant ses affaires péricliter, il a mis fin à ses jours en se noyant dans la rivière la Vire.

On n'a trouvé dans les poches du désespéré qu'un portefeuille, ses clefs et un porte-monnaie contenant quelque argent.

— Dans un herbage de St-Ouen-du-Mesnil-Oger, près Troarn, on a trouvé le cadavre du sieur Ulysse Martin, 23 ans, domestique chez M. Eugène Renaut, maire de la commune. Le malheureux avait prés de lui son fusil, avec lequel il s'était fait sauter la cervelle. Sur un calepin, il avait écrit qu'il se tuait pour des motifs d'ordre tout à fait intime.

— Le sieur Paul Girouard, âgé de 38 ans, à Percy-en-Auge, près Mézidon, a été trouvé, par son fils, pendu à une poutre de sa cave. Le pauvre homme s'était donné la mort à la suite de chagrins de ménage. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Juin 1915  -  Accident mortel.  -  Lundi, vers 4 heures de l’après-midi, au moment ou le tramway venant de Courseulles quittait la gare de Graye, quatre enfants, qui se trouvaient dans le  chemin conduisant à Ver-sur-Mer, à environs 100 mètres de la gare de Graye, voyant passer le train s’élancèrent pour monter dans une voiture.

L’un d’eux, le jeune Belhomme, âgé de 8 ans, dont le père est jardinier à Courseulles, ne parvint pas à monter et fut renversé sous la dernière voiture du convoi qui lui passa sur les  jambes, les lui sectionnant au-dessous du genou.

Le mécanicien ayant aperçu l’enfant couché sur l’accotement de la voie, arrêta immédiatement.

Relevé, l’enfant  fut d’abord transporté à l’hôpital militaire de Courseulles, ou l’on jugea son cas tellement grave qu’on le dirigea immédiatement sur l’hôpital de Caen, ou il est mort dans la nuit.

 

Novembre 1915  -  Un chaleureux argument.  -  A Grave-sur-Mer, près Courseulles, un mendiant, Arnaud Laretour, 71 ans, avait dit à plusieurs personnes que, puisqu'on ne voulait pas l'admettre à l'hôpital, il mettrait le feu quelque part pour qu'on le ramasse. L'autre jour, le hangar dans lequel il s'abritait flambait comme un fétu, et on retrouva le bonhomme couché non loin de là, et ne paraissant nullement  ému. Malgré ses dénégations, on l'a arrêté et il sera probablement poursuivi comme incendiaire.

 

Août 1922  -  Inauguration du Monument.  -  Dimanche 13 août, inauguration du monument aux morts de la guerre (œuvre de L. Reurelmans 1er grand prix de Rome de sculpture). A 10 h., messe de Requiem à 15 h., inauguration et bénédiction du monument, sous la présidence du sous-préfet de Bayeux, de MM. le baron Gérard et Enguerrand, députés et Dansac,  conseiller général. Après, salut en musique. Vin d'honneur aux anciens combattants.

 

Mars 1926  -  Préventorium anti-tuberculeux. Par arrêté, en date du 6 de ce mois, M. le Préfet du Calvados, a prescrit l'ouverture d'une enquête administrative du 12 au 31 mars inclus, en vue de la déclaration, d'utilité publique de l'acquisition, par le département, pour l'installation d'un préventorium marin anti-tuberculeux, du domaine connu à Graye-sur-Mer, sous le nom de Château "de Vaux", et nommé une commission chargée d'examiner les observations susceptibles  d'être formulées au cour de cette enquête.

Le dossier de cette affaire sera posé, pendant la période ci-dessus indiquée, dans les bureaux de la Sous-préfecture, il sera communiqué, sans déplacement, de 9 heures à midi et de 14 heures à 17 heures, les dimanches et jours fériés, exceptés, à toutes personnes désirant en prendre connaissance.

 

Septembre 1926  -  Au Préventorium.  -  Nous avons parlé à plusieurs reprises du magnifique préventorium anti-tuberculeux créé à Graye-sur-Mer grâce à une généreuse libéralité de M. le baron François Gérard, député et conseiller général du Calvados.

Bien que les travaux d'aménagement ne soient pas encore entièrement terminés l'établissement a commencé à fonctionner et compte déjà une population de 23 enfants.

La commission administrative de l'œuvre a délégué hier son vice-président M. le Baron Gérard et MM. Rauline Laurent et Germont conseillers généraux, pour visiter l'établissement. M. le docteur Lebailly, directeur des services d'hygiène du partement, accompagnait la délégation.

Au cours d'une réunion très intime, l'un des jeunes pensionnaires du préventorium a exprimé à M. le baron Gérard, la reconnaissance des enfants hospitalisés et rendu un respectueux hommage à la générosité du donateur.

Dans sa réponse, M. le baron rard tint à souligner les sacrifices de l'État et du département pour l'aménagement de l’établissement. Il félicita très chaleureusement M. le docteur Lebailly, organisateur de l’œuvre, à laquelle il apporte avec la plus haute compétence, un inlassable dévouement. Avec émotion, M. le baron Gérard rappela que c'est en moire de son père, premier artisan de la lutte anti-tuberculeuse qu'il a fait don du domaine devenu le préventorium. il a enfin remercié le personnel de l'établissement du dévouement dont il a fait preuve, au cours de la période très difficile de l'organisation.

La Commission a ensuite visité tous les services du préventorium les dortoirs, le réfectoire, les pavillons d'isolement et les diverses installations : chauffage central, eau chaude, buanderie, douches, etc…

En même temps, elle a étudié les possibilités d'annexer à l'établissement, une petite exploitation agricole, à laquelle les enfants seraient intéressés. De vastes terrains viennent d'ailleurs d'être acquis dans ce but. La Commission s'est déclarée très satisfaite du résultat déjà obtenu et a emporté de se visite la meilleure impression.

 

Octobre 1926  -  L’inauguration du Préventorium marin de Graye-sur-Mer .  -  Grande journée hier sur la côte normande. Deux ministres, MM. Tardieu et Fallières avaient accepté de venir à la demande de M. Henry Chéron, inaugurer l'une des plus intéressantes créations de notre assemblée départementale, le préventorium antituberculeux de Graye-sur-Mer, et le port de Grandcamp transformée par d'importants travaux.

On peut dire que celle double inauguration fut pour leurs Excellences, un dimanche bien rempli. Le programme était même si touffu qu'il fallait tout le savoir faire d'un chronométreur émérite, comme M. Devaux, le sympathique secrétaire néral de la Région Économique, pour permettre aux deux ministres de reprendre leur train, le soir même, après avoir présidé deux banquets, pris part à trois lunchs, prononcé plusieurs discours, écoulé d'innombrables toasts, et fait une randonnée de 160 kilomètres en automobile, sans oublier à Caen, une réception du syndicat des sinistrés et de l'Officepartemental des habitations bon marché, des visites à l’Hôpital, aux cités ouvrières, la Chambre de Commerce, etc… N’est-ce pas un véritable record.

Cette tâche magnifique a été accomplie sous l'impulsion de deux animateurs, d'une énergie et d'une ténacité que n'arrête aucun obstacle. M. Henry Chéron, président, à vie, de l'Assemblée départementale et M. Hélitas, le Préfet aux idées généreuses, et la grande droiture, qui a su maintenir l'union la plus étroite entre tous, et faire renoncer les plus irréductibles, aux querelles des partis politiques, grâce à des qualités personnelles rares, grâce surtout à une particularité et à une loyauté qui lui ont valu toutes les sympathies.

Comme nous l'avons annoncé le départ des autres cortèges, eut lieu à 7 h. 30, devant la Préfecture. A 8 heures, arrivée à Courseulles. La coquette station balnéaire, est prévenue. Des drapeaux flottent à toutes les fenêtres, brève et cordiale réception de la Municipalité. Les autos repartent.

Au préventorium
Brusquement la tête de la caravane qui vient de franchir le pont de la Seulles, oblique à droite, quitte la  route de Ver-sur-Mer, et descend une avenue, fraîchement empierrée, pas plus large qu'un chemin de culture, qui aboutit en pente rapide au seuil de l'ancien manoir de Vaux, aujourd'hui préventorium marin de Graye-sur-Mer.

Malgré la simplicité de son architecture, cette demeure a grand aspect. Les lignes sont sévères, si sévères que le visiteur est tout surprix de ne pas apercevoir les arcades d'un cloître dans les dépendances de l'édifice, l'ensemble est harmonieux, sans ornementation superflue. Aux angles du corps de logis central, deux massives poivrières dominent à peine l'édifice qui n'a qu'un étage.

Deux autres tours, indépendantes des bâtiments, se dressent, la première, prés du portail de la propriété c'est la conciergerie et le siége des transformateurs électriques; la seconde, au pied d'un mamelon boisé qui surplombe le versant sud du domaine.

Par leur style, et aussi par leurs rides, ces deux tours isolées accusent un passé très lointain qu'il n'est pas exagéré de situer au 15e siècle. Dans ces temps reculés, et plus tard, à l'époque de la tourment révolutionnaire, elles firent partie intégrante du château primitif, détruit par un incendie, et dont il ne reste aucune trace. L'une d'elles, autrefois armée d'une coulevrine qui émergeait à mi-hauteur, face à l'avenue, abrite actuellement une puissante moto-pompe installée au rez-de-chaussée et alimentant quatre grands bacs de 2 mètres cubes, au premier, car on a utilisé, avec une économie admirable, à des réalisations pratiques, toutes les constructions existantes.
C'est sous les combles de cette tour que M. Guillemin Tarayre, architecte départemental, chargé d'aménager le nouveau Préventorium, découvrit récemment environ un millier de baïonnettes et leurs fourreaux, armes datant de la fin du 18e. On suppose avec assez de vraisemblance qu'elles servirent  à l'équipement des troupes royalistes qui trouvèrent dans ce domaine peu accessible, un asile de tout repos avec possibilité de rejoindre très facilement, en cas d'alerte, les frégates anglaises, toujours en vue des côtes normandes.
Cette habitation seigneuriale appartenait avant la Révolution au marquis de Saint-Suplix, et après, au célèbre orientaliste Amédée Jaubert. Devenu, à son tour, propriétaire du riche domaine, M. Person, ancien représentant du Calvados, donna à l'immeuble sa forme actuelle.

L'imposant édifice dont nous reproduisons ci-dessus une très belle photographie, de l'éminent artiste caennais, M. Palisson, fut reconstruit au début du 19e siècle.
L'entrée principale entre les deux ailes est couronnée par un campanile rustique, des abeilles prennent leur quartier d'hiver, après en avoir fait leur ruche favorite.
Et je songe à l'autre essaim dont le joyeux bourdonnement anime déjà les longs couloirs de ce logis seigneurial, ouvrant ses claires et hautes fenêtres aux brises vivifiantes du large. Quelle ruche magnifique, le département du Calvados vient d'offrir à ces pauvres enfants, arrivés ici avec un lourd héritage de misères physiologiques, guettés par la mort au seuil de ladolescence, dans l'atmosphère empoisonnée des taudis, et qui ne sortiront de cet asile qu'après avoir été immunisés, par une cure efficace, contre le terrible fléau de la tuberculose.
Le site ne pouvait être mieux choisi. D'un côté la solitude reposante des champs, de l'autre la mer à 800 tres de l'enclos. Un épais rideau d'arbres de toutes essences tamise l'âpreté  des vents du large, et la température est si douce, sur ce rivage privilégié, que de nombreux figuiers y produisent des fruits abondants.

Le domaine acheté pour le Département par M. le baron François rard, dont la famille a doté notre gion de tant d’œuvres de bienfaisance, est situé à 1 kilomètre environ de la commune de Graye, à proximité de la route allant de Courseulles à Ver. Sa contenance est de 18 hectares en bois et herbages. Trois sources d'un débit considérable, alimentent une rivière aux eaux très saines, qui traverse la propriété dans toute son étendue, et vas se jeter dans la Seulles.
Pour compléter la dotation du nouvel établissement, le Conseil général, sur la proposition de M. Henry Chéron, a décidé l'achat, aujourd'hui réalisé, de 13 hectares de labour au Nord, pour permettre une exploitation agricole complète, destinée à procurer d'importantes ressources au Préventorium.

Plus tard, des pavillons très modernes seront construits sur les terrains plus élevés, situés en avant de la façade du château.

L'aménagement du château de Vaux en Préventorium ne fut pas chose aisée. M. Guillemin-Tarayre, architecte départemental, a opéré une transformation merveilleusement conçue. L'intérieur se compose de cinq grands dortoirs au premier, avec chambres de surveillantes, lavabos, vestiaire, lingerie. Au rez-de-chaussée, vaste réfectoire pouvant servir de salle des fêtes, cabinet médical, bureau de la direction. Les services d'exploitation sont pourvus d'appareils très modernes. 26 petits pensionnaires sont actuellement hospitalisés dans le Préventorium.
La réception des ministres
il était exactement 8 h. 30, lorsque les ministres et les personnalités qui les accompagnaient furent reçues dans la cour d'honneur de l'établissement par M. le Préfet du Calvados, assisté de MM. les docteurs Roullais et Lebailly, médecins du Préventorium et Bouley, directeur.

L'édifice est magnifiquement pavoisé. Les fenêtres sont décorées avec goût, et des guirlandes de verdure, œuvres des pensionnaires et du personnel, ornent l'entrée principale. On s'arrête dans la salle des ceptions M. Heurtaux, maire de Graye-sur-Mer, entouré des membres de son conseil, adresse ses souhaits de bienvenue à MM. Tardieu et Fallières. Il dit combien sa petite commune est fière de posséder un établissement comme celui qui vient d'être créé par le département pour combattre un fléau qui a fait des progrès.

M. Heurtaux rappelle le geste généreux de M. le baron Gérard, qui promit d'installer les services du nouveau préventorium dans un site merveilleux se prêtant admirablement à la situation. Il s'associe à ses hommages, Mme Raphaël qui, en mémoire de son mari, anciens membre de l'assemblée départementale a fait un don de 100.000 francs en faveur de l’œuvre, et tous les bienfaiteurs empressés qui apportèrent leur obole dès la première heure.
Du petit groupe des enfants hospitalisés présents dans la salle, un garçon âgé de 12 ans se détache, accompagné d'une fillette du même âge. Au nom de ses camarades il donne lecture d'une adresse délicate aux représentants du gouvernement. Cette scène est des plus touchantes.

Les ministres visitèrent ensuite avec le plus vif intérêt les différentes pièce du préventorium. Au rez-de-chaussée un lunch fut offert dans le réfectoire orné de fleurs et de drapeaux.

Remise de décorations
le Ministre remet ensuite, les insignes d'officiers d'Académie à M. Heurteau, maire de Graye-sur-Mer, distinction décernée également, en passant à Courseulles, au maire de cette localité, M. Pépin. M. Brion est nommé chevalier du Mérite agricole. Une médaille d'argent au titre du ministère de l'Hygiène, est décernée à M. le docteur Lebailly et une daille d'honneur du travail à M. Guillot.

En sortant du préventorium, les ministres et leur suite, précédés par M. Henry Chéron, gagnent un tertre élevé situé en face du château de Vaux.

De ce belvédère, un horizon féerique s'offre aux regards. Par dessus la voûte des arbres, on aperçoit la mer à quelques pas de la propriété. L'écume blanche des vagues forme une ceinture argentée au riche domaine. Par cette mâtiné ensoleillée d'automne, le spectacle est d'une indescriptible beauté.

 

Mars 1927  -  Cambriolage.  -  Des habitants de Graye-sur-mer, surpris d'entendre miauler un chat dans la villa inhabitée d'un parisien M. Bordeau, avertirent le propriétaire qui envoya les clefs. On découvrit ainsi que le chat avait dû s'introduire dans la maison à la suite de malfaiteur.  Lesquels, après avoir tout bouleversé et fait bombance, s'étaient couchés dans les lits. On croit à un nouveau méfait de la bande  des pilleurs de villas, en partie sous les verrous à présent.

 

Octobre 1928   -  Inauguration.  -  Le 27, Raymond Poincaré inaugure le préventorium de Graye.

 

Février 1929  -  Le feu.   -  Un incendie a éclaté dans la nuit au Préventorium de Graye-sur-Mer, dans la partie du bâtiment habité par l'économe. Le feu dont les causes précises ne sont  pas encore connues, se développa violemment et les enfants furent aussitôt évacués des dortoirs dans les pavillons isolés.

Les pompiers de Graye accourus, mirent en batterie la moto-pompe dont M. Henri Chéron avait, l'an dernier, réclamé l'acquisition avec une particulière insistance. Grâce à cette  moto-pompe les progrès du feu purent être immédiatement limités. Les pompiers de Courseulles et ceux de Caen, avec le commandant Binet, alertés par M. le Préfet, qui se rendit sur le champ au Préventorium, vinrent efficacement aidé leurs camarades de de Graye.

Les enfants purent regagner leurs dortoirs avant la fin de la nuit. Ont se borne à des dégâts matériels.

Juin 1930  -  Fils indigne.  -  M. Alfred Lequesne, 82 ans, de Graye-sur-mer, achevait de déjeuner quand survint son fils Achille, 56 ans, marin-pêcheur, qui lui chercha querelle et lui brisa un bol sur la tête.

Assommé, le vieillard tombait à la renverse tandis qu'accourait son fils cadet, Paul, 48 ans, qui, en protégeant son père, fut frappé au bras avec un instrument contondant. L'énergumène sera poursuivi.

 

Juillet 1930   -   Terrible accident.   -   Un terrible accident s'est produit à Graye-sur-Mer, dans les circonstances suivantes : Mme Eugène Mauger s'était rendue à son jardin laissant à la maison ses deux petites-filles, de 9 et 3 ans, et son petit garçon Georges, 8 ans. Le jeune Georges découvrit le fusil de son père, caché entre le buffet de la cuisine et le mur, et qu'il ne croyait pas chargé. Il releva le chien, mit en joue sa plus jeune sœur Georgette, qui se trouvait à 2 m. 50 de lui, et pressa la détente. Le coup partit, fit balle et emporta presque toute la  tête de l'enfant. Ce fut la sœur aînée des enfants qui, en rentrant de traire, découvrit le cadavre de la pauvre petite victime.

On juge du désespoir des parents en apprenant la triste nouvelle.

 

Avril 1931  -  Préventorium.  -  Le fonctionnement de notre Préventorium marin de Graye-sur-Mer continue d'être en tous points digne d'éloges. Ceux-ci se reportent évidemment à la direction avisée de M. le Docteur Roullé, à qui nous tenons à rendre un hommage mérité, tant pour sa gestion que pour l'état sanitaire excellent de son établissement. 

141 garçons, 114 filles ont été reçus au Préventorium dans l'année 1931. La moyenne générale en cours d'année a été de 216 à 226 enfants. 

L'épidémie de grippe qui s'était manifestée en janvier 1930 a été bénigne. 15 cas d'affections pulmonaires, cinq cas de maladies infectieuses se sont manifestés. Aucun décès ne s'est produit. Le poids de la presque totalité des enfants a augmenté, et même chez une jeune fille, il s'est accru de 12 kilos en un traitement de quatre mois. 

La nouvelle galerie de cure permettra, dès la belle saison, une heure de repos après le repas du midi. Quelques enfants présentés au certificat d'études primaires, ont tous été reçus. Le recrutement du personnel de service s'est notablement amélioré. L'exploitation agricole a été tout à fait satisfaisante. La surveillance qu'exerce d'une façon régulière M. Rauline, notre  honorable collègue, nous donne d'ailleurs à ce sujet toute quiétude.

 

Février 1936  -  On arrête un cambrioleur de 17 ans.  -  Hier matin, les brigades de gendarmerie de Caen étaient avisées par la brigade de Creully, qu'un cambriolage avait été commis,  au cours de la nuit précédente, au débit Thuring, à Graye sur-Mer, et que son auteur soupçonné, un certain Lucien Frabot, 17 ans, manœuvre, demeurant à Courseulles, cour de la Redoute, devait se trouver à Caen où il était parti s'engager, croyait-on. 

Les gendarmes Even et Gosselin se rendirent immédiatement au bureau de recrutement : ils y trouvèrent, en effet, l'individu en question qui se préparait à passer la visite médicale. Dans  les vêtements du jeune homme, les gendarmes découvrirent un sac de bonbons deux paquets de chewing-gum... et un pistolet automatique muni de son chargeur contenant cinq balles. 

Amené à la caserne de la rue Daniel-Huet, Frabot affirma qu'il n'était pour rien dans le cambriolage de Graye et fournit un emploi du temps qui se révéla vite fantaisiste. Quant aux bonbons il prétendit les avoir achetés dans une épicerie de la rue Saint-Jean mais ne put préciser laquelle. Conduit dans les différentes maisons d'alimentation de cette rue, il ne fut reconnu par aucun des gérants ou propriétaires. 

Frabot, qui persistait à protester de son innocence, fut ramené à Courseulles. Les investigations poursuivies par l'adjudant Michel et le gendarme Badreau, qui l'y avaient accompagné, menèrent bientôt le jeune homme à passer des aveux. 

Pour commettre son méfait, il avait attendu que les débitants soient couchés, puis il avait démastiqué un carreau et s'était introduit dans la maison. Là, il avait ouvert le meuble-caisse et s'était emparé de l'argent qui s'y trouvait, puis il avait dérobé les bonbons et le chewing-gum. 

Quant au pistolet automatique, Frabot déclara qu'il l'avait volé dans une automobile en stationnement place de Caen, à Courseulles, et appartenant à M. Skarmberger, de Ver-sur-Mer. Frabot a été écroué. (Source : Le Moniteur du Calvados)

 

Janvier 1937  -   Travaux d’agrandissement .  -  Un concours est ouvert, entre les architectes diplômés par le Gouvernement et les architectes non diplômé agréés pour les travaux  départementaux, domiciliés dans le Calvados, en vue de l'établissement d'un projet de divers travaux de construction et d'aménagement au Préventorium Marin de Graye-sur-Mer. Les architectes désirant y prendre part devront adresser au Préfet, avant le 20 janvier, 18 heures, une demande sur papier timbré, accompagnée des pièces justificatives de leur admissibilité. 

Le programme du concours, comportant rémunération des travaux à réaliser et toutes précisions au sujet de l'établissement des projets, pourra être consulté dans les bureaux de la  Préfecture (3e division), tous les jours ouvrables (sauf le samedi), de 10 heures à midi et de 15 heures à 18 heures. La visite des lieux sera permise au concurrents les mardi et vendredi de  chaque semaine, de 14 à 10 heures. (Source : Le Moniteur du Calvados)

 

Avril 1937  -  Médrano au préventorium de Graye-sur-Mer.  -  Comme il le fait chaque année, le Cirque Médrano se rendra à Graye-sur-Mer donner une représentation aux enfants du Préventorium. C'est mardi prochain, 27 avril, vers 14 h. 30, que la troupe de ce cirque se rendra à Graye. Voici pour les enfants quelques heures de bonne joie en perspective. (Source : Le Moniteur du Calvados)  

 

Avril 1939   -   On liquide à bon marché les gares du Calvados.   -  Le Conseil général du Calvados, par les soins de sa commission départementale, a fait procéder ces derniers temps, par adjudication, devant des notaires, à des ventes des gares de l'ancien réseau du chemin de fer du Calvados.

Jusqu'à présent, ces ventes ont produit la somme de 264 350 fr., et le détail s'établit de la façon suivante : Falaise-État, 51 .300 fr. : Falaise-route de Caen, 10 600 fr. ; Urville, 4 200 fr. ; Saint-Germain-le-Vassy, 14 800 fr. ; Fontaine-le-Pin, 4 500 fr. ; Gouvix, 4 500 fr. ; Ifs, 5 000 fr. ; Villers-Canivet, 4 300 fr. ;  Saint-Martin-de-Fontenay, 4 000 fr. ; Balleroy-Bourg, 6 000 fr. ; Balleroy-Pont, 7 000 fr. ; Saint-Loup-Hors, 10 100 francs ; Subles, 5 500 fr. ; Noron, 7 700 fr. ; Le Tronquay, 3 600 fr. ; Castillon, 5 000 fr. ; Planquery, 7 100 fr. ; Sully, 10 000 fr.; Commes, 10 500 fr. ; St-Vigor, 20 300 fr. ; Graye-sur-Mer, 24 000 fr. ; St-Jean-des-Essartiers, 7 000 fr. (Source  : Le Moniteur du Calvados)  

 

Mai 1939   -   La situation du Préventorium de Graye.   -   Par suite d'un décret qui contraint l'administration des préventorium à ne conserver dans ces établissements que des enfants ayant besoin de soins médicaux, et à envoyer les autres dans des établissements spéciaux, dénommés « aériums », la situation du préventorium de Graye-sur-Mer devient très difficile. Le renvoi d'une grande partie de son effectif risque d'amener sa fermeture, et il est impossible, au département de créer d'autres établissements.

La situation exposée à la suite du rapport médical de M. le docteur Debeyre, sera examinée de nouveau lors de la session d'octobre. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Mai 1939   -   Pour le Préventorium de Graye-sur-Mer.   -   Le Conseil général a voté une somme de 25 000 francs, pour permettre la construction d'un nouveau pavillon au préventorium de Graye-sur-Mer. La dépense totale nécessitée par les travaux sera de 725 000 francs, sur laquelle 700 000 francs ont été proposés par la caisse des assurances sociales. Ces 700 000 francs seront pris sur ses disponibilités, à condition que le nouveau pavillon puisse admettre, les assurés sociaux. (Source  : Le Moniteur du Calvados)  

 

Juillet 1939  -  A Graye la mer rejette le cadavre  d’une femme.   -   Deux enfants de la Colonie de vacances ont découvert sur la plage le cadavre d'une femme qui venait d'être rejeté par la mer. Ils signalèrent immédiatement leur macabre découverte à M. le docteur Roulet, directeur du Préventorium.

Il s'agit d'une femme de 45 à 50 ans, inconnue dans la localité et dans les vêtements de laquelle on n'a trouve aucun objet permettant de l'identifier. Le corps semble n'avoir séjourné qu'un jour dans l'eau.

Voici le signalement que l'on a pu établir : taille, 1 m. 58 ; cheveux châtains coupés, visage rond, chemise de toile blanche, tricot de lainage beige, jupon crépon coton, robe à points blancs, blouse de satinette noire, sandalettes grises à claquettes noires. Une bague a été trouvée à proximité.

On pense qu'il s'agit d’un suicide. Le cadavre porte des ecchymoses causées par les rochers. (Source  : Le Moniteur du Calvados)  

 

Juillet 1939  -  Le cadavre identifié.   -   La noyée dont la mer rejeta le cadavre sur la plage, a été identifiée. Il s'agit de Mme Louise Désaunais, épouse Eugène Ducellier, 57 ans, demeurant à St-Aubin-sur-Mer, rue Gustave-Canet. 

On ignore encore s'il s'agit d'un accident ou d'un suicide, mais le docteur Hèze, de Courseulles-sur-Mer, qui a examiné le cadavre, croit qu'il s'agit plutôt d'un suicide. L’enquête continue. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Janvier 1940  -  Les exploits d’un amoureux éconduit.  -  Répondant aux prescriptions sur l'évacuation, M Henri Dupuis, 6o ans, quincaillier habitant à Paris, vint résider dés le début de la guerre à Graye-sur-Mer en compagnie de sa femme et de sa fille.

C'est dans les mêmes conditions qu'un certain Joseph Duvic, 30 ans, demeurant lui aussi à Paris, vint à Graye-sur-Mer, il s'éprit de Mlle Dupuis.

L'autre jour, Duvic vint chercher Mlle Dupuis, mais il l'appela en vain et pour toute réponse fut prié par la famille au complet d'avoir à s'en aller aussi rapidement que possible. L'amoureux éconduit prit très mal la chose et a coups de pierre brisa toutes les vitres d'une fenêtre de l'habitation des Dupuis. Le chef de famille, qui subit de ce fait un préjudice de 150 francs, a porté plainte.

 

Juin 1940   -   Un bavard.  -   Le général de Gaulle, qui a pris la parole à la radio de Londres, et qui ne fait plus actuellement partie du gouvernement, n'avait aucune mission pour faire des  communications en public. Il a été rappelé de Londres et a reçu l'ordre de rentrer en France et de se tenir aux ordres de ses chefs. Ses déclarations doivent être regardées comme nulles et non avenues.

Ce trop grave général et « jusqu'au-boutiste » et il engageait les spécialistes et les soldats qui le pouvaient à gagner l'Angleterre pour continuer la lutte. On assure même que malgré  l'ordre de rentrer au quartier que lui avait donné le maréchal Pétain, le général de Gaulle est resté en Angleterre. Tout cela est vraiment bien regrettable.

 

Juin 1940   -   L'heure allemande.  -   On sait que l'Allemagne est à l'Est de la France et que, par conséquent, le soleil  s'y lève plus tôt. La différence est assez grande pour faire un écart d'une heure entre Paris et Berlin. Aussi nous a-t-on invités à avancer nos montres et nos horloges dans la nuit de lundi à mardi. Nous étions déjà pourtant à l'heure d'été ! Qu'importe, en cette belle saison que nous lever une heure plus tôt !

 

Juin 1940   -   Un échouage.  -   Une court nuit de juin, le remorqueur « Le Patouville » de Rouen s'était échoué sur la plage de Graye-sur-Mer. Le lendemain matin, le bateau était intact ; mais par la suite, plusieurs habitants de la commune de Graye ainsi que des marins réfugiés à Courseulles ont dévalisé et saccagé le contenu du bateau, enlevant le carburant, l'outillage et tout ce qui pouvait être utilisable, brisant en outre à coups de hache, la literie, les armoires et les panneaux pouvant faire du bois de chauffage.

Différentes personnes ayant participé au pillage sont connues et seront poursuivies.  

 

Janvier 1941 - Pêche macabre. - Se trouvant sur la plage de Graye, M. Louis Lesage, marchand de poisson au bourg, a trouvé le cadavre d'un noyé que la mer venait de rejeter. La mort remontait à trois semaines environ. L'état dans lequel se trouvait le cadavre n'a pas permis de l'identifier. Tout ce que l'on peut dire c'est qu'il s'agissait du corps d'un jeune homme de 16 ans environ, vêtu d'un tricot gris et marron à rayures bleues et de deux pantalons, l'un en drap couleur lie de vin, le second en toile bleue.

 

Mai 1942   -   Conseiller municipal suspendu.   -   Par arrêté préfectoral, M. Aimable Robert a été suspendu pour une durée de trois mois de ses fonctions de conseiller municipal Graye-sur-Mer, pour s'être rendu coupable de graves infractions sur la législation du blé, qui ont amené son internement administratif.  

 

Octobre 1942   -   Pour les prisonniers.    -   A Graye-sur-Mer, dimanche prochain 4 octobre, à 10 h., messe pour le repos de l'âme des morts des deux guerres et pour les prisonniers.  Sermon par M. Robert Letourmy, professeur au Petit Séminaire de Caen. Inhumation dans le nouveau clocher des corps des abbés Tourmente et Vornière, ancien curé de Graye.

A 14 h., ouverture de la kermesse : théâtre, fakir, loteries, roue de la fortune, massacre. Vente aux enchères de denrées diverses, tabac et quantité de choses précieuses. Buffet garni,  galettes, croustillons, comptoirs, buvette, garage au vélos. Grande tombola avec pour gros lot : un cochon, volailles etc...

 

Juin 1943   -   Les feux de genêts,   -   Ces temps derniers, il a été constaté par les Autorités Allemandes que la population civile omet, lorsqu'elle brûle des genêts épineux, d'éteindre le feu quand survient la nuit. Il en résulte un grave danger pour la sécurité de la population. Il est rappelé que les feux de genêts et de landes ne peuvent être allumés qu'au cours de la matinée et que, conformément au paragraphe 44 de l'ordonnance du Militaerbefehlschaber in Frankreich pour la protection des forces d'occupation du 18 décembre 1942, l'allumage de  feu en plein air durant l'obscurité est passible de sanctions. 

 

Août 1943   -   Fait divers.   -    Le 1er  août, vers 1 h. du matin, une tentative de meurtre commise chez, M. Tacchi, entrepreneur de transports et restaurateur à Graye.  Au moyen d'une échelle, un individu a réussi à pénétrer dans une chambre du 1er étage, où dormait la petite Louise Tacchi, 14 ans. Ayant fouillé une armoire, il s'apprêtait à emporter des vêlements d'homme quand la fillette, réveillée par le bruit, se mit à remuer. Pris de peur, le malfaiteur s'approcha d'elle et lui serra le cou avec une corde. Heureusement, aux cris de l'enfant, le père accourut mais, déjà, le misérable avait, par la fenêtre, pris le large. Il est activement recherché. 

 

Juin 1944  -  Le débarquement.  -  La plage de Graye-sur-Mer appartenait au secteur Juno Beach lors du débarquement de Normandie. La ville fut libérée par les soldats canadiens des Royal Winnipeg Rifles.

 

Décembre 1944   -   Le déminage des zones côtières.  -   Les populations côtières sont invitées à donner aux agents de l'Inscription Maritime dans les ports tous les détails sur les zones minées par les allemands ainsi que sur l'emplacement des mines isolées qu'elles peuvent connaître afin que des mesures de déminage soient entreprises.  

 

Avril 1946  -  Un conducteur est écrasé sous sa voiture.  -  M. Henri Docagne, 47 ans, demeurant à Courseulles, employé à la Maison Queslier, conduisait à Graye une voiture hippomobile lourdement chargée. Pour une cause qui n’a pu être précisée, M. Docagne est passé sous une roue du véhicule qui lui écrasa la poitrine. Le malheureux  a été tué sur le coup. (Source  : Le Bonhomme Libre)

 

Mai 1946  -  L’Amérique ne nous oublie pas.  -  La Croix-Rouge américaine vient de faire parvenir à l’Entr’Aide Française, 22 000 pièces de vêtements qui ont été réparties entre des pupilles de l’Assistance Publique, les Orphelins d’Epron et de Neuilly-le-Malherbe, les pensionnaires du Préventorium de Graye et les sinistrés des cantons d’Évrecy, de Troarn, et de Villers-Bocage. (Source  : Le Bonhomme Libre)

 

 Juin 1946  -  Un point d’histoire.  -  Au cours des manifestations du 16 juin, à Courseulles, le général de Gaulle, a fait un accueil chaleureux aux représentants de Graye-sur-Mer et a exprimé ses regrets au maire de ne pouvoir s’arrêter dans sa localité car a-t-il dit « C’est précisément chez vous que j’ai débarqué ». Voilà un point que M. le maire de Graye-sur-Mer nous demande de préciser et que nous livrons aux curieux de la petite histoire…. Et de la grande. (Source  : Le Bonhomme Libre)

 

Septembre 1946  -  Une journée franco-canadienne.  -  Dimanche 29 septembre aura lieu, à Graye, une journée franco-alliée, au cours de laquelle seront inaugurées les sections A.F.A. (Association Franco-Alliée) et Normandie-Canada de Graye-Banville, etc…., avec la participation probable d’une délégation canadienne et de personnalités françaises.

Elle débutera par une cérémonie au monument aux morts suivie d’une messe solennelle à la mémoire des soldats alliés tombés lors du débarquement et une absoute sur la plage de Graye, à la Brèche historique. Dans l’après-midi se tiendra une kermesse où tous les visiteurs pourront se ravitailler pour pique-nique sur place. Une séance récréative sera donnée par l’excellente troupe de Normandie-Canada de Lisieux. (Source  : Le Bonhomme Libre)

4.   GRAYE-sur-MER

Le Pont sur la Seulles

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